Avant de vous nommer, Monsieur, le peuple qui aime le mieux la musique, qui la cultive avec passion, et qui en fait l’agrément de ses loisirs, je me permettrai de vous faire quelques observations relatives à cet art, et particuliérement sur la manière leste et frivole que nous employons communément pour en juger les productions ; jugement bien propre à prouver que le peuple, qui aime le mieux la musique, n’est pas celui qui sait le mieux en apprécier les beautés. […] Examinons maintenant notre manière leste de prononcer sur les chefs-d’œuvre de la musique, et voyons si la nation qui aime le mieux cet art, et qui est la plus enthousiaste, est celle qui le juge le mieux. […] La musique en étoit fraîche, savante et agréable ; et cet ouvrage étoit soutenu par des décorations charmantes, des ballets délicieux, et un costume aussi agréable qu’heureusement contrasté. Malgré cet accord de tous les artistes, qui s’étoient fait une gloire de contribuer au triomphe de ce chef-d’œuvre musical, il n’obtint de la nation, qui aime le mieux la musique, qu’un quart de succès. […] Ces deux hommes vraiment célèbres, méritent bien une petite lettre à part ; et je la terminerai en vous nommant la nation qui aime le plus passionnément et le plus constamment la musique.
Lumière, couleur, mouvement et musique. […] La musique lente réclame une danse lente, de même qu’une musique rapide oblige à une danse rapide. Généralement, la musique doit suivre la danse. Le meilleur musicien est celui qui peut permettre à la danseuse de diriger la musique, au lieu que ce soit la musique qui inspire la danse. […] je ne peux pas danser sur cet air-là. » Et, pour danser avec une musique nouvelle, la danseuse doit apprendre des pas convenus qui s’adapteront à cette musique.
L’établissement d’une Académie royale de musique à Paris date du seizième siècle. […] Il serait fastidieux de suivre l’Académie royale de musique à travers toutes ses phases. […] En 1807, un décret organisa l’Opéra, qui prit le nom d’Académie impériale de musique. Depuis 1792, ce théâtre a successivement porté les noms suivants : Académie de musique, Opéra-National, Théâtre de la République et des Arts, Théâtre de l’Opéra, Théâtre des Arts, Académie impériale de musique, Académie royale de musique, Théâtre de la Nation, Académie nationale de musique. […] La muse n’a pas élu domicile dans les coulisses de l’Académie de musique, et ne fait pas encore partie du corps des ballets.
Par contre, mime et danse à leur juste place, donnant le secours de la plastique et du mouvement à la musique et au poème, peuvent faire la plus belle et la plus riche des œuvres d’art. […] La musique aspire à cette forme suprême, comme à sa délivrance. […] S’il dépouille le comédien, le chanteur n’en est que plus fidèle à la musique. […] Wagner n’est pas traîné seulement au concert par l’avarice ou la paresse des chefs d’orchestre : Tristan excepté, sa musique y est plus musique et plus elle-même qu’à la scène, où le spectacle la corrompt. […] Pour la musique, tout poème doit être plus ou moins mystique.
(Musique. […] (Musique. […] Tanevot, et la musique de M. […] La Poésie, la Peinture et la Musique sont une imitation. […] Tel est le plan donné, et quel plan pour la musique!
X Si propre aux sentiments et à la passion, la musique l’est beaucoup moins au drame. […] Dès qu’elle parle au sentiment, toute musique est lente. […] Il ne peut plus y avoir de métaphysique persuasive ou pénétrante qu’en musique. Et cette musique doit être un poème de danse, ou ne s’en mêler pas. […] L’art y répond ; et entre tous les arts, la poésie et la musique.
J’ai réfléchi profondément, Monsieur, sur votre question : Est-ce en France ou en Italie que l’on aime le mieux la musique ? […] Vous dites que l’étude de la musique est devenue chez nous si générale, que des artisans même en font l’éducation de leurs filles. […] C’est bien là le cas de dire que la majeure partie de nos auteurs en littérature et en musique, font tout-à-la-fois gémir la presse, l’imprimeur, le lecteur et le bon goût. […] cette fureur de graver tout, peut-elle prouver que les Français aiment mieux la musique que les Italiens ? […] Je finis ma lettre en vous en promettant une seconde, peut-être, une troisième, que sais-je, une quatrième ; car la musique, cet art devin et difficile, ne doit pas être traité avec légèreté.
La musique de la création du monde n’étoit point, disoit-il, de la musique ; c’étoit de nouveaux sons inspirés par une émanation divine ; c’étoit le miracle du génie, et l’effort d’une imagination embrasée par le feu céleste. […] Le Prince-Archevécque de Salzbourg l’envoya en Italie ; il y étudia les grands maîtres, et à l’age de 14 ans, il y composa plusieurs grands opéras, qui obtinrent le suffrage unanime d’une nation qui aime passionnément la musique. […] J’ai à vous nommer maintenant le peuple qui aime le mieux la musique, qui la cultive le plus habituellement et qui en fait ses plus chères délices : c’est sans contredit celui de l’Allemagne. […] La musique règne également partout ; on la trouve dans les villes et dans les villages, dans les rues et dans les champs. Des gens de mauvaise humeur me diront, que nous en avons dans les caveaux du Jardin-Egalité ; je leur repondrai que ce n’est pas de la musique ; mais qu’en Allemagne on en entend d’excellente dans les mimes et sur les clochers.