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279. (1674) Le Theâtre François pp. -284

C’est ce qui en fait le plus éclater la felicité, & quand on void les Souuerains & les Peuples dans la joye, c’est vne marque assurée que le dedans est tranquille, & que l’on ne craint point d’orage du dehors. […] Nos tableaux & nos tapisseries ne nous offrent que de semblables objets, dont l’ame de celuy qui les contemple auec attention peut estre plus emeüe qu’elle ne le seroit par vn recit qui échape aisement à la memoire ; & pour tout dire enfin, il y a autant à craindre du Peintre, que du Poëte & du Comedien. […] Le Cid dont le merite s’attira de si nobles ennemis, & les Horaces, que le méme Cid eut plus à craindre, parce que leur gloire alla plus loin que la sienne, furent les deux premiers ouurages de ce Grand Homme qui firent grand bruit ; & il a soûtenu le Theâtre jusques à cette heure de la méme force. […] La Roque pour apaiser ces desordres & maintenir les Comediens & les Auditeurs dans le repos s’est exposé à diuers perils, & attiré de tres mechantes affaires sans en craindre le succez ; montrant autant d’adresse & d’esprit qu’il a toûjours fait parêtre de cœur pour l’assoupissement de ces tumultes. Il s’est fait craindre des faux braues, & estimer de ceux qui étoient braues veritablement, suiuant en cela les pas de ses freres, qui auroient passé pour des Illustres, s’ils auoient eu d’Illustres employs.

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