L’âme, transportée par ces productions fatales, et, pour ainsi dire, hors d’elle-même, ne réfléchit plus ; loin de combattre ces principes vicieux, elle s’y abandonne sans résistance, se complaît dans les émotions qu’elle y puise, et se trouve naturellement disposée à agir en conformité des principes coupables qu’elle a puisés. […] En agir ainsi, n’est-ce donc point se rendre coupable au plus haut chef, et violer, dans ce qu’ils ont de plus clair, les préceptes de l’Ecriture ? […] « Nos opinions peuvent être influencées par les préjugés, par la force de l’éducation, l’autorité du grand nombre, l’habitude, la mode, l’exemple de grands personnages, etc. ; il est de même de nos actes : nous sommes sujets à agir contre les plus simples règles de la raison et du bon sens, et à nous rendre même coupables d’actes complètement opposés à la pureté de notre religion sainte. […] Il convient donc à des êtres raisonnables, à des chrétiens qui ont contracté l’obligation de renoncer aux vanités et aux pompes de ce monde dont la figure passe, selon l’apôtre, et qui aspirent à un monde meilleur et à une vie immortelle, de revêtir la dignité de notre nature et d’agir conformément à l’importance de notre destination.