Elles ne veulent plus de la musique ni comme d’un régulateur du rythme, ni comme d’un décor sonore, ni comme d’une source d’émotions fécondes et de suggestions motrices. […] La danse ordonne que la musique abdique sa tyrannie, qu’elle plie son rythme aux exigences du rythme naturel du corps humain. […] La musique s’obstine, la danse la congédie. […] Nous constatons que dans la collaboration de la musique avec la danse la priorité revient à cette dernière. […] Ceux-ci, échappés au syncrétisme wagnérien, qui était au fond un attentat de la musique à s’emparer de la toute-puissance, reprennent conscience d’eux-mêmes.
Monsieur, tous ces génies rares n’avoient point appris la musique. […] est-ce la musique, qu’ils ignoroient parfaitement, qui leur a inspiré de si beaux vers, d’aussi grandes pensées ? […] Je conclus donc que le mot musique chez les anciens, étoit employé métaphoriquement comme notre mot harmonie. […] On nominoit musique rithmique, ce que nous appelions mesure ; mais la mesure n’est point la musique ; ce n’est qu’une division de temps, et il est certain qu’une musique très agréable peut exister sans mesure ; témoin les points d’orgue, les Caprices ad Libitum qui s’écrivent sans mesure. […] Je crois pouvoir comparer cette musique a celle du plein-chant, dans la quelle le serpent fait un assez bon effet.
L’amour, tel que l’homme l’a conçu, le cœur, la charité, la musique, l’art enfin ne sont point de la raison ni du bon sens. La musique est métaphysique en son fond. […] Grâce à la musique, le temps est l’espace du cœur, ou de l’esprit rendu sensible au cœur par l’émotion. La musique est désormais la véritable expression de la religion et de la philosophie première. […] La musique seule fait l’assemblée.
Plusieurs causes ont concouru à hâter les progrès de la musique en Allemagne. […] Voilà donc la musique introduite dans les armées. […] Peut-être n’en fallut il pas d’avantage pour répandre le goût de la musique chez un peuple stagnant. […] Après bien des combinaisons, ils auront préféré la musique, cet art cosmopolite, qui ouvroit à leurs malheureux rejettons un asyle dans les grands chapitres, dans les riches abbayes, dont la plupart sont autant de souverainetés indépendantes ; et enfin chez tous les Princes de l’Allemagne, qui, jaloux de soutenir leur dignité et de varier leurs jouissances, ont appellé chez eux les arts et les talens, et fait principalement de la musique, le premier objet de leur luxe. […] Tous ces faits sont attestés, et je les crois suffisans pour prouver que l’Allemagne est de tous les pays, celui où l’on cultive et où l’on aime le mieux la musique.