Inutile de dire qu’elle n’en sait aucun gré. […] car elle a fait répondre que oui ; après cela, tu sais, je ne réponds de rien ; ces dames sont si changeantes !
Ce personnage connu dans la Fable par ses transformations surprenantes n’était qu’un Danseur Grec, qui opérait ces sortes de prodiges par la rapidité de ses pas, par les formes diverses qu’il savait donner à l’ensemble de ses mouvements. […] Lorsqu’on connaît ce que peut exécuter la Danse, on ne saurait être incertain sur le projet de Quinault.
Vous savez que le langage de la peinture, de la poèsie, et de la sculpture étoit déjà celui de l’éloquence et de l’énergie. […] Si le ballet est le frère des autres arts, ce n’est qu’autant qu’il en réunira les perfections ; mais on ne sauroit lui déférer ce titre glorieux dans l’état pitoyable où il se trouve ; et convenez avec moi, Monsieur, que ce frère, fait pour faire honneur à la famille, est un sujet déplorable, sans goût, sans esprit, sans imagination, qui mérite à tous égards d’être méconnu.
On ne sauroit croire combien ce prix excite à Salency l’émulation des mœurs et de la sagesse. […] Le bailli, qui est épris de Julie, et que Julie ne peut souffrir, aborde la nouvelle Rosière, avec l’importance de la sottise ; il lui fait entendre que c’est à lui seul qu’elle doit l’honneur dont elle va jouir ; que son autorité a su déterminer en sa faveur tous les habitans de Salency ; qu’il est bien juste que la Rosière soit reconnoissante, il lui jure qu’il l’adore, qu’il veut lui donner la main et en faire son épouse.
Ceux de l’Opéra ont fait tomber tous ceux des Particuliers, et on sait qu’il n’est plus du bon air d’y danser.
— Je ne sais pas.
Mais comparez donc le mouvement du danseur, dit moderne ou prétendu « antique » : genoux projetés verticalement, ruades variées, — s’il ne s’enhardit pas à sautiller, — à celui du danseur classique, à son amplitude, son aplomb, son élasticité prodigieuse, son articulation parfaite… Pour un œil qui sait voir, pour un œil contemporain, épris de « constructivité », de discipline, de beauté intellectuelle, il y a plus de beauté dans un simple développé à la seconde de Mlle Zambelli que dans maint bacchanal pseudo-grec escamoté à Fokine.
Les Nymphes sont inquiètes ; elles cherchent Vénus ; l’Amour qui sait tout et qui voit tout ce qui se passe dans son empire, leur impose silence ; il approche doucement d’un bosquet touffu ; il en écarte avec précaution les branchages, et il découvre sa mère.
Ceux qui savent à quel point la plus foible musique agit sur les sens, conviendront que sur mille inventions, aucune n’étoit plus propre à entretenir la gaieté dans un camp et à exalter le courage des guerriers , au moment de marcher au combat.
Son FILS ORPHÉE après survient, Qui sur sa LYRE s’entretient, Ou du moins son parfait COPISTE, Savoir l’admirable BAPTISTE,64 Et l’on entend dessus ses Pas Les Accents tous remplis d’appas D’une NYMPHE, qui de son Âme65 Découvre l’amoureuse Flamme.
C’est comme vous le savez, Monsieur, sur le visage de l’homme que les passions s’impriment, que les mouvements & les affections de l’ame se déploient & que le calme, l’agitation, le plaisir, la douleur, la crainte & l’espérance se peignent tour-à-tour. […] Vous connoissez la quantité immense des caracteres que présente le Théatre Anglois : il les joue tous avec la même supériorité ; il a, pour ainsi dire, un visage différent pour chaque rôle ; il sait distribuer à propos & suivant que les caracteres l’exigent, quelques coups de pinceau sur les endroits où la physionomie doit se groupper & faire Tableau ; l’âge, la situation, le caractere, l’emploi & le rang du Personnage qu’il doit représenter déterminent ses couleurs & ses pinceaux. […] Il n’est d’abord question que de savoir si cette uniformité est un bien ; pour moi je l’envisage tout différemment ; je trouve qu’elle altere la vérité & qu’elle détruit la vraisemblance. […] C’est qu’elles apportent une attention particuliere à l’exercice ; qu’elles savent qu’une contorsion enlaidit les traits, & change le caractere de la physionomie ; c’est qu’elles sentent que l’ame se déploie sur le visage, qu’elle se peint dans les yeux, qu’elle anime & vivifie les traits ; qu’elles sont persuadées enfin que la physionomie est, ainsi que je l’ai dit, la partie de nous-mêmes où toute l’expression se rassemble, & qu’elle est le miroir fidelle de nos sentiments, de nos mouvements & de nos affections. […] Préville n’a pas pris les rôles de Rois, c’est que le caractere plaisant & enjoué de sa figure auroit fait rire au lieu d’en imposer ; & s’il excelle dans son emploi, c’est qu’il a su le choisir comme celui qui lui convenoit le mieux, & pour lequel il étoit né.
Il est temps, Citoyen Conseiller d’État, de faire enfin cesser les intrigues de ceux qui veulent des places (qu’ils ne sauraient peut-être pas bien occuper), dirigées contre ceux qui les occupent, et qui prouvent qu’ils peuvent les occuper encore. […] Elle a su mettre le directeur dans sa manche, les autres, au contraire, s’en sont fait un ennemi et que peut hélas un pot Je terre contre un pot de fer !
Je sais qu’elle emprunte plusieurs choses de la nature. […] Je sais qu’il est réservé à l’architecte de {les distribuer avec goût ; et sans profusion ; d’assigner à chacune d’elles la place qui leur convient ; en sorte que de l’assemblage et de la réunion de toutes ces parties, il résulte un tout imposant et majestneux, où l’on admire la régularité des proportions, et la perfection de l’ensemble.
Vous savez que le langage de la Peinture, de la Poésie & de la Sculpture, étoit déjà celui de l’éloquence & de l’énergie. […] Si le Ballet est le frere aîné des autres Arts, ce n’est qu’autant qu’il en réunira les perfections ; mais on ne sauroit lui déférer ce titre glorieux dans l’état pitoyable où il se trouve, & convenez avec moi, Monsieur, que ce frere aîné fait pour plaire, est un sujet déplorable, sans goût, sans esprit, sans imagination, & qui mérite à tous égards l’indifférence & le mépris de ses sœurs.
Pour tout jeune homme, ce mot d’actrice entrebâille aussitôt la porte d’un paradis sans fruit défendu : l’actrice a été le premier amour de tous les débutants dans la vie, et cependant, en fin de compte, on ne sait guère ce qu’on aime quand on aime une actrice. […] Maintenant si l’on veut savoir la vérité, la voilà.
Toutes ces observations ne sont pas d’un maître inepte et mercenaire qui dit, tournez vos genoux, sans savoir qu’ils ne peuvent que plier et s’étendre, et que c’est la hanche qui les détermine à telle ou telle position. […] Pour donner des leçons utiles, il faut savoir connoitre son élève, chaque écolier demande des principes différens : ce qui convient à l’un ne convient point à l’autre ; ce qui redresse celui-ci estropie celui-la. […] Les articulations mobiles peuvent toutes se rapporter à quatre espèces de mouvemens, savoir : à celui de coulisse, à celui de genou, à celui de charnière et à celui de pivot.
Si tout ceci ne convenoit pas, on pourroit (et la circonstance de la paix le détermineroit) pratiquer des petites pièces en face des premières loges, qui seroient louées à l’année, et que les propriétaires orneroient à leur fantaisie : tous les architectes savent que cet usage est adopté dans tous les grands théâtres de l’Italie. […] Pilade paroît, et cette catastrophe qui forme le dénouement ne me fait aucune impression ; l’acteur m’a mis dans sa confidence, je sais tout, j’ai pénétré son dessein, j’ai découvert le piège, et rien ne peut me ramener à l’intérêt qu’on m’a fait perdre. […] Dans les théatres trop vastes, les acteurs paroissent des pigmées et ne sont jamais en proportion avec les décorations ; il est à présumer par l’immensité des salles d’Italie, qu’elles ont été construites par des peintres-décorateurs ; rien de si grand en effet et de si pompeux que les décorations ; rien de si pauvre et de si maigre que la scène, composée presque toujours de deux ou trois interlocuteurs, rarement accompagnés ; je sens donc le danger et les inconvéniens d’un trop grand théatre ; je sais qu’il entraîneroit à des dépenses ruineuses ; il faut que la partie proprement dite de la scène ne soit ni beaucoup plus longue ni beaucoup plus large, ni beaucoup plus élevée que celle qui existe aujourd’hui ; mais il est nécessaire et absolument utile, je le répète, que les parties latérales, c’est à dire, l’espace qui doit règner de droite et de gauche, depuis la décoration jusqu’au mur, ait au moins quatre toises, que le derrière du théatre ne soit point étranglé, et offre un libre passage à tous les sujets employés à ce spectacle ; je ne renoncerai jamais à l’idée des deux parties enfoncées de droite et de gauche dont j’ai parlé et qui formeroient à l’extérieur, (si on le croyoit indispensable), deux corps avancés. […] Je ne sais donc ce qui a pu déterminer les machinistes à adopter et à perpétuer une manière d’éclairer si fausse, si désagréable pour l’acteur, si fatigante pour le public, et si diamétralement opposée aux règles de la nature. […] Je ne serai point étonné de tout ce qu’on dira, par la raison que je sais depuis long-tems que les nouveautés utiles sont aussi mal reçues à Paris que les nouveautés futiles le sont avec enthousiasme.
Les Grecs le savaient.
On sait que, chez les peuples de l’antiquité, les sacrifices étaient accompagnés de cris de joie, et surtout de danses : toute la nature semblait sourire à leurs fêtes publiques.
Je ne sais.
Mais, par contre, ils jouissent d’un système gymnastique d’une ampleur, d’une variété, d’une perfection sans pareilles ; car le génie occidental qui a élevé les cathédrales gothiques et rythmé les tragédies de Racine, a aussi inventé la danse sur la pointe, la danse d’élévation et a su par le simple linéament d’une arabesque, darder dans l’espace tout ce que l’âme humaine porte en soi de ce tourment de l’au-delà qui nous grandit.
direz-vous : j’en conviens ; mais l’art du chanteur sait en couvrir le défaut.
Avant de vous nommer, Monsieur, le peuple qui aime le mieux la musique, qui la cultive avec passion, et qui en fait l’agrément de ses loisirs, je me permettrai de vous faire quelques observations relatives à cet art, et particuliérement sur la manière leste et frivole que nous employons communément pour en juger les productions ; jugement bien propre à prouver que le peuple, qui aime le mieux la musique, n’est pas celui qui sait le mieux en apprécier les beautés.
Venus, à ses souhaits, consent,143 Et dans le même instant, descend, En Conche, tout-à-fait, divine, Dans une superbe Machine, Ayant, auprès d’elle, son Fils,144 Qui se plaît fort, parmi les Lys, Avec six autres petits Drôles Qui savent là, très-bien, leurs Rôles.
Pour retourner à l’Opéra, Le Lecteur, s’il lui plaît, saura, Que l’Autheur est un Gentilhomme161 De Monsieur, qui Guichard se nomme, Et, toute flaterie à part, D’écrire, en Vers, et Prose, a l’Art, Voire, de manière galante, Naturelle, aisée, et brillante, Laquelle lui coûte si peu, Que tout, pour lui, n’est rien qu’un Jeu : Ayant fait cette Pastorale, Dont le détail je vous étale, En quinze jours, tant seulement, Et néanmoins, heureusement, Au reste, le Sieur de Sablière,162 D’intelligence singulière, En la Musique, a fait les Chants, Tout de même, en très-peu de temps.
Les chœurs dont les Grecs n’avaient fait qu’un trop faible usage, et dont les Italiens, ainsi que je l’ai déjà dit, n’ont pas su se servir, placés par Quinault dans les lieux où ils devaient être, lui procuraient des occasions fréquentes de grand spectacle126, des mouvements généraux127, des concerts ravissants128, des coups de Théâtre frappants129, et quelquefois le pathétique le plus sublime130. […] Écouterait-on la critique d’un homme de mauvais goût qui déclamerait contre une composition de cette espèce, parce que nous savons tous que la Fable n’est qu’une des folies de l’esprit des premiers temps ?
La Gazette des Théâtres dit dans son numéro du 1er septembre 1842 : « Comme on le sait, la condamnation obtenue par le directeur de l’Opéra contre Fanny Elssler prononce la prise de corps. […] Mais lorsque Me Spinnael, au nom de l’Opéra, se rendit à la Monnaie pour opérer la saisie, on lui montra un reçu signé de Fanny et prouvant qu’elle s’était fait payer d’avance sa part des recettes à effectuer, à savoir 1 500 francs par représentation. […] Qui a vu ce moment ne l’oubliera jamais ; rien ne saurait se comparer à la suavité du sentiment surnaturel qui nous dominait tous avec tant de force et de lien. […] C’est seulement à de rares privilégiés qu’elle montrait de loin en loin, dans des réunions intimes, quelle créatrice de beauté elle avait été, et les spectateurs émerveillés ne savaient ce qu’ils devaient admirer le plus, d’une souplesse et d’une ardeur qui bravaient les années, ou d’un style qui donnait à la danse la majesté de l’art le plus pur. […] Les deux doyens notamment, le ministre Schmerling et Dessauer, ne savaient assez raconter avec quelle grâce indescriptible Fanny avait dansé la cachucha, plutôt avec des mouvements des bras, du buste, de la tête, que des pieds.
Leurs pas, leurs regards, leurs mouvements étaient si modestes, si remplis d’agréments et de décence, qu’elles ne faisaient jamais naître l’amour, sans inspirer un nouveau goût pour la vertu. « Toutes les Danses des Lacédémoniens, dit Plutarque, avaient, je ne sais quel aiguillon qui enflammait le courage, et qui excitait dans l’âme des Spectateurs un propos délibéré, et une ardente volonté de faire quelque belle chose47. » Telle est dans un État la force de l’éducation établie sur de bons principes, lorsqu’elle est générale, et que des exemples contagieux n’en dérangent point les effets48.
Souple, complaisant, adroit, il faisait dans le même temps une révérence profonde, disait un bon mot, et riait d’une plaisanterie qu’on lui adressait ; quoiqu’il sût très bien qu’elle était mauvaise.
Solidement retranché derrière Faust, l’abonné, sournois, se dérobe ; et rien en cette œuvre équilibrée et sereine ne saurait solliciter le snob en quête de stupéfiants sonores.
Avendo su di ciò fatta matura riflessione, ho voluto dar loro parte, e parte delle principali.
C’est, comme vous le savez, Monsieur, sur le visage de l’homme, que les passions s’impriment, que les mouvemens et les affections de l’ame se déploient, et que le calme, l’agitation, le plaisir, la douleur, la crainte et l’espérance se peignent tour-à-tour. […] Ne pensez pas que ce grand acteur fut bas, trivial, et grimacier : fidèle imitateur de la nature, il en sût faire le plus beau choix ; il la montra toujours dans des positions heureuses et dans des jours avantageux ; il conserva la décence que le théatre exige dans les rôles même les moins susceptibles de graces et d’agrémens ; il ne fut jamais au dessous ni au dessus du personnage qu’il faisoit ; il saisissoit ce point juste d’imitation, que les comédiens manquent presque toujours : ce tact heureux qui caractérise le grand acteur et qui le conduit à la vérité, est un talent rare que M. […] Il n’est dabord question que de savoir si cette uniformité est un bien ; pour moi, je l’envisage tout différemment ; je trouve qu’elle altère la vérité et qu’elle détruit la vraisemblance. […] C’est qu’elles apportent une attention particulière à l’exercice ; qu’elles savent qu’une contorsion enlaidit la figure, et change le caractère de la physionomie ; c’est qu’elles sentent que l’ame se déploie sur le visage, qu’elle se peint dans les yeux, qu’elle anime les traits ; c’est qu’elles sont persuadées enfin que la physionomie est, ainsi que je l’ai dit, la partie de nous-même où toute l’expression se rassemble, et qu’elle est le miroir fidèle de nos sentimens, de nos mouvemens et de nos affections. […] Si Préville n’a pas pris les rôles de Rois, c’est que le caractère plaisant et enjoué de sa figure auroit fait rire au lieu d’en imposer ; et s’il excelle dans son emploi, c’est qu’il a su le choisir comme celui qui lui convenoit le mieux, et pour le quel il étoit né.
« C’est, écrit l’un de ses biographes, une sylphide qui voltige à l’instar de son frère. » Un autre ajoute : « Madame Montessu a donné sa démission, mais on ne saurait l’accepter. […] Monsieur craindrait d’empirer la sienne. » Voici une lettre que madame Montessu adressait à Charles Maurice, directeur du Courrier des Théâtres ; on y verra que les artistes savaient déjà se ménager la presse et faire bon commerce avec elle : « Mon bon petit ami, « Je rentre ce soir, et je n’ai pu danser le pas que je voulais. […] Sans trop savoir pourquoi, elle était allée se jeter au pied des autels et elle avait obtenu la faveur d’être admise dans le couvent. […] Madame Alexis Dupont C’était la sœur de Lise Noblet et la femme du chanteur à la voix blanche que vous savez… Le soir, madame Alexis Dupont se trémoussait fort agréablement, à l’Opéra, dans la Muette, dans le Lac des Fées, dans le Dieu et la Bayadère, dans l’Orgie et dans ce pas de cinq du deuxième acte de Robert qui fut supprimé depuis… Dans la journée, elle enseignait les danses de caractère et le maintien à toute sorte de jeunes demoiselles des meilleures maisons. […] Elle savait pourtant se faire applaudir dans le redoutable voisinage de Taglioni, des Elssler et de Carlotta.
Les Coryphées, lorsqu’ils sont bons, deviennent d’un grand secours au maître de ballets quand il sait s’en servir. […] Le tyran dévoré d’inquiétudes et d’impatience vouloit savoir si ses ordres avoient été exécutés.
Je ne m’aviserois pas, certes, d’entretenir M. de Voltaire de ces jeux d’enfans, et de lui montrer les marionnettes, si je ne savois qu’après avoir éclairé le monde littéraire du feu de son génie, et avoir passé seize heures de la journée à embellir les arts, à donner de grands modèles dans tous les genres, et s’être élevé par la puissance de son imagination jusques dans les plus hautes régions des connoissances humaines, il se plaisoit à descendre sur la terre, à danser les soirs des branles aux chansons, à rire de mauvais contes bleus, et à les trouver couleur de rose. Je sais que le philosophe de Ferney a le bon esprit de se débarrasser un instant de son génie.
Je me couchai à minuit, — et pour la première fois de ma vie, je sus l’heure qu’il était quand je me réveillai.
Époque du plus haut point de gloire de l’Art Les Rois ont toujours sous leur main un moyen assuré de distraire les regards de la multitude des opérations du gouvernement ; mais il n’est point de Souverain, qui ait su employer ce moyen d’une manière plus efficace qu’Auguste, ni dans des circonstances aussi délicates.
de ces images une si surprenante beauté que je n’aurais su les oublier et qu’aujourd’hui la fatale nouvelle me touche infiniment.
C’est un grand art de savoir les déguiser sous l’éclat des talens.
On sait que la France est la patrie et le sol des arts et des talens en tout genre.
Je ne vous dirai pas qu’il est un peu triste, je sais qu’il est navrant ; mais je l’aime ainsi, et sauf quelques réparations peut-être nécessaires à sa solidité. — vous en jugerez, — je n’y veux pas toucher.
.° 25, tom. 2, pag. 180,) après avoir dit que la joie d’un chrétien ne doit se trouver que dans le témoignage d’une bonne conscience, il ajoute tout de suite que « la pudeur ne sauroit être en sûreté, et que tout est à craindre des attraits de la volupté, lorsqu’on finit par la danse les autres divertissemens ». […] On sait parfaitement les règles de la musique et de la danse ; et on n’a presque aucune idée des mystères de Jésus-Christ, de l’étendue des commandemens de Dieu, des grâces attachées aux sacremens, des dispositions nécessaires pour s’en bien approcher ; de ce qui fait le sujet de nos plus grandes solennités, et des sentimens de piété dans lesquels on doit les célébrer. […] parce que vous serez dans l’affliction et dans les pleurs… Vous savez, mes frères, nous dit saint Paul, (Gal. c. 3, v. 27.)
Fulvie a su corrompre la fidélité des gardes : on la voit tenant une lampe à la main, descendre en tremblant, les dégrès qui conduisent au souterrain. […] Le vieil Horace marche devant ce char, et montre au peuple les trophées que la valeur de son fils a su lui obtenir.
Il sut manier avec beaucoup de sûreté et de sens plastique ce stradivarius qui lui était confié : Mme Tréfilova.
On sait que ce pays est un de ceux qui a eu le plus d’influence sur le reste du monde.
J’ajouterai à toutes ces inconséquences l’obligation indispensable de traduire le poëme : on sait que les traductions en général, sont toujours infidèles et infiniment au dessous des originaux.
Tout cela ne peut étonner ceux qui savent que Bamboche est plus aisé à imiter que le Poussin, que Molière est bien moins facile à copier que l’auteur de Jérôme-Pointu.
À peine commencé-je à étudier sous sa direction, que je fus obligé de tout apprendre de nouveau, et d’oublier le peu que je savais.
Nous ignorons ce qu’elle vaut dans l’adage ; tels sont ces lois et privilèges de la hiérarchie chorégraphique que cela ne se saura que le jour où elle passera première danseuse.
On ne saurait faire du bruit dans un laboratoire.
Castil-Blaze sont toutes puisées à des sources dont nous avons été à même de vérifier l’authenticité ; la plume facile et spirituelle de cet aristarque musical a su les présenter avec une verve de récit qui les met encore mieux en saillie. […] A toutes les époques, les élémens de prospérité furent nombreux pour l’Opéra ; dans les différentes phases que nous venons de parcourir, nous l’avons vu non pas résister à toutes les tourmentes, mais s’y plier toujours avec adresse et souvent savoir en tirer parti. […] C’est moins que n’a jamais donné la restauration : bien moins que ne donnait l’empereur, peu prodigue, comme on le sait, et auquel l’Opéra coûta, en 1810, un million vingt-sept mille fr. […] On y sait les faits de la Cour, ceux de la ville et ceux de l’Europe. […] L’illustre président de cette commission a su faire chérir aux arts le haut patronage qui lui est confié.
Le difficile, comme je l’ai déjà dit, est d’embellir la nature, sans la défigurer ; de savoir conserver tous ses traits, et d’avoir le talent de les adoucir ou de leur donner de la force. […] Je crois, Monsieur, qu’un maître de ballets qui ne sait point parfaitement la danse, ne peut composer que médiocrement.
L’Abbé Daubignac, fit une tragédie (Zénobie) selon toutes les règles, et les lois qu’il avoit données dans sa pratique du théatre ; et comme il se vantoit même après sa chûte, d’étre le seul de nos auteurs qui eût bien suivi les préceptes d’Aristote, je sais bon gré à M. […] Il faut savoir les suivre, les quitter et les reprendre.
On sait, dans les Royaumes voisins comme en France, qu’il est l’époque de la grandeur de cet État, de la gloire des Arts et de la splendeur de l’Europe.
… Si vous saviez !
Plus ces parties se joignent, et plus celles qui leur sont inférieures s’éloignent, les jambes ne pouvant ni battre ni croiser, restent comme immobiles au moment de l’action des genoux, qui roulent désagréablement l’un sur l’autre ; et l’entrechat n’étant ni coupé, ni battu, ni croisé par le bas, ne saurait avoir la vitesse et le brillant qui en font le mérite.
Il ne saurait avoir une conception trop facile.
Non potrà per tanto far meraviglia, che io mi sia accinto ad esporre quelle idee che mi somministrò l’esperienza e la lettura delle migliori opere su questa materia.
non sans doute : mais l’Art est de savoir déguiser l’Art.
Ne savent-ils pas bien que Notre-Seigneur Jésus-Christ n’ayant choisi que douze disciples sans lettres, simples, pauvres et sans défense, les a remplis de confiance et de courage contre tout le monde ? […] » On sait que quelque agréable que soit le pain corporel à ceux qui se portant bien, ont un bon appétit, il est amer à ceux dont la fièvre a dépravé le goût. […] Je suis persuadé, Monsieur, que ce ne sera pas vous qui oserez blâmer la conduite d’un pasteur qui connoissant le foible de ses paroissiens, et ayant expérimenté qu’ils ne sauroient s’exposer à un tel péril sans s’y perdre, et qui voit même peut-être qu’ils y ont commis des crimes grossiers, croit devoir exiger d’eux qu’ils se mettent, par une pénitence sincère, en état de recevoir l’absolution avant que de la lui demander.
Dans ce moment où l’homme égaré marche, profère quelques mots sans suite, tombe dans le silence et l’abattement, en sort avec désespoir, articule des phrases entrecoupées, verse quelques larmes, double le pas sans savoir où il va, s’arrête, lève les bras au ciel, exprime, par un morne silence, et le geste de la douleur, combien son àme est déchirée ; une telle situation, dis-je, annonce le désordre de la raison, et ne peut être regardée que comme le délire de la passion. […] C’est ce que vous savez si bien faire, mon cher Garrick ; aussi lorsque je viens chez vous, c’est pour vous voir, et causer avec mon ami, et je n’y viendrois sûrement pas, si j’étois assuré de n’y trouver qu’un roi, ou un empereur.
VIII Quand elles n’épousent pas, comme la belle…, un savetier ressemeleur qui les frappe, les injurie et leur reproche de n’avoir pas su conserver leurs bijoux.
La plupart des danseurs qui figurent à l’opéra, sont de très bons maîtres à danser, qui savent fort bien la danse.
Ce que réalisa Bakst importe à tel point pour les destinées de La Belle que je ne saurais le passer sous silence.
non, sans doute ; mais l’art est de savoir déguiser l’art.
Je sais que le principe n’est qu’un, mais je n’ignore pas que la manière de le démontrer est susceptible d’une foule de modifications.
Interdite, tremblante, indécise et confuse, elle ne sait quel parti prendre ; elle balance dans son cœur les loix austères de la vertu avec les égaremens de l’Amour ; elle veut reprendre sa lettre ; mais Raymond, agité par cette impatience ordinaire aux amans, s’en saisit, en fait la lecture avec empressement, et se précipite à ses genoux, pour lui témoigner son amour et sa reconnoissance.
Ne pourroit-on pas dire, Madame, que la danse de l’opéra semble avoir adopté, sans le savoir, le systême de descartes, et qu’elle se perd dans les tourbillons.
On me dira, sans doute, que le peuple, est curieux ; je le sai, qu’il veut tout voir, j’en conviens ; mais il est des moyens de satisfaire ce sentiment impérieux, sans confusion, sans embarras.
L’honneur de la législation ne tente point des hommes qui ne savent qu’aimer leurs semblables ; ils écrivent moins dans le dessein de les instruire, que dans l’espérance de les rendre un jour plus heureux. […] Par malheur pour les Arts et les talents, qu’il sait discerner et qu’il aime, il a préféré le repos aux agréments dont il était sûr de jouir dans l’exercice d’une charge à laquelle il était propre. […] Telle sut la magie dont se servit alors feu M. […] On sait la propriété qu’ont ces arbres, d’être naturellement droits et toujours verts. […] Le corps de ville de Bordeaux tint aussi matin et soir des tables très délicates, et tout s’y passa avec cette élégance aimable, dont le goût sait embellir les efforts de la richesse.
Tous ses autres ouvrages lyriques sont coupés sur l’ancien patron, et on sait la différence qu’on doit faire de ses meilleurs opéras de cette dernière espèce, avec les trois dont on vient de parler. […] Tout enchantement qui ne naît pas du sujet qu’on traite, qui ne sert point au développement de la passion, et qui n’en est pas l’effet, est donc vicieux, et ne saurait produire qu’une beauté hors de place ; cette espèce de merveilleux ne doit être employé à l’opéra qu’à propos.
Pylade a su tromper la vigilance des Gardes et gagner son vaisseau ; le Tyran est instruit par la lettre du complot d’Iphigénie. […] Iphigénie, entrainée, sans le savoir, par la voix du sang, annonce qu’Oreste partira, et que Pylade sera sacrifié.
Je désire, Monsieur, pour les progrès de mon art que ceux qui se destinent à la danse et à la composition des ballets en action, suivent la marche que j’ai observée ; qu’ils sachent enfin que sans l’amour et étude des beaux arts, ils ne pourront enfanter que des ouvrages imparfaits, privés de goût, de grace, d’élégance, et dénués, tout à la fois, d’esprit, de variété, et de cette imitation de là nature, qui est l’âme des beaux arts.
Cyprien s’exprime ainsi : « Le pantomime est un monstre, qui n’est ni homme ni femme, dont toutes les manières sont plus lascives que celles d’aucune Courtisanne, et dont l’art consiste à prononcer avec des gestes : cependant, continue-t-il, toute la ville se met en mouvement pour lui voir réprésenter les iniquité, et les infamies de l’antiquité fabuleuse. » En écrivant à Donat sur les horreurs de l’amphithéatre, il dit en parlant des pantomimes « qu’on dégrade les mâles de leur sexe, pour les rendre plus propre à faire un métier déshonnête ; et que le maître qui a su faire ressembler davantage un homme à une femme, est celui qui passe pour avoir fait le meilleur disciple ; sa réussite fait sa fortune. » D’après cette assertion, il est à présumer que les hommes, qui éxercoient la profession du théatre, étoient esclaves.
Alceste s’est échappée des mains de son ravisseur ; elle est errante et ne sait de quel coté tourner ses pas ; Lycomède, qui est à sa poursuite, la rencontre, lui déclare sa passion, et lui offre le partage de son trône : Alceste ne répond à ses vœux et à ses hommages que par l’expression du mépris ; Lycomède offensé ose devenir téméraire.