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1 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre quatriéme. — Chapitre II. L’Exposition, le Nœud & le Dénouement. » pp. 183-210
tion, le Nœud & le Dénouement. JE réunis ces trois parties du Drame dans un même article, parce qu’elles n’en font qu
Le Poète est donc obligé de mettre tous ses soins à l’Exposition d’un Drame . Selon moi, elle n’est établie que pour avertir d
timent peu-à-peu l’importance. Les Prologues de la plus-part de leurs Drames Comiques ne sont point une Exposition, ainsi qu’i
leur est arrivé avant l’ouverture de la Scène ? Je vois que dans ses Drames en général, cette partie essentielle à la perfect
sert à préparer les événemens de la Pièce ; ainsi quand le genre d’un Drame est de n’en renfermer aucun, elle devient inutile
en renfermer aucun, elle devient inutile. Ce qu’elle est dans les Drames du nouveau genre. Je remarque que dans notre
Que le sujet doit toujours être éxposé. Le Poète qui compose un Drame du nouveau genre, & qui veut se distinguer de
l’est dans une seule phrase, & par un coup de maître. Je parle du Drame intitulé le Savetier. Blaise veut aller au Cabare
t peu d’exposition aussi bien faite, aussi facile à retenir, dans les Drames anciens & modernes. Je la donne pour éxemple
en jettant d’abord un trop grand feu, l’on ne refroidisse le reste du Drame . Le Poème Epique est le seul Ouvrage de Littératu
nt, aussi-bien que dans le cours du Poème. Lors qu’à l’ouverture d’un Drame , les personnages sont animés par la joye, par la
tre. Que tout concoure à tromper les esprits : la représentation d’un Drame est, pour ainsi dire, un songe qui doit redouter
contrainte d’admirer ; & souvent elle s’étonne, à la lecture d’un Drame , des applaudissemens qu’elle prodiguait à sa repr
l’inventeur, & s’en déclare le partisan. Il promet de composer un Drame dans lequel on sçaura dès la prémière Scène tout
epuis quelques années nous commençons à nous écarter des Anciens, nos Drames sont surchargés d’intrigue, de merveilleux, de si
sur tout des coups de Théâtre qu’il s’éfforce de faire entrer dans un Drame , comme si le mérite de l’action Théâtrale était d
rrière. Ses Pièces ont un nœud aussi difficile à former que celui des Drames des autres Théâtres. L’intrigue en est ordinairem
e je vais établir, voyons d’abord de quelle nature est l’intrigue des Drames qu’on joue actuellement au Spectacle moderne.
n, & il se trouve forcé de la lui donner. Voilà l’intrigue de nos Drames chantans. On me dira peut-être qu’il n’est point
tir que le nœud du Spectacle moderne ne ressemble en rien à celui des Drames ordinaires. Dans la Comédie ou dans la Tragédie,
oderne. J’observe que l’intrigue est souvent double dans quelques Drames modernes, ou plutôt, je vois qu’ils contiennent d
iter de tomber dans de pareilles fautes, de détacher du sujet de leur Drame tout ce qui pourrait lui nuire, & faire perdr
t ne détruit-on pas ce précieux avantage ? Que le Nœud du nouveau Drame pourrait être meilleur. On se rappellera que
dénouement. Le Dénouement. Nous voici à la dernière partie du Drame . Le Dénouement en est la fin pleine & entière
des Chevilles dans leurs Vers, de même un Auteur médiocre termine ses Drames par des choses forcées, qu’on pourrait aussi nomm
u’il est nécessaire de mettre un morceau de Musique à l’ouverture des Drames modernes, il faut aussi en placer un après le dén
Le seul couplet que je permettrais qui fut tout-à-fait étranger au Drame , serait celui que l’on adresse au Public, pour de
mme unique en tout, sentant bien qu’une Chanson répugne à la fin d’un Drame , lorsqu’elle n’est soutenue que par le seul motif
i. Voilà toutes les règles que j’aie à prescrire sur le dénouement du Drame moderne. Je finirai cet article en remettant dans
Auteurs qui ont écrit sur le Théâtre. Les Dénouemens des nouveaux Drames ne sont pas dans les règles. Ils diffèrent to
es jeunes Amans ; ils s’intéressent en faveur d’un autre : Lorsque le Drame est parvenu à sa juste longueur, ils permettent e
e. Observons encore au sujet du dénouement en général, que pour qu’un Drame soit bien fait, il est essentiel que tous les Act
2 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre quatriéme. — Chapitre III. De l’Unité de lieu, de Tems & de Personne. » pp. 211-238
; de Personne. JE rassemble ici ces trois qualités nécessaires au Drame , parce qu’elles doivent être unies dans une Pièce
t démontré maintenant qu’elle fait une des principales beautés de nos Drames . Aucun Moderne n’oserait s’en dispenser. L’Op
’adopter. L’Opéra-Sérieux se permet seul de la dédaigner. Mais un Drame aussi singulier en tout, où le merveilleux est so
illeurs. De fameux Auteurs soutiennent qu’elle est nécessaire aux Drames . Monsieur Dacier la défend de son mieux contr
e les Auteurs Italiens ne veulent pas se corriger, & rendre leurs Drames un peu moins monstrueux. En ne suivant pas l’
s aucune comparaison. L’Unité de lieu se trouve rarement dans les Drames du nouveau genre. Je ne puis dissimuler pourt
portante, ne se trouve guères dans les Pièces du nouveau Théâtre. Ses Drames d’un Acte sont les seuls où nous la rencontrons o
les. La Scène du Maréchal-ferrant ne change point ; mais éxaminez ses Drames en trois Actes, & vous la verrez varier plusi
s à l’Unité de tems. On veut dire par-là qu’il faut que l’action d’un Drame se passe dans un certain nombre d’heures. Aristot
Nous devons conclure d’une si bisare coûtume que les règles de leurs Drames sont très différentes des notres. Je pense qu’il
tre d’une si grande étendue qu’une action purement tragique. Tous les Drames Chinois renferment donc un détail circonstancié d
D’habiles modernes commencent à croire que cette importante partie du Drame est encore loin de la perfection. Quelques Auteur
. Si les Poètes sont jaloux de rèpandre beaucoup d’intérêt dans leurs Drames , il n’ont qu’à presser la durée de l’action. En u
ait tort d’en faire une règle générale. Etant décidé que l’action des Drames ne doit durer que trois heures, elle serait termi
cement serait à cinq heures, & sa fin à huit. Il est quelques Drames où cette règle nouvelle est suivie. Selon moi
afin de mieux faire appercevoir l’art qu’il a mis dans la durée de ce Drame . Quelle heure est-il ? demande Richard brusquemen
ait régulièrement. Si l’on formait les Opéras-Bouffons, & les Drames en tout genre, sur un modèle aussi beau, on les r
ment témoin de l’avanture qu’il ne voit qu’au Théâtre. Les beautés du Drame que je viens de citer achèveront de persuader (je
inutieux, je prierai les Critiques de songer que les Spectateurs d’un Drame sont assez portés à s’appercevoir de la tromperie
raison, le bon sens, & l’éxpérience nous enjoignent de donner aux Drames le moins de durée qu’il est possible. Le nouv
rais jamais fini, si j’entreprenais de faire passer en revue tous les Drames Burlesques-chantans dont la durée de l’action éga
situation ; mais il ne faut pas qu’à chaque instant les Acteurs d’un Drame se trouvent dans une nouvelle situation afin d’av
les événements & les passions : il faut que le prémier Acte d’un Drame offre une idée parfaite de ce qui doit arriver, &
, ceux des autres Acteurs de la Pièce, & les événemens entiers du Drame , ne se rapportent-ils pas à ce qu’on nous annonce
tible. Ils ont cru qu’étant nécessaire de jetter de l’intérêt dans un Drame , & l’Opéra-Bouffon, ou la Comédie-mêlée-d’Ari
rigue d’une Pièce doit toujours se rapporter au principal Acteur. Les Drames du nouveau Spectacle ne suivent guères cette maxi
oèmes du même genre. L’amour des personnages subalternes gâte les Drames du nouveau Théâtre. Je le répette, les amours
âtre. Je le répette, les amours dont sont remplis la pluspart des Drames modernes, les gâtent & ternissent souvent leu
ttention. Toute réfléxion faite, je suis presque tenté de regarder ce Drame comme une galerie de portraits, qui viennent frap
3 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre II. Des différens genres qu’embrasse le nouveau Théâtre. » pp. 14-20
moderne Opéra-Bouffon, & que j’aie désigné aussi quelquefois ses Drames en général par la même épithète. On aura peut-êtr
e du nouveau Spectacle. Il me suffirait de citer plusieurs de ses Drames , qui n’ont aucune ressemblance les uns avec les a
la Comédie & la Tragédie embrassent tant de genres différens. Le Drame sérieux est toujours le même ; il ne s’écarte jam
justes. En effet, si quelqu’un veut prouver par l’éxemple d’un de ses Drames qu’il est trop bas & trop trivial, aussi-tôt
rit & de finesse. Il est vrai que la Comédie nous offre aussi des Drames tout-à-fait enjouées, & d’autres qui sont plu
e trois du Livre troisième. S’il m’arrive quelquefois de désigner ses Drames sous l’épithète de bouffons, ce n’est pas que je
le mieux à ce Spectacle frivole & plaisant, à la manière dont ses Drames sont traités, & au genre qui le caractérise.
tant utile de remarquer ici, que les diverses manières d’indiquer les Drames du nouveau Théâtre furent imaginées, afin de dési
donné jusqu’à présent aux Poèmes de notre Spectacle favori. Un petit Drame sans musique, rempli de couplets sur des airs con
a Laitière, à qui l’on donne le titre de Comédie-mêlée d’Ariettes. Le Drame chantant & comique dont le genre est un peu r
, auront soin de s’instruire des noms qui conviennent à ses différens Drames . Je ne leur conseille point de prendre pour leurs
4 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre VI. Des Actes ou des divisions nécessaires au Poème dramatique. » pp. 90-106
quelques-uns. Qu’il est important de fixer l’étendue des nouveaux Drames . En prémier lieu, le Public ignorerait si les
e signifie le terme d’Acte & celui d’entre-Acte considéré dans un Drame . On entend par Acte un certain nombre de Scènes j
tre-Acte est un moment de repos qu’on accorde, non aux Personnages du Drame , puisqu’ils doivent toujours agir tant que l’acti
ncien, que lorsque tous les Acteurs quittent la Scène, comme dans nos Drames . Pour moi, je crois que les Savans ont eu tort de
ée. Si les Tragiques Grecs avaient établis la règle des divisions des Drames , pour accorder aux Spectateurs quelques tems de r
Les Latins se sont d’abord servis du mot Acte pour signifier tout un Drame . Ce ne fut qu’après Térence que les Poètes comiqu
p; qui importent fort peu au Poète qui veut s’instruire des règles du Drame . On n’est point d’accord sur le nombre d’Acte
On ne paraît guères d’accord sur le nombre d’Actes nécessaires au Drame . Les Italiens réduisent la plus-part de leurs Poè
outenu qu’il était plus naturel & selon les règles de réduire les Drames en général au nombre fixe de trois Actes. Il prét
quatre Actes. La longueur de l’action devrait prescrire celle du Drame . Je voudrais que le sujet prescrivît seul la
du Drame. Je voudrais que le sujet prescrivît seul la longueur du Drame , en sorte que s’il était possible de bien resserr
de bien resserrer une action tragique, on fût libre d’en composer des Drames en quatre Actes, & même en un. On me dira, qu
pectateur n’aurait pas le tems de s’intéresser en faveur du Hèros des Drames trop-tôt terminés. Les sentimens trop rapprochés,
laissent après eux bien des choses à deviner. Dans la crainte que les Drames ne devinssent à la fin d’une longueur énorme, il
agiques Grecs pâssaient quelquefois la longueur que nous fixons à nos Drames . On a vu un tems que nous n’ôsions faire des Comé
précieux avantage d’être les maîtres d’allonger ou d’accourcir leurs Drames . Il est certain que ceux qui travaillent pour le
, selon moi, la longueur la plus considérable qu’il faille donner aux Drames modernes ; c’est le nec plus ultra du nouveau Spe
a-t-elle plus de poids que la raison & l’èxpérience ? Combien les Drames du nouveau Théâtre n’ont-ils pas de peine à prend
5 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre quatriéme. — Chapitre prémier. Le sujet. » pp. 160-182
die. Cette sévérité dans le choix de ce qui doit être la matière d’un Drame , que je recommande si fortement aux Poétes, les A
nes règles, avant d’avoir la moindre notion des autres difficultés du Drame . Ce qu’est le sujet dans les Drames en tout ge
otion des autres difficultés du Drame. Ce qu’est le sujet dans les Drames en tout genre. La Comédie & la Tragédie s
n fait souvent le prémier mérite. Il est vrai que quelques-uns de ses Drames contre-disent ce que j’avance. Mais ils s’écarten
arde à y produire. En un mot, un seul événement suffit pour animer le Drame de notre Opéra : encore n’est-il pas nécessaire q
en a que la peur : voila une Pièce qui renferme un seul événement. Le Drame du Jardinier & son Seigneur ne peint rien de
urt & précis une fois qu’on a eû le bonheur de le rencontrer. Les Drames du nouveau genre veulent être serrés dans leurs m
a farce : qu’y dirait-on de supportables ? » Le Dialogue des nouveaux Drames ennuirait bientôt s’il se donnait la liberté d’êt
ondance stérile, Et ne vous chargez pas d’un détail inutile. Les Drames modernes ne sont pas aisés à inventer. On con
u’on éprouve sur-tout le plus d’embarras. On peut encore regarder les Drames du nouveau Spectacle comme des plans ou des canev
nt à la Tragédie, n’avaient guères de sujets propres pour ce genre de Drame . Ils ne leur était permis de mettre sur la Scène
ux : c’était toujours parmi eux qu’ils prenaient les actions de leurs Drames . Alors les Spectacles leur étaient vraiment utile
de réussir. En leur fournissant des matériaux pour composer quelques Drames du nouveau genre, je leur enseigne plus fortement
ièce. Le Boucher mérite bien d’être traité. Le Chaircuitier ferait un Drame fort agréable. Le Perruquier ferait sûrement plai
ne musique sur des Riens ne serait point étonnante : dira-t-on que le Drame que je propose ressemble assez à la plus-part de
on lui permet encore de nous montrer plusieurs fois les sujets de ses Drames retravaillés de nouveau. Que dirions nous si les
discours. J’ai dit plus haut que la simplicité fesait l’ornement des Drames de notre Spectacle, & que sans elle ils ne sa
ns qui croiront avoir lieu de mépriser l’Opéra-Bouffon, parce que ses Drames sont, ou doivent être, la simplicité même. Je les
es Auteurs de Poétiques soutiennent tous, qu’il faut que l’action des Drames soit simple. Les Anciens nous ont dictés cette lo
re ailleurs combien le goût d’un Peuple influe sur les actions de ses Drames  ; mais j’espère qu’on me pardonnera de parler sou
6 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre quatriéme. — Chapitre XIII. S’il est nécessaire qu’une Pièce de Théâtre plaise autant à la lecture qu’à la représentation. » pp. 359-363
x qui écrivent des Opéras-Bouffons, qui pensent que c’est assez qu’un Drame réussisse au Théâtre, & qu’il faut peu s’inqu
montrer le faux. Raisons & preuves qui portent à croire qu’un Drame doit encore plaire hors du Théâtre. Rien n’es
en n’est plus aisé. L’éxemple des Auteurs célèbres qui ont écrits des Drames décide tout d’un coup la question. Ces grands gén
nécessaire que de combiner une intrigue ? Eh, quel avantage aurait un Drame dialogué sur une Pantomime Pourquoi d’ailleurs pr
ue j’avance ici n’a pas besoin de preuves. Ceux qui soutiennent qu’un Drame n’est fait que pour occuper la Scène, nous montre
radiction avec leur sistême. On n’a jamais entendu que le succès d’un Drame se borna à sa représentation. Aristote dit formel
l adresse à la Tragédie se rapporte également à toutes les espèces de Drames quelconque. En un mot, l’action est la prémière p
de Drames quelconque. En un mot, l’action est la prémière partie d’un Drame , & le stile en est la seconde. Le Poème qui n
7 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre quatriéme. — Chapitre IV. Des Personnages. » pp. 239-251
. Certains défauts dans la conduite, dans la marche, dans le stile du Drame , peuvent lui échapper. Mais ce qui concerne les p
e à diverses Pièces à la fois. On fait agir plusieurs Acteurs dans un Drame  ; mais un seul est dominant ; c’est pour lui que
ent qu’à le faire briller d’avantage. Le principal personnage d’un Drame doit toujours être le même. Il faut observer
hose qui n’est pas moins éssentielle ; c’est que les personnages d’un Drame ne doivent jamais se démentir. Dès qu’ils ont par
me ? Si vous permettez de faire tel personnage meilleur à la fin d’un Drame , ne puis-je pas dans le même cas rendre celui-ci
lerait le contraindre d’agir de la sorte ? On siflerait, je crois, un Drame aussi singulier. Or on ne devrait pas traiter les
cher lui-même de faire contraster quelques-uns des personnages de ses Drames  : le caractère brusque & dur du Commandeur, p
e préjugé ne nous défendait point de traiter plusieurs fois les mêmes Drames . Si l’on choisit des caractères qui diffèrent peu
ns tout-à-fait nouvelles ; il faut rendre l’action & la marche du Drame entièrement opposées au Poème dont l’on copie le
mœurs & leur état ne varient jamais. Le Bucheron est même le seul Drame dans lequel le Hèros soit éxposé à changer de for
op vils : plus ils iront chercher dans l’obscurité les Hèros de leurs Drames , plus ils seront certains de nous plaire. Le fame
mes du nouveau genre, puisque sans l’amour nous ne sçaurions faire de Drame , & qu’il occupe principalement la Sçène de l’
if, & la Pièce sera plus animée. On veut encore que les Amans des Drames modernes ne se parlent qu’en se tutoyant ; il est
8 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre quatriéme. — Chapitre X. Des Décorations. » pp. 336-344
let. Ne semble-t-il pas que ce maudit sifflet s’adresse à l’Auteur du Drame , ou aux Acteurs qui viennent de représenter ?
hines du Théâtre. Mais il doit savoir l’éffet des décorations dans un Drame , & les moyens de les amener à propos. Notre s
faut donc que le Poète s’éfforce de faire entrer du Spectacle dans un Drame , le plus qu’il lui sera possible. Si les personna
mblance. Il est vrai que les coups de Théâtre trop fréquens ôtent aux Drames la simplicité qui les embellit. Corneille ni Raci
aient comme les Auteurs d’à-présent. On a beau dire que le mérite des Drames modernes dépend plutôt du Décorateur que du Poète
eures Pièces n’ébranlerait pas. Ne parlons ici que des Anglais. Leurs Drames ressemblent au monstre dont Horace fait la peintu
u’il est étranger à l’action ; & que quand même il manquerait, le Drame serait toujours entier. Si l’on ôtait actuellemen
oses à observer en disposant les décorations qui doivent embellir son Drame . Il faut d’abord qu’elles soient nouvelles, c’est
moins de ramener une partie de leurs Spectateurs, en ajoutant à leurs Drames de superbes décorations. Mais notre Opéra découvr
ait à propos que les décorations fussent désignées dans le cours d’un Drame . Je voudrais que les Auteurs du nouveau Théât
9 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre II. De l’Opéra-Sérieux. » pp. 184-251
rvale me fait présumer que l’Opéra-Sérieux produisit dans Athènes des Drames d’une espèce différente de ceux qui sont parvenus
orer à la manière des Peuples dont ils prenaient la Religion. Les Drames en récits firent changer de face à l’Opéra des Gr
de face à l’Opéra des Grecs. Quoi qu’il en soit, l’invention des Drames en récits, tant sérieux que comiques, fit abandon
chant. On n’y renonça pourtant pas tout-à-fait. On l’inséra dans les Drames qui lui furent préférés ; il devint le chœur. On
l’Italie le Spectacle magnifique d’un Opéra complet, en l’an 1480. Ce Drame était intitulé la Conversion de St. Paul ; il fut
e Cardinal que nous en sommes redevables. On fait remonter le prémier Drame en musique qui fut joué en France par son ordre à
ndromède 43 est de 1650, & Pomone du sieur Perrin est de 1659. Ce Drame chantant du père de notre Tragédie, ne fut représ
a de nos jours. Les deux Pièces de Corneille èxceptées, ses prémiers Drames sont remplies d’un comique, tirant beaucoup sur l
ssent pas la même sévérité dans ce qui concernait l’intrigue de leurs Drames . L’Opéra perdrait beaucoup si l’on s’avisait de r
ils sont aussi tout-à-fait dénués du secours des chœurs, qui dans nos Drames lyriques font souvent tant d’éffet, & qui son
urvus de Balets. Lorsqu’ils veulent mettre un peu de danse dans leurs Drames , ils sont quelquefois contraints de récourir à no
courir à notre musique. Disons encore, qu’ils ne sont agir dans leurs Drames lyriques que des Hèros véritables, ou dont les fa
e surprenant y fait toujours plaisir. La variété embellit aussi notre Drame lyrique. Le monde naturel & fabuleux s’y déco
us transporte, il nous séduit davantage. Ce serait-on attendu que des Drames maigres, décharnés, vides d’actions & de spec
ut ce qu’on peut dire à la louange du Théâtre lyrique.52 Que les Drames lyriques sont susceptibles de la plus-part des rè
ères. S’ils avaient fait une sérieuse attention à la plus-part de ses Drames , tant Français qu’Italiens, ils auraient bientôt
ie Tragédie, qui doit être composée avec tous les soins de l’Art. Ses Drames , de quelque genre qu’ils soient, doivent être aus
s Personnages, & qu’on a soin de le faire savoir dans le cours du Drame fait avec art. Il est donc naturel que cette Divi
supportable, il faut qu’il ait été souvent question, dans le cours du Drame , de la divinité qui vient tout-à-coup le terminer
le qu’il les imite dans ce qu’ils ont de mieux. Il est si vrai que le Drame lyrique est composé selon les principales règles
éfforcé de prouver que la musique devient un langage naturel dans un Drame où tout est merveilleux ; & qu’il n’en ait pa
du merveilleux, puisque la musique est une partie èssentielle de ses Drames . Les sujets des Opéras-Sérieux doivent être p
Poèmes tragiques soient puisés dans l’Histoire. Que l’action des Drames lyriques est vraisemblable, contre la commune opi
les prodiges les plus étonnans ? On a donc tort de prétendre que les Drames de l’Opéra ne sont fondés que sur l’incroyable. S
action, & dans les sentimens de ses Personnages. La marche de ses Drames est simple, unie, les événemens qui tiennent du p
ouver. Qu’est-ce donc que les Critiques appellent Miraculeux dans les Drames de Quinault ? Le voilà. On veut que l’ouverture p
in ces décorations superbes, qui sont souvent le principal mérite des Drames chantans. Mais il faut que le lieu de la Scène ne
n plus long. On peut en dire autant de l’intrigue de presque tous les Drames lyriques. Il est donc prouvé qu’il est permis aux
itique qu’employent les plus habiles. Ils donnent à l’action de leurs Drames toute la durée qu’ils jugent nécessaire ; mais ri
faire des Prologues, s’ils n’ont un certain rapport avec l’action du Drame qu’ils précèdent. Explications des différente
ire que l’on sut au sujet des divers Titres que portent en France les Drames du Théâtre lyrique. Personne ne les avait encore
on doit écrire les Opéras-Sérieux. Il me semble que le stile des Drames lyques doit être d’une douceur èxtrême. Qu’il soi
ait point des vers lyriques. Lorsque de nos jours on voit paraître un Drame nouveau sur le Théâtre de notre Opéra-sérieux, le
Spectacles des Etrangers méritent souvent plus d’attention que leurs Drames . Mais venons à des causes plus visibles qui tende
re aussi trop peu du travail pénible de composer un Poème lyrique. Le Drame en récit lui rapporte trois fois davantage, &
qui voudraient l’enrichir du fruit de leurs travaux. Les paroles des Drames qu’elle reçoit lui appartienent entièrement ; ell
les Poètes en parcourant la carrière lyrique. La représentation d’un Drame sur les divers Théâtres, n’est retardée que par c
chant sérieux, on passerait à la mélodie bouffonne ; de même que les Drames de Corneille sont remplacés par de petites Comédi
es maximes d’amour, qui révoltent les gens scrupuleux. Les sujets des Drames chantans ne respireraient plus tant l’indécence,
çons de parler de la populace. Si l’on trouve de l’indécence dans les Drames de Quinault, on ne l’entre-voit que dans certaine
imens. Mais si le Spectacle moderne perd du côté des paroles ; si son Drame , dénué de musique, ne peut être comparé à ceux de
10 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre quatriéme. — Chapitre VI. Des Sçènes. » pp. 257-276
ns. Ils se contentaient peut-être de mettre à la tête de la partie du Drame que nous appellons Sçène, le nom des personnages
l’auront mis en usage, ainsi que celui d’Acte, en le plaçant dans les Drames qu’ils commentaient, afin de mieux désigner les p
non du lieu de l’action. J’ai déja traité cette partie éssentielle du Drame  ; ainsi je n’en dirai rien ici, crainte de me rép
ncourt à la faire mouvoir : il en est de même de la construction d’un Drame travaillé avec art ; une Sçène amène naturellemen
i, pour faire arriver avec vraisemblance de certains personnages d’un Drame  ; ma mémoire ne m’en fournit qu’un seul ; je le p
e ont écrits avant moi. Ai-je besoin d’observer que les Scènes de nos Drames sont mieux liées que celles des Poèmes des Italie
des confidences, qu’on fait à ceux qui voient la représentation d’un Drame . Il n’est pas naturel qu’un Monologue soit en
es : voyons du moins avec quel art ils assemblent les Scènes de leurs Drames . Les Scènes du Spectacle moderne n’ont point
t tout ce que j’ai écrit dans ce Chapitre ; tandis que l’Auteur de ce Drame nous a donné des leçons sur la Comédie & la T
re les libertés qu’ils prennent chaque jour, ils composeront enfin un Drame informe & monstrueux, & feront triompher
die, vous devez lui donner les différentes parties qui constituent le Drame . Que dirait-on d’un horloger qui voudrait compose
celles des deux Chasseurs & la Laitière, n’avoir aucun ordre, les Drames Bouffons devront toujours être composés de Scènes
mblent éxcuser l’Opéra-Bouffon. Il est vrai que les Poètes de nos Drames favoris, paraissent être éxcusables de se permett
ils ont composées, qu’on trouvera assez ridicules de nos jours33. Les Drames du grand Corneille serviront aussi d’éxcuse aux P
berté que l’on prend dans l’arrangement des Scènes, ou des parties du Drame , jusqu’à composer des Actes qui n’ont aucun rappo
11 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre prémier. De la Comédie-Bourgeoise, ou Comique-Larmoyant. » pp. 6-13
u Comique-Larmoyant. O n rencontre au Théâtre plusieurs genres de Drames dont on doit parler séparément, parce qu’ils diff
ne remarquât pas assez, si je les avais confondus avec les principaux Drames joués au Théâtre. J’aurais encore couru les risqu
nt un air fort Romanesque. On a donné le nom de Comique Larmoyant aux Drames de M. de la Chaussée, où l’on ne voit agir ni des
es du Misantrope, du Glorieux. La Comédie-Bourgeoise se distingue des Drames que je viens de parcourir, par ce qu’elle prend s
de citer l’Enfant prodigue, l’Ecossaise ? Nos Voisins ont aussi leurs Drames à la fois plaisans & sérieux. Les Comédies It
 ; je la crois révoltante & tout-à-fait ridicule. Chaque genre de Drame doit avoir son caractère propre ; confondre dans
blement, loin de nous divertir, nous déplaisent, nous importunent. Un Drame où l’on cherche à faire rire & pleurer tout à
t d’être joyeux. Concluons, qu’on a tort de mettre du sérieux dans un Drame où il y a du plaisant : ces peintures opposées ne
12 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre VIII. Réfléxions sur le plaisir qu’on ressent à la représentation d’un Poème comique, & sur la douleur qui déchire l’ame des Spectateurs d’un Drame sérieux. » pp. 113-123
comique, & sur la douleur qui déchire l’ame des Spectateurs d’un Drame sérieux. A fin de terminer ce cinquième Livre
asse souvent répandue des larmes. Parcourons les principaux genres de Drames qu’on voit au Théâtre, & commençons par la Co
vertit de la tromperie qu’on nous fait. Comment se peut-il donc qu’un Drame comique, fondé ordinaîrement sur la fiction, nous
le Marquis un tel est peint à ravir. En un mot, la joye qu’inspire un Drame plaisant, n’est point troublée par la certitude q
qui nous affligent. Il est donc naturel que l’on chérisse un genre de Drame qui console en même tems qu’il réjouit. La simpli
. Voilà pourquoi l’on court avec empressement aux représentations des Drames sérieux. Le Spectateur contemple avec éffroi ses
ètre, nous n’en fesons nos délices qu’à cause de ces mêmes éffets. Le Drame tragique qui ne nous désespère point par une cata
est un plaisir. Que les larmes qu’on répand à la représentation d’un Drame sont différentes de celles que nous arrache notre
e d’entendre une grande partie des paroles ; d’ailleurs, l’action des Drames chantants est ordinairement très-peu de chose.
13 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre troisiéme. — Chapitre VI. De ce qu’un Poète dramatique doit sçavoir pour être en état de travailler dans le nouveau genre. » pp. 142-158
ux que je veux rendre capable de produire un bon Opéra-Bouffon, ou un Drame du nouveau genre ; il est nécessaire de les prépa
ortes de Vers. Quand je vais au Théâtre, le plaisir que je prends aux Drames qu’on y représente me fait verser des larmes. Je
lques libértés, c’est du moins ce que nous montre la plus-part de ses Drames . Vos Lectures, comme vous voyez, & ce qu’il e
s de votre génie. Que rien ne soit au dessous de votre génie. Que vos Drames soient une espèce d’Encyclopédie, où nous trouvio
Les prémiers n’attirent que peu de monde à la représentation de leurs Drames , tandis que les derniers sont accourir chaque jou
rde furieusement de pouvoir en liberté produire un de ces merveilleux Drames , dont le succès est si rapide, & les avantage
à boire avec eux. Votre réplique est séduisante, mais le genre de vos Drames vous oblige d’entrer dans des détails qui demande
istote en un mot, va beaucoup plus loin. Il éxige des compositeurs de Drames , qu’ils s’imaginent être les personnages mêmes de
ils étaient dèja instruits en partie de cet Article important ; leurs Drames sont trop admirables pour qu’ils ayent tardés jus
ncore tout-à-fait novices. Mais si l’on a dessein d’éxceller dans les Drames modernes, il faut écouter attentivement le reste
re Spectacle imiteraient alors bien plus au naturelles Héros de leurs Drames . Horace dans sa dix-neuvième Epitre à Mécène invi
développer dans les Livres suivans, en parlant de ce qui concerne les Drames en tout genre, & des règles éssentielles auxq
14 (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — [Première partie.] — Septième Lettre. De la même. » pp. 73-99
te pour les abus dans la Représentation, & les indécences dans le Drame . Je me rappelle d’avoir avancé, « que le Théâtre
rappelle d’avoir avancé, « que le Théâtre pouvait être utile, par ses Drames , par la Musique, par les Danses, par le plaisir q
’est qu’un chatouillement agréable. Il est vrai qu’en les joignant au Drame , c’est autre chose. Toutes nos Pièces ne sont pas
nt sage des Nations modernes n’a jamais souffert sur nos Théâtres des Drames licencieux comme ceux d’Aristophane & de ses
partient pas de médire de mon siècle. Je dois seulement dire, que nos Drames actuels sont presque tous, tels que les plus sévè
re ; les danses & la Musique comme procurant ce délassement : les Drames Français, comme renfermant toujours quelque leçon
qu’au milieu de bien des cercles. Regardons notre Spectacle & ses Drames comme un moyen toujours prêt, dont la Puissance S
ent les Théâtres dramatiques ; ces trois choses sont le Spectacle, le Drame & l’Histrionisme. Examinons-les tour-à-tour.
décorations d’un Théâtre, le jeu des Acteurs, en même-tems que par le Drame ils parlent au cœur & à l’esprit. Le Drame pe
n même-tems que par le Drame ils parlent au cœur & à l’esprit. Le Drame peut corriger les mœurs, il peut les corrompre ;
Si l’Acteur, si l’Actrice ont un autre but que de seconder le but du Drame  ; si l’envie de plaire, de séduire leur fait cher
nquer de vicier & d’anéantir l’effet naturel qui devait suivre le Drame  ; non que ce soit un inconvénient réel, que la pl
dangereuse, lorsqu’elle nous divertit par des scélératesses* dans le Drame  ; elle est inadmissible, lorsqu’elle ne plaît que
conviendrai donc, que l’austérité Républicaine ne peut comporter les Drames de ces deux derniers genres, parce que, eu égard
inconvéniens de l’Histrionisme. Je conviens encore que l’Auteur d’un Drame sachant que ce n’est pas dans sa Pièce seule qu’e
éprouver au Spectateur demi-vertueux, des mouvemens dérèglés dans les Drames les plus sérieux tels que la Tragédie, les Comédi
, dis-je, suffisent pour réprimer les abus : le Comédisme réformé, le Drame intéressant & châtié produiront cet avantage,
d des Athéniens ; & quoique, chez l’une & l’autre Nation, les Drames n’aient paru dans leur plus grande gloire, que lo
nes sont les plus beaux monumens, qui nous restent de l’antiquité. Le Drame tragique, pour atteindre au degré d’utilité &
aurait ici le même effet, si nous célébrions nos grands hommes ; ces Drames ne pourraient qu’échauffer dans nos jeunes Citoye
15 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre quatriéme. — Chapitre IX. Du Dialogue. » pp. 320-335
ns dans le monde converser entre-eux aussi long-tems ? D’ailleurs, un Drame devant contenir plus d’action que de discours, le
qui parlent au Théâtre. Sans le Dialogue, il n’y aurait point de Drames  ; ils seraient alors de véritables Poèmes épiques
qu’ils n’ont aucune liaison au sujet, & que les Personnages d’un Drame ne sont ni Orateurs ni Moralistes. Osera-t-on acc
ge, & lui donner la vivacité qu’il demande, afin que la marche du Drame soit rapide. La cause en est facile à trouver. Le
de la conversation ordinaire, qu’on doit s’éfforcer de copier dans un Drame , quelque soit son genre. Nous ne nous piquons
upe du Dialogue. En général on peut dire qu’en France cette partie du Drame est beaucoup mieux traitée dans la Comédie que da
alogue de l’Opéra-Bouffon est éxcellent. Nous n’aurions guères de Drames bien dialogués, sans l’Opéra-Bouffon, & notre
ttes. Il est certain qu’on ne peut faire aucun reproche à ce sujet au Drame du nouveau genre. Il serait à souhaiter qu’il en
les, de mauvaises plaisanteries, elles y sont amenées par le genre du Drame . Mais quelle vivacité ! quelle précision ! Ai-je
ui des Tragédies grecques ? Il serait à souhaiter que les Auteurs des Drames en tout genre eussent un Dialogue aussi vif, auss
16 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre IV. De la Pastorale Dramatique. » pp. 59-77
eine deux Pastorales passables. Ancienneté de la Pastorale. Le Drame des Bergers, s’il m’est permis de m’èxprimer de l
es. Origine de la Pastorale. Quand on commença à composer des Drames , on fit plutôt des Pastorales que des Comédies. L
sommes à peine parvenus à la rendre supportable sur nos Théâtres. Nos Drames champêtres sont la plus-part froids, insipides, &
mêlé dans l’action, en ôte toute la simplicité. Il est clair que les Drames champêtres seront long-tems à faire de certains p
lesque est une sorte de Pastorale. Nous avons une autre espèce de Drame naturel ou de Pastorale, à laquelle on donne le n
n’était trop bas. J’observerai avec le Lecteur judicieux que les Drames proprement appellés Opéras-Bouffon, dans lesquels
ues infortunes, on aura un sûr moyen de répandre de l’intérêt dans le Drame . Je puis me dispenser d’avertir que tous les Pers
le dénouement est lent à venir, il se dégoûte & perd patience. Un Drame qui n’est rempli que d’amour, (& c’est la Pas
mmes. Je conseille donc aux Poètes qui voudront se distinguer dans le Drame champêtre, de ne lui donner que l’étendue d’un Ac
rement que de simples Bergers, tâchons que la musique usitée dans les Drames sérieux du grand Opéra, n’ait aucune ressemblance
ns pas, encore une fois, que la musique, lorsqu’elle est adaptée à un Drame , fait partie de l’illusion théâtrale, ainsi que c
17 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre troisiéme. — Chapitre prémier. Qu’on ne doit pas se figurer que la composition des nouveaux Drames soit aisée. » pp. 116-120
ier. Qu’on ne doit pas se figurer que la composition des nouveaux Drames soit aisée. UN Drame qui réunit tant de perfe
se figurer que la composition des nouveaux Drames soit aisée. UN Drame qui réunit tant de perfections ne doit pas être l
écriera-t-elle, peut-on soutenir qu’il y ait du mérite à composer des Drames où l’on ne voit souvent que de méchans quolibets,
és. Si l’on doutait encore qu’il soit nécessaire d’employer dans les Drames modernes le goût & l’esprit dont on est capab
Redoublez d’ardeur & de vigilance, et voyez, corrigez souvent le Drame en général. Apprenez que le tems seul met la dern
18 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre quatriéme. — Chapitre VIII. Du Stile. » pp. 287-319
Chapitre VIII. Du Stile. A prés que le Poète aura disposé son Drame , selon les règles qu’il vient de voir, il pourra
ent de ce Chapitre que le stile était actuellement très-nécessaire au Drame  ; & pourtant je prouve que plusieurs de nos P
’est aussi guères d’accord avec lui-même : il veut que la diction des Drames soit pure & élégante ; & cependant il app
mière représentation, qu’à la marche & qu’aux règles générales du Drame entier. Nous voyons en éffet, qu’une Pièce compos
& poli. Or, comment le pourrait-il, si l’on met en règle, que les Drames peuvent être écrits avec négligence ? D’ailleurs,
ifficile de peindre ses goûts & ses caprices : il ne veut que des Drames où l’esprit pétille à chaque instant ; à peine da
nous rend témoins de nouveaux prodiges ; elle nous force à chérir des Drames tout-à-fait mal écrits, malgré notre amour pour l
s du nouveau Théâtre sont peut-être bien de ne pas mieux écrire leurs Drames . En convenant que les Drames du nouveau Théât
re bien de ne pas mieux écrire leurs Drames. En convenant que les Drames du nouveau Théâtre, sont en général assez mal écr
n pour les endroits faibles38. » Conclura-t-on de là que les nouveaux Drames , devraient être bien écrits d’un bout à l’autre,
fait de notre Spectacle ! Il eût goûté mille délices à la lecture des Drames Bouffons ; ce Vers de sa Poétique, sert encore à
u Lecteur. J’espère qu’on voudra bien observer que je ne cite que les Drames les plus célèbres ; que de fautes rencontrerait-o
le seul qui éxcelle à peindre la Nature dans sa vraie simplicité. Le Drame de Rose & Colas en est une preuve frappante.
rapporter un petit nombre. Quand j’ai montré les défauts de stile des Drames Modernes ; j’ai tiré tous mes éxemples des meille
ir un stile unique, à force d’être mauvais. Estimables Auteurs de ses Drames charmans, consollez vous. Mais relevons les éxemp
it dans une Tragédie ou dans un Poème épique. Il est de la nature des Drames burlesques de ne contenir rien d’essentiel ; au l
19 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre VI. Des Ariettes, & des autres parties du Chant théâtral à une seule voix. » pp. 297-328
sseau de Genève semble dire, que le terme Ariette n’est propre qu’aux Drames du nouveau Théâtre ; il voudrait qu’on employât u
t de la déclamation. Le Récitatif est mal placé dans les nouveaux Drames . Je crois inutile d’observer que le Récitatif
Je crois inutile d’observer que le Récitatif devrait être banni des Drames du nouveau genre. Des idées sombres & tristes
retenu sans peine. Pourquoi les Poètes l’ont placés à la fin des Drames comiques. Je ne conçois pas trop ce ce qui en
rop ce ce qui engagea les Poètes à placer le Vaudeville à la fin d’un Drame comique. Sans doute qu’il leur parut un moyen de
erai tenté de croire qu’on s’en sert encore afin d’allonger un peu le Drame , & pour faire oublier la petitesse de son act
die récitée. Je crois pourtant qu’il serait mieux de terminer les Drames modernes par un Chœur, parce qu’on suppose alors
Pour revenir aux Ariettes qui composent les trois quarts des nouveaux Drames , elles donnent matière à l’homme d’esprit de fair
ne pas tomber dans cette faute. On permet aux Personnages du nouveau Drame , de se servir simplement de la parole, lorsqu’ils
l’ancien usage, l’esprit y gagnerait, le Poète pourrait paraître, le Drame serait naturel & sa marche plus rapide : je c
eur ôter les fautes qui les ternissent, de les rendre plus utiles aux Drames dans lesquels elles sont comme enchassées ; &
roposer quelques règles qui pourront coucourir à la perfection de nos Drames favoris, & des Ariettes en particulier. I
mer avec élégance un sentiment, ou quelque passion des Personnages du Drame , que pour faire briller les talens du Musicien. L
Poète la quantité d’ariettes & de duo qu’il peut insérer dans les Drames du Théâtre Moderne, sans crainte de lasser les Sp
voix, où règne la tendresse, me paraissent presque toujours, dans les Drames du nouveau Théâtre, d’une froideur insupportable.
20 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre troisiéme. — Chapitre V. Il n’est point de Drame sans Mœurs. » pp. 139-141
Chapitre V. Il n’est point de Drame sans Mœurs. D ire que les personnages d’un Dr
l n’est point de Drame sans Mœurs. D ire que les personnages d’un Drame ont des Mœurs, c’est en faire l’éloge. On entend
terme que pour marquer le caractère distinctif des personnages de nos Drames modernes. Les Mœurs sont très bien saisies dan
e reproche que le Père Brumoy fait à la Comédie. « Les caractères des Drames comiques, s’écrie-t-il, sont fort communs, &
21 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre dernier. Conclusion. » pp. 345-347
la plus-part de ses Poèmes, fondés sur les règles qui constituent les Drames en tout genre, s’écartent assez souvent de ces rè
urs Auteurs les règles sages & judicieuses, qui forment seules un Drame parfait. En louant à outrance la méthode qu’ils s
u mérite de ses Acteurs. Plus il est prouvé que le genre naissant des Drames tant applaudis de nos jours s’est écarté des règl
es informes ! Puissent-ils ne s’attacher qu’à mettre sur la Scène des Drames intrigués avec art, écrits avec délicatesse, dans
22 (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — [Première partie.] — Huitième Lettre. De la même. » pp. 100-232
Tragédies s’y trouvent à l’étroit, tant-pis pour elles ; ce genre de Drame ne forme pas encore, chez les modernes, la partie
pourrait leur élever un Théâtre, convenable tout-à-la-fois, & aux Drames , & à la puissance de la Monarchie. J’ai lu q
nos Pieces, puis de nos Acteurs. *** ‌NOUVEAU PLAN DE RÉFORME. L es Drames qu’on représente sur nos Théâtres sont aujourd’hu
-Ariette [E] [E], moins de perfection, & plus de Spectateurs. Les Drames de la seconde & de la troisième espèces sont
du Théâtre, il vient de l’Auteur : il est sur-tout sensible dans les Drames des Auteurs-Comédiens, qui paraissent ne se défie
es se déplaçassent, les Scènes intérieures : nos Auteurs des nouveaux Drames profiteraient de cette disposition, pour mettre p
s toujours à l’autre. Nos Salles actuelles ne sont pas adaptées à ces Drames majestueux : il leur faut un Théâtre, où la Scène
a déja perfectionné la décoration, sur nos Théâtres actuels, quand le Drame s’accomplit dans l’intérieur d’un Temple, d’un Pa
Comédie intitulée le Méchant, réunit presque toutes ces qualités d’un Drame parfait. Elle peint au naturel : le tableau n’est
eaux qui caractérisent les crimes dont ils sont la source : c’est des Drames de ce genre, qu’on peut dire qu’ils affaiblissent
ables modèles, que dans la conduite & non dans les mœurs de leurs Drames  ; je voudrais même qu’on cultivât peu le genre où
e. Passons maintenant à ce qui regarde la vraisemblance extérieure du Drame . Je pense qu’il n’est point d’Auteur dramatique q
emblance de Décoration, qui n’est qu’accessoire, mais que l’Auteur du Drame aura continuellement en vue, pour la règler lui-m
ue la froideur. Je ne parlerai pas ici de la vraisemblance du fond du Drame , qui doit règler l’action, l’intrigue, le caractè
s descriptions brillantes où l’art se montre doivent être bannies des Drames tragiques ; à plus forte raison de la Comédie. Ce
e câdrent certainement pas avec le style de conversation essenciel au Drame *. 2. Je regarde le monologue de sens-froid comme
outiens que de tels monologues ne doivent pas être soufferts dans les Drames à composer. Je sais bien que l’usage qu’on en fai
’apostrophe. [Nota. Ce moyen de perfection n’est proposé que pour les Drames imitatifs : l’Opéra & la Comédie-Ariette n’en
uestion d’eux : je vais considérer ce moyen de représentation dans le Drame  : je distingue de deux sortes d’A-part : l’absolu
aire manifester ses pensées, sans qu’il fasse une chose insolite ; le Drame doit peindre vrai, lorsqu’il est sérieux : si c’e
fleur, & celle de ces fréquentes échapades, où le personnage d’un Drame laisse-là celui qui l’écoute, pour apostropher du
é ; mais on pourrait rendre cette liberté plus grande encore dans les Drames à composer. Enfin tout le talent d’un bon Comédie
nnes Pièces se trouveraient corrigées, & les Auteurs des nouveaux Drames disposeraient à leur avantage des facilités que l
titre Acteurs . J’ajoute à tout ce qu’on vient de lire, que dans les Drames destinés à être joués par les Acteurs que je vais
fet, si les voluptueux Elèves de Terpsychore ne fondaient la glace du Drame . Quoique je n’aye presque jamais en vue l’Opéra d
ne sacrifient guères qu’à Plutus. Voila pour les Actrices. Venons aux Drames qu’elles exécutent. Les vers efféminés du doucere
ectible à certains égards. Les Français, au contraire, veulent que le Drame marche d’un pas égal avec la Musique dans leur Op
n des Anciens, faire des Tragédies où la déclamation fût modulée : un Drame historique & sérieux, dans notre Musique, qui
’abri des criminations de la postérité. ‌ Art. II. Tragédies. Les Drames tragiques, outre le reproche qu’on leur fait d’êt
e, mais sage & retenue sur la Scène française, nous a fournis des Drames excellens. La neuvième offre une agréable variété
entendu que leurs Compositions n’auront pas les licences des anciens Drames . Le genre de la Pièce ne sera jugé que par le Pub
oltaire, &c. réservées pour le Théâtre Français ; ni sur tous ces Drames intéressans, dont il serait trop long de répéter
èce de Prologue en Ballet, dans lequel la Pantomime[O] aurait avec le Drame un rapport marqué : des Danses, dans le genre des
s, pouvait être Acteur sans se deshonorer* : déclamer, représenter un Drame sur le Théâtre, ce n’était pas un état, mais simp
é au nom de Comédien. Ajoutez, que chez une Nation sanguinaire, où le Drame n’était qu’une petite partie du Spectacle, le Gla
r. L’objet du Règlement que je propose est d’ôter les inconvéniens du Drame , ceux du Comédisme & de l’Actricisme ; de ren
pirer de l’éloignement des choses vicieuses. Sans la vérité, point de Drame  : une Tragédie lyrique peut être nonvraie ; lorsq
es Héros peuvent rester noncorrigés ; les seules inconvénances que le Drame lyrique doive absolument éviter, sont celles des
t, mettant dans le cas de donner au Public, sans difficulté, tous les Drames qui existent, & qui n’auront pas été renvoyés
entation des Pièces nouvelles. Les Auteurs ne pourront offrir que des Drames adaptés à la nouvelle manière de représenter, con
ême temps, les Auteurs se trouveront déchargés dans la composition du Drame , de l’attention puérile à saisir le jeu saillant
; le génie pourra prendre l’essor, sans crainte d’être arrêté : si le Drame touche, s’il intéresse en respectant les mœurs, i
uit plus habiles d’entre les Acteurs & les Actrices-citoyens. Les Drames ne seront jugés qu’après avoir été appris par les
-fois, une imitation tantôt fictive de la conduite des Personnages du Drame , & tantôt réelle de la vie des Spectateurs.
 IX. Comment représenter les Tragédies. Il serait à propos que ces Drames majestueux eussent un Théâtre particulier, ou qu’
ertaines scènes : ce serait encore une facilité, pour l’exécution des Drames dans lesquels on introduirait des chœurs nombreux
e premier a donné l’idée de ce jeu brillant inconnu aux Anciens : ses Drames , comme le jeu de l’Actrice que je viens de nommer
n’aurait pas dû tolérer ? Aujourd’hui, la Danse est corrigée comme le Drame  ; elle n’est plus que l’école des bienséances &am
ile. ‌ Art. XVIII. Parts d’Auteur. Les honoraires des Auteurs des Drames seront fixés, en raison du genre dans lequel ils
de loin ; & ce nom, par métonymie, passa même aux Personnages du Drame .] Voyez sur les Echœa la Note [G]. Malgré cela, u
es firent fortune à Rome, c’est qu’elles étaient plus propres que les Drames parlés à être entendues dans l’éloignement. Ainsi
endre, en un mot la manière d’être dans les différentes situations du Drame , tout le jeu muet, & le mode du jeu parlé. *
en Danses expressives, comme les Pyrrhiques, toutes les situations du Drame qu’on va représenter ? Je voudrais qu’une Musique
t des Entr’actes, mais courts, sans contrastes, & qui tiennent au Drame par un fil caché. *. Dans les Pièces à composer
antage, on rebutera peu d’Auteurs ; on les exhortera à corriger leurs Drames , & lorsqu’à force de soins & d’efforts, i
e au remords le chemin du cœur des Rois, doit être respectée dans nos Drames . Eh ! qui soutiendrait l’homme de peine, indigné
ueux de la Grèce. *. Il serait bien à desirer, qu’on admît, pour les Drames tragiques, les Vers blancs, qu’on nommerait, Vers
23 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre VII. Parallèle du Poème épique avec les Pièces du nouveau genre. » pp. 107-112
Pièces du nouveau genre. J’ ai traité de tout ce qui concerne le Drame du nouveau Théâtre, comme Comédie ; je parlerai a
Le commencement des Poèmes épiques est toujours simple ; celui des Drames modernes est d’une simplicité admirable. A l’éxem
’enflure. En général je vois encore plus de simplicité à l’entrée des Drames du nouveau Théâtre, qu’au début des plus célèbres
ropos. Enfin un dernier trait achèvera de prouver la ressemblance des Drames modernes avec les chefs-d’œuvres des Homère &
a Fâble agissent dans l’Epopée, on les fait aussi intervenir dans les Drames bouffons. Mercure vient au bruit du tonnerre anno
24 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre III. De l’Indécence. » pp. 21-58
e. L’ opéra-Bouffon ne se piquat jamais de ménager la pudeur. Ses Drames de la fin du siècle passé, ceux qui firent brille
ent tout ce qui est contraire aux bonnes mœurs. Songez en écrivant un drame , n’importe pour quel Théâtre il soit destiné, que
ns leurs expressions, & dans les images qu’ils mettent dans leurs Drames , qu’après avoir étudié le cœur humain. Tel vicieu
n prennent occasion de crier de nouveau contre ceux qui composent des Drames , qui les jouent, & qui assistent à leur repré
approchante de crime ». Soyons sur nos gardes à la représentation des Drames ou respirent la tendresse & le plaisir ; ou p
ous porte assez à l’amour, sans qu’il soit nécessaire de composer des Drames dont l’intrigue agréable & galante, dont le s
e certain Auteur. Certain Auteur prétend qu’on ne fait réussir un Drame qu’en flattant les passions des cœurs corrompus ;
se ne courent aucun risque à la représentation de quelques-uns de ses Drames  ? Il est vrai que Sénéque avait coutume de dire ;
e. Je fais une remarque ; je suis un des prémiers qui, en parlant des Drames , ait averti d’en bannir la licence. Les Auteurs d
rs au nouveau Spectacle, sans paraître scandalisé de plusieurs de ses Drames  ? je répondrai, que l’idée peu avantageuse qu’on
a ce qu’on appelle un éxcellent moyen de répandre de l’action dans un Drame . Madame Pince parle aussi sur le même ton ; Quan
ropre pour le Théâtre. Il faut se garder de choisir le sujet d’un Drame dans des Ouvrages connus par leur indécence ; par
’idées honnêtes ? Je voudrais au moins qu’on mit un nom différent aux Drames qui nous sont inspirés par un Ouvrage licencieux,
le & Gertrude & de la Fée Urgèle. Tout conspire dans ces deux Drames à faire rougir la pudeur. Le sujet est contre la
une beauté cruelle, il n’aurait qu’à la mener à la représentation des Drames dont je parle ; & qu’il verrait bientôt s’éte
ue l’on nous raconte qu’il est chez les Etrangers un Théâtre dont les Drames sont aussi licencieux, nous ne manquons pas de no
25 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre prémier. — Chapitre III. Origine des Théâtres. » pp. 22-49
e ; & applaudir en bégayant, aux rustiques plaisanteries de leurs Drames naissans. Le savant Isaac Casaubon paraît être de
s’en appercevoir ; prétendant que la Religion a donné la naissance au Drame , ils devaient lui faire mériter cet honneur. Le c
évérer, à fuir leur Religion, n’ont guères eu le tems de composer des Drames . Les Perses étaient dans leur origine trop guerri
même tems que la Tragédie. En effet, tandis qu’Éschyle composait ses Drames sérieux, tandis qu’il jettait de nouveaux personn
ges dans les Chœurs, une foule d’Auteurs ajoutait divers ornemens aux Drames enjoués. Il est vrai que la Comédie ne se perfect
; eussent les mêmes manières que les originaux qu’il dépeint dans ses Drames . La Comédie-nouvelle, qui brilla sans le secours
es Arts & des Sciences. Ils eurent honte de la rusticité de leurs Drames , & les polirent par dégrés. Pourquoi les
des Tragiques Grecs. Je crois découvrir la raison qui fit réussir les Drames comiques à Rome, tandis que le sérieux ne jouissa
ntait : en faut-il davantage pour faire appercevoir le germe caché du Drame  ? Il ne tarda pas à se développer, & beaucoup
n peu instruits savent que long-tems avant lui, on composait déja des Drames passables. La bonne Comédie. Le siècle im
firent naître à Molière l’idée de parcourir une nouvelle carrière. Le Drame agréable fut bientôt perfectionné par ses soins ;
s bizares. Les Français connurent les prémiers le ridicule de pareils Drames , & ce ne fut guères qu’après Corneille &
26 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre V. Que le Musicien doit seconder le Poète, & que le Poète doit s’entendre avec le Musicien. » pp. 292-296
Je viens de jetter un coup d’œil général sur la musique des nouveaux Drames chantans, développons maintenant ce qu’éxigent le
’adresse. Je suis tenté de comparer le Compositeur de la musique d’un Drame qui lui est étranger, à ces nourrices qu’on charg
éxemple. Nous sommes privés de l’avantage dont ils jouissaient ; nos Drames lyriques nous en font assez appercevoir, malgré l
d ensemble. C’est de l’intime union du Poète & du Musicien que le Drame lyrique tirera toutes ses beautés. Le besoin mutu
27 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre second. — Chapitre III. Recherches nécessaires pour s’éclaircir si les Anciens ont connus l’Opéra-Bouffon. » pp. 101-108
urrait penser que les modernes ont seuls imaginés ce nouveau genre de Drame  ! Ce serait nous couvrir d’un honneur qui ne nous
arder comme beaucoup plus ancien que les autres Spectacles, Ainsi les Drames de Thalie & de Melpomêne n’auraient que le se
es ont fait naître la Comédie, elles ne pouvaient être tirées que des Drames burlesques, voilà l’Opéra-Bouffon. Plusieurs
te marchait très rapidement ; ils étaient mêlés de Musique, comme les Drames ordinaires. Platon le Philosophe, car il en éxist
ce un brillant succès. On se trouva contraint de les insérer dans les Drames comiques & sérieux ; le Peuple revint alors à
28 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre quatriéme. — Chapitre VII. De la Vraisemblance. » pp. 277-286
lle utilité est la Vraisemblance Dramatique. Envain le sujet d’un Drame serait admirable, son stile aurait beau être chât
tout-à-fait éxclu du Théâtre ; il ne faut lui déffendre l’entrée des Drames , qu’autant qu’il s’agit d’événemens surnaturels,
r ; il éloignera tout ce qui rendrait merveilleux les incidens de son Drame  ; il fera ses éfforts afin de s’approcher de la N
nu. Aristote veut avec raison que le Poète soit libre de disposer son Drame comme bon lui semble34. « L’Historien, dit-il, éc
Je finis en observant que la vérité n’est presque jamais la bâse des Drames en général, c’est toujours le Vraisemblable ; ce
29 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre quatriéme. — Chapitre XI. Du jeu des Acteurs. » pp. 345-354
e monde fait. Sans les soins qu’ils prennent de faire valoir bien des Drames , le moment de leur naissance serait souvent celui
’il représente. On peut dire que l’Acteur met la dernière main au Drame  ; il lui donne un vernis qui attire tous les yeux
erme peindre, puisque la plupart des Auteurs de Poètique appellent un Drame un tableau : le Poète n’est donc que le Peintre,
oin, peut-être minutieux, qu’ils ont de marquer la pantomime de leurs Drames , prouve combien ils craindraient de perdre, si l’
i faire passer un simple cannevas de Pièce, ou une Pantomime, pour un Drame dans les règles. Et quand nous oserons faire impr
30 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre V. De la Parodie. » pp. 78-89
e de charges ! que d’extravagances ! Faut-il que les Spectateurs d’un Drame bouffon rient toujours à gorge déployée ? Cette P
ectateurs. La Parodie est soumise aux mêmes règles que les autres Drames . Je terminerai cet article par avertir ceux q
est soumise aux mêmes loix que les autres Pièces de Théâtre. C’est un Drame entier, sans aucune èxception, dont il faut que l
forcer à faire rire de leurs meilleurs Ouvrages. Parodiez les mauvais Drames , pour empêcher qu’on n’en compose de pareils, &am
se contentent bien souvent d’imiter le sujet & même la marche des Drames qu’ils parodient ; mais ils ne les copient pas si
31 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre VII. Des Duo, Trio & Quatuor. » pp. 329-339
e actuellement dans les entre-Actes, loin de fixer l’attention sur le Drame qui occupe la Scène, ainsi que le soutient le gra
r de ceux des anciens, qui répandaient même un nouvel intérêt dans le Drame . Je reprends le fil de mon discours. Le Duo n
veut rejetter absolument le chant à plusieurs parties adopté dans les Drames du nouveau Théâtre, il faut aussi retrancher les
u’il faudrait placer une Ariette ou un Duo à l’ouverture des nouveaux Drames . Ce que j’ai dit ailleurs(73) au sujet du com
Iphigénie en Aulide (74), avec ce qu’on ressent au début froid de tel Drame comique, & au début grave & pompeux de te
32 (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — [Première partie.] — Sixième Lettre. De madame Des Tianges. » pp. 40-72
donner, par l’imitation, les grâces & la vie aux personnages d’un Drame  ; de leur prêter ses organes d’une manière conven
adoptée, qui paraît être la principale cause de la perfection que le Drame a déjà acquise parmi nous, & qu’on peut porte
s Loix civiles ! La forme de nos Spectacles consiste dans le genre du Drame , le jeu des Acteurs, & dans la Musique &
milieu : J’avance que le Théâtre peut être utile ou dangereux par ses Drames , par la Musique, par les Danses ; mais qu’il est
manière dont le Théâtre blesse les mœurs, résulte des accessoires du Drame , & surtout du Comédisme ou de la manière d’êt
que les inconvéniens du Spectacle ne soient, absolument, que dans le Drame , dans la pompe du Spectacle, la Musique & les
ils sont, essenciellement, dans la façon de penser du siècle, que le Drame n’a point donnée, mais qu’il a suivie ; ils sont,
e rappellera que les meilleures choses ont les leurs. Qu’on épure les Drames licencieux, qu’on retouche les Pièces d’intrigue
mettons-le en usage, après avoir détruit tous les abus ; châtions le Drame , puisqu’il le faut, mais appliquons-nous d’abord
ces qu’ils jouent*. (C’est convenir que nous avons un grand nombre de Drames estimables). Tant pis, si les mœurs de nos Acteur
présentent donc naturellement : supprimer tout le licencieux dans les Drames , & rendre nul l’inconvénient du Comédisme. Ap
ême l’excellence de leur talent, la part qu’ils ont à la réussite des Drames  ; & cet estimable Auteur fait aujourd’hui mie
33 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre quatriéme. — Chapitre XII. Des Spectateurs. » pp. 355-358
CE n’est pas le tout de bien connaître les différentes parties d’un Drame  ; il faut savoir encore que l’action, quoique étr
vraisemblance & le naturel, le charme des différentes espèces de Drames , que de se permettre d’agir autrement ? Voici ce
on d’amour, &c. Il est vrai que c’est restraindre furieusement le Drame en général. Les sujets deviennent par-là d’une di
34 (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « Avertissement de l’Éditeur, En forme de Table des Matières. » pp. 7-16
rme. 106 Il commence par des éclaircissemens sur les trois genres de Drames principalement en usage sur nos Théâtres, & l
. 123 On parle dans le Préambule, 1. des qualités constitutives d’un Drame utile. ibid. 2. De la vraisemblance extérieure
tives d’un Drame utile. ibid. 2. De la vraisemblance extérieure du Drame , ou des Modelemens. 128 3. De cinq degrés de vra
s Modelemens. 128 3. De cinq degrés de vraisemblance pour le fond du Drame . 130 4. De la décence extérieure. 141 5. On fai
un Dramatiste ; mais il designe encore l’auteur d’un Ouvrage sur les drames & sur les acteurs : c’est le sens qu’il prend
ime, la Religion n’en peut improuver que les accessoires, tels que le Drame , l’Etat de Comédien, le Jeu de Théâtre : Si l’on
35 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « Discours préliminaire. » pp. -
la Comédie chantante, ou Opéra-Bouffon, avec les règles des différens Drames  : on dira que j’aurais mieux fait de traiter à pa
Ariettes est susceptible de toutes les règles, puisqu’on l’appelle un Drame . Cette alliance, ce mêlange de ce qui regarde le
r rendre mon Ouvrage singulier, & pour faire des remarques sur le Drame , sans répéter tout-à-fait ce que les autres ont d
p; des événemens qu’amènent la Nature. On a donc tort de composer des Drames qui s’écartent des principes reçus, puisque ces p
36 (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — Seconde partie. Notes. — [A] » pp. 297-379
ini la Comédie, une Peinture des mœurs ? or, s’il est prouvé, que nos Drames ne peignent que des chimères, quelle sera leur ut
 ? Des Arcis. Le Spectateur qui abuse du tendre sentiment que le Drame a réveillé, avait le cœur corrompu, avant de veni
re des mœurs : un peu plus d’usage, & la lecture de nos meilleurs Drames tragiques & comiques, sans augmenter ma consi
amour. Mais comme l’a pressenti monsieur Des Arcis, l’amour, dans les Drames Tragiques ou Comiques, n’est point contraire aux
anque à nos Représentations : oui, puisqu’il nous faut une Scène, ces Drames sont les plus dignes de s’y montrer (je ne parle
eance : ici l’Auteur confond les mœurs mauvaises, avec les défauts du Drame  : il est permis de mettre de mauvaises mœurs sur
i, que j’ose avancer que la Tragédie de Phèdre, & quelques autres Drames , ont souvent éclairé des personnes, liées par le
ôtre, mon frère. Des Tianges. Passons aux Comédies : ce genre de Drame , si différent de l’autre, pour la forme & par
disposer de son sort. Il ne devrait pas y avoir un tableau, dans les Drames imitatifs des mœurs actuelles, qui ne présentât u
ire qu’elle doit approuver les derniers ? Le plus grand nombre de nos Drames Comiques déposerait le contraire. Il est donc fau
s couleurs sombres & funestes, que donne aux passions l’Auteur du Drame , ne peuvent blesser personne, pas même ceux sur l
end la sagesse de conduite, la Scène Française a plus d’un exemple de Drames où la raison seule intéresse ; & l’on a déja
tres, & que nous applaudirons à sa punition dans le personnage du Drame  : monsieur Rousseau en convient ailleurs, & m
Bons, aux Indifférens, & aux plus Méchans que les personnages du Drame  : elle est encore d’une utilité générale, dans un
Article est vrai : mais le poids de la critique ne tombe que sur les Drames que le Projet propose de rejetter ou de corriger.
le le plus doux & le plus humain qui soit sur la terre : mais les Drames qui les lui retracent, ne les lui font pas connaî
le nom du personnage, & sa qualité de bon ou de méchant, dans le Drame , les fait prendre comme elles le doivent être ?
ous êtes bonne citoyenne, mon amie. Adelaïde. Nous en sommes aux Drames comiques, dont le choix est le plus important par
e. J’en conviens ; & je n’ai donné cette dénomination a quelques Drames , que parce qu’ils ne pouvaient se nommer Pièces d
vec le Comique larmoyant, m’a paru mériter d’en être distinguée : ces Drames auraient dû plutôt être nommés Comédies familière
des passions, & de le mettre à l’unisson, avec les personnages du Drame  ? or, de cet accord, résultera le surcroît du dan
uerai, que j’avais encore un autre motif. J’ai desaprouvé ce genre de Drames  : je répugnais à mettre les fadeurs de Quinaut, &
ent beaucoup, & qu’elle sait parfaitement saisir les beautés d’un Drame  : cette foule peu sage de Jeunes-gens, & de V
Comédies pour mariage, pourrait être plus libre que celui des autres Drames  ? C’est que dans ce cas il ne sera pas indécent q
itiques & les plus intéressantes de la vie (car tel est le but du Drame ) exista dès qu’il y eut une Société. Les premiers
nt dériver Tragédie de Trugáô, disent que dans son origine, ce fut un Drame que jouaient les Vendangeurs, après avoir mis le
ux la raison dans le système ordinaire, qui fait Thespis inventeur du Drame  ; rien n’étant plus naturel, que d’appeler Chanso
om générique des Odes chantées par des Chœurs, longtemps avant que le Drame héroïque qui porte aujourd’hui ce nom, eût été pe
is on n’y voit rien de Bacchus. Mais où Eschyle puisa-t-il l’idée du Drame tragique ? Dans la même source où Homère avait pu
t les Ministres des Autels. Qui lui donna la hardiesse de composer un Drame , chef-d’œuvre de l’esprit humain plus difficile,
diction où ils tombaient, en regardant Thespis comme l’instituteur du Drame  ; car alors, c’eût été la Comédie, qui aurait été
ue le Sicilien Epicharmus & son disciple Phormus, eurent élevé le Drame satyrique sur des tréteaux, ils prirent pour le n
l’honneur des Dieux, se fesaient par les premiers de la Nation : les Drames joués d’abord par les Histers ou Histrions Osques
connaît encore un Plautius : Virginius & Roscius composérent des Drames qui, au rapport de Cicéron & de Pline-le-Jeun
r le Théâtre des Romains : j’entends par ce mot Tragédie Grecque, des Drames consacrés à représenter les Héros de la Nation. «
ragédie, précéda celle-ci, & l’étouffa presque toujours ; que ces Drames , contraires à la gravité Romaine, furent les ouvr
e doivent être regardés tout-au-plus que comme les sécularisateurs du Drame  : saint Ambroise introduisant le chant à deux chœ
uple pour qui la vie est dure, des Spectacles comme ses alimens ; nos Drames ne sont pas plus faits pour l’esprit & le cœu
st Corneille, & la Pièce qui en fut l’occasion, c’est Polyeucte ; Drame , il faut l’avouer, qui réunissait pour les Chréti
us ; en condannant toute espèce d’amusement, de Spectacles, & les Drames de quelque genre qu’ils soient, le Chrétien raiso
nnonce un Auteur célèbre, qui doit faire le premier personnage de son Drame  ; nous y courons : quelle force, quelle énergie,
geait & se répondait : je n’imagine pas qu’on voye l’apparence du Drame , qui doit être tout action, dans de burlesques Pa
37 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre troisiéme. — Chapitre IV. Il faut que le nouveau Théâtre se fonde sur la Vérité & sur la Nature. » pp. 133-138
plaire. C’est pourquoi le plaisir qu’on éprouve à quelques uns de ses Drames , nous remplit de cette douceur délicieuse qu’on r
sont moins incroyables que les Épisodes & souvent le sujet de ses Drames  ; les Diables y dansent, les Dieux y radotent. Je
voir & entendre l’Ouvrier, le Manœuvre, qu’ils placent dans leurs Drames . Ils ont une difficulté à vaincre que n’avaient p
38 (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-huitieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre IV. Henri IV. » pp. 121-168
Paris, en faisant paroître Henri IV sur le Théatre d’Arlequin, par un drame lyrique, la Bataille d’Ivri ou la Réduction de Pa
oux, Août 1775, on eût trouvé fort extraordinaire ce titre, Henri IV, drame lyrique. Ce contraste choque toutes les idées reç
compulsé toutes les histoires, on en a extrait & répandu dans le drame les saillies agréables, quelquefois piquantes, qu
ble des choses basses, peu intéressantes. On fait trois repas dans ce drame  : Henri déjeûne au premier acte, dîne au second,
e n’est-elle pas révoltée à la vue des disparates continuelles de ces drames  ? Des amours romanesques, des nôces, des chants d
, tout avilir, & nous rendre ridicules ? M. Durozoi a joint à son drame une dissertation sur le drame lyrique, dédiée au
re ridicules ? M. Durozoi a joint à son drame une dissertation sur le drame lyrique, dédiée au Docteur D…., & une épître
manes credis curare sepultos ? Il prie les personnes qui liront son drame , de lire aussi sa dissertation : espece de portiq
rallele avec Sulli, comme on vient de faire très-maussadement dans le drame en quatre actes en prose, le Roi & le Ministr
il avilit les plus grands hommes. Voici le jugement qu’a porté sur le drame du sieur Durosoi (Affiches, Décembre 1775.) le si
on, homme d’esprit & de goût : On ne concevroit pas l’espece d’un drame lyrique en prose, si l’on ne savoit que ces idées
tout mettre sur la Scène. On ne doit pas être surpris du succes de ce drame  : l’idée de produire sur la Scène comique aux Ita
i donne : du moins n’a rien de grand qui lui fasse honneur ? Ce petit drame est suivi d’un Traité sur l’art, selon l’auteur,
courier Varenne dans une heure : point d’unité de temps. On coupe le drame en deux actions, l’une en France, l’autre en Espa
s, de déguisemens, de plaisanteries, peut fournir la matiere de vingt drames . Il se déguise en paysan pour voir Gabriëlle d’Et
 ? Je ne veux arracher aucun fleuron de la couronne qu’ont obtenu les drames de Henri IV : voici un trait des plus glorieux. L
39 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre troisiéme. — Chapitre II. Que les nouveaux Drames sont susceptibles de règles, ainsi que les autres Poèmes. » pp. 121-122
Chapitre II. Que les nouveaux Drames sont susceptibles de règles, ainsi que les autres
ien la prévention les aveugle mal-à-propos. S’il est démontré que les Drames modernes sont remplis de difficultés, il est clai
40 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre second. — Chapitre prémier. De l’éxcellence du nouveau Théâtre. » pp. 68-93
être que le Théâtre doit instruire, & qu’il faut absolument qu’un Drame , de quelque nature qu’il soit, renferme une leçon
e Maréchal-ferrant, &c. Les uns n’ont que le dernier rang dans un Drame , & les autres en sont ordinairement les princ
t pas. Je remarquerai pourtant qu’il est nécessaire de bien écrire un Drame au risque de n’être pas entendu pendant la représ
e bonne remporter les suffrages des savans & des ignorans6. » Les Drames du Spectacle dont je parle, ont le bonheur de sat
mpagnie d’honnêtes gens ! On commence, il est vrai, à jetter dans les Drames du nouveau Théâtre des personnages relevés. Mais
Les Grecs & les Latins, il est vrai, ne donnaient guères à leurs Drames des titres plus relevés. Ajax porte fouet semble
41 (1823) Instruction sur les spectacles « Chapitre XII. La représentation des pièces de théâtre est plus dangereuse que la lecture. » pp. 108-110
« Ce fut encore plus par l’habileté des acteurs que par le mérite des drames que le théâtre des Romains attirait tant de spect
étaient jouées avec applaudissementsat. » Il n’est en effet point de drames , quelque parfaits qu’ils puissent être, qui ne so
42 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre troisiéme. — Chapitre III. But que le Spectacle moderne doit se proposer. » pp. 123-132
rès la Comédie & la Tragédie, la Pastorale & l’Opéra-Sérieux, Drames qu’il devait connaître. S’il prétend qu’il n’y a
ies populaires, & l’action serrée & peu importante ; c’est un Drame singulier qui nous plait d’avantage dès qu’il se
un Spectacle de choses communes, de pures frivolités ; une éspèce de Drame où l’esprit ne se montre guères, où l’oreille seu
43 (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Première partie « Avertissement. » pp. -
on ajoute, on retranche, on fait une harangue. Au spectacle d’un beau drame , le sentiment s’éveille, digére pour ainsi dire,
es essais sont d’un heureux présage. En augmentant le nombre des bons Drames , on forme des grands Poétes. On ne peut s’appesan
n lui-même, que ses accompagnemens. Nous ne donnons point les loix du Drame , mais les accessoires qui nuisent à ses progrès.
44 (1777) Il est temps de parler [Lettre au public sur la mort de Messieurs de Crébillon, Gresset, Parfaict] « Il est tems de parler. » pp. 27-36
estimable, Auteur du Roi & du Ministre, ou Henri IV. & Sully, Drame en 4 Actes, en Prose, disoit à la tête de cet Ouv
Comique a le droit, quoique mal acquis, d’accepter ou de refuser les Drames  ; & l’Homme de Lettres ressemble à un Vassal
ré tous les risques qu’il y a de charger un Comédien d’examiner votre Drame , pour savoir s’il est digne d’être lû à l’assembl
ici donc ce qu’on lit dans son Discours préliminaire des deux Reines, Drame en quatre actes, en prose, belle édition avec gra
45 (1775) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-septieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre VI. Anecdotes de Cour. » pp. 171-202
ce, il y fut porté à la perfection. On cite encore tous les jours les drames des grecs comme des chefs-d’œuvres qui doivent se
urs de la troupe. L’Académie, qui ne parut pas, auroit pu composer le drame  : elle en laissa la gloire aux comédiens. Cette n
i marqué. Le théatre fait un grand usage des portraits dans plusieurs drames  : celui d’une maitresse donné, perdu, trouvé ; un
tre la premiere fois qu’on a fait une pareille entrée & un pareil drame . Les comédiens françois firent quelque chose d’ap
out. M. Dorat vient de faire représenter Adélaïde de Hongrie. Dans ce drame , qui seul peut justifier tout ce nous venons de d
it pardon en personne s’expliqueroit cathégoriquement, en nommant les Drames qui avoient offensé. On enchérit sur le premier o
ras bouffons, M Hénaut veut que l’Histoire de France soit partagée en drames , & le Sieur Gardel, premier danseur de l’Opér
Salomon, le Capitole, du moins en carton. Voici la distribution de ce drame singulier en cinq actes. 1°. La mort de Vespasien
geres, disparates : un peu d’économie théatrale en eût fait plusieurs drames . C’est un prodigue qui croit briller par des prof
ra Adelle de Ponthieu, paroles de Saint-Marc, musique de la Borde. Ce drame national réussit dans sa nouveauté. Les spectacle
46 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre VIII. Que le Compositeur doit chercher à peindre. » pp. 340-344
Ouverture, soit un tableau de ce qui doit se passer dans le cours du Drame . Plaçons ici quelques observations sur l’Ouvertur
e fut qu’insensiblement qu’on lui désira une analogie entière avec le Drame qu’elle précède. Les talens de Rameau peuvent êtr
47 (1836) De l’influence de la scène « De l’influence de la scène sur les mœurs en France » pp. 3-21
nt l’autorité des faits accomplis, et en présentant, avec l’action du drame sur les mœurs, la réaction des mœurs sur les comp
ideuse individualité, et calomnient la nation. Ainsi donc, l’objet du drame aujourd’hui n’est pas de peindre les mœurs, ni de
un motif suffisant pour le condamner ? Les deux grandes figures de ce drame sont Marguerite et Buridan, son premier amant. L’
route suivie par nos grands maîtres, s’éloignent aussi de l’objet du drame , qui ne doit être qu’une école de civilisation. S
ans une vie de volupté. L’accueil fait à ce vaudeville, et à tous nos drames modernes, constatant l’influence expansive de la
48 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre prémier. — Chapitre prémier. Déssein de cet Ouvrage. » pp. 2-7
a donc tout ce qu’on peut dire de plus important sur chaque espèce de Drames  ; il donnera aussi une idée de l’art que chaque P
succès. La Musique est devenue de nos jours une partie éssentielle du Drame . Ce que j’en dirai achevera peut-être de répandre
49 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre second. — CHAPITRE IV.  » pp. 109-114
ndispensable ? Il fait connaître plusieurs Gens à Talens. Les Drames des Théâtres ordinaires n’ont besoin que des tale
ec transport les petites Odes, ou plutôt les Chansons d’Anacréon. Les Drames de notre Opéra jouiront d’un pareil destin. Dans
50 (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 10 « Réflexions sur le théâtre, vol 10 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE DIXIEME. — CHAPITRE III. Extrait de quelques Livres.  » pp. 72-105
si respectable, paraitront les archives de l’hôtel, & quoique les drames ingénieux de ce jeune viellard ne soient pas des
c’est une suite de dialogues sur l’histoire de France, qu’il appelle drames , parce que les acteurs du tems, c’est-à-dire, ceu
ment d’action ; tout ce qui eut part aux affaires passe en revue, ses drames doivent être d’une longueur fort inégale, puisqu’
c’est ce que Boileau reprochoit aux poëtes Espagnols qui faisoient un drame de la vie d’un héros, le montrant successivement
ont aussi décoré leurs cloîtres des actions de leurs fondateurs. Ces drames historiques seroient plus faciles que les drames
eurs fondateurs. Ces drames historiques seroient plus faciles que les drames réguliers, où l’on doit former un plan, nouer une
e grand instituteur de la jeunesse, qu’Afranius n’eût pas souillé ses drames par les amours des jeunes gens, peignant aussi sa
tié. Les beaux personnages, le noble employ de premier acteur. Un tel Drame ne seroit-il pas siflé ? Les Grecs étoient touché
la victoire, & voilà précisément ce qui faisoit la fortune de ces Drames si imparfaits. On aime à voir ses triomphes repré
51 (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme. — Chapitre VIII. Du Clergé comédien. » pp. 176-212
hé sous ce masque de désigner les Prêtres catholiques ; tels sont les drames d’Ericis, d’Eugenie, de Cominge, les Guebres, &am
ression de son théatre, comme on le disoit à la représentation de ses Drames , & on en a fait son épitaphe. Et sa gloire &
patrimoine des pauvres & la portion d’une representation de leurs Drames  ! Ils se sont gloire d’imiter Racine dans ses éca
na du pain, c’étoit rendre service à l’Eglise & au Poëte dont les Drames sont peu utiles au Sanctuaire ; il se joignit à D
ond, que, quoiqu’il n’ait travaillé qu’assez tard, il a rempli de ses Drames neuf gros Volumes in-4°, & autant qu’on n’a p
hœur n’est pas de leur goût, une Paroisse le seroit encore moins. Les Drames de ce Chanoine se ressentent de sa fécondité, il
é & à l’ostentation de nos François qui n’ont que trois ou quatre Drames par tome, étalés & allongés par des vignettes
ie, il est surprenant que le Théatre ne l’ait pas corrompu ; mais les Drames tout opposés à la dépravation qui y regne, ne son
une piece singuliere en fragment, composée des lambeaux de chacun des Drames de son héros ; Tragédie ou Comédie, il en détacha
52 (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 10 « Réflexions sur le théâtre, vol 10 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE DIXIEME. —  CHAPITRE V. Tribunal des Comédiens. » pp. 128-140
t méprisé. Les comédiens s’étant arrogés le droit de prononcer sur le drame avant qu’on le représente ; & dans leurs asse
Athènes & à Rome des juges préposés pour décider de la bonté des drames qu’on y proposoit, les rejetter ou les admettre.
les ne leur plaisent, la souveraineté de la décision sur le mérite du drame , c’est le comble du ridicule & de l’injustice
faut s’en prendre, si l’amour doit jouer le grand rôle dans tous nos drames . Plusieurs en sentent l’indécence & le faux g
53 (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Seconde partie « Causes de la décadence du goût sur le théatre. — Chapitre XXII. De l’usage du Théatre relativement au Comédien. » pp. 104-121
ène, pour bien imiter ses personnages ; ou il entend par là, l’art du Drame , qui lui-même comprend la critique. Nous allons c
paternelle. Le flambeau de l’usage ne peut découvrir les ressorts du Drame . Plus il appelle l’esprit à son secours, plus il
nner au moucheron le prix de la force, au préjudice de l’éléphant. Un Drame n’est fait que pour le cœur. C’est à lui seul à l
54 (1778) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre vingtieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — [Introduction] » pp. 2-10
es premiers volumes, & n’ont pas eu le même succès. On l’a mis en drame , on en a fait des suites de tapisseries, de table
; en scènes, & supprimer les liaisons, on auroit sans peine vingt drames tout faits. Mais ce sont deux foux, dit-on, qu’on
e la comédie. Après avoir fait, chap. 44, une critique judicieuse des drames espagnols, qui ne tombe pas moins sur les pieces
55 (1756) Lettres sur les spectacles vol. 2 «  TABLE. DES MATIERES. Et des Personnes dont il est parlé dans les deux Volumes. » pp. 567-614
es honnêtes, a, 36. Voyez aussi, b, 58 Aristophane. Caractere de ses Drames , b, 11, 121 Aristote. La vertu consiste à conten
nt attribuée à Boileau sur les Spectacles, 192. Son sentiment sur les Drames appellés Saints, 386. Pensée sur les Poëtes licen
Eloge de ce Dictionnaire, 538 Chaussée (de la). Appréciation de ses Drames , a, 172 ; b, 269 Chesnot (Thomas), b, 131 Chevr
s Rois, 345. Art de la danse, 450. Ses réflexions sur le jugement des drames proposés aux Comédiens, 492. Critique de notre Th
Notice sur le Télémaque, b, 70. Son idée sur les imperfections de nos Drames , 378 Ferry. Son jugement sur nos Spectacles, a,
dramatique de M. Mercier, 410. Son sentiment sur l’objet moral de nos Drames comiques, 423. Son jugement sur la Réponse de M.
s des Comédies de Moliere, a, 75, 106. Caractere de la plupart de ses Drames , b, 265 Monacho (François Marie del). Extrait de
leur en coûte de peines & d’humiliations pour faire réussir leurs Drames , a, 18-21 ; b, 493. Ils veulent tous plaire au go
recques, 375. Ce qu’il pense du contraste que présente le mélange des Drames réunis en une même représentation au Théatre Fran
ons données par les portraits des vices, b, 325. Il en résulte que le Drame que M. Falbaire de Quingey a donné sous le titre
int les Théatres, 131. Son sentiment sur le caractere dominant de nos Drames , b, 330. Anecdotes sur Louis XIV, 393. Citation d
ction de la volupté, 497 Wossius (Gerard Jean). Son jugement sur les Drames , dont les sujets sont tirés de l’Ecriture Sainte,
56 (1772) Réflexions sur le théâtre, vol 9 « Réflexions sur le théâtre, vol 9 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE NEUVIEME. — CHAPITRE IV. Pieces singulieres. » pp. 107-153
i le caractèrise. Quoique coupé en actes & en scenes, ce prétendu drame n’a ni nœud, ni dénouement, ni vrai-semblance ; c
ent de proposer aux Poëtes, & dont il a fourni un modelle dans le drame de François II. Tout le monde a entendu parler de
venemens tragiques & comiques qui peuvent fournir la matiere d’un drame régulier. On l’a fait dans le Siege de Calais, le
ine de pieces dans chacune l’épuiseroit. Vouloir mettre l’histoire en drame  ; c’est vouloir mettre toutes nos provinces en ja
y a quinze principaux Interlocuteurs, & huit subalternes. Jamais Drame régulier n’a fait agir vingt-trois Acteurs : Nec
es Acteurs qui se peignent par leurs actions. Ce ne sont pas de vrais Drames , pourquoi donc leur en donner le nom ? parce que
e fond, pour le mérite poëtique, avoit monté les esprits en faveur du Drame Historique : c’étoit le moment qu’on a habilement
c tous les climats & tous les siecles, fait voir qu’il y a peu de drames originaux. La plupart ne sont que des répétitions
ent autres traits de ce ténébreux sublime sont-ils intelligibles ? Ce drame a peu de variété ; ce n’est qu’une idée, un senti
t sans remords les plus grands forfaits. Aureste, le littéraire de ce drame est très-médiocre : ce n’étoit pas la peine de se
n d’indulgence, & même de connivence, ne laisse pas douter que ce drame ne donne des leçons de duel, n’en soit l’apologie
nt fixes.) Il me parut, continue le Voyageur, que les sujets de leurs drames étoient pris de l’histoire de la nation, & qu
57 (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Première partie « Causes de la décadence du goût sur le théâtre. — Chapitre VII. De la Diction. De la Poësie dans la Tragédie. » pp. 122-130
N ous avons dit que la Poësie de style ne fait pas seule le mérite du drame , mais sans l’en exclure ; elle lui sert au contra
er, c’est agir ; & quoi qu’il y ait peu d’actions réelles dans un drame , tout y est action, parce que tout ce qu’y disent
58 (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme. — Chapitre I. Continuation des Mêlanges. » pp. 7-31
ois tolère. Gesner, apparemment peu instruit, prend son pöeme pour un drame  : en effet, ce n’est qu’une suite de conversation
héatre : il va même jusqu’à les débiter du ton le plus tranchant. Ces drames présentent l’Histoire sainte par les endroits les
Religion de la servir : cet aveu suffit pour proscrire ces sortes de drames . Les Livres saints méritent trop notre vénération
e reste des ouvrages de Gesner sont de longues idilles, qu’il appelle drames , parce qu’elles sont coupées en actes, en scènes,
es, parce qu’elles sont coupées en actes, en scènes, & des petits drames , qu’il appelle encore idilles, qui tous ne sont a
n’agissent. Il n’est pas surprenant qu’on y ait puisé cent sujets de drames pour tous les Théatres. Mais ce qui est inexcusab
59 (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme. — Chapitre V. Autres Mêlanges. » pp. 121-140
s des boulevards, a plupart obscenes & mauvaises ; on y jouât des drames decens & instructifs ? Pourquoi ne permettre
é qui regne dans les Opéra-comiques, ils sont moins dangereux que les drames dont l’intrigue & le dénouement ne sont pas d
r à transcrire de vieux actes ; il s’en lassa, revint au théatre. Ses drames sont ennuyeux. Il vêcu comme il put avec ses conf
 C. Heureux si un sincere repentir lui a obtenu le pardon de tous les drames & frivoles poésies dont le juste Juge, malgré
actere, dont il ne rougit pas. Il fait voir d’ailleurs, par ces trois drames , qu’il entend le Théatre mieux qu’Hypocrate : ce
60 (1823) Instruction sur les spectacles « Chapitre premier. Origine des Spectacles. » pp. 1-14
rendissent quelques hommages. Epigène ayant le premier fait jouer un drame dont le sujet était étranger à Bacchus, les spect
ouci. Le chef de cette troupe s’appelait le Prince des sots, et leurs drames étaient intitulés la sottise. Ces comédiens, pour
licence de leur profession. Les comédies de Molière, né en 1620 ; les drames de Racine, né en 1659 ; de Régnard, né en 1647, e
61 (1783) La vraie philosophie « La vraie philosophie » pp. 229-251
out porte assez à l’amour, sans qu’il soit nécessaire de composer des drames dont l’intrigue agréable & galante, le style
fais une remarque : je suis un des premiers Poëtes qui en parlant des drames , ait averti d’en bannir la licence. Il faudroit q
, dans ses Comédies en ariettes, l’indécence en action. Tout dans les drames de ce Théatre conspire à faire rougir la pudeur :
les yeux pour se détromper de cette idée ? L’objet de la plupart des drames même les plus estimés, n’est-il pas de nous peind
re d’une jeune fille les exemples séducteurs que lui montrent tant de drames , à la représentation desquels ses parens ont eux-
62 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Sommaire. »
articulières sur tous ce qui concerne le genre de ces deux espèces de Drames . Combien d’Actes doivent avoir les Poèmes du nouv
63 (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — Seconde partie. Notes. — [E] » pp. 399-406
. Des Arcis continue de lire] : Comédie-Ariette : Opéra-comique ; Drames d’un genre mixte, qui tiennent de la Comédie &
des extravagantes : ils peuvent embrasser la Parodie, la critique des Drames de tous les genres, les intrigues populaires &
France, un Spectacle animé par lui seul doit nous plaire, dès que les Drames seront faits avec intelligence. Mais il faudrait
64 (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — Seconde partie. Notes. — [R] » pp. 447-466
libre, d’un Citoyen distingué : on ne verra plus que l’Auteur dans le Drame  ; la vileté de l’Acteur & de l’Actrice ne pré
dinaires, il y aura tous les jours trois heures destinées à celle des Drames Comiques, Tragiques & Lyriques, & l’un de
s Rôles de Vieillard dans le Tragique, dans le Haut-comique & les Drames du genre moderne. Dans ses dernières années, la n
les mêmes apercevances, que l’Auteur doit avoir eues en composant le Drame . Depuis sa convalescence, il réunit tous les suff
ent quelques rôles de fripon : mais dans ceux d’honnête bonhommie des Drames nouveaux, on sent qu’il joue d’après son cœur, &a
65 (1775) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-septieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre V. Remarques Angloises. » pp. 133-170
assurer à des comédiens l’empire philosophique, & transformer des drames dont la vertu suit la représentation, en traités
que l’exemple fait plus d’impression que les préceptes, & qu’un drame offre l’un & l’autre (& même étaie l’un
eu de l’imiter, la défigurer pour l’embellit  : voilà le théatre, les drames à deux, à quatre, à cinq actes, ces fragmens qui
troisieme tint bon en sifflant une senate, & remporta le prix. Le drame des bâillemens eut les mêmes scènes. Ce spectacle
une morgue ni fanfaronnade. Deux objets donnoient un air comique à ce drame cruel : d’un côté sur le théatre, un homme sérieu
25 parle du Théatre enchanté & des Pieces enchantées. Ce sont les drames qui roulent sur des enchantemens, des Magiciens,
e. L’auteur par des jeux de mots se moque des poẽtes comiques : leurs drames sont si froids que les feuilles de leurs livres d
66 (1772) Réflexions sur le théâtre, vol 9 « Réflexions sur le théâtre, vol 9 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE NEUVIEME. — CHAPITRE III. L’Esprit de Moliere. » pp. 72-106
merent les regles, & l’on vit éclorre l’art de la composition des drames . Dans toutes les poëtiques depuis Aristote on en
nte y applaudira, l’Europe ignorante en cueillira les fruits dans les drames admirables que les regles de Moliere vont produir
à toutes les sciences, & même à tous les arts, & de faire des drames comico-philosophiques, comico-mathématiques, comi
me Pic de la Mirande, joueroit de omni sihili. Mais dans ces nouveaux drames il n’y aura point les trois unités. Qu’importe, i
’importe, il y aura du moins celle du lieu & de l’objet. Mais ces drames sont dépourvus de galanteries ; quel rôle réserve
e, que dans son Théatre. Les aventures de chacun de ces romans mis en drames feroient vingt fois plus que toutes les œuvres de
est mort en prison pour dettes ; l’Abbé Pelegrin, qui a fait tant de drames & de vers de toute espece, n’avoit point de p
67 (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Première partie « Causes de la décadence du goût sur le théâtre. — Chapitre XIV. De l’usage de composer des Pièces, ou des Rôles pour un ou plusieurs Acteurs. » pp. 219-233
ette durée qui fait la fortune des Auteurs. Or quelle sera celle d’un Drame fait pour un Acteur ? Dès qu’il est mort l’ouvrag
pas besoin du secours du Comédien pour voir agir les personnages d’un Drame . Enfin si l’expression d’accens n’est que l’art d
68 (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — Seconde partie. Notes. — Avis de l’Éditeur, Sur les Notes suivantes. »
aire que l’effleurer. D’ailleurs ; des détails sur tous les genres de Drame , sur la Comédie, la Tragédie, l’Opéra, la Comédie
69 (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Première partie « Causes de la décadence du goût sur le théâtre. — Chapitre IV. De l’illusion Théâtrale. » pp. 64-79
une Comédienne, se charger d’un personnage de vieille, &c. Si les drames sont des imitations, on y doit montrer dans tous
la vraisemblance en ce point, on le pourra en mille autres, & les drames ne se ressembleront plus à eux-mêmes. Cela arrive
70 (1778) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre vingtieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre premier. Remarques Littéraires. » pp. 11-51
pilateur de faire valoir son travail & son zele. L’épidémie des drames , dit le Journal de Trévoux, février 1775, a gagn
rite le théatre anglois, de tous le plus féroce : il le prouve par un drame allemand intitulé : Goëls à la main de fer, qui v
e notre empressement pour ce genre bâtard qui déshonore la scène, ces drames lugubres si tristement élégiaques, si ridiculemen
e sieur Diderot, malheureux sur la scène françoise, où il a donné des drames qui ne sont pas, dit-on, à la Moliere, est allé s
e les réaliser dans la conduite. Voltaire convient des défauts de ses drames , quoique la plupart meilleurs que ceux de nos jou
r les fêtes nombreuses qu’il y donnoit. Le poëte Jonson composoit les drames , Jones étoit chargé des décorations, un autre de
ttes & de chansons. Elle est prise d’un conte de Marmontel mis en drame , &, ce qui ajoute bien à la farce, un conseil
71 (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-huitieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre III. Suite de Mêlanges. » pp. 84-120
euses, les sujets de l’Ecriture & les Contes de Lafontaine mis en drames , l’Evangile & les Méthamorphoses d’Ovide, tou
ni avec elle, il composa & joua d’après nature une partie de ses drames . Peintre des Mœurs, moins sage que le Peintre des
des momens de brutalité ; le fonds de leurs scènes, le cours de leurs drames , leur esprit, leur langage, à travers ses saillie
tiler les pieces, d’en rassembler les membres épars, pour en faire un drame nouveau composé de pieces rapportées, de les déna
même y ajoutant & changeant des scènes, sous le titre de Moliere, drame en cinq actes, imité de Goldoni, par M. Mercier.
Le Journaliste ajoute qu’il y auroit bien de critiques à faire de ce drame , il en fait quelqu’une, en insinue d’autres, &
72 (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quatorzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littérairesn sur le théatre. — [Introduction] » pp. 2-3
x, quelle des deux piéces est la plus mauvaise ; la coquetterie ou le drame , le langage des yeux ou celui des personnages ; q
73 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre III. De la Musique Française & Italienne. » pp. 252-286
ng — tems l’énergie & la légèreté dont elle est susceptible ; ses Drames sont aussi lyriques que ceux des Italiens. Ob
gulier qu’un Italien ait mis avec beaucoup de succès plusieurs de nos Drames en musique, & que des Français s’éfforcent en
oué, aux morceaux lyriques les plus fameux qui sont répandus dans les Drames bouffons de nos Rivaux. Je crois que le Peintre a
èrement dans le genre Français. Il serait trop long de citer d’autres Drames . On peut aussi connaître les divers genres de
74 (1756) Lettres sur les spectacles vol. 2 «  HISTOIRE. DES OUVRAGES. POUR ET CONTRE. LES THÉATRES PUBLICS. — NOTICES. PRÉLIMINAIRES. » pp. 2-100
« Qu’un Poëte philosophe ou flatteur ait quelquefois fait sortir d’un Drame ou de quelques Scenes des éloges indiscrets ; qu’
ui rendissent quelque hommage. Epigene ayant le premier fait jouer un Drame dont le sujet étoit étranger à Bacchus, les Spect
pour sujet les Miracles de sainte Catherine. On doit présumer que ce drame répondoit au mauvais goût du douzieme siecle. Sou
. Le Chef de cette troupe s’appelloit le Prince des Sots, & leurs drames étoient intitulés, la Sottise. Ces Comédiens, pou
sent tant. Il en a été parlé page 294 de nos Lett. sur les Spect. Les drames de Racine [né en 1659], de Moliere [né en 1620],
, ou fondée sur des conjectures. Il en résulte qu’il y avoit dans les drames des Grecs une infinité de rapports ingénieux qui
ui ne conviendroient pas à notre temps. Aussi ne faut-il comparer les drames modernes avec les anciens, que pour le style &
ton de tendresse qui caractérise Euripide. Mais, quant à l’intérêt du Drame & aux ressorts employés, il n’y a plus de com
escription badine que nous aurons par la suite lieu de rapporter. Nos Drames ne pourroient tout au plus être comparés qu’avec
75 (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-huitieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre I. Mêlanges Dramatiques. » pp. 8-39
om Quichote de la Manche, le meilleur des romans, qu’on a mis tout en drames . Le Cid de Corneille est une copie du Cid de Guil
nos manufactures de visage. Ne pourrons-nous pas travailler sur leurs drames nos manufactures de théatre ? L’importation &
nglois, Grai, Pope, Venburton, avoient donné des observations sur des drames de Shakespear, personne n’avoit embrassé tout son
là des monts, où Racine n’est connu que de quelques amateurs. Dans ce drame italien il n’y a que le rôle de Biblis qui soit b
que la politique, surtout en poésie, où ses vers sont pitoyables, ses drames méprisés. Son mauvais goût éclate dans le choix &
76 (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quatorzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littérairesn sur le théatre. — Chapitre IV [III]. La Grange & Destouches. » pp. 90-114
s de Destouches n’étant la plûpart que des avantures réelles mises en drames , & non des inventions de génie, il en est ple
moule, il se repette sans cesse, & à peu de chose près, tous ses drames ne sont qu’un drame. L’on change de nom & d’h
sans cesse, & à peu de chose près, tous ses drames ne sont qu’un drame . L’on change de nom & d’habit, tout est Comte
omédie est mauvaise & très-dangéreuse. Tous les auteurs, tous les drames ne sont pas également repréhensibles ; mais dans
77 (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Seconde partie « Causes de la décadence du goût sur le théatre. — Chapitre XXIV. Le sentiment, juge plus sûr que le goût. Celui-ci préféré au premier. Pourquoi ? Amour du Théatre, funestes à ses progrès. Honneurs avilis en devenant trop communs. Cabales. Leurs effets, & les moyens qu’on employe pour les éluder.  » pp. 129-150
en mettant sous les yeux tous les ressorts, toutes les machines d’un Drame , affecte plus distinctement que la lecture ; il n
eroit-ce, si cette multitude de Livres, qui traitent des principes du Drame , tomboit entre les mains du public ? Ils lui donn
78 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre quatriéme. — Chapitre V. Du nombre des Acteurs. » pp. 252-256
eilles Scènes jettent beaucoup de confusion & de désordre dans le Drame  ; il est aisé de perdre le fil du dialogue ; &
79 (1774) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre seizieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre I. Diversités curieuses. » pp. 5-37
ellement Acteurs. Ils se plaisent & réussissent à représenter des drames à leur maniere sur des théatres particuliers qu’i
, Aristophane, Plaute, Térence, Sakespear, &c. n’ont fait que des drames . Corneille n’a réussi que dans le tragique. La tr
ont ailleurs déplacés. On ne réussit pas même dans tous les genres de drames . Zaïre est fort au-dessus de Nanine, & Phedre
présentations des Mysteres & des Martyres valloient mieux que nos drames . Elles attendrissoient jusqu’aux larmes. Ceux-ci
mps, quoique très-groffiérement. A en juger par notre bel esprit, nos drames ont plus d’attraits, souvent des tirades indécent
80 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre prémier. — Chapitre IV. Histoire de l’Opéra-Bouffon, autrefois Opéra-Comique & ses progrès. » pp. 50-66
nt jadis, & celles de nos jours, ont une grande analogie avec les Drames de notre Théâtre. Enfin on doit convenir que les
Molière lui-même travailla, sûrement sans y penser, dans le goût des Drames qui sont l’objet de notre estime. Pour s’en conva
81 (1756) Lettres sur les spectacles vol. 2 «  HISTOIRE. DES OUVRAGES. POUR ET CONTRE. LES THÉATRES PUBLICS. —  HISTOIRE. DES OUVRAGES. Pour & contre les Théatres Publics. » pp. 101-566
la considération de l’idolâtrie, mais aussi à cause de la licence des Drames qui y étoient représentés ; Hedelin d’Aubignac fa
convenoient que pour sauver leur art, il falloit, réformer & les Drames & ceux qui les représentent. Ils ne flattoien
te de leurs Héros. Rodrigue n’obtiendroit pas le rang qu’il a dans le Drame , s’il ne l’eût mérité par deux duels, en tuant le
exécuter à la Cour & dans son Palais plusieurs représentations de Drames & de Ballets. Et comme dans ces Ballets les P
uteur de cette Tragédie, prétendoit faire illusion par le sujet de ce Drame , & rendre légitime la fréquentation des Théat
Historique les incidens propres à amuser les Spectateurs, en fait des Drames doublement scandaleux, comme dans la Tragédie de
tent sur des raisons communes & transcendantes, qui sont que tout Drame est une occasion de chûte, & une école de lib
prétendue indulgence que sur des éloges qu’il avoit donnés à quelques Drames , en ne les considérant qu’en Littérateur du côté
repentir » ? Ce repentir, qui avoit pour objet la séduction de leurs drames , auroit eu également lieu, quand il n’y auroit pa
c un Acteur qui représentoit celui du Sauveur. Il parle de l’abus des Drames appellés Mysteres, & de ces Farces, où en per
Doria, en politique, en admet la tolérance ; mais il observe que les drames modernes devoient être réformés ; parce que, dit-
jeunes gens de mon âge qu’on exerce à apprendre & à déclamer des drames que des sçavans & vertueux Littérateurs ont c
à de si grands risques pour devenir plus éloquent…. Quand je loue les drames , j’entends ceux où de jeunes ingénus se trouvent
tre, défendit aux Poëtes sous de grieves peines, de parler dans leurs Drames des Mysteres de la Religion & des sujets qui
cette Nation, se livra totalement à la licence de son Pays. Tous ses Drames respirent l’obscénité qu’il prétendoit favoriser
pose sur aucun fondement. C’est une censure appuyée sur l’examen des Drames qui avoient pour lors le plus grand cours. M. de
favoris des libertins & des athées ? Le vice seroit-il dans leurs Drames substitué à la place de la vertu, distingué, appl
auguste Princesse (Madame Adelaïde de France), fut scandalisée de ce Drame , dès la premiere fois qu’il fut représenté. Elle
de cet attentat, en osant exposer sous leurs yeux une telle Piece. Ce Drame fut enfin arrêté à la douzieme représentation, no
re école que le Théatre, d’autre morale que les maximes frivoles d’un Drame , d’autre étude que celle d’une Musique efféminée,
là le dessein caché des Auteurs de ces diatribes rimées, déguisées en drames , contre la Religion & les Prêtres. « On s’eff
pal effet ou au moins celui qu’on ne veut pas manquer [comme dans les Drames ], est d’agiter, d’émouvoir, de nourrir & d’au
fondoit-il ce moyen ? sur l’efficacité des maximes amoureuses de nos Drames , & surtout des Opéra de Quinault qu’il protég
n est l’accessoire, une source de corruption pour les mœurs ; que les Drames n’ont presque toujours pour sujets que des scenes
s Philosophes & par des hommes d’Etat174 ; & en comparant ces Drames avec ceux de notre siecle, qui a prostitué les Le
la passion de l’amour 180, & de placer le lieu de la scene de ses Drames dans des Monasteres ? Le sacré sera toujours défi
ous porte assez à l’amour, sans qu’il soit nécessaire de composer des Drames dont l’intrigue agréable & galante, le style
fais une remarque : je suis un des premiers Poëtes qui en parlant de Drames ait averti d’en bannir la licence. » Je ne puis
s, l’indécence en action, ou du moins peu s’en faut. « Tout, dans les Drames de ce Théatre, conspire à faire rougir la pudeur 
nt point travailler sans succès. « Ils sçavent que l’accueil de leurs Drames dépend du suffrage de jeunes femmes, ou de jeunes
les yeux, pour se détromper de cette idée ? L’objet de la plupart des drames les plus estimés n’est-il pas de nous peindre san
re d’une jeune fille les exemples séducteurs que lui montrent tant de Drames , à la représentation desquels ses parens ont eux-
a observé M. de Querlon 243, n’est plus humiliant pour les Auteurs de Drames , que la lecture qu’ils ont à faire de leurs Piece
xemple. Au reste, rien ne doit être moins assuré que les succès d’un Drame dans une assemblée tumultueuse où le Spectateur i
l’art de les dérider, en rendant vraisemblables les fictions de leurs drames …. Que les Poëtes aient soin de faire paroître l’a
l’administration publique. Quant à nous, ne diroit-on pas aussi qu’un Drame , un Ballet, un débat qui s’éleve dans les couliss
82 (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre douzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et litteraires, sur le théatre. — Chapitre premier.  » pp. 2-36
oit trop long dans une piéce de cinq actes, que sera-ce dans un petit drame , dont il tient le quart ? Enfin le sujet de la pi
t les mœurs & la réligion ne feront jamais l’apothéose. Le second drame appellé la Centenaire, quoi qu’assez mal conçu, e
ez varié ; comme le Facheux, la Femme d’intrigue, & tant d’autres drames à tiroir. Les personnages sont ordinairement épis
? Veut-on se moquer des Dieux du théatre, en les faisant composer des drames , leur indiquant des sujets, en faisant voir leur
ur eux de mauvais vers, selon le goût courant ; c’étoit une espece de drame représenté, en masque ; Benserade & plusieurs
83 (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-huitieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre V. Procès des Comédiens. » pp. 169-224
difficultés qu’il renonça à la représentation, & fit imprimer son drame , qui fut fort bien reçu. Alors les Comédiens prom
tous les jours aux plus riches maisons. Le fonds & le plan de ce drame sont très-communs. C’est une courtisanne de la pl
ugler sur ses talens & sur ses devoirs. Ce n’est pas que dans ses drames il n’y ait bien du sang répandu, des crimes attro
des Druïdes, des Guebres, d’Argillan, d’Ericie, de Melanide. &c. drames tous faits contre la Religion. Un Prêtre Mahométa
ais ils se sont expliqués sur le principe de leur conduite. Natalie, drame en quatre actes, contre le précepte d’Horace, qu’
ue exercée sur les poëtes, & même sur le public, par le refus des drames qui auroient augmenté ses plaisirs. Il expose les
s l’espece particuliere, c’est encore préjudicier aux mœurs. Tous les Drames du sieur Mercier respirent la morale la plus honn
84 (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Première partie « Causes de la décadence du goût sur le théâtre. — Chapitre VI. De la Poésie de style. Si elle fait seule la destinée des Poëmes. » pp. 94-121
u même rang que d’autres Théâtres qui excellent par là. Il y a peu de drames aussi mal versifiés qu’Inès de Castro. A peine y
 : toute la réputation de l’Auteur n’a pu engager le public à voir ce drame en faveur du style. Peut-on en donner une autre r
85 (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre onzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre IV. Fêtes de Théatre. » pp. 95-114
st singulier que les comédiens ne se soient pas empressés à jouer les Drames de son Altesse. La recette eut été bonne, leur si
ire des victoires de Henri IV ? On s’est avisé depuis peu de faire un Drame d’une chasse de Henri IV. mais c’est pour mettre
le plus bel endroit de la maison. Si quelquefois on représentoit des Drames  ; on construisoit pour le moment un théatre, qu’o
86 (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre onzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre VIII. Anecdotes illustres du Théatre. » pp. 186-214
i intrigue, ni dénouement. Il faut composer un roman pour en faire un drame , le fond en est même opposé à nos mœurs & à n
rojet de M. de Belloy, de mettre l’histoire de France de M. Velli, en drames , devoit-il choisir un fait si peu honorable aux F
Poëte comme auteur, la Dame comme actrice. L’un a composé beaucoup de drames , l’autre en a beaucoup représenté ; sur le théatr
ette immortelle. Depuis qu’il a abandonné le théatre, il a fait vingt drames , personne n’est plus jaloux que lui de ces triomp
87 (1765) Réflexions sur le théâtre, vol. 4 « CHAPITRE I. Du sombre pathétique. » pp. 4-32
de Commenges, qu'on prétend donner pour modèle d'un nouveau genre de drame , le sombre pathétique. Tous les Journaux en ont f
religion et les mœurs feront tous les frais ! Car que conclure de ce drame impie ? Que la religion n'est qu'une momerie, qu'
édiocre pour le style ». Les deux héroïdes ne valent guère mieux : le drame a des beautés, des situations touchantes, de beau
fruit. Que tout cela est chrétien, instructif, édifiant ! L'Auteur du drame ne pouvant s'en dissimuler le scandale et l'absur
88 (1778) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre vingtieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre III. Suites des Mélanges. » pp. 68-117
la couronne. Quelle joie pour les auteurs ! quel débouché pour leurs drames  ! mais quelle douleur pour le tribunal qui n’aura
roient de les supprimer tous. Il a paru dans le même temps un nouveau drame , la Dame de charité, la Sœur grise. C’est une imi
p;c. On croyoit avoir rencontré fort heureusement, parce que dans ces drames il est question de procureur, de juge, d’avocat.
ont moins. Qu’on ne dise pas que ce sont des folies de jeunesse ; ses drames , son poëme des Saisons, fruits d’un âge mûr, comm
sexes confondus, suivant en se jouant la Folie & Momus  ; 2°. les drames de Collé & de Durosoi, &c où, sans pudeur
. Le Journal des Savans, octob. 1776, fait un éloge outré de tous ces drames ou farces : c’est sans doute quelque ami de l’aut
89 (1772) Réflexions sur le théâtre, vol 9 « Réflexions sur le théâtre, vol 9 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE NEUVIEME. — CHAPITRE II. Melanie. » pp. 29-71
re l’éloge de Mélanie, & il fait sa condamnation : Le génie de ce drame & la qualité de quelques-uns de ses personnag
nleve l’avantage de briller sur le Théatre. C’est-à-dire que c’est un drame impie qui joue l’état religieux & les Ministr
urgeoise de Melanie ne nous en rappelloit le souvenir. La fable de ce drame est prise de ce mauvais livre, a quelques circons
; des invectives contre les Moines, mais moins téméraires que dans ce drame , puisqu’on n’y attaque pas les vérités de la reli
s germains, sans nécessité, & que jamais ni églogue, ni roman, ni drame pastoral, n’avoit imaginé, pour avoir occasion de
structive. Certainement le ton en paroît mieux assorti à la nature du drame . Les personnages sur le Théatre n’avoient rien de
90 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre second. — Chapitre II. Regrèts de ce qu’ARISTOTE n’en a rien écrit de considérable. » pp. 94-100
règles certaines. Si Aristote vivait, il eut écrit sur le nouveau Drame . Il ferait à souhaiter pour la gloire de l’Op
91 (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « Corrections et additions. » pp. 364-368
facile, plus douce, ou qui soit différente de celle qu’on éprouve aux Drames des Corneille. La Comédie attaque nos vices en ri
92 (1767) Réflexions sur le théâtre, vol 6 « Réflexions sur le théâtre, vol 6 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SIXIÈME. — CHAPITRE VI. Ericie, ou les Vestales. » pp. 138-159
oguées, de grands sentimens, des situations a tendrissantes. Bien des drames restés au théatre ne la valent pas. C’est le pend
ndignation qu’elle ne donne de ridicule. Que se propose-t-on dans ces drames monastiques ? de décrier l’état, de le réformer o
Dieu, mépris de l’autorité paternelle, décri de l’état religieux. Ce drame est imprimé sans approbation ni privilege ; le Ce
93 (1775) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-septieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre II. L’Arétin, le Tasse, l’Arioste. » pp. 38-79
é ce double assaisonnement, qui est d’un grand mérite au théatre, ses drames ne réussirent pas. Ce ne sont gueres que des conv
eres de la Passion. Il n’en coûta rien à l’Arétin de faire ce mauvais drame  ; c’étoit un hypocrite qui prenoit toutes sortes
solable. La scène mit le comble à l’infortune. Il s’avisa de faire un drame où, sous des noms empruntés, il chantoit ses amou
xhale sa passion. Ce fut une pastorale intitulée, Aminthe, le premier drame , dit-on, qui ait paru dans ce goût. On n’avoit au
Roland est un vrai répertoire de théatre : on en a tiré une foule de drames , Alcine, Renaud, Bradamente, Roland, Camille, on
94 (1743) De la réformation du théâtre « De la réformation du théâtre — TROISIEME PARTIE. — Tragédies à conserver sur le Théâtre de la Réformation. Avant Propos. » pp. 118-127
t pour donner une idée des trois genres différents, sous lesquels les Drames de tous les Théâtres de l’Europe peuvent se range
95 (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 7 « Réflexions sur le théâtre, vol 7 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SEPTIÈME. — CHAPITRE III. Théatre de S. Foix. » pp. 52-75
. ne sont que des ramassis, de petits divertissemens, des farces, des drames d’un acte ; c’est une boutique de bijoutier. On a
de bons mots, des contes, &c. dramatiques. Ces petits soi-disans drames de trois ou quatre scènes, qui dans une action d’
u termine par quelque trait de morale, elles forment chacune un petit drame , qu’il ne faudroit qu’étendre pour en faire des P
96 (1823) Instruction sur les spectacles « Chapitre IV. Les spectacles inspirent l’amour profane. » pp. 32-50
e, Voltaire et tous les poètes modernes ne se sont occupés dans leurs drames qu’à exciter l’amour. Ils n’ont mis en jeu que de
nousy ? » Quand l’intrigue agréable et le style léger et délicat des drames n’inviteraient pas les spectateurs à se livrer à
97 (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre onzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre II. Autres Anecdotes du Théatre. » pp. 43-70
enger, composa la comédie le Florentin, c’est un de ses contes mis en drame , le premier à qui on ait accordé l’honneur du thé
gements de scéne, la pompe de la représentation dans toutes sortes de drames liriques, tragiques & comiques ; tout le théa
ix, & par ses sottises burlesques, dont ils les a défigurées. Les drames Espagnols ont un grand avantage sur les nôtres, l
98 (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Première partie « Causes de la décadence du goût sur le théâtre. — Chapitre V. De la Musique ancienne & moderne, & des chœurs. De la Musique récitative & à plusieurs parties. » pp. 80-93
. Si on veut y réfléchir, cette unité, n’est pas moins essentielle au drame , que les trois autres, dont on a formé son être.
99 (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-huitieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — [Introduction] » pp. 2-7
e paroître sur la scène pour jouer leurs rôles : il y eut même divers drames où ils paroissoient seuls ; ce qu’on appelloit de
100 (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre onzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre premier.  » pp. 4-42
ses bêtises. La fécondité du théatre Italien seroit étonnante si les drames étoient des piéces regulieres. Riccoboni a donné
comme cet ancien, & moi aussi je suis peintre, & composer des drames , qui valoient beaucoup, de ceux qu’on donne au pu
illes apothéoses ; être divinisé pour avoir donné des prix à quelques Drames , & formé une école de comédiens ; c’est acque
res gardent le silence. Cet Ecrivain fécond faisoit chaque année deux drames , malgré ses immenses occupations, comme Andre Tir
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