Ovide, dans sa fameuse apologie adressée à l’Empereur Auguste, avoue que les jeux sont des semences de corruption, & il exhorte ce Prince à supprimer les théâtres. […] Solon, ce célebre Législateur d’Athenes, s’opposa à l’établissement des spectacles, en disant que si on les toléroit, on les verroit bientôt contredire les loix & corrompre les mœurs ; & Plutarque attribue la corruption & la perte de cette république à sa fureur pour les spectacles. […] Le fameux Riccoboni, qui avoit monté cinquante ans sur le théâtre, le regardoit comme l’école des mauvaises mœurs & de la corruption, & ne pouvoit s’empêcher d’avouer que rien ne seroit plus utile que la suppression entiere des spectacles. […] Les saints Peres condamnent les spectacles non-seulement par rapport à l’idolâtrie, aux superstitions & aux impuretés grossieres, mais encore par la raison générale que les spectacles mêmes où il n’y a ni idolâtrie, ni superstition, ni impureté grossiere, sont néanmoins très-dangereux ; qu’ils excitent les passions, & qu’ils portent à la corruption des mœurs.