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498. (1671) La défense du traité du Prince de Conti pp. -

Votre Altesse en a reçu de si belles instructions, qu’elle est persuadée que l’homme n’a point été créé à l’image et ressemblance de Dieu, pour se plaire à des jeux qui ne servent qu’à effacer ces traits divins, par les mauvaises impressions que l’on y reçoit. […] Ils doivent être bien instruits dans la Religion Chrétienne, et dans les belles lettresIdem, livre 10, épitre 3 et livre 3, épitre 11. […] Et tout ce que nous lisons maintenant de la naissance de leurs Dieux, et de toutes leurs actions avait une intelligence mystique, ou dans les secrètes opérations de la nature, ou dans les belles maximes de la morale, ou dans les merveilles incompréhensibles de la Divinité. […] En effet il n’y a point de plus beau sacrifice, ni qui soit plus cher et plus agréable aux Dieux, que le soin que nous prenons de leur présenter notre cœur aussi pur qu’il nous est possible : et quelle plus grande preuve peut-on donner de la vénération qui leur est due, que de ne rien dire, et de ne rien écouter d’indécent en leur présence ?...  […] , « qu’on regarde seulement les Poèmes dramatiques, les chefs-d’œuvre d’un bel esprit, et une parfaite imitation de la vertu des Héros, et que tout ce que l’on y peut admirer sont les inventions du Poète, et le beau récit des Acteurs » ; s’il avait bien lu saint Augustin, il aurait remarqué avec ce grand Docteur de l’Eglise, que ces chefs-d’œuvre d’un bel esprit, ces inventions du Poète, et ce beau récit des Acteurs, ne sont que des artifices dont le démon se sert pour répandre agréablement dans les âmes le venin et la peste des vices.

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