Ce n’est pas que l’homme ne soit toujours homme ; que la passion ne le rende souvent faible, injuste, déraisonnable ; il n’épie peut-être les motifs cachés des actions des autres, avec un secret plaisir d’y voir la corruption de leurs cœurs ; qu’un petit mal ne lui donne souvent une grande colère, et qu’en l’irritant à dessein, un méchant adroit ne pût parvenir à le faire passer pour méchant lui-même ; mais il n’en est pas moins vrai que tous moyens ne sont pas bons à produire ces effets, et qu’ils doivent être assortis à son caractère pour le mettre en jeu : sans quoi, c’est substituer un autre homme au Misanthrope et nous le peindre avec des traits qui ne sont pas les siens. […] C’était donc, d’une action fort honnête, faire un exemple de corruption. […] Une maison dont la maîtresse est absente est un corps sans âme qui bientôt tombe en corruption ; une femme hors de sa maison perd son plus grand lustre, et dépouillée de ses vrais ornements, elle se montre avec indécence.