S’il n’y avait à la cour que des Narcisses, Britannicus n’y serait point souffert ; s’il n’y avait que des Burrhus, Britannicus y serait inutile ; mais il y a des hommes vaguement ambitieux et irrésolus encore, ou mal affermis dans la route qu’ils doivent suivre ; c’est pour ceux-là que Britannicus est une leçon, et n’est point une insulte. […] L’aveugle prévention d’Orgon et de sa mère pour un scélérat hypocrite ; la manie de l’érudition et du bel esprit dans une société d’honnêtes femmes, à qui des pédants ont tourné la tête, le faible d’un homme pusillanime pour une marâtre qu’il a donnée à ses enfants, et qui n’attend que son dernier soupir pour s’enrichir de leur dépouille ; l’imbécile prétention de deux jaloux à se faire aimer de leurs pupilles en les tenant dans la captivité ; la sotte ambition d’un Bourgeois de passer pour Gentilhomme en imitant les gens de cour : voilà sur quoi tombe le ridicule de ces comédies.