Tout son Tableau n’est qu’un dessin, tracé d’un crayon philosophique (dans le sens que le xviiie siècle donnait à ce triste mot) ; mais voilà peut-être pourquoi il est bon.
Il fut doucement triste, et c’est le charme infini. […] C’est exquis, triste et beau. […] Combien d’âmes hautes, bonnes, saines, quelques-unes tristes hélas ! […] Il eût été consolé s’il avait consolé ; il n’a été que terrible et triste. […] Mais nous, en songeant à lui, nous sommes profondément tristes.
Humour ou humeur, à la fin du dix-huitième siècle, en France, signifie humeur satirique un peu triste. […] C’est un triste métier que de glaner des bourdes. […] Il est triste, pleurard et prophétique. […] … Il me semble que je vois mon âme ; que cette forme pâle et triste et belle c’est mon âme qui l’a revêtue pour se montrer à moi, pour se révéler à moi et aux hommes. […] Racine s’excuse d’avoir parlé d’amour en assurant que ce n’est que pour montrer les tristes égarements où il peut conduire.
Il est triste de devoir tant à la personne que tout le monde hait et méprise, et qui n’est pas même estimée du vil courtisan qu’elle protège. […] Nos yeux, nos tristes yeux sont fermés sur son sort. […] …………………………………………………… Le ciel m’a secouru dans ce triste hasard. […] Triste hasard : triste est une épithète pauvre et vague ; et cette exclamation, que plus on est grand, etc., est bien plate. […] Le caractère du mari est faux et outré d’un bout à l’autre : celui de la femme est noble et intéressant ; il n’a d’autre défaut que d’être triste et monotone, et d’offrir un de ces prodiges de vertus extrêmement rares dans le monde, mais devenus très communs sur la scène.
Son œuvre est superbe, mais d’une beauté grave et même un peu triste. […] Voix dans l’absence, voix tristes qui semblent veuves. […] voyez un peu tous mes tristes combats. […] Ce sont de pâles fantômes qui se murmurent des choses tristes et douces sous les rayons de la lune. […] Puis sa colère tombe, puis il s’attendrit, puis il raconte sa vie, sa triste vie, tissu de souffrances et de hontes.
et nous ce pendant nous consumons notre âge Sur le bord inconnu d’un étrange rivage, Où le malheur nous fait ces tristes vers chanter, Comme on voit quelquefois, quand la mort les appelle, Arrangés flanc à flanc parmi l’herbe nouvelle, Bien loin sur un étang trois cygnes lamenter. […] Je ne voudrais plus y joindre, pour nous donner l’entier spectacle de l’âme et des dispositions intérieures du pauvre et triste poète, dans les derniers mois de sa vie, qu’une autre lettre française de lui adressée à un ami (le même Morel probablement), sur la mort du feu roi et le département de Madame de Savoie. […] Or Dieu a voulu que je portasse ma part de cette perte commune, m’ayant la fortune, par le triste et inopiné accident de cette douloureuse mort, retranché tout à un coup, comme à beaucoup d’autres, le fil de toutes mes espérances.
LXXVII Il était grand en effet, la grandeur était son nom : grand, parce qu’il s’était soustrait aux efféminations féroces d’une révolution qui ne savait que vociférer et tuer ; grand, parce qu’il cherchait Dieu dans les ruines, comme le prophète soufflant sur le charbon mal éteint pour y rallumer l’étincelle à la lueur de laquelle il devait découvrir et lire le nom de l’Incréé ; grand, parce qu’il était triste comme Job après la visite de ses amis. […] Il était né triste, parce qu’il était né profond, comme les autres naissent gais, parce qu’ils sont légers. […] Il s’était réfugié de bonne heure dans la seule pensée, triste aussi par sa grandeur, inexplicable, à laquelle tout aboutit, mais qui est, elle-même, un mystère, pour en expliquer un autre, Dieu ; il était religieux par mélancolie ; par là, il était grand comme sa pensée.
Je veux un amour triste ainsi qu’un ciel d’automne, Un amour qui serait comme un bois planté d’ifs Où dans la nuit le cor mélancolique sonne ; Je veux un amour triste ainsi qu’un ciel d’automne Fait de remords très lents et de baisers furtifs. […] Outre les notions de qualité et de quantité que nos mots définissent avec précision, nous percevons encore dans les choses des affinités restées tout à fait indéterminées jusqu’à présent ; telle couleur évoque de vagues idées d’opulence, tel parfum transporte notre imagination en Orient, tel son nous met sous une impression triste.
Il possède aussi le secret de la composition, quoiqu’il oublie souvent d’en faire usage ; il sait, quand il le veut, lier les épisodes dans la trame serrée du récit ; il a un dessein qu’il déroule, un but qu’il poursuit, et alors même qu’il se perd trop longtemps au détail des choses communes, il a le triste mérite de ne point ignorer où il va. […] Cette action d’Hamilcar, qui fut le chef-d’œuvre et la couronne de son savoir dans l’art militaire, et le salut d’une république très puissante tombée dans les extrémités les plus tristes, cette action, dis-je, se trouve dépouillée d’une infinité de circonstances très importantes pour l’intelligence d’un événement si mémorable. […] Flaubert pourquoi les qualités morales, par une transposition naturelle, peuvent convenir au silence, pourquoi on peut aussi le placer, comme dirait Kant, sous les catégories du temps et de l’espace, pourquoi l’on dit dans toutes les langues du monde un silence triste, doux, lugubre, effrayant, paisible, solennel, ou bien un long silence, un éternel silence, et pourquoi enfin, même dans le patois le plus barbare, un silence énorme est impossible ; rompu à tous les manèges du style, M.