/ 214
41. (1769) Réflexions sur le théâtre, vol 8 « Réflexions sur le théâtre, vol 8 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE HUITIEME. — CHAPITRE I. Réformation de Riccoboni. » pp. 4-27

Que penser de la scène Françoise, où il est le fondement, le mobile, l’ame de tout, toujours présenté dans un jour agréable, excusé, loué, embelli par les graces, les passions, les immodesties des Actrices ? […] La pudeur est l’appanage, ou plutôt l’essence des femmes ; elle doit être l’ame de toutes leurs actions. […] On trouve à chaque instant les expressions les plus vives & les plus touchantes ; elles sont l’ame de la piece, & ne peuvent faire sur les spectateurs que des impressions de mollesse & de corruption. […] La religion & la vertu n’approuvèrent jamais qu’on fît sentir à l’ame de si violens mouvemens ; cela seul a dû faire interdire le théatre. Il est trop dangereux de troubler la paix de l’ame & de l’accoutumer aux agitations de la passion, c’est la familiariser avec le vice ; du moins ces ébranlemens violens sont trop fatigans & trop peu agréables pour beaucoup plaire & beaucoup durer.

/ 214