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64. (1881) Albine Fiori « Albine. Le dernier roman de George Sand — Sixième lettre. Juste Odoard à Mlle de Nesmes, à Lyon. » pp. 433-445

Quand on est une ballerine condamnée à vivre à peu près nue sous les regards du public, il est bon d’avoir une âme que l’on peut dévoiler avec autant d’assurance que son pauvre corps. […] Mais le médecin s’y oppose, et donne des ordres pour qu’on le laisse seul avec son confrère et deux femmes de service, disant au malade que ce n’est pas grave pourvu qu’il se tienne absolument tranquille ; mais nous faisant bien comprendre par ses regards qu’il ne répond de rien et ne peut se prononcer. […] Sa main d’enfant me réchauffe, et son bon regard qui me remercie m’empêche de faire de mauvais rêves. » Alors le médecin m’ordonna de rester et mon père fut obligé de se retirer.

65. (1860) Mémoires de Rigolboche « Mémoires de Rigolboche — Chapitre premier » pp. 6-15

J’ai toujours aimé la danse ; mon père soutenait que ma mère avait eu un regard de Markouski.

66. (1924) La danse au théâtre. Esthétique et actualité mêlées « 19 février. Une grande danseuse russe. Mme Véra Tréfilova. — Émotion et abstraction. — Mélodie continue. — Exotisme transposé. — Deux Moscovites : Novikoff, Clustine. »

Dès que l’étoile paraît, ce rayonnement, mitigé et discret comme un regard caché par de longs cils, pénètre le spectateur.

67. (1804) Lettres sur la danse, dernière édition augmentée en 4 vol. Avec les programmes de ballet. Tome IV [graphies originales] « [Lettres sur la musique] — Réponse à la question proposée. — Lettre IV. Sur le même sujet. » pp. 24-29

et ces statues précieuses ainsi dégradées fixeroient-elles alors nos regards et notre admiration.

68. (1909) Une vie de danseuse. Fanny Elssler « Chapitre V. marie taglioni  » pp. 156-187

Le ciel de l’Inde t’illumine ; Déjà le bonze et le bramine Suivent ton gracieux élan ; Secoue au regard qui t’admire Les écharpes de Cachemire Et les perles de Ceylan. […] Quand elle prend son vol, les regards soucieux Semblent la retenir au sol qu’elle abandonne, Comme si le lutin que l’Ecosse nous donne Quittait la terre pour les cieux82. […] Car sur toi l’œil impur ne trouve point de place ; Mais toujours le regard se repose enchanté, Et de ta chaste majesté Tout mouvement est une grâce Toute pose est une beauté84. […] Elle fixe sur la déesse son regard perçant comme une vrille et discerne dans ce corps dont on a tant loué l’harmonie deux moitiés disparates.

69. (1908) Quinze ans de ma vie « Quinze ans de ma vie — III, comment je créai la danse serpentine » pp. 22-

Suggestionnée, en transe, — du moins en apparence, — mon regard rivé au sien, je suivais tous ses mouvements. […] Pendant six semaines, je m’offris aux regards des provinciaux, escomptant fébrilement l’heure où je paraîtrais, enfin, sur cette scène de la grande ville.

70. (1908) Quinze ans de ma vie « Quinze ans de ma vie — XXI, choses d’amérique » pp. 232-249

La première chose qui arrêta les regards de Pierre Mortier, dès le salon de l’hôtel, ce fut un nombre inaccoutumé de crachoirs. […] Tout le monde marchait d’un pas si accéléré, que son très poli « pardon, monsieur » n’obtenait pas même un regard en réponse.

71. (1804) Lettres sur la danse, dernière édition augmentée en 4 vol. Avec les programmes de ballet. Tome IV [graphies originales] « [Lettres sur la musique] — Réponse à la question proposée. — Lettre VII. Sur le même sujet. » pp. 40-55

Ils gémissent à la vue de ces productions bizares qui, à la honte de l’architecture, s’élèvent dans différens quartiers de la capitale, et ils fuient, lorsque jettant leurs regards sur le cy-devant Palais-Bourbon, ils apperçoient les fondemens placés sur les toits. […] Que ces jeunes artistes fixent leurs regards sur la nature ; qu’ils n’oublient point qu’elle est mère des arts ; qu’elle ne les égara jamais ; qu’elle rejette tout ce qui ne lui ressemble point ; enfin, qu’elle pose le sceau de la célébrité sur les chefs-d’œuvre qui portent son image.

72. (1754) La danse ancienne et moderne ou Traité historique de la danse « Seconde partie — Livre troisième — Chapitre III. Fêtes de Louis XIV relatives à la Danse, depuis l’année 1643 jusqu’en l’année 1672 »

Les ouvrages de l’un sont comme une statue toute nue exposée au sortir des mains de l’Artiste aux regards critiques de la multitude, des connaisseurs et de ses rivaux.

73. (1909) Une vie de danseuse. Fanny Elssler « Chapitre II. la dernière passion du chevalier frédéric de gentz  » pp. 37-96

L’expression de sa physionomie était intelligente, mais le regard manquait de fermeté. […] Ici la flamme intense du regard anime la figure ; si le menton et la mâchoire ont pris un peu de lourdeur, l’ensemble de la physionomie a gardé un air remarquable de finesse et de séduction vivace. […] Parmi celles que je vous adresse il y en a peut-être l’une ou l’autre qui après des semaines ou des mois réussiront encore à attirer sur elles votre aimable regard, et qui sait ? […] Pourquoi ne puis-je pas jeter encore un regard dans l’abîme de tes yeux ? […] Un seul regard de tes yeux a plus de prix pour moi que tout ce que le monde aurait encore à m’offrir. » Ce n’est pas seulement de la poésie qui envahit à présent l’âme et les lettres de Gentz.

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