Une salle, le rendez-vous de tous les libertins, et de tout ce qu’on appelle dans une ville gens oisifs, gens de plaisirs : peu dont les mœurs ne soient corrompues, moins encore qui soient de bonnes mœurs : une assemblée où règne un luxe étudié, où tout éblouit, où tout brille, et dans laquelle il ne se trouve pas une jeune personne qui n’ait employé tout ce que l’art a de plus séduisant pour plaire et pour tenter : Des loges pleines d’écueils d’autant plus dangereux qu’ils sont plus à couvert, et d’où les yeux peuvent rassembler plus d’objets à la fois, tous plus à craindre. […] Et n’y a-t-il qu’à n’être pas dévot, pour ne plus craindre la tentation ? […] Mais qu’il est à craindre, Seigneur, que cette prétendue insensibilité ne soit l’effet d’une conscience apprivoisée avec le crime, et le fruit d’une funeste captivité ; on laisse en paix un ennemi quand on le voit dans les fers. […] Ceux qui arrêtent le mouvement des esprits animaux, ne sont pas moins à craindre, que ceux qui leur en donnent un violent et déréglé.