Il s’ensuivra seulement que les Auteurs dramatiques n’auront réellement mérité de leur patrie, que lorsqu’ils auront joint l’utile à l’agréable. […] Si l’amour de l’honnête et du beau n’était pas en nous, l’Auteur ne l’y porterait pas : mais c’est parce qu’il y est, que les Poètes dramatiques vont l’y chercher, et qu’ils l’augmentent. […] Il suffit de montrer des pièces qui soient et agréables et utiles, de trouver des Auteurs qui aient su plaire et instruire, pour que l’on tire des faits ces deux conclusions : l’une, qu’il est des moyens employés par les Poètes dramatiques, pour purger en nous les passions ; l’autre, que les Auteurs, qui se contentent de plaire, négligent l’objet le plus noble de leur art. […] L’Auteur s’est servi du moyen qu’avait imaginé Molière, et son ouvrage est d’autant plus utile à l’humanité, qu’il a attaqué le vice qui lui est le plus contraire, et qu’il l’a combattu avec les seules armes qui pussent lui porter quelque atteinte. […] Et l’Auteur n’a-t-il pas, sans lui, trouvé les moyens de toucher et de plaire ?