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206. (1881) La psychologie anglaise contemporaine « M. Bain — Chapitre IV : La Volonté »

Le terme de la délibération est la résolution. […] Le terme Aptitude (Abilily) est inoffensif et intelligible ; mais le terme Liberté a été amené de force dans un phénomène avec lequel il n’a rien de commun.

207. (1922) Durée et simultanéité : à propos de la théorie d’Einstein « Chapitre V. Les figures de lumière »

Il n’est pas douteux que le progrès de la physique ne tende à nous présenter l’horloge optique — je veux dire la propagation de la lumière — comme l’horloge limite, celle qui est au terme de toutes ces approximations successives. […] Dans la différence équation le premier terme correspond à l’effet de dilatation, le second à l’effet de dislocation. […] En termes familiers elle s’exprimerait ainsi : « Étant donné, au repos, une coïncidence de la figure rigide d’espace avec la figure souple de lumière, étant donné, d’autre part, une dissociation idéale de ces deux figures par l’effet d’un mouvement que la pensée attribue au système, les déformations successives de la figure souple de lumière par les diverses vitesses sont tout ce qui compte : la figure rigide d’espace s’arrangera comme elle le pourra. » Par le fait, nous voyons que, dans le mouvement du système, le zigzag longitudinal de la lumière doit conserver la même longueur que le zigzag transversal, puisque l’égalité de ces deux temps prime tout.

208. (1895) De l’idée de loi naturelle dans la science et la philosophie contemporaines pp. 5-143

Les lois physiques ne règlent que les relations de cause à effet, l’un des deux termes étant supposé donné. […] Ici les natures des choses sont variables, et les lois unissent entre elles des termes toujours modifiés. […] Étudier les deux termes dans leur liaison, telle est la méthode à suivre. […] Des deux types principaux de lois psychologiques que nous avons distingués, le premier, le type idéologique, est analogue aux lois physiques, mutatis, mutandis, c’est-à-dire établit une connexion entre des termes de même nature, ces termes étant ici des états de conscience. […] Ou — comme second terme de l’alternative — on ne poursuivra la résolution que jusqu’à un certain point, ainsi que font les sciences.

209. (1881) La parole intérieure. Essai de psychologie descriptive « Chapitre premier. Aperçu descriptif. — Histoire de la question »

Si Platon, au lieu de cette seconde et chimérique analogie, avait reconnu que la succession psychique ne va pas sans une expression intérieure qui est véritablement une parole, alors seulement il eût découvert la parole intérieure ; ce terme, chez lui n’est, en définitive, qu’une métaphore. […] Un phénomène analogue à l’extension du sens du mot logos s’était produit chez les Egyptiens : pour exprimer l’idée de penser, ils employaient un terme composé qui signifie parler avec son cœur 10. […] 17 » La Logique de Bossuet est plus explicite : « Par l’habitude que nous avons prise dès notre enfance d’expliquer aux autres ce que nous pensons, il arrive que nos idées sont toujours unies aux termes qui les expriment ; … par exemple, si j’entends bien ce mot de triangle, je ne le prononce point sans que l’idée qui y répond me revienne, et aussi je ne pense point au triangle même que le nom ne me revienne à l’esprit. […] Mal préparé, par son caractère et ses études, aux recherches psychologiques, de Bonald a pourtant observé sur lui-même l’existence de la parole intérieure, et il l’a décrite avec des détails nouveaux, mais en des termes dont l’excessive précision nuit parfois à la parfaite exactitude ; puis, après cette description sommaire, il s’est hâté d’employer sa découverte, d’une part à une sorte de restauration de la maïeutique de Socrate et de la réminiscence de Platon, d’autre part à la déduction du célèbre paradoxe de l’institution divine de la parole. […] Bossuet, Mystici in tuto, 12. — Cf., du même auteur, la Tradition des nouveaux mystiques, X, 5 : « Dieu, qui sait tout et connaît le fond du juste, en écoute les inclinations avant qu’elles se soient formées en termes exprès, intérieurs ou extérieurs. » 16.

210. (1866) Nouveaux lundis. Tome V « M. Littré. »

Barthélémy Saint-Hilaire, ami de ses fils, et qui avait vécu dans sa maison sous la même discipline, lui dédiât sa Politique d’Aristote (1837), et en des termes qui se gravent et ne s’effacent plus ; voici en partie cette dédicace qui prouve quelle idée, quelle empreinte ce père de M.  […] Pourquoi s’être arrêté ainsi au terme, non pas devant le seuil d’une initiation nouvelle et d’une épreuve (ce n’en était pas une pour un tel candidat), mais devant la porte de sortie toute grande ouverte ? […] Littré eut la pensée pieuse de le dédier à la mémoire de son père, et il le fit en des termes qui rivalisent avec ceux de M.  […] Je pose en termes bien vagues tous ces problèmes que M.  […] Je dis les deux Dictionnaires ; car l’Académie a le Dictionnaire de l’usage qui comprend les termes et acceptions légitimes qui ont cours et vogue depuis deux siècles et de nos jours ; elle a, de plus, commencé un Dictionnaire tout historique, qui va rechercher les termes et mots de la langue aussi loin qu’il se peut dans le passé et en les suivant par une série d’exemples ininterrompus dans toute leur vie et leurs vicissitudes.

211. (1870) De l’intelligence. Deuxième partie : Les diverses sortes de connaissances « Livre deuxième. La connaissance des corps — Chapitre premier. La perception extérieure et les idées dont se compose l’idée de corps » pp. 69-122

Supposez cette représentation très intense, on est près d’une hallucination ; elle devient hallucination complète, si le sommeil approche ; en effet, c’est là son terme naturel ; on a vu que, si elle avorte, c’est grâce à une répression ou rectification qui survient et manquait au premier instant. […] Pesant, léger, piquant, uni, dur, mou, collant, humide25, tous ces termes ne désignent que le pouvoir de provoquer des sensations plus ou moins complexes, intenses et variées, de contact, de pression, de température, de contraction musculaire et de douleur. […] Dans un parcours, il y a trois termes, la grandeur de la force motrice, la longueur du temps employé, l’étendue de l’espace parcouru, et chacun d’eux est déterminé par les deux autres. […] C’est un rapport constant entre deux termes, et tel que l’un précède toujours et que l’autre suive toujours. […] Force ou nécessité, ces deux termes s’équivalent ; ils indiquent que l’événement en question doit s’accomplir ; l’une et l’autre sont des particularités, des manières d’être extraites de l’événement et isolées par une fiction mentale.

212. (1870) Causeries du lundi. Tome XII (3e éd.) « La marquise de Créqui — II » pp. 454-475

La feuille en renom au xviiie  siècle pour la rigidité de ses principes classiques, L’Année littéraire, avait parlé de son livre des Considérations sur les mœurs, et en assez bons termes ; Mme de Créqui n’en était pas très mécontente : Venons à la critique de L’Année littéraire, lui écrivait-elle ; elle est à quelques égards assez obligeante, et à d’autres détestable. […] Il le dit en des termes d’une grande justesse et avec une clairvoyance qui fait honneur à son coup d’œil. […] Dans les derniers conseils qu’il donne à son fils, à ce fils dont il s’est si peu occupé, et envers qui il ne revendique aucun des droits de l’autorité paternelle, mais seulement le privilège de l’« affection » et de la « prédilection » (ce sont les termes mesurés qu’il choisit), il insiste sur certaines recommandations précises et pratiques ; il lui dit en lui faisant passer un reste de fortune : Il faut avant tout se garantir de la misère ; tout autre malheur doit peu affecter un homme jeune et bien portant ; mais le besoin, la dépendance et le mépris des autres empoisonnent la vie, flétrissent l’âme, abâtardissent le génie. […]  » Je crois qu’en demeurant dans ces termes, et bien en deçà d’une passion qui ferait sourire, on a saisi le point délicat et vif de la liaison de M. de Meilhan avec Mme de Créqui.

213. (1866) Nouveaux lundis. Tome V « Horace Vernet (suite.) »

Il faisait payer quelques parties saines, solides et de bonne dialectique, en se répétant à satiété : ce qu’il avait dit une fois, il se faisait gloire de le redire éternellement et dans les mêmes termes. […] Appliquant son examen à quatre batailles exposées par Horace Vernet à ce Salon, Iéna, Friedland, Wagram et Fontenoy, il concluait en ces termes : « Certes, il n’y a pas là la conscience d’un Holbein, la couleur d’un Titien, la grâce d’un Vinci ; ce n’est ni flamand, ni italien, ni espagnol ; mais, à coup sûr, c’est français. […] Je ne sais pas inventer, je vois. » Je n’éluderai pas la question d’art qui se pose, et je la soumettrai du moins dans ses vrais termes à ceux qui voudront l’examiner. […] Je t’avoue que le cœur m’a battu en voyant le terme et le but de mon voyage, les plus hautes montagnes du grand Atlas se développant devant le spectateur.

214. (1869) Nouveaux lundis. Tome XI « Mémoires de Malouet (suite et fin.) »

La motion, dans les termes où la fit Malouet le 15 août 1790, était à peu près telle que l’eût pu faire un membre du côté gauche. […] Dans quels termes l’abbé Raynal va-t-il donc s’y prendre pour remercier l’Assemblée et pour la morigéner en la remerciant ? […] Il ne cesse d’indiquer comme terme et solution de la crise révolutionnaire et de la lutte à main armée en Europe « une monarchie constitutionnelle en France » ; mais il reconnaît en même temps tout ce qui en éloigne et en sépare. […] -vous-en. » — « Je vous rends grâce de la permission, je pourrai bien en user. » — Telle fut notre conférence dans l’arsenal, en présence des principaux officiers du port, et, dans les deux jours qu’il passa à Anvers, il fut très aimable ; il m’accorda tout ce que je lui demandai pour mes subordonnes ; mon état-major fut augmenté : il vint dîner chez moi, remarqua avec un air d’embarras la simplicité de mon ameublement qu’il avait réduit au moindre terme, en le fixant à 15,000 francs.

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