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440. (1817) Cours analytique de littérature générale. Tome IV pp. 5-

J’y ai fait l’essai des vers rangés en octaves, à l’imitation du poète italien. […] Donnons-en la preuve, et marquons les défauts des poètes qui ne les ont pas imitées. […] Ce n’est pas du temps perdu que la citer en modèle à tous les poètes jaloux d’une estime inaltérable. […] On n’a droit de demander compte au poète que de ses promesses. […] Mais par quel étonnant privilège un poète, sorti du premier berceau des muses, a-t-il constamment gardé son rang supérieur à celui des autres poètes qui le suivirent ?

441. (1874) Premiers lundis. Tome I « Ferdinand Denis »

C’est donc rendre service aux poètes, c’est ouvrir de nouvelles sources à leurs inspirations, que de leur mettre sous les yeux quelques scènes des tropiques envisagées sous cet aspect, et de leur montrer en même temps comme exemple la couleur particulière qu’elles répandent sur la poésie des indigènes. Cette idée est parfaitement juste : il faut au poète l’observation réfléchie de la nature ; son génie y gagne en étendue et en vérité. […] Aucun poète plus que Camoëns ne fut inspiré par les grands spectacles des tropiques : c’est à l’Inde qu’il emprunte ses plus riches descriptions ; son imagination, frappée des trombes, des tempêtes et des divers aspects de l’Océan, les a exprimés avec une vérité et une vigueur qui répandent sur ses écrits un charme éternel. […] Denis et de la littérature portugaise, et des ouvrages du poète, il devait oser se passer des combinaisons du roman, et ne chercher l’intérêt que dans la simple réalité. […] Notre tâche est ici terminée ; mais puisqu’il s’agit du Camoëns, que ce nom soit une occasion de signaler publiquement à la reconnaissance des Portugais et des poètes un nom qui s’est inséparablement associé à ce grand nom.

442. (1781) Les trois siecles de la littérature françoise, ou tableau de l'esprit de nos écrivains depuis François I, jusqu'en 1781. Tome IV « Les trois siecles de la littérature françoise.ABCD — R. — article » pp. 8-23

Tous les talens du Poëte tragique semblent s’être réunis dans sa personne. […] Corneille n’est que Poëte ; il ne l’est même que dans ses Tragédies, à prendre le mot de Poëte dans le sens d’Horace *. […] On voit qu’il n’a tenu qu’à lui de joindre les lauriers de Thalie à ceux de Melpomene ; aucun Poëte tragique ne s’est exercé dans la Comédie avec tant de succès. […] Ce Poëte eut un avantage assez commun dans son Siecle, mais bien rare dans le nôtre : les plus célebres Littérateurs s’empresserent de favoriser ses talens. […] Par quels moyens Racine devint-il un si excellent Poëte ?

443. (1895) Nos maîtres : études et portraits littéraires pp. -360

c’est le poète invoquant l’idéal. […] Divers, suivant la diversité des poètes. […] Je sais peu de poètes qui, autant que M.  […] Mais il n’en va pas de même d’un poète. […] Mallarmé est un poète, le dernier poète.

444. (1869) Nouveaux lundis. Tome XI « Œuvres choisies de Charles Loyson, publiées par M. Émile Grimaud »

Mais à côté de ces points minutieux qui aujourd’hui nous font sourire (comme peut-être on sourira de nous un jour pour des travers qui ne pèchent point par la minutie), on lit de beaux vers et bien sentis sur le bonheur de l’étude, sur les goûts du poète, d’élégantes imitations de Catulle, de Tibulle, et une ode intitulée le Jeune poète au lit de mort, écrite à une heure de maladie trop réelle et dans un pressentiment trop vrai qui ne faisait que devancer de bien peu le terme fatal. […] Les poètes en général, si l’on excepte le grand Lucrèce, ont considéré le spiritualisme et les idées religieuses comme la région naturelle où respire et se meut à l’aise la poésie. On a vu des poètes eux-mêmes dont la pensée était volontiers en révolte et en humeur de secouer tous les jougs rentrer par instants, et comme par un mouvement involontaire, dans cette atmosphère et ce courant de croyances élevées. […] On pourrait en faire des applications à nos grands poètes du jour depuis Lamartine jusqu’à Musset. Mais, pour Charles Loyson, il n’en était pas ainsi : cette étape des poètes était pour lui la région fixe et définitive, celle où sa raison comme son cœur se reposait.

445. (1824) Ébauches d’une poétique dramatique « Observations générales, sur, l’art dramatique. » pp. 39-63

Le poète, dit La Motte, travaille dans un certain ordre, et le spectateur sent dans un autre. […] Il faut donc que ce que le poète a inventé arbitrairement pour amener ces beautés, devienne pour les spectateurs le fondement nécessaire dont elles naissent. […] Le poète, pour sauver cette invraisemblance, fait intervenir le ministère des dieux. […] Le plan d’un drame peut être fait et très bien fait, sans que le poète sache rien encore du caractère qu’il attachera à ses personnages. […] Dans toutes ces combinaisons, le poète habile peut trouver de l’intéressant et du pathétique.

446. (1824) Ébauches d’une poétique dramatique « Conduite de l’action dramatique. » pp. 110-232

Écoutons ce grand poète lui-même. […] Mais quand les poètes furent forcés de se retrancher dans les bornes d’une censure générale, il paraît que l’amour entra pour beaucoup dans les pièces de Ménandre, et des poètes de la comédie nouvelle. […] Mais après la mort de ce poète, on lui a rendu justice, comme à Racine, sur l’usage qu’il avait fait de l’amour. […] Plusieurs de nos poètes s’y sont exercés avec succès. […] Le choix et la disposition du sujet, l’ordonnance et la marche de tout le drame, sont l’ouvrage du poète.

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