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1123. (1860) Les œuvres et les hommes. Les philosophes et les écrivains religieux (première série). I « IX. L’abbé Mitraud »

La Critique a été pour l’heureux auteur une dame Mécène, — au lieu d’être une dame Xantippe, comme elle l’est, hélas ! […] Le même livre s’inscrit en faux contre la souveraineté politique de l’homme et contre la souveraineté philosophique de la Raison, et tous ceux qui veulent et posent dans leurs théories que les gouvernements personnels et hiérarchiques doivent être remplacés par des mécaniques sociales dont ils ont le devis tout fait dans leur poche, et les rationalistes de toute nuance, protestants, hégéliens, sceptiques, l’acceptent comme la dernière et la plus heureuse interprétation de l’Évangile des temps futurs !

1124. (1906) Les œuvres et les hommes. Poésie et poètes. XXIII « Théodore de Banville »

Malheureusement personne n’est en droit de compter sur cet heureux mystère. […] Il trouve, varie et arrange des rhythmes, comme le musicien trouve, varie et arrange des airs, et il a parfois d’assez heureuses rénovations ou découvertes ; mais ce sont ses seules originalités.

1125. (1865) Les œuvres et les hommes. Les romanciers. IV « M. Gustave Flaubert » pp. 61-75

… II Madame Bovary est une idée juste, heureuse et nouvelle. […] Ils montent à cheval ensemble, courent les bois et les solitudes, et ce n’est point assez que ces tête-à-tête provoqués par le mari, heureux de voir sa femme en amazone ; madame Bovary va voir son amant en cachette, quand Bovary est en tournée.

1126. (1908) Les œuvres et les hommes XXIV. Voyageurs et romanciers « Le Comte de Gobineau »

Le diplomate, l’homme politique dominant l’artiste a-t-il cru faire une application heureuse du vieil axiome, qui n’en peut mais, de diviser pour régner ? […] Reconnaissez-vous la barbarie toute pleine, non pas cette barbarie juvénile, brave, hardie, pittoresque, heureuse, mais une sauvagerie louche, maussade, hargneuse, laide et qui tuera tout et ne créera rien ?

1127. (1898) L’esprit nouveau dans la vie artistique, sociale et religieuse « I — L’architecture nouvelle »

Nous la délivrerons : et redevenue maîtresse d’elle-même, ce n’est ni en amante lointaine, ni en étrangère, ni en exilée qu’elle nous apparaîtra, mais en amie de tous les jours, heureuse d’être aimée au gré de notre désir. […] Je ne veux pas dire par là que tel détail vous attire par son heureuse inspiration ou que tel fragment dénote, à vos yeux, l’artiste de race qui l’a conçu : je dis que de l’œuvre dans sa totalité, de ses moindres détails comme de ses lignes maîtresses, jaillit une incomparable expression de beauté.

1128. (1773) Essai sur les éloges « Chapitre XXI. De Thémiste, orateur de Constantinople, et des panégyriques qu’il composa en l’honneur de six empereurs. »

« Puisque tu as ce désir, lui dit-il, si les hommes ne sont heureux, ce sera la faute de ceux qui n’useront pas de ton âme pour tout ce qui est honnête et grand. » Il exhorte cet empereur à ne négliger aucun des soins du gouvernement. […] La colère de son prince lui a paru préférable à l’humanité d’un rebelle ; et pouvant être heureux et libre en devenant coupable, il a mieux aimé rester vertueux et attendre la mort.

1129. (1894) La bataille littéraire. Cinquième série (1889-1890) pp. 1-349

Heureuse, forte, armée, Elle éteint en passant toute guerre allumée. […] Êtes-vous heureux ? […] Heureux ? […] Heureux ceux qui ont l’une et l’autre. […] » Ils furent brigands — et le peuple ne fut pas heureux.

1130. (1881) Études sur la littérature française moderne et contemporaine

. — Et quel est donc l’heureux mortel… ? […] Albert Glatigny, voilà une heureuse nature poétique : quel tempérament ! […] Anatole France en un vers très heureux. […] Heureux serions-nous si nous revenions aux folies de nos pères ! […] Le génie, c’est l’originalité naturelle, l’invention facile et heureuse.

1131. (1903) Le mouvement poétique français de 1867 à 1900. [2] Dictionnaire « Dictionnaire bibliographique et critique des principaux poètes français du XIXe siècle — L — Lebrun, Pierre (1785-1873) »

Lebrun, en publiant en 1858 une édition complète de ses œuvres, nous a montré, par quelques pièces de vers charmantes, que, dès l’époque du premier Empire, il y avait bien des élans et des essors vers ces heureuses oasis de poésie qu’on a découvertes depuis et qu’il a été des premiers à pressentir, comme les navigateurs devinent les terres prochaines au souffle odorant des brises..

1132. (1903) Le mouvement poétique français de 1867 à 1900. [2] Dictionnaire « Dictionnaire bibliographique et critique des principaux poètes français du XIXe siècle — P — Payen, Louis (1875-1927) »

Louis Payen ordonne ses poèmes avec un beau luxe et chacune de ses strophes se déroule avec l’heureuse ondulation de la mer.

1133. (1781) Les trois siecles de la littérature françoise, ou tableau de l’esprit de nos écrivains depuis François I, jusqu’en 1781. Tome III « Les trois siècle de la littérature françoise. — M. — article » pp. 364-367

La plupart, avec un esprit peu élevé, un cœur froid & stérile, une imagination pauvre & dénuée de vigueur, ont besoin d’entasser incident sur incident, d’avoir recours aux épisodes, de prodiguer les sentences, de multiplier les coups de Théatre, pour parvenir jusqu’au dernier acte ; encore finissent-ils le plus souvent par ennuyer le Spectateur, qui ne tolere le commencement, que dans l’espérance d’une fin plus heureuse, M. de Morand avoit assez de talent pour se dispenser de ces pitoyables ressources.

1134. (1781) Les trois siecles de la littérature françoise, ou tableau de l’esprit de nos écrivains depuis François I, jusqu’en 1781. Tome III « Les trois siècle de la littérature françoise. — M. — article » pp. 368-371

Nous renvoyons les Lecteurs de bonne foi à l’Ouvrage même : ils verront combien l’Auteur est éloigné de favoriser l’autorité arbitraire & le gouvernement despotique ; ils verront avec quelle force il défend les droits des Sujets, avec quel noble courage il présente au Prince, non seulement le tableau des devoirs de la Royauté, mais une infinité de principes & de vérités propres à écarter du cœur des Souverains, l’orgueil qui cherche sans cesse à les séduire & à leur faire oublier qu’ils ne sont sur le Trône, que pour rendre leurs Peuples heureux.

1135. (1781) Les trois siecles de la littérature françoise, ou tableau de l’esprit de nos écrivains depuis François I, jusqu’en 1781. Tome III « Les trois siècle de la littérature françoise. — P. — article » pp. 451-455

L’heureux naturel y embellit tout, & sans ce naturel on doit renoncer à ces sortes de Productions.

1136. (1781) Les trois siecles de la littérature françoise, ou tableau de l’esprit de nos écrivains depuis François I, jusqu’en 1781. Tome III « Les trois siècle de la littérature françoise. — P. — article » pp. 555-559

Avec les talens les plus heureux pour écrire, il s’est attaché à un genre qui paroît infiniment au dessous de son mérite.

1137. (1857) Causeries du lundi. Tome I (3e éd.) « Préface » pp. 1-3

Des juges ordinairement plus sévères ont bien voulu dire de ces articles du Constitutionnel, et en les approuvant : « Il n’a pas le temps de les gâter. » J’accepte le jugement, trop heureux d’y trouver à ce prix un éloge.

1138. (1827) Génie du christianisme. Seconde et troisième parties « Seconde partie. Poétique du Christianisme. — Livre second. Poésie dans ses rapports avec les hommes. Caractères. — Chapitre V. Suite du Père. — Lusignan. »

Si Lusignan ne rappelait à sa fille que des dieux heureux, les banquets et les joies de l’Olympe, cela serait d’un faible intérêt pour elle, et ne formerait qu’un dur contresens, avec les tendres émotions que le poète cherche à exciter.

1139. (1767) Salon de 1767 « Peintures — Brenet » p. 257

Je rencontre sur mon chemin une femme belle comme un ange ; je veux coucher avec elle, j’y couche ; j’en ai quatre enfants, et me voilà forcé d’abandonner les mathématiques que j’aimais, Homère et Virgile que je portais toujours dans ma poche, le théâtre pour lequel j’avais du goût ; trop heureux d’entreprendre l’ encyclopédie à laquelle j’aurai sacrifié vingt-cinq ans de ma vie.

1140. (1866) Nouveaux lundis. Tome VI « Alfred de Vigny. »

Mais elle manque l’instant propice ; le démon redevient plus démon que jamais, et c’est elle-même qui tombe, qui est entraînée par le ravisseur au fond de l’abîme, non repentante malgré tout, je le crains, et heureuse jusque dans sa faute de se perdre à jamais avec lui. […] Il n’avait que de l’imagination et de la poésie, et aussi, tout en blâmant beaucoup, je louai de grand cœur à ce dernier titre le début du XXIIIe livre, l’Absence, dont le mouvement est si heureux et qui ressemble à un motif d’élégie : « Qui de nous n’a trouvé du charme à suivre des yeux les nuages du ciel ? […] Le public, qui avait d’abord applaudi à d’heureux traits, avait fini par être impatienté, excédé, et, pour tout dire, irrité. […] Les derniers vers, où il montre le pauvre mendiant, tout réconforté et encouragé par de bonnes paroles, se remettant à jouer et jouant mieux qu’il n’avait jamais fait, sont des plus heureux : Son regard attendri paraissait inspiré, La note était plus juste et le souffle assuré. […] Si cette occasion pouvait me procurer l’honneur de vous connaître, j’en serais bien flatté ; je l’ai désiré bien des fois quand j’étais heureux.

1141. (1929) Dialogues critiques

Paul C’est heureux. […] Paul Les poètes et les romanciers s’en tirent très bien, offrent leurs livres avec des dédicaces autographes et dithyrambiques, qui font un heureux effet sur les guéridons. […] Heureux quand on ne lui fait pas d’avanies publiques ! […] Pierre Heureux changement ! […] Pierre J’avoue que la comparaison n’est pas heureuse.

1142. (1860) Cours familier de littérature. IX « LIIIe entretien. Littérature politique. Machiavel (2e partie) » pp. 321-414

Les Italiens amollis, trop heureux de leur long repos et de leurs richesses, laissèrent combattre les trois puissances, Espagne, France, Autriche, sur leur territoire, sans prendre part à la lutte où il s’agissait de disposer d’eux. […] Plus heureux que Louis XVI, il trouva dans la nation qu’il voulait régénérer autant de raison que d’élan vers les améliorations philosophiques dont il était l’initiateur couronné. […] Donnés d’abord par Bonaparte consul à une infante d’Espagne, sous le nom de royaume d’Étrurie, puis par Bonaparte empereur à sa sœur Élisa Baciocchi, devenue grande-duchesse de Toscane, ce beau pays continua à être heureux dans toutes ces mains. […] » répondit-il en soupirant et après un long silence, « un homme peut s’estimer heureux quand il réussit à faire une belle action, bien que les apparences n’en soient pas toutes également belles. […] L’extrême modicité des impôts, la fécondité du sol, le bonheur de la paix recouvrée et de la petite patrie agrandie, faisaient le reste ; on était un peu humilié, mais on était heureux.

1143. (1864) Cours familier de littérature. XVII « XCVIIe entretien. Alfieri. Sa vie et ses œuvres (2e partie) » pp. 1-80

La reine de Naples l’accueillit à Pise, où elle passait l’hiver avec le prince vieilli, mais heureux et honoré du moins dans sa vieillesse. […] Il y avait donc un mois environ que mes jours s’écoulaient heureux et pleins, sans qu’il s’y mêlât d’autre pensée amère que celle-ci, déjà si horrible : Un mois encore, un mois au plus, et il faudra nous séparer de nouveau. […] Il fut heureux pour nous que l’avis de ceux qui voulaient nous reconduire à l’hôtel de ville ne prévalût pas ; si on nous voyait arriver ainsi avec deux voitures surchargées, et ramenés en pompe avec ce renom de fugitifs, il y avait beaucoup à craindre pour nous au milieu de cette populace. […] Je pouvais donc m’entretenir de tout avec elle, et, le cœur et l’esprit également satisfaits, jamais je ne me sentais plus heureux que quand il nous fallait vivre tête-à-tête, loin de tous les soucis de l’humanité. […] Du reste, le plus grand ennui et le plus oppressif, la corvée de loger le soldat, la commune de Florence eut l’heureuse idée de m’en exempter en qualité d’étranger, et comme ayant une maison étroite et trop petite.

1144. (1865) Cours familier de littérature. XX « CXVIIIe entretien. Littérature américaine. Une page unique d’histoire naturelle, par Audubon (2e partie) » pp. 161-239

Le léger frémissement de leurs ailes, les battements de leur queue, leur crête redressée, leur air propret, tout indiquait que la fatigue était oubliée, et qu’ils étaient reposés et heureux. […] Vous diriez que la nature, embarrassée de ses richesses, s’est arrêtée un jour pour les répandre de son sein sur cet heureux pays. […] Mais le fugitif, plus hardi et paraissant heureux, leur adressa des paroles si rassurantes, que bientôt les uns et les autres semblèrent me regarder comme envoyé par la Providence pour les retirer de toutes leurs tribulations. […] Ils purent donc encore être heureux, comme le sont généralement les esclaves dans cette contrée, et continuer à nourrir l’un pour l’autre ce tendre attachement, source de leurs infortunes, mais aussi en définitive de leur bonheur. […] C’est une succession de battements assez courts, si l’on en excepte pourtant la saison où l’heureux couple prélude aux amours : car on les voit alors comme nager tous les deux, les ailes immobiles, glissant dans les airs avec un petit gazouillement aigu, et la femelle ne cessant de recevoir les caresses du mâle.

1145. (1888) Revue wagnérienne. Tome III « IX »

La faute des dieux, c’est de lui avoir dérobé l’anneau pour en faire un si piteux usage, et d’avoir enterré la liberté, l’âme ces Nifibelungs, sous le ventre de l’oisif dragon. » Lorsqu’un homme se. sera trouvé pour reconquérir cet anneau, et pour briser l’esclavage des Nibelungs en redonnant l’anneau aux Filles du Rhin (ce que les Dieux eux-mêmes ne peuvent faire à cause de leur contrat avec les Géants), tout sera pour le mieux, et les Dieux, les Nains (ou Nibelungs) et les Géants pourront vivre heureux à tout jamais. […] Dans le poème de 1848, la mort de Siegfried était une expiation matérielle, grâce à laquelle Brünnhilde, redevenue Walküre, pouvait annoncer aux Dieux « la puissance éternelle », et leur amener Siegfried, pour qu’il jouisse dans Walhall de « délices éternelles », — tandis qu’Albérich et les Nibelungs redevenaient libres et heureux, affranchis du joug de l’Anneau, qui retournait sourire à tout jamais aux Filles du Rhin, — Dans le nouveau poème, la mort de Siegfried sert « à rendre sachante une femme », à lui enseigner « ce qui est bon au Dieu », Brünnhilde lance de sa main « l’incendie dans le burg resplendissant de Walhall »… « Repose, repose, ô Dieu !  […] Aujourd’hui, je suis heureux de me sentir aussi dépourvu d’illusions que de rancunes, et, négligeant nos divergences d’avis, d’ajouter quelques lignes au présent numéro — le dernier de la Revue. […] Le spectacle de cette lutte d’une minorité contre l’ignorance et la méchanceté presque générales m’inspira quelques impressions que je suis heureux de pouvoir dire en toute franchise. […] Et heureux ceux qui s’en iront à Bayreuth ranimer leur foi en entendant Parsifal ; — l’œuvre, précisément, où s’affirme la grandeur de renoncer aux joies immédiates de l’égoïsme.

1146. (1891) Journal des Goncourt. Tome V (1872-1877) « Année 1872 » pp. 3-70

Il est au moment de partir, quand il a l’heureuse inspiration de vouloir montrer à ses hôtes qu’il n’est pas seulement un musicien, et il tire de son sac un portrait, dans la manière des crayonnages de Prud’hon. […] Autrefois ça m’aurait été égal, je me serais dit : je m’arrangerai pour être dans un autre compartiment, puis à la rigueur si je n’avais pu éviter mon monsieur désagréable, je me serais soulagé en l’engueulant, maintenant ce n’est plus cela, rien que l’appréhension de la chose, ça me donne un battement de cœur… Tenez, entrons dans un café, je vais écrire à mon domestique, que je reviens demain. » Et là, devant la paille d’un Soyer : « Non, je ne suis plus susceptible de supporter un embêtement quelconque… Les notaires de Rouen me regardent comme un toqué… vous concevez, pour les affaires de partage, je leur disais : Qu’ils prennent tout ce qu’ils veulent ; mais qu’on ne me parle de rien, j’aime mieux être volé qu’être agacé, et c’est comme cela pour tout, pour les éditeurs… L’action, maintenant, j’ai pour l’action une paresse qui n’a pas de nom, il n’y a absolument que l’action du travail qui me reste. » La lettre écrite et cachetée, il s’écrie : « Je suis heureux comme un homme qui a fait une couillonnade ! […] Je trouve que la poésie doit être fabriquée, à l’époque où l’on est heureux. […] Pauvre souverain, réduit à dire au chargé d’affaires de la France : « Je fais des vœux pour la restauration de la grandeur de la France, et je suis heureux de vous dire cela, sans que cela tombe dans des oreilles prussiennes. » Lundi 12 août Le second fils de Béhaine est un enfant, tout de caresse. […] Sa petite chair rose, quand on la flatte de la main, on la sent heureuse.

1147. (1891) Journal des Goncourt. Tome V (1872-1877) « Année 1874 » pp. 106-168

Jeudi 29 janvier Il est vraiment heureux, cet Alexandre Dumas, et prodigieuse est la sympathie de tout le monde pour lui. […] À ce propos, Tourguéneff dit à peu près cela : « Votre langue, messieurs, m’a tout l’air d’un instrument, dans lequel les inventeurs auraient bonassement cherché la clarté, la logique, le gros à peu près de la définition, et il arrive que l’instrument se trouve manié aujourd’hui par les gens les plus nerveux, les plus impressionnables, les moins susceptibles de se satisfaire de l’à peu près. » Jeudi 16 avril Cette jolie petite tête d’Armand, je l’ai vue, il n’y a pas dix jours, si espièglement heureuse dans sa convalescence, si remueuse, si éveillée, sur son oreiller, de la vie qui revenait. […] On a déjeuné autour de petites tables improvisées, toutes bruissantes du froufrou de robes heureuses. Le marié, charmant garçon, mais toujours un peu tombant de la lune, hannetonnait là-dedans, poussant l’un ou l’autre, dans quelque coin, avec des mains de caresse, vous disant des choses qu’il oubliait de finir, et qu’il terminait par un sourire heureux. […] Toute heureuse de cochonner, elle fait cracher, sur le papier, sur sa robe de cachemire blanc, le carmin et la cendre verte.

1148. (1889) Écrivains francisés. Dickens, Heine, Tourguénef, Poe, Dostoïewski, Tolstoï « Conclusions »

Les œuvres idéalistes classiques tendent à être belles, elle se plaisent à la description de lieux riches et heureux, elles donnent du corps humain une image pure de lignes et de couleurs, chaste, sobre et saine ; elles montrent des âmes nobles, fort bonnes, et calmes, animées d’émotion simples et liantes d’amour tendre, de courage, de générosité, de patriotisme, de fière ambition, de juste respect des dieux, de vertus sévères, religieuses mais sans outrance modérées, mais tempérées, contenue de raison et sans disgracieux excès. Réduits en termes précis, tous ces adjectifs heureux, pur, noble, élevé, plaisant, fort et doux, signifient que l’art idéaliste classique sait donner de la nature, du dehors et du dedans de l’homme une image où se trouvent réunis les traits corporels ou moraux qu’il est bon que l’homme possède pour son bonheur et pour le bien de sa race13. […] Ainsi quelque profonde altération que Dickens et Dostoïewski fassent subir à ce qu’ils ont vu, ils sont réalistes, car ils sont attendris et indignés ; Tourguénef et Tolstoï qui mêlent dans leurs tableaux du monde des êtres supérieurs et heureux aux misérables et aux malheureux, touchent plutôt à l’idéalisme, mais touchent aussi à ce qui serait l’idéal de l’art, la fusion des deux ordres de représentation par embellissement et par dégradation, des deux ordres d’émotion l’exultation, la haine et la pitié. […] Et en fait, le nombre des écrivains optimistes, des artistes heureux et s’occupant de choses heureuses est extrêmement petit, même chez les peuples les plus gais.

1149. (1888) Impressions de théâtre. Deuxième série

nous sommes heureux, très heureux. […] Georges Ohnet n’était pas heureux. […] Et puis je suis si heureuse que je ne veux pas croire qu’il y ait des méchants. […] Il doit être parfaitement heureux. […] Heureux ceux qui peuvent aller au spectacle à la campagne !

1150. (1904) Propos littéraires. Deuxième série

Certains humanistes ne dépassent point cette première phase, et ce sont, du reste, peut-être les plus heureux. […] On voit que le xviiie  siècle est le seul qui, par le hasard heureux d’une combinaison de librairie, a laissé son testament, complet, détaillé, facile, sinon agréable, à consulter, et authentique. […] Donc il pourrait être heureux. […] Ohé, ma pauvre mère blonde, ma mère de misère, on n’était pas heureux tous les jours, je me rappelle. […] Faut-il dire : « l’art pour la morale », ou, selon une récente formule, assez, heureuse, de jeunes littérateurs : « l’art pour la vie », ou autre chose encore ?

1151. (1864) Physiologie des écrivains et des artistes ou Essai de critique naturelle

Heureux les nobles cœurs et les rares esprits qui gagnent la maturité sans perdre le désintéressement ! […] Une alimentation plus fine fait un chyle plus riche, de meilleure qualité, une chair plus heureuse, un sang plus beau, plus vif, un fluide nerveux plus exquis. […] Il s’en fit les ailes qui le portèrent à une vie plus libre, plus heureuse ! […] — Par-dessus tout, la grâce heureuse, « la grâce, fleur de la vie !  […] Théophile Silvestre, nous a fait bien connaître cette complexion : « L’atmosphère de son atelier est tellement chaude, disait-il, que des couleuvres y vivraient heureuses.

1152. (1882) Études critiques sur l’histoire de la littérature française. Deuxième série pp. 1-334

« Trop heureux, comme il le dit lui-même, — car il dut faire amende honorable, publiquement, de l’âpreté de sa parole, — trop heureux si, se voyant condamné du monde, il peut espérer d’avoir confondu le vice et glorifié Dieu55 !  […] « Il était né heureux. » Et il insiste : avec quelle imprudence et quelle maladresse ! […] » L’heureuse invention que ce géomètre a donc trouvée là ! […] Admirons comme le choix est heureux ! […] Et nous accordons même qu’il a donné, de quelques-unes d’entre elles, quelques-unes des impressions les plus heureuses que l’on puisse donner.

1153. (1879) À propos de « l’Assommoir »

Il n’est heureux qu’à la campagne, en pleine nature. […] Tout fait supposer qu’ils vivront heureux et seront des ouvriers modèles. […] Je fus heureux de lui donner les moyens de faire une besogne décente, bien qu’il fût obligé de rendre compte de l’Assemblée de Versailles. […] Les paresses l’amolissaient, son besoin d’être heureuse lui faisait tirer tout le bonheur possible de ses embêtements. […] Nous sommes heureux d’avoir eu quelquefois l’occasion de prendre sa défense dans cette étude : notre seul regret est de n’avoir pu le faire plus souvent.

1154. (1883) Le roman naturaliste

Malot, « d’assurer la perpétuité de la famille et de rendre à jamais votre mari heureux ». […] Daudet quelquefois sera moins heureux. […] Moins heureux que le romantisme, il n’a pas pu le trouver encore ; et l’écho n’a rien répondu. […] Tâchez seulement d’être, une autre fois, plus habile ou plus heureux. […] Il faut savoir être dupe en ce monde, non seulement pour être heureux, mais encore pour être juste.

1155. (1854) Nouveaux portraits littéraires. Tome II pp. 1-419

Heureuse et fière de l’amour qu’elle inspirait, si elle n’a pas voulu l’encourager, elle n’a pas voulu non plus le réduire au silence. […] Heureuse dans toutes les autres choses, je me plaignais d’une seule, d’être née dans un lieu trop peu illustre. […] Parfois l’imitation est heureuse, parfois aussi les efforts du poète demeurent impuissants. […] Valérie de Saint-Ventadour offre l’alliance heureuse de la coquetterie et de la loyauté. […] La Ciguë est un heureux début.

1156. (1903) Le mouvement poétique français de 1867 à 1900. [2] Dictionnaire « Dictionnaire bibliographique et critique des principaux poètes français du XIXe siècle — D — Dorchain, Auguste (1857-1930) »

L’heureux temps !

1157. (1900) La méthode scientifique de l’histoire littéraire « Troisième partie. Étude de la littérature dans une époque donnée causes et lois de l’évolution littéraire — Chapitre XX. Conclusion » pp. 499-500

Aux architectes futurs, quels qu’ils puissent être, je souhaite patience, talent, largeur et finesse de vues, heureux si dans ce livre, dont je sens mieux que personne les lacunes et les imperfections, j’ai pu leur suggérer quelques moyens de faire l’édifice plus solide, plus riche, plus majestueux, plus complet.

1158. (1781) Les trois siecles de la littérature françoise, ou tableau de l’esprit de nos écrivains depuis François I, jusqu’en 1781. Tome III « Les trois siècle de la littérature françoise. — L — article » pp. 121-125

D’abord, intelligent & heureux dans la Traduction de Térence, il s’est singuliérement mépris dans celle de Perse, faite suivant un nouveau systême que l’exécution n’a point justifié.

1159. (1781) Les trois siecles de la littérature françoise, ou tableau de l’esprit de nos écrivains depuis François I, jusqu’en 1781. Tome III « Les trois siècle de la littérature françoise. — M. — article » pp. 285-289

Il sacrifia tout à ce penchant, qui l’auroit pu rendre heureux s’il ne l’eût cultivé que pour lui-même, sans y joindre la démangeaison la plus violente de mettre tout au jour, & de s’élever contre les Ouvrages d’autrui.

1160. (1781) Les trois siecles de la littérature françoise, ou tableau de l'esprit de nos écrivains depuis François I, jusqu'en 1781. Tome IV « Les trois siecles de la littérature françoise.ABCD — V. — article » pp. 448-452

Ceux qui aiment l’esprit, les graces la finesse & la gaieté, trouveront ces heureuses qualités éminemment reconnues dans presque toutes les Productions de cet Académicien.

1161. (1827) Génie du christianisme. Seconde et troisième parties « Troisième partie. Beaux-arts et littérature. — Livre V. Harmonies de la religion chrétienne avec les scènes de la nature et les passions du cœur humain. — Chapitre V. Ruines des monuments chrétiens. »

» La nuit, quand les tempêtes de l’hiver étaient descendues, quand le monastère disparaissait dans des tourbillons, les tranquilles cénobites, retirés au fond de leurs cellules, s’endormaient au murmure des orages ; heureux de s’être embarqués dans ce vaisseau du Seigneur, qui ne périra point213 !

1162. (1895) Journal des Goncourt. Tome VIII (1889-1891) « Année 1891 » pp. 197-291

Antoine arrive tout heureux. […] Le prince le faisait alors interroger par le tacticien attaché à sa maison, qui venait trouver le prince, tout stupéfait de la science militaire de Ritzouo, et lui demandait de le prendre comme tacticien en titre, heureux d’être son second. […] Sois heureux. […] C’est alors que le mari, d’abord tout heureux et tout fier de l’éducation spirituelle de sa femme, vient trouver le jeune homme, et lui embrassant les mains lui dit : « Monsieur Henry, il faut partir, ma femme ne m’aime plus. » Et le jeune homme s’en irait. Daudet, là-dedans, voudrait montrer l’intelligence apportant le malheur dans un intérieur tout aimant, tout heureux.

1163. (1864) Le roman contemporain

Quelle superbe, quelle heureuse satisfaction de soi-même ! […] — Quand je suis heureux ; jamais quand je souffre. — S’il n’y avait que le dernier moment, dit Gérard, qu’importe ? […] Heureuse Marguerite ! […] Si les causes heureuses ont eu leurs courtisans, les causes malheureuses n’ont-elles pas eu leurs fidèles ? […] Sans doute on y trouve le symptôme heureux d’une réaction spiritualiste contre le roman réaliste et immoral, et dans cette réaction M. 

1164. (1908) Après le naturalisme

Que l’artiste imagine ce qui lui convient, tout en restant normal, selon sa fantaisie heureuse et pour le seul plaisir d’imaginer ! […] La réforme des individus, sans laquelle nulle transformation heureuse ne se peut accomplir dans la société, n’était pas encore profondément effectuée. […] Que d’adultères, que de passions heureuses ou malheureuses ! […] Heureux ceux qui communient ! […] Elle veut l’homme intégral et beau dans la Vie, tourné vers la Vie, selon la Vie, heureux de la Vie et ses méthodes l’assurent de la Vérité et de la Justice.

1165. (1923) Paul Valéry

Hasard heureux, chance, liberté, mouvement pur, — dirons-nous donc facilité ? […] La perfection serait cette solitude idéale, plénitude d’un univers qui se suffit comme le Dieu d’Aristote, et dont l’équilibre heureux du corps et de l’âme nous fournit une figure fugitive. […] Vers un aromatique avenir de fumée Je me sentais conduite, offerte et consumée, Toute, toute promise aux nuages heureux ! […] Origines heureuses, sacrées, et, avant le monde de l’individu, monde de l’indivision, — la Pythie évoque de sa mémoire le même univers, inconscient et heureux que suscitait la Jeune Parque, et qui pour elle n’existe plus, depuis que ce corps, jadis uni radieusement à la matière, c’est-à-dire, Narcisse satisfait, à lui-même, est occupé et exercé par une âme étrangère. […] Ainsi qu’il le dit quelque part, dans le problème de rendement qui se pose au poète, à l’heureux possesseur d’une technique, n’entre pour lui en aucune façon un sentiment personnel à exprimer et à faire partager.

1166. (1925) Portraits et souvenirs

Chez lui, nulle surcharge, mais une heureuse précision. […] On a hâte de connaître l’heureux survenant promis à la gloire et d’être le premier à le signaler. […] J’y retrouve ses formules souvent heureuses, ses propos toujours sincères. […] Oui, c’est un homme heureux que le docteur Albert Tellier. […] Tellier estime les qualités de sa femme et il est persuadé qu’il l’a rendue parfaitement heureuse.

1167. (1903) Le mouvement poétique français de 1867 à 1900. [2] Dictionnaire « Dictionnaire bibliographique et critique des principaux poètes français du XIXe siècle — C — Cros, Charles (1842-1888) »

De la taille des plus hauts entre les écrivains de premier ordre, il a parfois sur eux ce quasi avantage et cette presque infériorité de se voir compris, mal, à la vérité, dans la plupart des cas, et c’est heureux et honorable, par des lecteurs d’ordinaire rebelles à telles œuvres de valeur exceptionnelle en art et en philosophie.

1168. (1781) Les trois siecles de la littérature françoise, ou tableau de l’esprit de nos écrivains depuis François I, jusqu’en 1781. Tome II « Les trois siècles de la littérature françoise. — D. — article » pp. 120-124

DELILLE, [Jacques] Abbé, Professeur au Collége de la Marche, né en 17.. a débuté dans la carriere des Lettres par des Odes & des Epîtres qui ne le distinguoient de ses Rivaux, que par une versification heureuse & pittoresque.

1169. (1781) Les trois siecles de la littérature françoise, ou tableau de l’esprit de nos écrivains depuis François I, jusqu’en 1781. Tome II « Les trois siècles de la littérature françoise. — G — article » pp. 424-428

Il n’est pas plus heureux, lorsqu’il dit que notre Siecle ne le cede en rien aux plus celebres de l’antiquite.

1170. (1865) Causeries du lundi. Tome VII (3e éd.) « Montesquieu. — [Note.] » pp. 83-84

Un contemporain de Montesquieu, mais qu’on ose à peine citer à son sujet, le frivole abbé de Voisenon, a pourtant sur lui quelques traits heureux et bien rendus : Il était si bon père qu’il croyait de bonne foi que son fils valait mieux que lui.

1171. (1772) Bibliothèque d’un homme de goût, ou Avis sur le choix des meilleurs livres écrits en notre langue sur tous les genres de sciences et de littérature. Tome II « Bibliotheque d’un homme de goût — Chapitre XX. Des Livres de facéties, des recueils d’anecdotes & de bons mots. » pp. 381-385

Applications heureuses de passages connus, historiettes, apologues, contes, bons mots, naïvetés, saillies, reparties ingénieuses, apophtegmes, sentences, maximes, proverbes, pasquinades, jeux de mots, pointes, équivoques, quolibets, turlupinades, tout s’y trouve réuni & avec beaucoup de clarté & de méthode.

1172. (1782) Plan d’une université pour le gouvernement de Russie ou d’une éducation publique dans toutes les sciences « Plan d’une université, pour, le gouvernement de Russie, ou, d’une éducation publique dans toutes les sciences — De l’état de savant. » pp. 519-520

Si une nation n’est pas instruite, peut-être sera-t-elle nombreuse et puissante, mais elle sera barbare, et l’on ne me persuadera jamais que la barbarie soit l’état le plus heureux d’une nation, ni qu’un peuple s’achemine vers le malheur à mesure qu’il s’éclaire ou se civilise ou que les droits de la propriété lui sont plus sacrés.

1173. (1913) Essai sur la littérature merveilleuse des noirs ; suivi de Contes indigènes de l’Ouest-Africain français « Contes — XV. Le fils du sérigne »

« — Voilà un heureux présage pour tout le monde !

1174. (1827) Principes de la philosophie de l’histoire (trad. Michelet) « Principes de la philosophie de l’histoire — Livre troisième. Découverte du véritable Homère — Chapitre IV. Pourquoi le génie d’Homère dans la poésie héroïque ne peut jamais être égalé. Observations sur la comédie et la tragédie » pp. 264-267

Ces deux caractères, ouvrages d’une nation tout entière, devaient nécessairement présenter dans leur conception une heureuse uniformité ; c’est dans cette uniformité, d’accord avec le sens commun d’une nation entière, que consiste toute la convenance, toute la grâce d’une fable.

1175. (1866) Histoire de la littérature anglaise (2e éd. revue et augmentée) « Livre III. L’âge classique. — Chapitre I. La Restauration. »

Çà et là subsiste une image heureuse, débris de la poésie qui vient de périr ; mais tout le tissu de l’œuvre semble d’un Scarron, aussi ignoble que l’autre et plus méchant. […] Il finit comme il avait commencé, par la maladresse et l’inconduite, n’ayant réussi ni à être heureux ni à être honnête, n’ayant employé un esprit viril et un talent vrai que pour son mal et le mal d’autrui. […] Ils recherchent l’expression adroite et heureuse, ils habillent les choses hasardées avec des mots convenables, ils glissent prestement sur la glace fragile des bienséances et la rayent sans la briser. […] ma jolie créature, voulez-vous me rendre heureux en me donnant un baiser ? […] Même lorsque les grands sujets sont épuisés, il y a place encore çà et là pour des inventions heureuses.

1176. (1929) Critique et conférences (Œuvres posthumes III)

À une répétition générale où je fus heureux de voir accolés à mon nom et à celui de mes vieux amis Mendès et Mallarmé, des noms de jeunes, il y avait quels décors, mes amis ! […] Lors des heureuses années où il m’était donné d’aimer le maître sans discrétion, il vivait à un haut étage d’une maison bourgeoise du boulevard des Invalides, dans un petit appartement tout plein de livres et de modestes objets d’art. […] Ce fut immédiatement en-deçà des fortifications nord de Paris, dans un bastion d’octroi flanqué de deux pavillons en l’un desquels je « tirai » six semaines relativement heureuses, très choyées et qui passèrent trop vite sans doute pour très bien faire, même moralement, je le crains. […] Cette dernière allait mieux, cependant, ce que je fus sincèrement heureux d’apprendre. […] J’étais heureux, bien sûr, à l’idée de revoir la France, mais bien heureux aussi à la pensée d’un si agréable séjour et de si excellents et durables souvenirs.

1177. (1887) George Sand

« Il est heureux, disait-elle, qu’il en soit ainsi. […] Il ne pense pas, dans ce moment-là, il jouit, il est heureux ; il boit par les yeux le poison fatal dont il mourra. […] L’heureux époux, le mystérieux Marx, sauve Julien de ses imprudences. […] C’est de la même source de romanesque heureux qu’est sorti Teverino. […] Elle en a été heureuse, comme du succès d’un fils chéri de son imagination.

1178. (1900) Molière pp. -283

Eh bien, maintenant, prenez-le dans ses années glorieuses : est-ce que vous croyez qu’il est plus heureux et plus tranquille ? […] En thèse générale, cette alliance de la poésie et de la politique n’est pas heureuse ; la politique n’y gagne pas grand-chose, et la poésie y perd presque toujours. […] On ne peut pas interdire aux femmes de se piquer de critique philosophique, incidemment du moins, et d’une façon aussi heureuse que madame de Staël. Mais, ces exceptions une fois établies, c’est évidemment aux hommes, à nous, qu’il appartient par nature d’être lettrés, érudits, savants, géomètres, jurisconsultes ; et aux femmes, suivant l’heureuse et juste expression de Molière, qui n’en a guère rencontré de plus heureuses, « d’avoir des clartés de tout ». […] Heureuse légèreté qu’il est si difficile d’acquérir et si aisé de perdre !

1179. (1910) Victor-Marie, comte Hugo pp. 4-265

Heureux deux amis qui s’aiment assez pour (savoir) se taire ensemble. […] Il y en a, dit-on, de plus heureux. Il en est, dit-on, qui sont heureux. […] Mettons que c’est une variante, mais qu’elle n’est pas heureuse. […] Au sens de la grâce elle n’est pas un être heureux.

1180. (1897) La vie et les livres. Quatrième série pp. 3-401

On ne voit pas, d’ailleurs, que les bébés soient moins heureux pour cela. […] Henry Roujon, fut plus heureux que ce milord anglais. […] Voici quelques phrases d’un autre ton et d’une aussi heureuse venue. […] Ce brave garçon et cette brave fille devraient être heureux. […] Brieux, nous sont un heureux présage et contiennent plus que des promesses.

1181. (1866) Nouveaux essais de critique et d’histoire (2e éd.)

« Il faut rire avant d’être heureux, de peur de mourir sans avoir ri. […] Balzac n’a point la fougue, l’inspiration subite et heureuse, la divination facile et abondante du vrai et du beau. […] Mon fils, lui, sera plus heureux que moi, il sera grand seigneur. […] Louis XIV cita un jour sa physionomie comme une des plus heureuses et des plus belles de sa cour. […] Ils s’incarnent d’abord sous forme d’êtres innocents et heureux, sans sexe, sans besoins, lumineux et aériens.

1182. (1913) Les livres du Temps. Première série pp. -406

Ils s’adorent, ils sont heureux. […] Les passions, heureuses ou cruelles, se déchaînent avec fureur. […] En somme, sa faute finira même par avoir des conséquences heureuses. […] Nous aurions pourtant pu être heureux ! […] Mais ce sont des accidents heureux.

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