Mais, avec ce manque absolu d’initiatives qui caractérisait Louis XV, il fallut qu’on fît ici pour Mme d’Étiolles ce qu’on avait fait pour Mme de Châteauroux, c’est-à-dire qu’on arrangeât pour lui l’affaire : en pareil cas, auprès des princes, les entremetteurs officieux ne manquent jamais. […] Au fait, elle n’était que le plus aimable et le plus joli des philosophes, et non pas le plus inconséquent, qui avait place à la Cour et qui aurait aimé à y introduire quelques-uns de ses pareils : « Avez-vous regretté Mme de Pompadour ? […] Si l’abbé Galiani, dans une page curieuse, préférant hautement au siècle de Louis XIV le siècle de Louis XV, a pu dire de cet âge de l’esprit humain si fécond en résultats : « On ne rencontrera de longtemps nulle part un règne pareil », Mme de Pompadour y contribua certainement pour quelque chose.
Il fit tout pour que de pareilles visites ne se renouvelassent point : Chaque jour l’atrabilaire Saint-Mauris et son officieux chevalier (un M. de Lalleu) me parlaient du danger que je courais dans les sociétés où je me répandais. […] Sophie parle comme parlerait en pareil cas une des femmes de Rousseau, ou la Claire ou la Julie, ou la Sophie de l’Émile, ou cette Mme de La Tour-Franqueville que nous connaissons. […] Ce même homme, qui trompait ainsi le marquis et le retournait à son gré, aurait pu s’adresser à lui-même pour lui demander asile dans sa maison, et le marquis, dans les commencements, le lui eût, sans nul doute, accordé ; mais Mirabeau avait repoussé bien loin de lui une pareille idée.
Lafenestre, je ne vois rien qui soit véritablement pareil à tout ce que l’on a fait de 1620 à 1650. […] Vous allez voir que La Fontaine, soit souvenir (je n’en répondrais pas), soit coïncidence, et il est tout naturel que les poètes de cette valeur se rencontrent dans un sentiment pareil, vous allez voir que La Fontaine va exprimer tout à l’heure les mêmes pensées. […] Bien est-il vrai qu’auprès d’une beauté Paroles ont des vertus non pareilles ; Paroles font en amour des merveilles : Tout coeur se laisse à ce charme amollir… Une petite dissertation qui est initiale, qui commence le récit, plus frappante encore, plus nette, si vous voulez, au commencement, encore, de cet autre conte : Le jeune Amour, bien qu’il ait la façon D’un dieu qui n’est encor qu’à sa leçon, Fut de tout temps grand faiseur de miracles : En gens coquets il change les Catons, Par lui les sots deviennent des oracles, Par lui les loups deviennent des moutons.
Nous qui avions l’intention de dire plus tard, dans un détail qui éclaire le talent par la vie, ce que fut Maurice de Guérin, nous avions senti, en lisant ces lettres, que jamais, quoi qu’il pût arriver, il n’inspirerait désormais un pareil langage, et nous voulûmes que ceux qui l’avaient aimé pussent en juger. […] Si j’osais, en parlant d’une pareille fille, me servir d’un mot abaissé par ce qu’il y a de théâtral dans nos mœurs, je dirais que son succès fut grand dans les quelques salons où elle alla. […] Dieu lui ôta donc sa suprême espérance, et ce fut, dans l’ordre des douleurs de cette âme, quelque chose de pareil à la séparation, avec le couteau, du fil de chair saignante qui retient au tronc la tête coupée par la hache.
Mais on sait l’impossibilité de pareilles substitutions, brusques et totales. […] Mais de pareils relevés, même étendus, laisseraient encore échapper la majeure partie des groupes dont nous sommes les points d’intersection. […] En fait, qu’un petit employé de commerce devienne premier ministre, ou le fils d’un tonnelier général en chef, de pareilles « ruptures de ban » frappent les esprits, et les préjugés aristocratiques ne peuvent manquer d’en être ébranlés.
N’est-il pas touchant de voir un homme qui a usé sa vie dans le spectacle et l’examen des débats, et, s’il l’avait voulu, des intrigues politiques, avoir conservé une telle fraîcheur, une telle innocence d’impressions, une telle fleur d’âme ; se complaire à de pareilles questions et avoir l’idée de se les poser, en même temps que le zèle et l’espoir d’y ramener les autres : « Croyez-moi, s’écrie-t-il à propos de Bossuet et dans sa religion pour ce grand homme, ne vous figurez jamais en avoir fini avec ces œuvres parfaites. […] Je ne connais rien de plus irritant, en pareil cas, qu’un lecteur qui s’arrête en souriant à chaque vers amphigourique, de l’air de dire : Que c’est charmant !