Non, certainement ; car alors vos objections contre les tragédies qui ont manqué le but le plus noble de l’art, n’auront aucune force contre l’art même. […] Et vous, Monsieur, si vous persistiez à prouver que l’art dramatique ne consiste pas à purger les passions, je vous dirai aussi : lisez Britannicus. […] C’est donc la faute des Artistes, s’ils ne font pas servir leur art à l’instruction des spectateurs, comme à leur plaisir. […] Monsieur, était-ce à vous de chercher à dégrader un art si noble, un art pernicieux peut-être à Genève, mais utile et même nécessaire parmi nous ? […] L’amour des plaisirs physiques est commun à tous les hommes ; l’amour de la gloire convient à des Rois, et c’est dans leurs âmes qu’il faut l’exciter : c’est ce que Racine a fait avec tant d’art ; et Racine a du moins, sur tous les écrivains politiques ou moraux, l’avantage d’attacher ses lecteurs.