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116. (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — Seconde partie. Notes. — [B] » pp. 380-390

Alors la Comédie prit pour modèle la Tragédie, inventée par Eschyle, ou plutôt l’une & l’autre se formèrent sur les Poésies d’Homère : l’une sur l’Iliade & l’Odyssée ; l’autre sur le Margitès, Poème satyrique du même Auteur ; & c’est-là proprement l’époque de la naissance de la Comédie Grecque. […] Plaute, comique Latin, suivit la manière d’Aristophane ; comme Térence imita celle de Ménandre, dont il ne fut pas, comme on se l’imagine, le simple traducteur : de même qu’aujourd’hui, un Auteur Anglais qui de deux Pièces Françaises, en compose une dans le goût de sa Nation, ne peut être, sans injustice, privé du mérite de l’invention. […] On s’amuse à recopier le Petit-maître, sur lequel tous les traits du ridicule sont épuisés, & dont la peinture n’est plus qu’une école pour les Jeunes-gens qui ont quelque disposition à le devenir : cependant on laisse en paix l’Intriguante, le Bas-orgueilleux, le Prôneur-de-lui-même, & une infinité d’autres dont le monde est rempli : il est vrai qu’il ne faut pas moins de courage que de talent pour toucher à ces caractères ; & les Auteurs du Faux-Sincère & du Glorieux ont eu besoin de l’un & de l’autre : mais aussi ce n’est pas sans effort qu’on peut marcher sur les pas de l’intrépide Auteur du Tartufe. […] Ce problème qui confondait Boileau, devrait être pour les Auteurs Comiques un objet continuel d’émulation & de recherches ; & ne fût-ce pour eux que la Pierre Philosophale, ils feraient du-moins, en la cherchant inutilement, mille autres découvertes utiles. […] C’est un ridicule de plus, qui ne doit pas empêcher un Auteur de peindre les Bourgeois avec des mœurs bourgeoises.

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