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31. (1889) Histoire de la littérature française. Tome IV (16e éd.) « Chapitre douzième »

Il y a cependant des pages littéraires durables dans l’Encyclopédie. […] Chaque fois que je l’ai lu, aux mêmes pages, aux mêmes paroles, mes yeux se sont mouillés de larmes. […] Ces quelques pages auraient suffi pour tirer Chateaubriand du second rang. […] Notre littérature descriptive n’a pas de pages plus splendides. […] Dans ce qu’il écrivit pour les lettres en ce temps-là, les belles pages sont plus rares que les belles phrases.

32. (1869) Nouveaux lundis. Tome XI « Maurice comte de Saxe et Marie-Joséphine de Saxe dauphine de France. (Suite et fin.) »

Dans l’étude sur La Tour, in-4° ; 1867, page 24. […] (Voir Louis XV et Louis XVI, par Michelet, page 154 et aux environs.) […] En ce qui est de la bataille de Raucoux livrée l’année précédente, à ceux qui trouveraient que le maréchal ne l’a pas assez complètement gagnée, il suffit d’opposer le compte rendu qu’il en a fait dans une lettre au roi de Prusse, si bon juge (lettre du 14 octobre 1746, dans le Recueil de Grimoard, tome III, page 242). — Les officiers qui ne voient qu’un point de l’action peuvent trouver à dire (ainsi Rochambeau, en ses Mémoires, tome I, page 48) ; mais le général en chef qui embrasse l’ensemble est obligé de tenir compte de tout et de régler, s’il le faut, les ardeurs de l’un sur les retards de l’autre. […] (Voir aussi les Mémoires du duc de Luynes, tome VIII, page 298.) […] J’ai rapproché précédemment (page 85) le nom du maréchal de Saxe de celui de Kléber ; j’ai été heureux de rencontrer depuis, dans la Vie politique et militaire de Napoléon par Jomini (tome I, page 302), une confirmation de cette vue.

33. (1867) Nouveaux lundis. Tome VIII « Mémoires de madame Roland »

Il en est un entre autres, de quatre grandes pages, qui est rétabli dans l’édition de M. Dauban (pages 21-26) ; c’est l’histoire d’une tentative de séduction exercée sur la jeune Phlipon par un jeune apprenti qui travaillait dans l’atelier de son père. […] Il y a, je le maintiens, dans cette vilaine page, de la mauvaise imitation de Rousseau, et de la pire. […] Dauban, avec une jolie phrase en sus et dont la grâce vive est, après tout, sans inconvénient (page 66). […] Cette page inique et faite pour offenser indistinctement ceux qui étaient nommés comme ceux qui ne l’étaient pas, et les Grégoire, et les Sieyès, et les Daunou, cette page outrageuse pour des morts et des victimes de la veille comme Rabaut et Fauchet, avait été biffée, et avec grande raison.

34. (1903) Le mouvement poétique français de 1867 à 1900. [2] Dictionnaire « Dictionnaire bibliographique et critique des principaux poètes français du XIXe siècle — R — Retté, Adolphe (1863-1930) »

Il paraît qu’il a défendu dans ces pages, comme dans d’autres d’ailleurs, des idées qui troublent la sieste des bonnes gens. […] Des leitmotivs se jouent de page en page. […] Le flamboiement de l’alcool brûlait dans ces ténèbres ; il y avait déjà, je ne veux pas l’oublier, des pages délicieuses ou ravagées de sauvages passions et qui donnaient le goût de grands rêves nocturnes, dans les brumes de sa flottante Thulé. […] Adolphe Retté nous a livré, dans des pages que je ne me lasserai jamais de lire, le simple secret de la composition de ses derniers livres.

35. (1876) Chroniques parisiennes (1843-1845) « XXXVII » pp. 153-157

Ce dernier pèlerinage de Chateaubriand, ce sera après tout et pour tout résultat une belle page nouvelle des Mémoires. […] M. de Chateaubriand, du moins, est une exception ; lui, il est, comme on le dit des rois, hors de page, il a ses licences, comme un enfant gâté de la France, comme le fils le plus brillant et le plus cher à la fantaisie de tous et à l’imagination nationale. […] Il y a dans sa brochure deux pages de personnalités injustes et amères contre Villemain, tout à fait inconvenantes de la part d’un collègue (à la Chambre des pairs) et presque d’un ami de la veille. […] Dans son poëme de la Mort de Socrate, on a remarqué que lorsqu’il était embarrassé de transitions, il mettait des blancs et des pages de points. — Eh bien, il fait de même dans ses exposés politiques, et, quand il arrive à la portion positive, organique, à l’indication précise des voies et moyens, il met des points et passe outre.

36. (1864) Nouveaux lundis. Tome II « Louis XIV et le duc de Bourgogne, par M. Michelet. (suite et fin.) »

Il a eu, il a encore de certaines pages évocatrices et divinatrices du passé. […] C’est qu’il n’est pas, lui, un homme d’antiquité ; il nous l’a raconté quelque part en des pages touchantes et poignantes : enfant, il s’est formé rudement, presque tout seul, sans loisir et sans maître ; il a peiné de bonne heure. […] Michelet a eu d’admirables pages dans ses autres livres, dans celui du Peuple, dans celui du Prêtre, dans son Histoire de la Révolution (au tome premier, par exemple, la terreur des campagnes), s’il a eu des pages qu’une fois lues on retient à jamais, il en a de charmantes dans ce volume même.

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