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15. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quinzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre IV. Christine de Suede. » pp. 111-153

Que cet air de science n’en impose pas, elle n’avoit des Savans à la Cour que par vanité, pour se donner un air & une réputation de sciences ; c’étoient des Officiers pour le département des lettres, comme elle avoit des Officiers de la bouche & de la garde-robe. […] Elle ne vouloit pas les caresses des femmes, les Dames de la Cour, à son entrée à Paris, alloient la baiser & l’embrasser selon la coutume des femmes ; elle en fut choquée. […] Gilbert résident de Suède ne manqua pas de s’y trouver ; il faisoit des vers, & pour faire sa Cour à son ancienne maîtresse, il y lut une comédie de sa composition qu’il savoit être de son goût, parce que la pièce étoit fort licencieuse. […] Christine leur avoit fait du bien, il falloit la payer de la monnoye du pays ; on se faisoit mutuellement la Cour, on se rendoit réciproquement hommage, il est glorieux de régner sur des Savans ; est-il moins glorieux aux Savans de régner sur des Reines ? […] Ce qu’ils débitent à la Cour, ce qu’ils chantent aux femmes, dicté par l’amour où l’intérêt où la puérilité de la galanterie en est la partie la plus frivole.

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