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258. (1666) La famille sainte « DES DIVERTISSEMENTS » pp. 409-504

France sera éternellement obligée à Philippe Auguste, non seulement pour ses grandes et illustres Conquêtes, mais encore pour les sages règlements qu’il fit pour empêcher les désordres qui allaient à la ruine du culte divin et des bonnes mœurs ; elle tient de lui deux Ordonnances très chrétiennes, qui furent les premières d’après son Sacre qui fut fait du vivant de son père, dont l’une est portée contre les blasphémateurs du nom de Dieu, l’autre contre les Comédiens qu’il chassa honteusement de la Cour avec ce beau mot, que c’est sacrifier au Démon de leur donner quelque chose,« Histrionibus dare, est Dæmonibus immolare. » Vincent. inspeculo hist. lib. […] Si un Président ou un Conseiller de quelque Cour souveraine suivait ses avis, il ne se trouverait point dans la salle d’un Maître d’Escrime pour y faire des armes : Un Général d’armée refuserait de danser un ballet, si ce n’était quelque Pyrrhique majestueuse, comme fit Scipion, dont la démarche était si mesurée que quand ses ennemis l’eussent vu dans la danse, ils n’eussent rien perdu de la haute estime que ses belles actions lui avaient acquise. […] Les poupins et les souris de la Cour l’entendront toujours mieux : Qu’ils se persuadent que la générosité est au-dessus de la galanterie, et que leurs pas sont des pas de Géants, un vaut mieux pour avancer dans un honorable fortune, que tous les efforts d’un petit Pygmée. […] C’est pourquoi d’abord qu’il commençait le Jeu, il mettait bas la majesté et la parole de Roi ; ainsi avec un peu de joie il adoucissait l’amertume des affaires fâcheuses, qui viennent à la foule dans la Cour des plus grands Princes : Le Jeu finissait du même air qu’il avait commencé : on ne le continuait point au-delà d’une juste réjouissance. […] Empereur, dont j'ai déjà dit un mot, garda sa Virginité dans le Mariage à la faveur de la Chasse, qu’il fut inspiré de pratiquer pour ne point amollir son cœur dans les délicatesses de la Cour.

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