Car alors ou le conte, traduit par des personnages réels, me semblera absurde, ou je ne pourrai plus croire au drame, attendu qu’un conte et un drame, cela fait deux. […] Eux-mêmes ont l’air de gentils personnages d’opéra-comique, tendres, naïfs, gais et fins, pas trop réels… Rappelez-vous leur vie. […] » Et enfin : « … Leurrées de respects apparents, dans une servitude réelle ; traitées en mineures pour nos biens, punies en majeures pour nos fautes, ah ! […] Jamais on n’a, je crois, plus heureusement exprimé cette pénétration de la vie réelle d’un artiste dramatique par sa vie artificielle, de ses sentiments par ses souvenirs de théâtre, de son cœur par son métier. […] Après que nous avons ri du contraste que forment les sentiments de Lafont et de Clotilde avec leur situation réelle, leur tranquillité nous fait réfléchir ; et, sans les solides principes dont nous sommes munis, nous nous dirions : « Eh bien !
Ce sont fâcheries d’enfant, moitié réelles, moitié jouées, comme tout ce qui est des enfants, lesquels sont comédiens jusqu’aux moelles. […] … Il me semble qu’il me faudra une jeune fille chimérique, un peu bizarre, grisée de bleu, d’extrêmes délicatesses de cœur et d’épiderme, et que les premières réalités de l’amour conjugal, le premier contact avec le réel, révolteront et aliéneront ( inimica recessit ) pour un certain temps. […] Et remarquez-vous bien que c’est dans ces comédies-là, par un instinct de grand dramatiste, se sentant cette fois en plein contact avec le réel et ne voulant pas dérouter le spectateur, dépayser l’œuvre, et se dévoyer lui-même, qu’il évite avec grand soin d’introduire tout élément, si petit qu’il soit, d’imagination romanesque ? […] Il en avait la fougue, l’impétuosité, la nervosité, la générosité réelle, mais un peu théâtrale, la susceptibilité, l’irritabilité, la hâblerie, la jalousie, la soif d’applaudissement immédiat et continu, et tout le reste. […] Il faut, par convention si vous voulez, maintenir dans la diction une certaine tenue, qui n’est point l’image exacte de la réalité, tandis que la pantomime peut aller presque jusqu’à la variété et jusqu’à la véhémence du réel et réparer ce que la diction, par une nécessité de l’art, aura toujours d’un peu artificiel.
Quand les Grecs font intervenir directement et par présence réelle une divinité, ils ne nous la font pas seulement entendre. […] Il faut absolument retarder la rencontre réelle de Polynice et d’Etéocle jusqu’à la quatrième partie de l’ouvrage. […] Notez de plus que les Bretons, comme je vous en ai prévenus, ont été passionnés pour le théâtre, pour le théâtre réel, pour le théâtre vivant, avec scène, décoration, acteurs et même actrices. […] Autour du théâtre en particulier, tout un échafaudage pseudo-scientifique a été construit, destiné à donner le change sur son aspect réel. […] On devine que la pauvreté réelle, quotidienne, constante, lui couperait les jambes, à cet animal de l’ordre des échassiers.
Je n’ai jamais vu une réelle supériorité qui manquât à ce point de relief. […] L’École d’administration, malgré son utilité réelle, fut licenciée sous le ministère de M. de Falloux.
Au milieu de ces écrits achevés et parfaits, un nouveau genre paraît, approprié aux penchants et aux circonstances publiques, le roman anti-romanesque, œuvre et lecture d’esprits positifs, observateurs et moralistes, destiné non à exalter ou amuser l’imagination comme les romans d’Espagne et du moyen âge, non à reproduire ou embellir la conversation comme les romans de France et du dix-septième siècle, mais à peindre la vie réelle, à décrire des caractères, à suggérer des plans de conduite et à juger des motifs d’action. […] On n’avait jamais vu un tel sentiment du réel, et on ne l’a point revu.
Une absolue suppression de la vie réelle, du soleil, de l’heure du dehors. […] Nous avons presque un regret d’en avoir sitôt fini avec cette douce suspension de la vie réelle dans les répétitions, avec ces délicieuses petites bouffées d’orgueil qui vous passent par le nez, aux bons moments de votre pièce, aux beaux endroits de vos tirades aimées, avec enfin cette perpétuelle et toujours nouvelle attente du mot qu’on sait qui va venir, et que vos lèvres marmottent d’avance.