Car il ne peut point y avoir en la République une peste plus mortelle, et qui ait plus de force pour corrompre les mœurs, à cause de la voix, du visage, de la parole, et des vilaines et pernicieuses actions, lesquelles se coulant peu à peu ès esprits des citoyens, renversent les Républiques entières. […] Augustin au second livre de la Cité de Dieu reproche aux Romains, que se servant ès Théâtres de ces gens comme Ministres de leurs Dieux, et comme de sacrificateurs, puisqu’ils leur consacraient ces jeux ; « Quiconque, disait-il, des citoyens Romains avait choisi d’être joueur de comédies et tragédies, [esse scenicus,] il était non seulement exclu de tout honneur, mais aussi étant notébx par le censeur, il n’avait plus de rang en sa tribu. » Après avoir loué cette loi, il ajoute, « Mais qu’on me réponde, pourquoi telles gens sont exclus de tous honneurs et cependant leurs jeux sont mêlés avec le service des Dieux ? […] Comme ainsi soit qu’ils réputassent déshonorable l’art de jouer sur le Théâtre, ils ont voulu que ce genre d’hommes, non seulement fût privé des honneurs des autres Citoyens mais encore que par censure publique ils fussent rayés du rôle des tribuscg. » Que peut-on donc juger de ceux qui entre les Chrétiens les appellent, les écoutent, leur applaudissent, et les paient chèrement de leurs peines ? […] Les citoyens de toutes les villes étaient remplis de richesses et délices.