L’Amour Tyrannique de Scuderi qui parut deux ans après le Cid, causa une grande joie au Cardinal, qui ne doutant point que cette Piéce ne dût anéantir Corneille, défendit à l’Auteur de répondre à toute critique, parce qu’il les devoit toutes mépriser ; il déclara sa Tragédie, un Ouvrage parfait, & engagea Sarasin à le prouver. Sarasin qui dans sa longue Dissertation ne dit pas un mot de Corneille, donne à Hardi la gloire d’avoir tiré de la fange, notre Tragédie, à Mairet celle de l’avoir rendue reguliére, & à Scuderi celle de l’avoir rendue si admirable, que s’il eut vecu du tems d’Aristote, ce Philosophe eût prit sa Tragédie pour le fondement de sa Poëtique. […] La Muse de Corneille eut plus d’autorité que cet Oracle : elle nous apprit ce que c’etoit que la Tragédie. […] C’est donc à Corneille & à Moliere, qu’il faut placer l’Epoque depuis la renaissance des Lettres, de celle de la Poësie Dramatique. La Muse de Corneille, épuisée par ses éclatans travaux, ne rendoit plus qu’une foible lumiere, lorsqu’on en vit briller une autre.