VI
La barre de mesure▶ porte tout le ballet moderne, à l’égal de l’ancien. De là, l’ennuyeuse monotonie des mimes. L’abus du rythme simple et carré montre que cet art est encore dans les langes ; mais cette enfance est usée ; elle se répète sans cesse, elle radote. La splendeur de la mise en scène n’y change rien. Le ballet est si vieilli qu’il tourne en peinture : c’est un tableau vivant, que la symphonie veut embellir et qu’elle nuance.
La barre de ◀mesure▶ soutient toute la tradition des gestes et des pas, si niais la plupart et si ridicules. Cette barre est de fer, pour la solidité : elle a été forgée par Vulcain, en don vengeur à Terpsichore.
Le rythme passe de bien loin la ◀mesure▶ : il y supplée. Il est même une sorte ample et libre de rythme qui va décidément contre la ◀mesure.
Pour suppléer au rythme simple, si usé et si lourd d’ennui, il y a l’arabesque sonore, avec sa courbe aux éléments infinis, qui est un rythme délivré.