Les Pères ont condamné les Comédies, soit à cause de l’idolâtrie, ou de l’impiété, ou de l’impureté dont elles étaient remplies, soit par la raison générale, qu’elles portent ordinairement à la corruption des bonnes mœurs ; comme à exciter et à enflammer notablement les passions, quelque soin que l’on ait apporté d’en réformer de temps en temps les abus : ce qui marque la vérité de la proposition ci-dessus : que la Comédie moralement parlant et dans son usage ordinaire, est mauvaise ; c’est ce qui a fait qu’elle a toujours été défendue jusqu’à présent aux Fidèles. […] Mais la vérité est que saint Charles en suivant l’exemple de l’esprit des Pères de l’Eglise, a condamné la Comédie par des raisons particulières prises du côté des choses fort sales ou impies qui y étaient représentées, et encore par une raison générale tirée des circonstances qui en sont dans la pratique inséparable, c’est à savoir qu’elle porte à la corruption des mœurs. […] Pour ce qui est de Lactance, il condamne les Spectacles par des raisons particulières qu’il explique en détail au Livre 6 des Institutions divines Chapitre vingtième71 « Je ne sais, dit-il, s’il se peut trouver une plus grande corruption que celle qui se rencontre dans les Comédies : car il y est fait mention des violementsb de vierges et des amours de femmes débauchées, et plus l’éloquence des Auteurs de ces fictions de crimes est forte, et plus les auditeurs en sont touchés et persuadés par la beauté du style, leur mémoire retient plus facilement ces vers d’une belle cadence ; les histoires tragiques qui y sont représentées, leur mettent devant les yeux des parricides, des incestes et d’autres crimes qui sont les sujets des Tragédies. […] Ce jugement que l’Eglise a porté contre la Comédie, a paru si certain dans la Tradition, que les Hérétiques même l’ont reconnu, et en ont fait un point de leur discipline dans le Livre de la Discipline des Eglises Réformées en France, imprimé en l’année 1675, Chapitre 14 des Règlements, n. 28. « Il ne sera permis aux Fidèles d’assister aux Comédies ; vu que de tout temps cela a été défendu entre les Chrétiens, comme apportant corruption des bonnes mœurs.