Son style a une imposante gravité. […] C’est un Persan qui parle : il a le style oriental ; pardonnons-lui donc sa métaphore.
Mais ses écrits ne nous offrent qu’une image affaiblie d’elle-même ; car elle brillait surtout par le génie de la conversation, et son style, parfois vague ou abstrait, n’a pas retenu toute la flamme de sa parole. […] Ses législateurs et ses guerriers sont des bergers en robe et en casque ; mais on y trouve de l’agrément dans le style : c’est un livre innocent, et, comme disait madame du Deffand, il n’y a point de mal à avoir fait cela2.
Il a, dit-il, le fanatisme de la simplicité, et compare lui-même son style à ces glaces sans tain à travers lesquelles apparaissent tous les objets sans la moindre altération de couleur ou de contour. […] Thiers écrivait : « C’est une immense impertinence que de prétendre occuper si longuement les autres de soi, c’est-à-dire de son style.
Délicat et châtié dans son style, l’auteur d’un poëme que le public attend, doit montrer un goût sévère à l’égard des mots qu’il emploie. […] Un sujet comique ne veut pas du style de la tragédie ; et de même je me révolterai, si l’on vient, en vers familiers, dignes tout au plus du brodequin, me conter l’horrible festin de Thyeste. […] Pour moi, jeunes Pisons, je n’affecterais, dans un drame Satyrique, ni un style sans élégance, ni un dialogue trivial. […] Il y a telle pièce, où les caractères sont naturels, et les mœurs bien senties ; mais le style en est sans grâce, le vers y est prosaïque et dur ; malgré tout, elle aura plus de succès, elle intéressera plus longtemps que des vers sans idées et des bagatelles sonores. […] N’importe le genre où l’on s’exerce, le goût, ce goût sévère, qui sait en prendre et en laisser (hoc amet, hoc sernat), le goût est la première loi de l’écrivain : Le style le moins noble a pourtant sa noblesse.
Avouons que ce tour avait de la grâce, et donnait au style une allure dégagée ; il convenait singulièrement à la prestesse de la poésie légère, et nous avons été mal avisés de nous en défaire. — On aimait tant ce procédé rapide qu’il était de mise pour les sujets, je, tu, il, elle, nous, vous ; on les écartait souvent comme superflus ou importuns. […] Que serait-ce donc si nous pouvions analyser ici le style des maîtres, et goûter la saveur de leur plus pure substance ? […] Maint est un mot qu’on ne devait jamais abandonner, et par la facilité qu’il y avait à le couler dans le style, et par son origine qui est francaise. […] Par sa pleine possession de l’antiquité classique, par sa vigueur et sa souplesse, par la liberté de sa fantaisie créatrice, et l’ingénieuse sûreté de son bon sens, par sa science délicate des analogies qui permettent de franciser le latin, ou de latirriser le français, par l’originalité d’un style indépendant et personnel, mais logique et raisonnable jusque dans les saillies les plus aventureuses, n’offre-t-il pas une mine inépuisable à qui saurait y chercher l’or pur dont nous avons besoin pour la refonte d’une monnaie trop usée ?
Le poète tire encore un puissant secours de la variété des rythmes, de l’arrangement habile des strophes, pour donner au style tantôt de la grandeur et de la majesté, tantôt de la vivacité, de la douceur et de la grâce. […] Voir plus haut, page 165 [2e partie, chapitre premier, § IX] ce qui a été dit sur le sublime dans le style.
Ce style, trop ferme et trop décisif pour Démophile, n’est pour Basilide ni assez pompeux ni assez exagéré : il a bien d’autres expressions en tête ; il travaille aux inscriptions des arcs et des pyramides qui doivent orner la ville capitale un jour d’entrée ; et, dès qu’il entend dire que les armées sont en présence ou qu’une place est investie, il fait déplier sa robe et la mettre à l’air, afin qu’elle soit toute prête pour la cérémonie de la cathédrale3. […] Suard a cité et analysé ce bel apologue « pour donner à la fois, dit-il, par un seul passage, une idée du grand talent de Bruyère et un exemple frappant de la puissance des contrastes dans le style ».
L’auteur y répand des trésors d’élégance ; il peint la nature, il en égale les richesses et les couleurs par l’éclat de son style : souvent il laisse échapper cette abondance de sentiments tendres et passionnés, langage naturel de son cœur. […] , v. 638 : Devenere locos lætos et amœna vireta Fortunatorum nemorum… Le style de Fénelon est partout nourri et animé d’idées et d’images empruntées aux poëtes anciens.
Peu d’hommes, on le remarquera ici, comme en beaucoup d’autres passages, ont été dans leur style aussi grands peintres que Montesquieu. […] Toute autre lecture languit auprès de celle d’un si ferme et si lumineux génie, et je n’ouvre jamais l’Esprit des lois que je n’y puise ou de nouvelles idées ou de hautes leçons de style. » Ajoutons qu’un honneur solide de l’auteur fut de montrer, à une époque égarée par de faux systèmes, que le culte de la philosophie n’avait rien d’inconciliable avec le respect de la religion.
L’abbé Raynal décrit ainsi un ouragan aux Antilles : c’est l’idéal du style vague, faux et artificiel. […] Joubert a pu dire : « Il y a dans le style de Bernardin de Saint-Pierre un prisme qui lasse les yeux.
C’est un style juste et court, qui chemine et qui plaît au souverain degré, même sans vous aimer, comme je fais. […] Le style de Buffon est considéré sous quatre aspects. […] Quel ton et quel style ! […] Pourquoi le style de ce morceau nous paraît-il si rapide ? […] Petite accumulation qui précipite le style vers le dénouement de ce magique spectacle.