Au reste, la pure spéculation philosophique n’occupe guère ici que cinq ou six pages ; elle est une contemplation de voyageur, que l’on s’accorde pour quelques minutes lorsqu’on atteint un lieu élevé. […] J’ai vu une personne qui, en causant, en chantant, écrit, sans regarder son papier, des phrases suivies et même des pages entières, sans avoir conscience de ce qu’elle écrit. À mes yeux, sa sincérité est parfaite : or elle déclare qu’au bout de sa page elle n’a aucune idée de ce qu’elle a tracé sur le papier ; quand elle le lit, elle en est étonnée, parfois alarmée.
Il est cependant vrai que la critique en est venue à un point de faiblesse incroyable, et il y a des causes naturelles, que ces pages tenteront d’exposer familièrement au lecteur. […] Les journaux à tirage trop faible pour exiger ce droit léonin relèguent en des colonnes de troisième page, bien après les informations politiques et tout juste avant les faits divers, des critiques qu’on ne va pas lire, et que rédigent des personnes n’ayant à ce rôle d’autre aptitude que leur bonne volonté. […] Voici la Revue des Deux-Mondes, la Quinzaine, la Revue de Paris, la Revue Bleue et la Grande Revue ; elles réduisent la bibliographie à deux pages de couverture.
Mais elles reparaissent avec un accent plus personnel en des vers comme ceux-ci : Ils sont passés en riant près de moi, Au chemin creux du val, Des rubans flottants jaunes et roses Et deux sur chaque cheval… ou bien c’est une page tout entière d’un coloris vénitien très particulier ; bien différente des œuvres de MM. […] Il le faut avouer, elle paraît avoir acquis les mouvements sans en ordonner jusqu’ici l’harmonie avec assez de continuité ou de précision, et trop souvent encore les poètes nouveaux ont oublié la puissance inattendue que peut donner à telle page une grande pose immobile. […] Il est curieux de le constater, cette belle page de Régnier invoquant pour leur beauté toute l’action et toute la lutte, serait la meilleure épigraphe aux œuvres de Griffin.
À la page 6 de l’imprimé, on lit : « Flore sera représentée par la gentille et jolie Louise-Gabrielle Locatelli, dite Lucile, qui, avec sa vivacité, fera connaître qu’elle est une vraie lumière de l’harmonie. » À la page 7 : « Cette scène sera chantée, et Thétis sera représentée par la signora Giulia Gabrielli, nommée Diane, laquelle à merveille fera connaître sa colère et son amour. » Même page : « Le prologue de cette pièce sera exécuté par la très excellente Marguerite Bertolazzi, dont la voix est si ravissante, que je ne puis la louer assez dignement. » Une scène est suivie de cette note : « Cette scène sera toute sans musique, mais si bien dite qu’elle fera presque oublier l’harmonie passée. » 34.
Ces pages de M. […] Les exemples, ici, foisonnent à chaque page. […] Deschanel voit de l’« artifice » (I, page 204) dans ces effusions. […] Mais pas une page où n’éclate quelque merveille d’invention verbale. […] Charles de Pomairols (pages 169-225).
il est tellement Indou, ce grand national de Germain, qu’à la page 335 de ses Mémoires il professe les belles choses que voici : « L’humanité tout entière est l’homme véritable, et pour être heureux et content l’homme n’a besoin que de se sentir dans l’ensemble… » Hé ! […] Il dit tranquillement : « La mer, c’est un grand spectacle », et il consacre immédiatement une page aux crabes et aux coquillages. […] … En ses Mémoires, très inférieurs d’ailleurs à ses Voyages de Suisse et d’Italie, il n’y a pas une seule page colorée, bombée et vivante. […] Le long de ces six cents mortelles pages, j’ai rencontré deux expressions à noter. […] La preuve de cela est à toute page de l’histoire.