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1459. (1895) Impressions de théâtre. Huitième série

Or, sachez que les mimes d’Hérondas sont écrits en vers colïambes, c’est-à-dire en vers trimètres ïambiques scazons, autrement dit en vers ïambiques allongés d’une syllabe et, par conséquent, terminés par un spondée : vers très faciles à faire, d’un bon gros rythme rapide et peu complique, et assez pareils, en somme, à de la prose cadencée. […] On a reproché à certains poètes et romanciers de notre temps de nous montrer de si beaux scélérats ou des héros d’une vertu si indépendante et si hardie, et de nous les développer avec tant de complaisance, que de pareilles imaginations risquent fort d’altérer en nous la conscience morale et le sentiment du devoir. […] Sur quoi Marquise, comme font les femmes en pareil cas, dut lui offrir son amitié, « une bonne amitié, bien franche, bien sincère… » ; vous connaissez la phrase. […] Tout le monde convient qu’une pareille misère ne peut durer. […] Je prends, au hasard, dans les Odes funambulesques de Théodore de Banville : Danser toujours, pareil à Madame Saqui !

1460. (1922) Le stupide XIXe siècle, exposé des insanités meurtrières qui se sont abattues sur la France depuis 130 ans, 1789-1919

Il y a dix ans, une pareille hypothèse aurait fait hausser les épaules. […] Heureusement que la nature ne joue pas souvent de pareilles farces aux hommes, par le canal de l’hérédité. […] Un pareil conquérant est un fléau et pire assurément que la Terreur. […] Jamais pareil amas de bourdes philosophiques, morales et romanesques, ne rencontra, de la part de nos concitoyens, semblable, ni aussi déférente audition. […] Il faut que notre pays ait la tête solide, pour avoir résisté à de pareilles lumières, et s’en être tiré avec un minimum de cinq invasions en 130 ans.

1461. (1888) Impressions de théâtre. Première série

Lorsque Énée l’aperçut dans le sentier obscur, vague et pareille à la lune nouvelle qu’on devine plus qu’on ne la voit à travers la fuite des nuages, il lui parla doucement… Mais elle, se détournant de lui, fichait ses yeux en terre et demeurait immobile comme un roc marpésien. […] On sait qu’Alcibiade, en pareille occurrence, passait outre gaillardement et tranchait la question en disant : « Cette enfant ne doit pas être de moi » un peu comme Bilboquet disait : « Cette malle doit être à nous ». […] L’impression serait plus forte encore à la représentation si, au lieu d’un décor largement ouvert, avec de simples tentures aux portes, et où l’on peut entrer comme dans un moulin, la Comédie française nous avait mis sous les yeux quelque chambre secrète, pareille à une prison, avec d’étroites fenêtres grillagées et de lourdes portes de fer. […] Mais dès qu’elle approche, les cœurs des hommes sont émus ; et les vieillards eux-mêmes, « semblables aux cigales qui chantent dans le feuillage d’un grand arbre », les vieillards se disent entre eux, en baissant la voix : « Non, il ne faut pas s’indigner si, pour une pareille femme, les Troyens et les Achéens supportent de longues misères. […] Valmiki la montra du doigt à Maïa, et dit avec une grande tristesse : — Je voudrais avoir vingt ans et être aimé d’une enfant pareille à celle-ci.

1462. (1910) Propos de théâtre. Cinquième série

pour hasarder de pareilles énormités. […] On peut aussi penser combien un pareil homme est antipathique à M.  […] « Celui qui a l’honneur de présider en ce moment l’Académie française ne peut, dans quelque situation qu’il se trouve lui-même, être absent un pareil jour, ni muet devant un pareil cercueil. […] Il est vain de s’épuiser à chercher des différences de degré, sur ce point, entre de pareils démiurges d’humanité. […] Pour soi-même et pour se disculper, dans ce cas-là, on doit parler, et il n’y a secret qui tienne, et vous verrez plus tard de quelle importance il est, ce secret ; mais surtout pour un ami malade et que l’on peut tuer de désespoir, dans un cas pareil on doit parler.

1463. (1870) Nouveaux lundis. Tome XII « Eugène Gandar »

« Un pareil voyage fait si vite est propre à donner le sentiment plutôt que la connaissance des choses. » Mais enfin ce premier sentiment, c’est beaucoup déjà, c’est l’éveil de l’esprit et la vie. […] Ponsard avait vu la Grèce, il aurait su que le mot de brutalité n’existe que pour le cyclope dans le monde d’Homère, et qu’un pareil terme jure et crie, appliqué à ces beaux génies harmonieux qui, même sous leur forme primitive, sont tout le contraire du barbare. […] Les plus grands génies des littératures modernes y eussent été caractérisés non pas d’une façon abstraite, ainsi qu’il arrive trop souvent dans de pareils ouvrages, mais avec une connaissance approfondie de leurs œuvres et en partant d’un point de vue spécial nettement défini.

1464. (1864) Portraits littéraires. Tome III (nouv. éd.) « Mademoiselle Aïssé »

Lorsqu’elle parle de l’ambassadeur défunt, elle le fait en des termes d’affection qui n’impliquent aucun ressentiment, tel qu’un pareil acte aurait dû lui en laisser. […] Sans miséricorde pour les vices et sans indulgence pour les ridicules, il est la terreur des méchants et des sots ; ils croient se venger de lui en l’accusant de sévérité outrée et de vertus romanesques ; mais l’estime et l’amour des gens d’esprit et de mérite le défendent bien de pareils ennemis. […] Toute impatience, toute négligence en pareil cas est déplacée et peut avoir des conséquences très-fâcheuses, au lieu que, si vous vous conduisez bien dans vos couches, non-seulement elles ne nuiront pas à votre santé, mais au contraire vous en deviendrez plus forte et plus saine.

1465. (1866) Histoire de la littérature anglaise (2e éd. revue et augmentée) « Livre III. L’âge classique. — Chapitre IV. Addison. »

Sa religion, tout anglaise, était pareille. […] En pareil sujet, ces habitudes choquent. […] Un mot d’Addison va la justifier et vous la faire entendre : « L’affaire du genre humain dans cette vie, dit-il, est bien plutôt d’agir que de savoir923. » Or, une pareille philosophie est aussi utile dans l’action que plate dans la science.

1466. (1864) Cours familier de littérature. XVII « CIe entretien. Lettre à M. Sainte-Beuve (1re partie) » pp. 313-408

Et moi, rêvais-je alors qu’Albion en colère, Pareille à l’Océan qui s’irrite et bondit, Loin d’elle rejetait la race impopulaire        Du tyran qu’elle avait maudit ? […] Ce sont des jours confus dont reparaît la trame, Des souvenirs d’enfance, aussi doux à notre âme                  Qu’un rêve d’avenir : C’était à pareille heure (oh ! […] Laissons à Lamartine, à Nodier, nobles frères, Leur Jura bien-aimé, tant de scènes contraires En un même horizon, et des blés blondissants, Et des pampres jaunis, et des bœufs mugissants, Pareils à des points noirs dans les verts pâturages, Et plus haut, et plus près du séjour des orages, Des sapins étagés en bois sombre et profond, Le soleil au-dessus et les Alpes au fond.

1467. (1887) Journal des Goncourt. Tome II (1862-1865) « Année 1862 » pp. 3-73

Il y a cette année une épidémie sur les mères de ses pareilles… Elle me dit qu’elle regrette bien que nous n’ayons pas fait connaissance avec elle, quand elle était notre voisine, que nous aurions vu, nous qui écrivons, des choses bien curieuses chez elle. […] On se perd dans les horizons du passé, on rêve aux choses ensevelies, on pense tout haut, on feuillette du souvenir les vieux chefs-d’œuvre, on retrouve et on retire de sa mémoire des citations, des fragments, des morceaux de poèmes, pareils à des membres de Dieux, sortant d’une fouille dans l’Attique. […] Elle descend dans l’appartement : Assise dans la salle à manger, d’une main tremblotante et dont les doigts se cognent, elle met ses bas sur des jambes, pareilles à des manches à balai, sur des jambes de phtisique.

1468. (1896) Journal des Goncourt. Tome IX (1892-1895 et index général) « Année 1893 » pp. 97-181

Et bientôt une insomnie cauchemarresque, où moitié dormant, moitié éveillé, je voyais que l’on faisait, de mon vivant, une vente de toutes mes collections, en un endroit pareil à une place de village, et dans laquelle les trois quarts des objets étaient égarés, perdus, volés, ne se retrouvaient pas, et au milieu de mes désespoirs, de mes fureurs, dire l’ironie muette des crieurs, de l’expert, du commissaire-priseur. […] Une ville moyenageuse aux ogives de ses portes, à l’arc surbaissé de ses boutiques, au treillis de fer de ses fenêtres, et où la pourriture du bois des maisons, la lèpre de la pierre sont telles, que jamais je n’en ai rencontré de pareilles, dans aucune ville du monde. […] Un an, avant sa mort, il lui écrivait une lettre, à peu près conçue en ces termes : « Les médecins disent que j’ai une anémie cérébrale, je n’ai pas d’anémie cérébrale, je suis seulement fatigué, et la preuve c’est que je viens de commencer L’Angélus, et jamais je n’ai travaillé avec une facilité pareille, et je marche de plain-pied dans mon livre, comme dans mon jardin.

1469. (1925) La fin de l’art

Malgré cette politesse qu’ils nous font d’adopter notre transcription de quelques noms étrangers, je ne crois pas que nous devions leur rendre la pareille. […] Il est un moment où toutes les femmes semblent pareilles. […] On y trouve aussi l’histoire du médecin qui compte à un client les visites amicales qu’il lui a faites, les dîners chez lui, les promenades en sa compagnie, et, ce qu’il y a de curieux, c’est qu’une aventure pareille a été jugée récemment et qu’on disait à ce propos : « Voyez à quoi en sont réduits pour vivre les médecins d’aujourd’hui. » Erreur, c’est une vieille anecdote.

1470. (1902) Les poètes et leur poète. L’Ermitage pp. 81-146

Cela me vexe, à la fin, d’entendre pareille énormité redite à tous les coins de rue : et je suis ravi de l’occasion que m’offre l’Ermitage d’exprimer là-dessus ma pensée. […] Ce sera l’âme fraternelle qui ressemble à la mienne, qui rêve les mêmes rêveries, qu’impressionne le pareil fait extérieur. […] Mais de cette rhétorique hallucinée et malingre, émergent, çà et là, de miraculeuses strophes, suggestion des plus intimes émotions, tel vers qui crépite comme un cierge devant le Saint-Sacrement, tel autre qui a la suavité d’un lever de lune sur un paysage de prairies ; et les syllabes tombent, pures, lumineuses, musicales, parfumées, tremblantes, — pareilles aux gouttes de rosée incendiées par le matin.

1471. (1889) Essai sur les données immédiates de la conscience « Chapitre III. De l’organisation des états de conscience. La liberté »

Ici la durée semble bien agir à la manière d’une cause, et l’idée de remettre les choses en place au bout d’un certain temps implique une espèce d’absurdité, puisque pareil retour en arrière ne s’est jamais effectué chez un être vivant. […] Poser une pareille question, c’est admettre la possibilité de représenter adéquatement le temps par de l’espace, et une succession par une simultanéité. […] Et si, maintenant, on allègue que cet effet était indissolublement lié à cette cause, une pareille affirmation signifiera de deux choses l’une : ou bien que, les antécédents étant donnés, on eût pu prévoir l’action future ; ou que, l’action une fois accomplie, toute autre action apparaît, dans les conditions données, comme impossible.

1472. (1896) Matière et mémoire. Essai sur la relation du corps à l’esprit « Chapitre II. De la reconnaissance des images. La mémoire et le cerveau »

Comment expliquer une pareille faculté, sinon par l’habitude de démêler tout de suite l’organisation des contours les plus usuels, c’est-à-dire par une tendance motrice à en figurer tout d’un trait le schème ? […] Or c’est un fait d’observation courante que l’impuissance du malade, en pareil cas, à saisir ce qu’on pourrait appeler le mouvement des lettres quand il essaie de les copier. […] On assiste d’ailleurs souvent, en pareil cas, à une restauration intégrale des souvenirs disparus.

1473. (1913) Les livres du Temps. Première série pp. -406

« Ce sont de ces souvenirs-là, quand on en a de pareils, qui réchauffent les os des septuagénaires et leur font regretter la vie. ». […] Saint François ne voulait point d’abbés pareils à des barons féodaux, ni de revenus à inscrire sur les feuilles de bénéfices. […] — Ô mon âme impatiente, pareille à l’aigle sans art ! […] Charles de Pomairols allait nous conter une histoire pareille, mais dont le héros serait un jeune homme. […] « Oui, se disait-il, l’odieuse pensée que j’ai accueillie, et non pas seulement une fois, l’assassin l’a eue de son côté, toute pareille !

1474. (1856) Leçons de physiologie expérimentale appliquée à la médecine. Tome I

Mais il importe de rappeler les conditions dans lesquelles peut se faire un pareil mélange. […] Comment faire une pareille supposition chez les oiseaux de proie nourris pendant toute leur vie de matières exclusivement musculaires ? […] Le sulfate de soude, au contraire, ne donne rien de pareil. […] Mais il est clair qu’un tel point de vue, purement sentimental, ne saurait constituer un argument en pareille matière. […] D’ailleurs, les expériences qui réduisent à néant de pareilles assertions sont faciles à faire.

1475. (1870) De l’intelligence. Deuxième partie : Les diverses sortes de connaissances « Livre quatrième. La connaissance des choses générales — Chapitre II. Les couples de caractères généraux et les propositions générales » pp. 297-385

. — Rien de plus utile à l’esprit humain que cette structure des choses ; on devine tout de suite que notre grande affaire sera de découvrir des liaisons pareilles aux précédentes ; car il n’y a pas de meilleur moyen pour étendre et accélérer notre connaissance. […] Un étudiant en botanique croit que toutes les plantes dont la tige arborescente est disposée en couches concentriques lèvent avec deux cotylédons ; si on lui fait voir la cuscute et deux ou trois autres espèces, il verra que la loi précédente est presque universelle, mais non universelle. — Peu à peu, grâce à des corrections pareilles, nos jugements généraux s’adaptent aux choses. […] Sur ce dernier article, le développement des théorèmes répondra ; si l’une répugne à l’autre, comme la forme carrée répugne au cercle, au bout de quelques déductions on démêlera dans le composé mental que forme leur assemblage une contradiction interne pareille à celle que tout de suite on découvre dans la notion d’un cercle carré. […] Ainsi toute adjonction effectuée engendre la possibilité d’une autre adjonction pareille ; d’où il suit que la série des nombres est absolument infinie.

1476. (1848) Études sur la littérature française au XIXe siècle. Tome III. Sainte-Beuve, Edgar Quinet, Michelet, etc.

Sainte-Beuve, presque le premier parmi ses pareils, l’a ainsi compris73, que nous disons avec assurance qu’il l’a compris. […] Que gagne-t-on à dire de naturels désirs, un direct remède, une âme décente, aigri pour aigre, et une foule de choses pareilles ? […] Telle association de mots, tel mouvement, tel tour, donnent-ils pour résultat une impression pareille à celle qu’il a lui-même reçue ? […] L’auteur le sent ; il le dit avec éloquence ; il signale et déplore l’anomalie ; mais cette anomalie, sans pareille dans l’ensemble de la création, il lui suffit de l’avoir constatée ; il ne s’en demande pas compte. […] Mais une réponse à ces questions, une vérité qui ne soit pas négative, une consolation de l’intelligence, rien de pareil n’est contenu dans ces oracles tout humains.

1477. (1907) L’évolution créatrice « Chapitre IV. Le mécanisme cinématographique de la pensée  et l’illusion mécanistique. »

Un pareil acte consiste simplement à déclarer que l’existence attachée par notre esprit à l’objet, et inséparable de sa représentation, est une existence tout idéale, celle d’un simple possible. […] Pour qu’une pareille intelligence arrive à nier, il faudra qu’elle se réveille de sa torpeur, qu’elle formule la déception d’une attente réelle ou possible, qu’elle corrige une erreur actuelle ou éventuelle, enfin qu’elle se propose de faire la leçon aux autres ou à elle-même. […] Un pareil esprit verrait des faits succéder à des faits, des états à des états, des choses à des choses. […] Faut-il s’étonner si la philosophie a d’abord reculé devant un pareil effort ? […] Les anciens n’avaient élevé de pareilles barrières ni entre la qualité et la quantité, ni entre l’âme et le corps.

1478. (1914) Une année de critique

Puisse son exemple avertir ses pareilles qu’à vouloir « faire notre vie », c’est le plus souvent la vie qui nous « refait ». […] Mais son âme n’est point pareille à la nôtre, et nous n’avons pas les mêmes dieux. […] Tel est Évariste Gamelin, plus bête que quelques-uns de ses pareils, mais moins vil que la plupart des autres fantoches de la sanglante mascarade. […] Combien de fois la figure d’un mystique pareil à Évariste n’apparaît-elle pas, sous des noms divers, à travers l’œuvre de M.  […] Pour moi, monsieur, je ne me rangerai jamais parmi les fidèles d’une pareille religion, et je crains que beaucoup de femmes ne m’imitent.

1479. (1870) Portraits de femmes (6e éd.) « MADAME DE LONGUEVILLE » pp. 322-357

Mme de Motteville va plus loin : elle nous décrit, même après cet accident, cette beauté qui consistait plus dans certaines nuances incomparables du teint160 que dans la perfection des traits, ces yeux moins grands que doux et brillants, d’un bleu admirable, pareil à celui des turquoises ; et les cheveux blonds argentés, qui accompagnaient à profusion ces merveilles, semblaient d’un ange. […] Pour moi, je lui souhaite la mort, ne comprenant pas qu’elle puisse vivre après une pareille perte. » Et sept jours après cette lettre (27 juin) : « J’ai vu enfin Mme de Longueville ; le hasard me plaça près de son lit : elle m’en fit approcher encore davantage, et me parla la première, car pour moi, je ne sais point de paroles dans une telle occasion ; elle me dit qu’elle ne doutoit pas qu’elle ne m’eût fait pitié ; que rien ne manquoit à son malheur ; elle me parla de Mme de La Fayette, de M. d’Hacqueville, comme de ceux qui la plaindroient le plus ; elle me parla de mon fils, et de l’amitié que son fils avoit pour lui : je ne vous dis point mes réponses ; elles furent comme elles devoient être, et, de bonne foi, j’étois si touchée que je ne pouvois pas mal dire : la foule me chassa.

1480. (1862) Portraits littéraires. Tome II (nouv. éd.) « Bernardin de Saint-Pierre »

quel rude cilice qu’un talent pareil tant qu’il est tourné en dedans ! […] Si ce peintre harmonieux manquait, on chercherait vainement ailleurs une impression pareille, soit dans Jean-Jacques, soit dans Chateaubriand.

1481. (1861) Cours familier de littérature. XI « LXIe entretien. Suite de la littérature diplomatique » pp. 5-79

Comment des peuples pasteurs, nomades, aujourd’hui ici, demain à cent lieues, suivant les saisons, l’été sur les côtes, l’hiver dans les steppes, toujours à cheval, transportant sur leurs chameaux leurs familles et leurs tentes, comment de pareilles populations pourraient-elles se prêter au genre d’administration directe, uniforme et sédentaire de l’Europe ? […] Et quelle durée des trocs pareils de population, contre tout droit et contre toute nature, peuvent-ils faire augurer au monde politique pour une unité monarchique de l’Italie, dont chaque membre proteste contre la tête, et ne présente pour tête que des gueules de canon ?

1482. (1861) Cours familier de littérature. XI « LXVIe entretien. J.-J. Rousseau. Son faux Contrat social et le vrai contrat social (2e partie) » pp. 417-487

Étonnez-vous après cela de ce qu’un pareil législateur jette une dédaigneuse pitié sur son père, flétrisse sa bienfaitrice, corrompue par sa commisération pour lui, se refuse au mariage, cette tutelle des générations à venir, et jette ses propres enfants à la voirie publique et aux gémonies du hasard qu’on appelle Hospice des enfants abandonnés, pour les punir sans doute d’être nés d’un père aussi dénaturé que ce sophiste législateur ! […] Or autant d’axiomes pareils, autant de mensonges.

1483. (1868) Cours familier de littérature. XXVI « CLIVe entretien. Madame de Staël. Suite »

Cela est affreux. » D’autres paroles, plus abandonnées, exprimaient, dit-on, avec une lucidité étonnante dans un pareil trouble public et privé, toutes les conditions de mécontentement intraitables, de secrètes hostilités, de défections cachées sous l’alliance dont Napoléon allait être entraîné de toutes parts à l’intérieur avec les périls et les démonstrations implacables du dehors. […] Après avoir animé par un reflux fatal mais naturel l’invasion étrangère dans les murs de Paris, après avoir traité libre encore de sa personne à Fontainebleau, après avoir abdiqué et résigné le trône aux Bourbons, se servir dès armes d’honneur qu’on lui avait laissées dans son asile pour violer la foi jurée, les traités, la paix du monde, descendre avec des troupes et du canon sur le rivage de la patrie, embaucher l’armée, corrompre les généraux, déchirer la constitution, chasser du trône le roi nécessaire et réconciliateur, pour ramener par un nouveau défi l’Europe entière au cœur de la France, et pour lui faire perdre à Waterloo les dernières gouttes de son sang, certes il n’y avait d’excuse à un pareil acte que l’ennui personnel de l’empire perdu, et l’impatience d’une ambition qui comptait le monde pour rien devant un caprice de domination ou de gloire.

1484. (1834) Des destinées de la poésie pp. 4-75

si quelque chose pouvait jamais réveiller un mort, c’étaient de pareilles paroles murmurées par une pareille bouche !

1485. (1895) Histoire de la littérature française « Quatrième partie. Le dix-septième siècle — Livre II. La première génération des grands classiques — Chapitre III. Pascal »

Sans ajouter foi aux chiffres donnés par le Père Mersenne (une statistique en pareille matière ne saurait être, même approximativement, exacte), nous devons croire que les libertins furent très nombreux sous Louis XIII : nombre de témoignages l’attestent. […] Pascal, après cela, a donc bien le droit de s’adresser dans la quatrième partie à la raison, et de lui proposer des preuves, qui fourniront une évidence rationnelle, pareille, et non supérieure, à celle que l’homme obtient par ses méthodes humaines dans toutes les parties de ses sciences.

1486. (1889) Histoire de la littérature française. Tome II (16e éd.) « Chapitre troisième »

« S’il est vrai, dit-il dans la préface de Don Sanche, que la crainte ne s’excite en nous par la représentation de la tragédie que quand nous voyons souffrir nos semblables, et que leurs infortunes nous en font appréhender de pareilles, n’est-il pas vrai aussi qu’elle pourrait être excitée plus fortement en nous par la vue des malheurs arrivés aux personnes de notre condition, à qui nous ressemblons tout à fait, que par l’image de ceux qui font trébucher de leurs trônes les grands monarques, avec qui nous n’avons aucun rapport qu’autant que nous sommes susceptibles des passions qui les ont jetés dans ce précipice, ce qui ne se rencontre pas toujours ?  […] Contre un pareil ennemi elle n’a pas trop, pour ne pas mollir, du spectacle d’une plaie demandant vengeance.

1487. (1880) Les deux masques. Première série. I, Les antiques. Eschyle : tragédie-comédie. « Chapitre II, grandeur et décadence de Bacchus. »

Un bas-relief la montre heureuse et joyeuse, pareille à la jeune veuve d’un époux morose, amoureusement remariée au roi de son choix. […] Ce fut alors, entre les déesses, une querelle exquise, pareille à celle d’Obéron et de Titania, dans le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, — « La reine a pour page un aimable enfant, volé à un roi indien, le plus charmant captif qu’elle ait jamais possédé, et le jaloux Obéron voudrait faire de l’enfant un cavalier de sa suite, pour courir avec lui dans les forêts sauvages.

1488. (1761) Querelles littéraires, ou Mémoires pour servir à l’histoire des révolutions de la république des lettres, depuis Homère jusqu’à nos jours. Tome II « Querelles générales, ou querelles sur de grands sujets. — Troisième Partie. De la Poësie. — IV. La Poësie dramatique. » pp. 354-420

Il faut de grands maîtres pour faire réussir de pareilles innovations. […] Le père du Méchant & de Sidney ne veut point qu’il y ait, avec le ciel, de pareils accommodemens.

1489. (1920) Action, n° 3, avril 1920, Extraits

— Paul Eluard (Le Sans Pareil). — Un talent infini dans cette plaquette, un talent qui s’apparente à celui des faiseurs de Tannkabi japonaises, Ces poèmes unissent en si peu de mots, tant de sensations que la phrase hésite à se reconnaître elle-même dans les quelques lignes que porte le papier. […] L’édition originale des Animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux, parue au Sans pareil en 1920, comporte cinq dessins d’André Lhote.

1490. (1908) Les œuvres et les hommes XXIV. Voyageurs et romanciers « Victor Hugo »

Courbé, aplati, stupéfié sous l’ascendant de ces calomnies, le clergé, il faut bien le dire, a laissé imbécillement établir aux ennemis de l’Église — car ils l’ont établi — qu’Alexandre VI était la Trinité de l’inceste, de la fornication et de l’empoisonnement sur le trône pontifical de saint Pierre, et, chose inouïe et particulièrement lamentable ‘ il a fallu attendre jusqu’à ces derniers temps pour qu’un protestant — Roscoe — eût un doute sur ces monstruosités fabuleuses, pour que le doux Audin, qui n’était pas un prêtre, mais un laïque, s’inscrivît hardiment en faux contre elles, et pour que Rohrbacher, qui n’y croyait pas et qui les discuta en passant, avec une force de bon sens herculéenne, dans sa grande Histoire de l’Église, écrivît ce mot, qui sent la vieille épouvante, incorrigible, du prêtre : « Il faudrait, pour bien faire, qu’un protestant honnête homme allât jusqu’au fond de cette question d’Alexandre VI », — comme si ce n’était pas plutôt à un prêtre catholique que l’honneur d’un pareil sujet incombait ! […] et, chose particulière, il n’y a pas, dans ce Quatre-vingt-treize, le grand événement de Quatre-vingt-treize, celui-là qui data la révolution française : la mort du roi, ce crime sans pareil dans les annales de la France, et qui décapita la France !

1491. (1870) Causeries du lundi. Tome X (3e éd.) « Le président Jeannin. — II. (Suite.) » pp. 147-161

Une pareille supposition calomnie le président, attaché de tout temps à l’intégrité de la France.

1492. (1870) Causeries du lundi. Tome XV (3e éd.) « Mélanges de critique religieuse, par M. Edmond Scherer » pp. 53-66

Je ne sais pas en notre langue d’article critique de pareille étendue qui soit mieux pensé, mieux frappé.

1493. (1870) Causeries du lundi. Tome XV (3e éd.) « Étude sur la vie et les écrits de l’abbé de Saint-Pierre, par M. Édouard Goumy. L’abbé de Saint-Pierre, sa vie et ses œuvres, par M. de Molinari. — I » pp. 246-260

[NdA] La Bruyère a dit quelque chose de pareil : « Si le monde dure seulement cent millions d’années, il est encore dans toute sa fraîcheur, et ne fait presque que commencer.

1494. (1864) Nouveaux lundis. Tome II « M. Ernest Renan »

Soustrait à toute inspection, à tout contrôle officiel, le régime intellectuel des grands séminaires est celui de la liberté la plus complète : rien ou presque rien n’étant demandé à l’élève comme devoir rigoureux, il reste en pleine possession de lui-même ; qu’on joigne à cela une solitude absolue, de longues heures de méditation et de silence, la constante préoccupation d’un but supérieur à toutes les considérations personnelles, et on comprendra quel admirable milieu de pareilles maisons doivent former pour développer les facultés réfléchies.

1495. (1865) Nouveaux lundis. Tome IV « Le père Lacordaire. Quatre moments religieux au XIXe siècle. »

Non qu’il n’y ait eu des Anciens qui aient eu eux-mêmes cette méthode d’examen et d’analyse, la seule vraie, la seule capable de mener à bien l’esprit humain dans la voie du progrès et des connaissances positives ; excellent Plutarque, ce ne furent jamais toi ni tes pareils, avec ces traditions de bonhomie crédule qu’on vient nous vanter un peu tard et qui auraient éternisé le Paganisme !

1496. (1867) Nouveaux lundis. Tome IX « La Réforme sociale en France déduite de l’observation comparée des peuples européens, par M. Le Play, Conseiller d’État. »

C’est après avoir compulsé et conféré entre eux de pareils tableaux qu’on pourrait, ce semble, se mettre à écrire de L’Esprit des lois et des mœurs.

1497. (1869) Nouveaux lundis. Tome XI « Frochot, Préfet de la Seine, histoire administrative, par M. Louis Passy. »

A pareille mésaventure, les excuses comme les explications font défaut et expirent sur les lèvres.

1498. (1862) Portraits littéraires. Tome I (nouv. éd.) « Le Brun »

A une telle âme, dans une pareille vie, on doit pardonner un peu d’injustice et d’aigreur.

1499. (1864) Portraits littéraires. Tome III (nouv. éd.) « L’abbé Prevost et les bénédictins. »

Il est très-capable de réussir dans un pareil ouvrage, et de nous donner une belle histoire revêtue de tous les agréments de la diction. » Puis, le comparant à Voltaire qui est en train de composer son Siècle de Louis XIV, et qu’il nous représente comme un jeune homme maigre, qui paraît attaqué de consomption , l’honnête Jordan souhaite à l’un plus de santé et à l’autre plus d’aisance.

1500. (1875) Premiers lundis. Tome III « Sur le sénatus-consulte »

On aimerait à marcher sous le drapeau d’une pareille politique, aussi largement déployée.

1501. (1800) De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (2e éd.) « Seconde partie. De l’état actuel des lumières en France, et de leurs progrès futurs — Chapitre VIII. De l’éloquence » pp. 563-585

Une âme délicate éprouve une sorte de dégoût pour la langue dont les expressions se trouvent dans les écrits de pareils hommes.

1502. (1796) De l’influence des passions sur le bonheur des individus et des nations « Section première. Des passions. — Chapitre III. De la vanité. »

On approche d’une femme distinguée comme d’un homme en place ; la langue dont on se sert n’est pas semblable, mais le motif est pareil.

1503. (1875) Les origines de la France contemporaine. L’Ancien Régime. Tomes I et II « Livre premier. La structure de la société. — Chapitre I. Origine des privilèges. »

. — Sous l’ascendant d’une pareille idée, on l’a laissé tout faire ; de force ou de gré, il a réduit les anciennes autorités à n’être plus qu’un débris, un simulacre, un souvenir.

1504. (1870) De l’intelligence. Première partie : Les éléments de la connaissance « Livre premier. Les signes — Chapitre III. Des idées générales et de la substitution à plusieurs degrés » pp. 55-71

Nous posons, comme tout à l’heure, cette loi générale que la grandeur en question se continue hors d’elle-même par une autre grandeur toute pareille, celle-ci de même, et ainsi de suite, sans qu’une limite puisse intervenir.

1505. (1861) La Fontaine et ses fables « Première partie — Chapitre II. L’homme »

Une grosse toile vulgaire, uniforme, sur laquelle de loin en loin on aperçoit une belle fleur délicatement peinte, voilà l’image de notre condition ; celui-là seul est à envier qui peut montrer sur sa trame beaucoup de fleurs pareilles.

1506. (1890) Conseils sur l’art d’écrire « Principes de composition et de style — Deuxième partie. Invention — Chapitre VII. Induction et déduction. — Diverses causes des faux raisonnements »

Elle est toute de convention, et elle n’a assurément pas plus de vérité que celle de l’Allemand naïf, à la tête carrée, aux grands pieds et à la longue pipe, buvant des chopes et dissertant sur l’idéal et l’infini, se gavant de choucroute et volant des pendules, pour être, en fin de compte, roué de coups par un sous-officier imberbe4. » On se tiendra donc en garde contre de pareilles tentations, et avant de faire aucune induction, avant de poser une loi ou une règle, avant de rien généraliser, on s’assurera qu’on travaille bien sur une réalité, et non sur un fantôme, que les faits d’abord existent ; on aura soin ensuite de ne rien négliger dans les faits qu’on aura reconnus, de tenir compte de tous les éléments qui les composent, de n’y rien ajouter ni retrancher arbitrairement.

1507. (1887) Les contemporains. Études et portraits littéraires. Troisième série « Joséphin Soulary »

Ce sont donc, si l’on veut, des chevilles ; mais elles peuvent être agréables et sembler naturelles ; car, étant donnée la rime du vers qui exprime l’idée nécessaire, le vocabulaire est assez riche et les désinences des mots sont assez variées pour qu’il soit toujours possible de rendre, dans un vers de rime pareille, quelque idée dépendante et voisine.

1508. (1913) Les antinomies entre l’individu et la société « Chapitre V. L’antinomie esthétique » pp. 109-129

« La simplification logique et géométrique est une conséquence de l’augmentation de force ; d’autre part, la perception de pareilles simplifications rend intense le sentiment de la force… Sommet de l’évolution : le grand style. » (Volonté de puissance, § 359.)

1509. (1863) Histoire des origines du christianisme. Livre premier. Vie de Jésus « Chapitre VI. Jean-Baptiste  Voyage de Jésus vers Jean et son séjour au désert de Judée  Il adopte le baptême de Jean. »

Sans toucher ici la question des itinéraires précis de Jésus (question insoluble vu les contradictions des documents et le peu de souci qu’eurent les évangélistes d’être exacts en pareille matière), sans nier que Jésus ait pu faire un voyage auprès de Jean au temps où il n’avait pas encore de notoriété, nous adoptons la donnée fournie par le quatrième évangile (m, 22 et suiv.), à savoir que Jésus, avant de se mettre à baptiser comme Jean, avait une école formée.

1510. (1863) Histoire des origines du christianisme. Livre premier. Vie de Jésus « Chapitre XV. Commencement de la légende de Jésus  Idée qu’il a lui-même de son rôle surnaturel. »

Le seul coupable en pareil cas, c’est l’humanité qui veut être trompée.

1511. (1857) Causeries du lundi. Tome I (3e éd.) « Les Confidences, par M. de Lamartine. (1 vol. in-8º.) » pp. 20-34

« Il faut avoir de l’âme pour avoir du goût », a dit Vauvenargues ; mais, comme l’âme ne saurait être mise en doute dans un pareil sujet, je me contente de dire que cette violation du goût et de la bienséance tient à un manque de justesse première que l’éducation n’a rien fait pour corriger.

1512. (1857) Causeries du lundi. Tome I (3e éd.) « Mémoires touchant la vie et les écrits de Mme de Sévigné, par M. le baron Walckenaer. (4 vol.) » pp. 49-62

Elle en sort telle que la première vue nous l’avait offerte, et plus que jamais pareille à elle-même.

1513. (1857) Causeries du lundi. Tome I (3e éd.) « Chefs-d’œuvre de la littérature française (Collection Didot). Hamilton. » pp. 92-107

On noterait deux ou trois traits pareils d’un goût équivoque, et ce ne serait que justice chez un railleur qui ne passe rien.

1514. (1864) William Shakespeare « Deuxième partie — Livre IV. Critique »

L’idée bifurquée, l’idée se faisant écho à elle-même, un drame moindre copiant et coudoyant le drame principal, l’action traînant sa lune, une action plus petite sa pareille ; l’unité coupée en deux, c’est là assurément un fait étrange.

1515. (1761) Querelles littéraires, ou Mémoires pour servir à l’histoire des révolutions de la république des lettres, depuis Homère jusqu’à nos jours. Tome I « Mémoires pour servir à l’histoire des gens-de-lettres ; et principalement de leurs querelles. Querelles particulières, ou querelles d’auteur à auteur. — Bossuet, et Fénélon. » pp. 265-289

La pénitente faisoit trophée d’avoir un pareil directeur ; & le directeur ne se glorifioit pas moins d’avoir une semblable pénitente.

1516. (1761) Querelles littéraires, ou Mémoires pour servir à l’histoire des révolutions de la république des lettres, depuis Homère jusqu’à nos jours. Tome II « Querelles générales, ou querelles sur de grands sujets. — Troisième Partie. De la Poësie. — I. La Poësie en elle-même. » pp. 234-256

Elle en fut indignée, & s’écria : « Il est tombé absolument en démence ; accident si ordinaire aux gens qui, comme lui, se mêlent de faire des vers, que j’aurois dû le prévoir, & ne pas souffrir qu’un pareil homme pût se vanter d’être connu de moi. » On en appelloit aux autres nations qui font plus de cas que nous des poëtes, & qui ne dédaignent pas quelquefois de les mettre à la tête du gouvernement.

1517. (1867) Le cerveau et la pensée « Chapitre II. Le cerveau chez les animaux »

Enfin on propose de peser non-seulement le cerveau, mais le système nerveux tout entier, la moelle, les nerfs sensoriels, les nerfs moteurs et les nerfs sensitifs ; mais qui pourrait faire un pareil travail ?

1518. (1867) Le cerveau et la pensée « Chapitre VI. Les localisations cérébrales »

Est-ce avec de pareils procédés que l’on peut fonder une science aussi délicate que celle de la physiologie de la pensée ?

1519. (1824) Ébauches d’une poétique dramatique « De la tragédie chez les Anciens. » pp. 2-20

On a beau dire, la vue des misérables ne nous console point de l’être : sans compter que l’homme se porte avec soin à éviter, autant qu’il le peut, une si triste vue, pour jouir plus tranquillement des douceurs de la vie ; ou qu’il se rend dur et insensible sur les misères de ses pareils, oubliant qu’il est homme comme eux, et qu’il paiera chèrement de courtes joies par de longues douleurs.

1520. (1772) Bibliothèque d’un homme de goût, ou Avis sur le choix des meilleurs livres écrits en notre langue sur tous les genres de sciences et de littérature. Tome II « Bibliotheque d’un homme de goût — Chapitre II. Des livres de géographie. » pp. 5-31

Mais quelque plaisir qu’on prenne à lire de pareils livres, il faut recourir aux originaux, si l’on veut avoir des connoissances sures & étendues.

1521. (1895) Les règles de la méthode sociologique « Chapitre VI : Règles relatives à l’administration de la preuve »

Par conséquent, une pareille méthode de démonstration ne peut donner naissance qu’à des conjectures qui, réduites à elles seules, sont presque dénuées de tout caractère scientifique.

1522. (1912) L’art de lire « Chapitre IX. La lecture des critiques »

Elle est funeste en soi ; elle fait des sots ; elle fait en choses littéraires des hommes tout pareils à ceux qui, en politique récitent, les articles de fond de leur journal ; elle fait des hommes-reflets ; elle fait des hommes qui sont des lunes ; il ne faut pas aspirer à être un soleil mais il ne faut pas non plus être comme la lune.

1523. (1878) Les œuvres et les hommes. Les bas-bleus. V. « Chapitre XXVI. La sœur Emmerich »

Oui, même à la lueur de la céleste lampe de l’Évangile, dites s’il n’y a pas là une simplicité approchant de celle du livre dont jusque-là rien ne s’était tant approché, et un genre de pathétique, qui du moins ne détonne pas, avec le pathétique sans pareil du livre divin.

1524. (1898) L’esprit nouveau dans la vie artistique, sociale et religieuse « II — Se connaître »

Quel résultat voulez-vous obtenir en présence d’un pareil idéalisme ?

1525. (1890) Le réalisme et le naturalisme dans la littérature et dans l’art pp. -399

Si c’est une témérité qu’une pareille recherche, on nous la pardonnera plus volontiers ailleurs qu’au début de cet ouvrage. […] Pareils à des vilains, ils cultivent un champ péniblement. […] Que peut être une épopée moderne où l’on voit reparaître « les dieux de la Fable, les oracles, les héros invulnérables, les sortilèges, les métamorphoses, les aventures romanesques90 », une tragédie avec ses mille, invraisemblances, « ces conspirations qui sont, pareilles à des complots d’écoliers, ces princesses amoureuses et non mariées, des ombres, des sacrifices, des coups de tonnerre, des apparitions subites, de plats tyrans poignardés lorsqu’ils ne se tiennent par sur leurs gardes ?  […] Ce sont aussi de vrais paysans que nous montre un des rares tableaux des Le Nain que le Louvre possède, des paysans qui reçoivent leurs pareils, des pauvres ; qui réconfortent d’un verre de vin et d’un morceau de pain noir de plus indigents qu’eux, deux infortunés qui passaient et qu’ils ont fait asseoir : l’un boit déjà avec recueillement ; l’autre ne voit pas le verre qu’on lui tend, parce qu’il regarde vaguement devant lui, les coudes sur les genoux, le corps lassé de la marche qu’il vient de faire, de celle qu’il va entreprendre, pour aller où ? […] Voyez celle-ci qui représente une crise nerveuse : « Les terribles secousses, les détentes nerveuses des membres, les craquements des tendons, avaient cessé, mais sur le cou, sur la poitrine, passaient des mouvements ondulatoires pareils à des vagues levées sous la peau179. » N’avez-vous pas sous les yeux, surtout si vous lisez la page tout entière, une de ces figures qui illustrent un livre récent, Les Démoniaques dans l’art ?

1526. (1882) Autour de la table (nouv. éd.) pp. 1-376

Si quelqu’un se permettait aujourd’hui pareille chose… — Victor Hugo se le permet ! […] Il n’est pas probable qu’une pareille révélation nous soit donnée. […] quels rapports peux-tu avoir avec de pareils hôtes ? […] vois, vois les événements et les siècles futurs, pareils aux petits oiseaux que l’aigle poursuit ! […] On n’aura jamais rien vu de pareil ! 

1527. (1863) Histoire de la vie et des ouvrages de Molière pp. -252

Nous considérons le soin de pareilles indications comme indispensable, et nous montrerons tout à l’heure à quelles étranges méprises leur absence peut quelquefois donner lieu. […] Taschereau. » Nous n’avions jamais songé à coup sûr à adresser à son imagination un pareil reproche. […] Un pareil rôle, par la familiarité qu’il exigeait entre les précieuses et ceux qui le remplissaient auprès d’elles, semblerait aujourd’hui devoir être une source de désordres et une cause de scandale. […] Il engagea son ancien précepteur, Péréfixe, évêque de Rodez, à suivre son exemple ; le prélat s’empressa de répondre avec affectation qu’il n’avait en pareil jour qu’une collation à faire. […] Comme elle était encore fort jeune quand je l’épousai, je ne m’aperçus pas de ses méchantes inclinations, et je me crus un peu moins malheureux que la plupart de ceux qui prennent de pareils engagements.

1528. (1911) L’attitude du lyrisme contemporain pp. 5-466

L’intérêt d’une pareille analyse se comprend aisément. […] Je me trouve fort embarrassé pour décomposer les moments d’un pareil procédé, en soi indécomposable. […] Voici brièvement réunis les avantages d’un pareil style. […] que notre littérature n’enregistrera pas de sitôt de pareils accents. […] Pareil malheur nous guetta.

1529. (1888) Impressions de théâtre. Deuxième série

Une pareille précocité ne s’était guère vue que chez des musiciens, parce que la musique est œuvre de sensibilité plus que de pensée : de même, elle ne pouvait se rencontrer chez un poète qu’à la condition qu’il exprimât presque uniquement les « passions de l’amour ». […] Ponsard a très justement senti ce qui plaît au gros du public en pareille matière, et ce qu’il réclame. […] Bardannes, Fernand, Mme de Thauzette, nous avons vu maintes fois leurs pareils dans le théâtre de M.  […] Mais justement le premier inconvénient d’un pareil sujet, c’est d’épouvanter les âmes simples et d’égayer les autres. […] Il faut qu’il soit éloquent : mais c’est difficile d’être éloquent, surtout en pareil lieu.

1530. (1905) Pour qu’on lise Platon pp. 1-398

Les sophistes, non seulement ne se piquaient point d’apporter rien de pareil, mais encore, par leur abstention presque absolue et presque systématique à cet égard, ils faisaient hommage, du seul fait de laisser le champ libre. […] Or quelle impression de pareils discours sur la nature du vice et de la vertu et sur l’idée qu’en ont les dieux et les hommes feront-ils dans l’âme d’un jeune homme doué d’un beau naturel et d’un esprit capable de tirer les conséquences de ce qu’il entend, relativement à ce qu’il doit être ? […] « Exempt d’un pareil sentiment, Dieu a voulu que toutes choses fussent le plus possible semblables à lui-même. […] Il faut être non point, sans doute, pareils aux dieux, mais imitateurs des dieux, en ne ressentant et ne voulant ressentir que des joies et des tristesses tempérées, en faisant bonne contenance dans les revers et aussi dans les succès, qui sont plus dangereux que les revers pour la paix de l’âme. […] C’est un gouvernement antigouvernemental, pareil à ce que serait une science qui se déclarerait antiscientifique.

1531. (1906) Propos de théâtre. Troisième série

Vous n’aurez pas souvent dans votre existence un plaisir pareil. […] Un dieu qui ordonne pareille chose n’est pas un dieu ». […] Mounet-Sully à la même époque, ne m’a donné une sensation d’art pareille. […] C’est-à-dire : « Vous, ma fille, vous, une philosophe, vous êtes bien au-dessus de pareilles bassesses, sans quoi vous ne seriez pas vous-même. […] Il n’y a de vrai mariage qu’entre deux amours pareilles ou entre deux indifférences égales.

1532. (1907) L’évolution créatrice « Chapitre III. De la signification de la vie. L’ordre de la nature et la forme de l’intelligence. »

Une pareille tentative paraîtra, au premier abord, dépasser en témérité les spéculations les plus hardies des métaphysiciens. […] Mais on prouverait aussi bien, avec un pareil raisonnement, l’impossibilité d’acquérir n’importe quelle habitude nouvelle. […] Dans une pareille hypothèse, l’atome ou plus généralement le point matériel devient une simple vue de l’esprit, celle où l’on arrive en continuant assez loin le travail (tout relatif à notre faculté d’agir) par lequel nous subdivisons la matière en corps. […] Le désordre et les deux ordres   Mais le philosophe se refusera peut-être a fonder une théorie de la connaissance sur de pareilles considérations.

1533. (1885) Les étapes d’un naturaliste : impressions et critiques pp. -302

… Il n’est qu’une joie véritable en ce monde si mauvais, mais celle-là est sans pareille ; la joie de t’aimer, mon Dieu !  […] J’ai recueilli les pauvres naufragés auxquels mon relieur fait, en ce moment, une fraîche toilette digne d’eux : c’est à ceux qui sont capables, je ne dis pas de pareil dévouement, mais de pareil plaisir, que s’adresse surtout cette étude. […] que j’aie le pareil sur l’airée ! […] QUATRIÈME VALET Jamais pareil bonheur ne m’arrivera à moi, pauvre valet ! […] En suivant pareille voie, on est toujours certain de rencontrer l’ingratitude de ceux que l’on défend et de n’éviter point la haine de ceux de qui l’on a affronté les colères.

1534. (1898) Essai sur Goethe

Juges du Tribunal secret, vous avez juré sur la corde et le glaive d’être irréprochables, de juger en secret, de punir en secret, pareils à Dieu. […] Ces détails furent fournis à Goethe par Kestner, qui envoya à son ami une relation circonstanciée de l’événement, accompagnée des réflexions judicieuses que peut faire, en pareil cas, un homme absolument incapable de comprendre le suicide. […] Un publiciste hanovrien, nommé Wïlhem Rechberg, raconte qu’il passa quatre semaines à pleurer parce qu’il ne se sentait point pareil au héros à la mode, incapable d’agir comme lui. […] J’ai hésité à te répondre, car il est difficile, en un cas pareil, d’être juste et de ne pas blesser… Ce que j’ai laissé en Italie, je ne puis plus le répéter, tu as assez mal accueilli mes confidences à ce sujet. […] Des occupations si diverses, si multiples, souvent si insignifiantes, pareilles à celles qui paralysaient le génie de Goethe avant son voyage d’Italie, expliquent en partie ses longues périodes de stérilité.

1535. (1907) Propos littéraires. Quatrième série

Richet le prévoit avec une prudence, une circonspection, je ne dirai pas une méthode, car il n’y a guère proprement de méthode en pareille matière, mais une attention patiente qui sentent bien le savant. […] Dornis sera récompensé et de son travail et de sa réserve ; car, évidemment, ce que le public demande en ce moment-ci, en pareille matière, c’est de pouvoir lire beaucoup de textes italiens. […] Des tas de charbons, çà et là, dans les clairières, pareils à de hauts bûchers dont les cadavres seraient déjà en cendres, lentement fumaient dans l’air ; les lentes spirales montaient en ondoyant ; lentes, elles se dissolvaient. […] Cela n’aurait pas été souffert, et Sainte-Beuve aurait été certain d’être reconduit avec diligence s’il s’était permis pareille trahison. […] C’est possible ; mais elle est longue ; on ne connaissait pas pareille mémoire à Sainte-Beuve.

1536. (1892) Les idées morales du temps présent (3e éd.)

Sa vie n’eut rien de particulièrement malheureux : elle fut, jusqu’à un âge avancé, celle d’un homme un peu excentrique si l’on veut, mais en somme pareil à la plupart des autres. […] Est-ce que le seul fait qu’une pareille thèse circule dans un livre ne dénote pas une conscience malade ou plutôt effarée, hors d’état de discuter avec ses besoins de certitude, prête à se noyer dans le mystère pour éviter l’ignorance ? […] Sully-Prudhomme, où les analyses d’un esprit trop conscient sont comme enveloppées d’une fine poésie, pareille à ces légers voiles de soie d’Orient. […] Un pareil conflit devait avoir de multiples conséquences, et il les a eues. […] Depuis qu’on fait de la critique, on n’a jamais tant raisonné sur les œuvres littéraires, et jamais non plus, il faut bien le dire, avec une pareille âpreté, avec une rigueur plus intraitable.

1537. (1774) Correspondance générale

Il y a plus de deux ans que ce roi de Prusse, qui pense comme nous, qui pense aux plus petites choses en en exécutant de grandes, leur en avait appliqué un tout pareil. […] Madame prétend ne vous avoir rien écrit de pareil à vos lignes soulignées sur l’affaire du précepteur manqué. […] C’est vous qui commettez de pareilles iniquités ! […] On voit dans son âme que j’y suis seul encore ; cela se peut ; mais n’y voit-elle pas qu’elle me manque à tous égards, et qu’une pareille conduite de ma part la blesserait. […] Je suis entièrement de votre avis sur ce que vous dites des jugements que formeraient, en pareil cas, des hommes ordinaires qui n’auraient que du bon sens, et des philosophes.

1538. (1866) Histoire de la littérature anglaise (2e éd. revue et augmentée) « Livre I. Les origines. — Chapitre I. Les Saxons. » pp. 3-71

Car le meurtre engendre le meurtre ; et ses frères, les meurtriers de Sigurd, attirés chez Atli, vont tomber à leur tour dans un piége pareil à celui qu’ils ont tendu. […] Avec quelle tristesse, quelle fureur et quels dégâts un pareil naturel se déborde, on le verra dans Byron et dans Shakspeare ; avec quelle efficacité, avec quels services il s’endigue et s’emploie sous les idées morales, on le verra dans les puritains. […] Ils roulèrent ainsi jusqu’à ce que Beowulf aperçut près de lui, parmi les armes, une lame fortunée dans la victoire,  — une vieille épée gigantesque,  — fidèle de tranchant,  — bonne et prête à servir,  — ouvrage des géants. —  Il la saisit par la poignée,  — le guerrier des Scyldings ; — violent et terrible, tournoyait le glaive. —  Désespérant de sa vie,  — il frappa furieusement ; — il l’atteignit rudement — à l’endroit du col ; — il brisa les anneaux de l’échine,  — la lame pénétra à travers toute la chair maudite. —  Elle s’affaissa sur le sol,  — l’épée était sanglante. —  L’homme se réjouit dans son œuvre. —  La lumière entra. —  Il y avait une clarté dans la salle, comme lorsque du ciel,  — luit doucement — la lampe du firmament. » Alors il vit Grendel mort dans un coin de la salle, et quatre de ses compagnons, ayant soulevé avec peine la tête monstrueuse, la portèrent par les cheveux jusqu’à la maison du roi.C’est là sa première œuvre, et le reste de sa vie est pareil : lorsqu’il eut régné cinquante ans dans sa terre, un dragon dont on avait dérobé le trésor sortit de la colline et vint brûler les hommes et les maisons de l’île « avec des vagues de feu. » Alors le refuge des comtes — commanda qu’on lui fît — « un bouclier bigarré — tout de fer », sachant bien qu’un bouclier en bois de tilleul ne suffirait pas contre la flamme. « Le prince des anneaux — était trop fier — pour chercher la grande bête volante — avec une troupe,  — avec beaucoup d’hommes. —  Il ne craignait pas pour lui-même cette bataille. —  Il ne faisait point cas — de l’inimitié du ver,  — de son labeur, ni de sa valeur. » Et cependant il était triste et allait contre sa volonté, car « sa destinée était proche. » Il vit une caverne, « un enfoncement sous la terre — près de la vague de l’Océan,  — près du clapotement de l’eau,  — qui au dedans était pleine — d’ornements en relief et de bracelets. —  Il s’assit sur le promontoire,  — le roi rude à la guerre,  — et dit adieu — aux compagnons de son foyer  » ; car, quoique vieux, il voulait s’exposer pour eux, « être le gardien de son peuple. » Il cria, et le dragon vint jetant du feu ; la lame ne mordit point sur son corps, et le roi fut enveloppé dans la flamme.

1539. (1866) Histoire de la littérature anglaise (2e éd. revue et augmentée) « Livre I. Les origines. — Chapitre III. La nouvelle langue. » pp. 165-234

Vous rencontrerez dans Chaucer des enfilades de peintures pareilles. […] Une meurtrissure, une franche ordure passe en pareil monde pour un trait d’esprit. […] À quoi peut aboutir le talent, même le génie, quand de lui-même il se met dans de pareilles entraves ?

1540. (1867) Cours familier de littérature. XXIII « cxxxiiie entretien. Littérature russe. Ivan Tourgueneff »

Chacun applaudira sans doute au courage de l’écrivain qui, sous le régime ombrageux alors dans toute sa vigueur1 en Russie, n’a pas craint de consacrer sa plume à une pareille entreprise. […] Ma femme me dit aussitôt : — Coco, c’est-à-dire vous comprenez : elle m’appelle ainsi ; prenons cette petite fille à Pétersbourg ; elle me plaît. — Prenons-la, — lui répondis-je ; je ne demande pas mieux. — Le starosta tombe, bien entendu, à nos pieds ; il ne pouvait pas s’attendre, vous comprenez, à un pareil bonheur. […] Ma femme y perdit, il est vrai, une excellente femme de chambre, mais il n’y avait rien à faire ; il est impossible cependant de tolérer des désordres pareils dans une maison ; il vaut mieux couper tout de suite les membres malades.

1541. (1857) Cours familier de littérature. IV « XXIIe entretien. Sur le caractère et les œuvres de Béranger » pp. 253-364

Que l’on concilie cependant de pareils vers dans le poète de 1814 avec ceux qu’il écrivit quelques années plus tard ! […] Qu’on se figure jusqu’à quelle ébullition de haine ou de mépris de pareils chants, insaisissables par la loi, trop saisissables par l’allusion, portaient l’opinion d’un peuple irritable et illettré, qui voyait un Louis XI dans son roi et un bourreau dans M. de Martignac. […] La république même eût été à l’instant dépopularisée par un pareil acte dans la main des républicains.

1542. (1888) Épidémie naturaliste ; suivi de : Émile Zola et la science : discours prononcé au profit d’une société pour l’enseignement en 1880 pp. 4-93

Repoussé par le public, qui ne goûtait pas sa manière, et les marchands qui méprisaient ses mêmes toiles qui, aujourd’hui, se paient fabuleusement sans qu’on puisse expliquer un pareil revirement, François Millet fut exalté par la critique tapageuse ci-dessus signalée. […] Si nous ajoutons, à cette raison, qu’aujourd’hui, grâce à la vulgarisation de l’enseignement, un plus grand nombre d’individus savent lire, nous ne serons pas étonnés qu’il n’y ait jamais eu, à aucune époque, une pareille consommation de romans. […] Ils n’ont plus leur raison d’être ils ont eu leur utilité à des époques où la hardiesse de l’imagination comblait le vide de la science absente. » Vous voyez d’ici les conséquences d’une pareille théorie.

1543. (1896) Matière et mémoire. Essai sur la relation du corps à l’esprit « Chapitre I. De la sélection des images, pour la représentation. Le rôle du corps »

Or, il suffirait d’énoncer une pareille proposition pour en découvrir l’absurdité. […] Comme, en pareil cas, l’objet a disparu tandis que le cerveau subsiste, on conclut de là que le phénomène cérébral suffit à la production de l’image. […] Pareille image ne peut donc apparaître que si l’objet extérieur a joué un rôle au moins une première fois : il doit par conséquent, la première fois au moins, être entré effectivement dans la représentation.

1544. (1888) Portraits de maîtres

Seulement quelquefois sur l’élément profond Un palais englouti montrait l’or de son front ; Quelques dômes, pareils à de magiques îles, Restaient pour attester la splendeur de leurs villes. […] De pareils excès n’appartiennent qu’aux grandes âmes ; ils ne sont pas à la portée des âmes médiocres, véritable rebut et fléau de notre temps. […] Un pareil scepticisme est encore, un des modes de la pitié. […] Remarquez que nul de nos grands morts ne suggérerait pareille illusion. […] Cependant on ne peut assimiler cet attentat à celui du Deux Décembre ; il n’y eut point de guet-apens et d’écrasement pareil, ni surtout de protestations indignées, de révoltes de la conscience.

1545. (1890) Le massacre des amazones pp. 2-265

Voici même, — j’en suis vraiment confus, — que j’ai envie de rire lorsque la cantinière adresse au champagne cette apostrophe hardie : Si jamais défaites pareilles Chez nous ramenaient l’Étranger, Ô Vin, fais sauter les bouteilles Et sois perdu pour nous venger ! […] Tu fais donc, en les supprimant, une chose absurde ; tu supprimes la différence, la distance naturelle qu’il y a entre les idées et les choses… Le défaut de ponctuation répand sur tout ce que tu dis une certaine uniformité menteuse, et enlève aux choses dont tu parles leur vraie physionomie, leur vraie place, en les présentant toutes d’un trait et comme parfaitement pareilles et contiguës !  […] montrer au monde, pareils à des géants se dressant sur ses monts glaciaires dans l’horizon de ses mers aux vaisseaux rares, de ses flots tourmentés, léchant les blessures sans nombre en lesquelles ils ont déchiré et déchiqueté ses côtes, comme fait un chien des blessures ouvertes par ses dents, ces deux personnalités colossales résumant en un couple de super-hommes d’une part l’Action dans la vie cérébrale, d’autre part l’Action dans la vie physique !  […] Aussi la jeune fille répond-elle à son père : Avec tous ses pareils, votre monsieur Raymond, Cette homme si charmant, ce fiancé modèle, Avait sournoisement déserté le salon, Et, préférant au sexe, ainsi qu’on nous appelle, Du tabac empesté l’arome dégoûtant, Ils étaient tous allés, ô rare politesse ! […] Pourquoi m’époumonner à une sèche énumération et où trouver les mots pour distinguer tant de sottises si égales et souvent si pareilles ?

1546. (1887) George Sand

Avec de pareilles dispositions, l’amour du roman, sans qu’elle sût encore ce que c’était que le roman, s’empara d’elle avant qu’elle eût fini d’apprendre à lire. […] … Tu souris, mon gracieux poète, endors-toi ainsi. » Je ne peux souffrir cette sollicitude pour la vertu future de Sténio en un pareil moment. […] George Sand avait-elle été coupable, dès ses premiers romans, de pareilles intentions ? […] Lui, étonné, de plus en plus mécontent, se plaint à son compagnon de voyage, un habitué de la maison, d’un pareil accueil ; son mécontentement, comme il arrive, s’exalte en s’exprimant ; il veut partir, il rassemble sa canne, son chapeau, sa valise. […] Quand elle a compris, elle frémit d’un pareil accident ; une telle déception la bouleverse, elle se désespère.

1547. (1856) Réalisme, numéros 1-2 pp. 1-32

Le livre de Lesage offrirait assez bien l’exemple d’un abrégé d’un pareil travail, mais seulement un abrégé. […] Alors le lecteur est mis en jeu personnellement et est agité par des émotions et des réflexions actuelles ; ce qu’il lit lui sert, on lui a donné un petit tube pareil à celui des Mille et une Nuits, qui centuple la puissance de sa vision. […] Pour un métier pareil, le sens critique ne sert de rien ; il faut payer d’aplomb, et la seule qualité nécessaire est alors l’esprit de critique. […] Ces réalistes sont véritablement des imbéciles ou des mystificateurs en prétendant intéresser avec de pareilles sornettes. […] De petits poètes ont continuellement des vers pareils à ceux des grands.

1548. (1765) Articles de l’Encyclopédie pp. 5482-9849

De pareils chefs-d’oeuvres sont très-rares, tout est d’ailleurs devenu lieu commun. […] De pareils traits plaisent à tout le monde, & caractérisent l’esprit délicat d’une nation ingénieuse. […] On ne voit point de pareilles bassesses de style dans Tite-Live, dans Tacite, dans Guichardin, dans Clarendon. […] Des mémoires frauduleux, imprimés depuis peu, sont remplis de pareilles absurdités insolentes. […] Votre maître vous a battu, cela vous a paru très-injuste ; vous avez vû le salaire refusé à un ouvrier, & cent autres choses pareilles.

1549. (1863) Cours familier de littérature. XV « LXXXVIIe entretien. Considérations sur un chef-d’œuvre, ou le danger du génie. Les Misérables, par Victor Hugo (5e partie) » pp. 145-224

Disons la vérité crûment à ceux qui, avec un pareil monde et pour un pareil monde, ont créé une poétique fantasmagorie d’un progrès indéfini où ils font marcher l’homme, comme dans une aube éternelle, de perfection en perfection, jusqu’à des félicités et des immortalités terrestres évidemment incompatibles avec sa nature.

1550. (1887) Revue wagnérienne. Tome II « Paris, le 8 mars 1886. »

Le Gaulois du 16 : lettre de M. de Fourcaud ; — que la discussion n’est plus possible sur un pareil terrain … … Un patriotisme de rhétorique et d’opéra-comique … Gil Blas du 17 : Grimsel (M.  […] En France, quelque chose de pareil ne se serait pas produit.

1551. (1896) Les origines du romantisme : étude critique sur la période révolutionnaire pp. 577-607

La publication d’Atala fut fêtée, comme la naissance d’une fille de roi ; la « non pareille des Florides » enleva le public. […] En torturant d’un pareil remords le cœur d’Atala, vaincue par la religion, Chateaubriand obéissait à l’opinion qui imputait à péché toute résistance à l’amour.

1552. (1856) Cours familier de littérature. II « XIe entretien. Job lu dans le désert » pp. 329-408

Plier avant le jour la tente solitaire, Rassembler le troupeau qui lèche à nu la terre ; Autour du puits creusé par l’errante tribu Faire boire l’esclave où la jument a bu ; Aux flancs de l’animal, qui s’agenouille et brame, Suspendre à poids égaux les enfants et la femme ; Voguer jusqu’à la nuit sur ces vagues sans bords, En laissant le coursier brouter à jeun son mors ; Boire à la fin du jour, pour toute nourriture, Le lait que la chamelle à votre soif mesure, Ou des fruits du dattier ronger les maigres os ; Recommencer sans fin des haltes sans repos Pour épargner la source où la lèvre s’étanche ; Partir et repartir jusqu’à la barbe blanche… Dans des milliers de jours, à tous vos jours pareils, Ne mesurer le temps qu’au nombre des soleils ; Puis de ses os blanchis, sur l’herbe des savanes, Tracer après sa mort la route aux caravanes… Voilà l’homme ! […] … ………………………………………………………… ………………………………………………………… ………………………………………………………… ………………………………………………………… VII Le désert donne à l’homme un affranchissement Tout pareil à celui de ce fier élément ; À chaque pas qu’il fait sur sa route plus large, D’un de ses poids d’esprit l’espace le décharge ; Il soulève en marchant, à chaque station, Les serviles anneaux de l’imitation ; Il sème, en s’échappant de cette Égypte humaine, Avec chaque habitude, un débri de sa chaîne… ………………………………………………………… ………………………………………………………… Ces murs de servitude, en marbre édifiés, Ces balbeks tout remplis de dieux pétrifiés, Pagodes, minarets, panthéons, acropoles, N’y chargent pas le sol du poids de leurs coupoles ; La foi n’y parle pas les langues de Babel ; L’homme n’y porte pas, comme une autre Rachel, Cachés sous son chameau, dans les plis de sa robe, Les dieux de sa tribu que le voleur dérobe !

1553. (1919) L’énergie spirituelle. Essais et conférences « Chapitre V. Le souvenir du présent et la fausse reconnaissance »

Ensuite il faut remarquer qu’on se dit en pareil cas « J’ai vu cette personne quelque part » ; on ne se dit pas « J’ai vu cette personne ici, dans les mêmes circonstances, en un moment de ma vie qui était indiscernable du moment actuel. » À supposer donc que la fausse reconnaissance ait sa racine dans un sentiment, ce sentiment est unique en son genre et ne peut pas être celui de la reconnaissance normale, errant à travers la conscience et se trompant de destination. […] Mais remarquons qu’il s’agit toujours, en pareil cas, de situations semblables et non pas de situations identiques.

1554. (1869) Causeries du lundi. Tome IX (3e éd.) « Duclos. — III. (Fin.) » pp. 246-261

Il fit un jour une pareille scène chez la comtesse de Kaunitz, femme du ministre d’Autriche à Naples, à propos de l’abbé de Caveyrac, l’apologiste de la Saint-Barthélemy : « Comment, madame, s’écria-t-il en pleine assemblée en l’entendant nommer, est-ce qu’un tel maraud est venu chez Votre Excellence ? 

1555. (1869) Causeries du lundi. Tome IX (3e éd.) « Geoffroy de Villehardouin. — II. (Fin.) » pp. 398-412

Nous avons vu dans Joinville un sentiment pareil lors du départ de la flotte de saint Louis à Marseille, et lors du second départ, à l’île de Chypre : mais l’enthousiasme de Villehardouin a un caractère plus haut et plus sévère que l’épanouissement et l’enfance d’allégresse de l’aimable Joinville.

1556. (1870) Causeries du lundi. Tome XIV (3e éd.) « Fanny. Étude, par M. Ernest Feydeau » pp. 163-178

Quelques autres prétendent que le cas de Roger est trop singulier et trop poussé à bout pour être tout à fait vrai, que l’impitoyable rigueur logique avec laquelle procède sa passion est plus logique que la vérité même, ou du moins que la vraisemblance en pareil cas ; que cette impression se prononce surtout en avançant, et qu’on y croit sentir un parti pris ; que ce n’est que quand on invente que l’on est tenté ainsi d’exagérer, et que tout s’expliquerait pour la critique s’il n’y avait de tout à fait observés que les trois quarts de l’histoire de Roger, le reste étant inventé et composé.

1557. (1870) Causeries du lundi. Tome XIV (3e éd.) « Mémoires du duc de Luynes sur la Cour de Louis XV, publiés par MM. L. Dussieux et E. Soulié. » pp. 369-384

Étant à la chasse avec le feu roi dans la forêt de Marly, il imagina, pour lui faire sa cour, de lui demander la permission de le suivre à la chasse à tirer ; mais étant fort embarrassé de demander une si grande grâce au roi (M. de Nangis n’avait alors que vingt-cinq ou vingt-six ans), le roi lui dit qu’il était bien jeune pour lui demander une pareille grâce, et qu’il verrait.

1558. (1870) Causeries du lundi. Tome XV (3e éd.) «  Œuvres et correspondance inédites de M. de Tocqueville — II » pp. 107-121

Une pareille promenade devrait suffire pour apprendre à supporter paisiblement le mouvement de toutes les affaires de ce monde.

1559. (1870) Causeries du lundi. Tome XV (3e éd.) « Le général Joubert. Extraits de sa correspondance inédite. — Étude sur sa vie, par M. Edmond Chevrier. — III » pp. 174-189

Y eut-il jamais, dans la vie d’un peuple militaire et libre, un plus admirable moment et pour ce peuple lui-même et pour les jeunes guerriers dont il était fier, que l’heure où, après une pareille campagne unique par le génie et toute patriotique d’inspiration, toute défensive encore jusque dans ses conquêtes, après n’avoir battu tant de fois l’étranger au dehors et ne l’avoir relancé si loin que pour ne pas l’avoir chez soi au dedans, les enfants de cette triomphante armée d’Italie revinrent dans leurs foyers, simples, modestes, décorés du seul éclat des victoires ?

1560. (1863) Nouveaux lundis. Tome I « Mélanges religieux, historiques, politiques et littéraires. par M. Louis Veuillot. » pp. 64-81

Malgaigne), est si plaisamment singé pour le geste et noté pour l’accent : journée unique où, au milieu de ses graves préoccupations, la Chambre entière fut prise d’un fou rire, d’un rire homérique, et où, pour un moment, il n’y eut plus amis ni ennemis sur tous les bancs, « il n’y eut que des gensde bonne humeur. » Mon métier ici n’est pas de mettre les noms propres : comme cependant en pareille matière rien ne vit que par là, et que le recueil des Mélanges est bien gros à feuilleter tout entier, MM. 

1561. (1863) Nouveaux lundis. Tome I « Lettres de Madame de Sévigné »

Dirai-je, après un tel passage et quelques autres pareils, qu’il y a dans Mme de Sévigné une veine de Rabelais ?

1562. (1865) Nouveaux lundis. Tome III « Le Mystère du Siège d’Orléans ou Jeanne d’Arc, et à ce propos de l’ancien théâtre français (suite et fin.) »

C’est alors que la Vierge, ainsi repoussée, en remercie presque son fils et le prie de l’excuser de ses faiblesses ; mais au même moment, tout en paraissant se soumettre, elle revient doucement à la charge en refaisant presque ses mêmes demandes, ses mêmes prières, en les faisant à mains jointes et comme les plus petites, les plus humbles, les plus attendrissantes supplications qui puissent, à pareille heure, sortir des lèvres d’une mère : Notre-Dame Au moins veuillez, de votre grâce, Mourir de mort brève et légère !

1563. (1866) Nouveaux lundis. Tome V « Térence. Son théâtre complet traduit par M. le marquis de Belloy »

C’est comme le mot de Catulle nous exprimant Ariane abandonnée, debout sur la plage, les bras tendus vers les flots qui emportent le vaisseau de Thésée, pareille dans son immobilité à une statue de bacchante : Saxea ut effigies bacchantis.

1564. (1867) Nouveaux lundis. Tome IX « Souvenirs d’un diplomate. La Pologne (1811-1813), par le baron Bignon. »

Bignon qu’une pareille question de cérémonial et d’étiquette fut soulevée par M. de Senfft pour sa femme, pendant le séjour du roi de Saxe à Varsovie en 1811.

1565. (1867) Nouveaux lundis. Tome IX « Souvenirs d’un diplomate. La Pologne (1811-1813), par le baron Bignon. (Suite et fin.) »

Bignon, envoyé à Varsovie dès les premiers mois de 1811, n’était pas en mesure de tenir un pareil langage, eût-il observé les choses du même œil.

1566. (1868) Nouveaux lundis. Tome X « Les cinq derniers mois de la vie de Racine »

Mais un autre abbé, l’abbé Testu, directeur de l’Académie, trouva à redire après coup à ce procédé et convoqua extraordinairement les Quarante pour se plaindre qu’on eût manqué à l’ordre établi en pareil cas, à savoir que, dans les solennités académiques, on ne lirait aucun ouvrage s’il n’était de quelqu’un de la Compagnie.

1567. (1869) Nouveaux lundis. Tome XI « Le comte de Clermont et sa cour, par M. Jules Cousin. (Suite.) »

On voit par le Journal de Luynes que le comte de Clermont obtint en mars 1748, et en prévision sans doute de la prochaine campagne, une patente de généralissime à peu près pareille à celle qu’avait sollicitée et obtenue précédemment le prince de Conti.

1568. (1870) Portraits contemporains. Tome III (4e éd.) « M. BRIZEUX (Les Ternaires, livre lyrique.) » pp. 256-275

Mais le Breton aussitôt a reconnu le son de l’instrument pareil au corn-boud national, et il a tressailli : c’est son ranz des vaches.

1569. (1862) Portraits littéraires. Tome I (nouv. éd.) « Sur la reprise de Bérénice au Théâtre-Français »

Ce qui est d’un art infini, c’est que ces petits ressorts qui font aller la pièce et en établissent l’économie concordent parfaitement et se confondent avec les plus secrets ressorts de l’âme dans de pareilles situations.

1570. (1862) Portraits littéraires. Tome II (nouv. éd.) « Léonard »

En ses meilleurs jours, il est pareil encore à ce pasteur de Sicile, dont il emprunte la chanson à Moschus, et auquel il se compare : si la mer est calme, le voilà qui convoite le départ et le voyage aux îles Fortunées ; mais, dès que le vent s’élève, il se reprend au rivage, à aimer les bruits du pin sonore et l’ombre sûre du vallon.

1571. (1796) De l’influence des passions sur le bonheur des individus et des nations « Section première. Des passions. — Chapitre VII. De l’esprit de parti. »

Malgré ces différences cependant, les caractères généraux sont toujours pareils.

1572. (1900) L’état actuel de la critique littéraire française (article de La Nouvelle Revue) pp. 349-362

Et une pareille organisation, transportée à l’étranger, créerait un échange international de volumes sobres, débordants de pensée concentrée, qui enrichiraient les bibliothèques et constitueraient, à côté de la bibliographie effective, un memento intellectuel de premier ordre.

1573. (1894) Propos de littérature « Chapitre III » pp. 50-68

Puvis de Chavannes, par exemple, dont les viriles et douces figures séduisent par une noblesse pareille.

1574. (1863) Molière et la comédie italienne « Chapitre XIV. La commedia dell’arte au temps de Molière (à partir de 1662) » pp. 265-292

Il se met d’abord des lunettes sur le nez, et voit que les autres en mettent aussi et se tiennent en pareille posture.

1575. (1897) Le monde où l’on imprime « Chapitre VIII. Les écrivains qu’on ne comprend pas » pp. 90-110

Pensez-vous que des comparaisons identiques, que de pareilles métaphores s’éveilleront devant un paysage pour un amateur de musées et de bibliothèques et pour le coulissier voisin ?

1576. (1863) Histoire des origines du christianisme. Livre premier. Vie de Jésus « Chapitre XXIV. Arrestation et procès de Jésus. »

Suprême injustice ; car le vrai coupable, en pareil cas, est l’instigateur !

1577. (1900) La méthode scientifique de l’histoire littéraire « Deuxième partie. Ce qui peut être objet d’étude scientifique dans une œuvre littéraire — Chapitre II. L’analyse interne d’une œuvre littéraire » pp. 32-46

Ici ce sera une harmonie douce, berceuse, un peu monotone et assoupissante, pareille au murmure des vagues qui expirent sur la plage ou au souffle du vent qui se joue dans les branches ; telle vous la trouverez dans les vers de Lamartine.

1578. (1900) La méthode scientifique de l’histoire littéraire « Troisième partie. Étude de la littérature dans une époque donnée causes et lois de l’évolution littéraire — Chapitre XIX. Cause et loi essentielles des variations du gout littéraire » pp. 484-497

Même en de pareilles conditions il ne saurait rester dans cet état d’équilibre ; il doit changer et avec lui la littérature qui en fait partie.

1579. (1865) Causeries du lundi. Tome VI (3e éd.) « Saint Anselme, par M. de Rémusat. » pp. 362-377

Dans les développements qu’il y donne, il me permettra de regretter que là, comme il lui arrive d’ordinaire en pareille matière, il se soit trop asservi aux formes philosophiques du jour, et que lui, esprit si vif et si français quand il le veut, il ne perce pas d’outre en outre, une fois pour toutes, ces expressions vagues et vaines, ces métaphores abstraites qui donnent un air de réalité à ce qui n’est que le nuage subtilisé du raisonnement.

1580. (1886) Quelques écrivains français. Flaubert, Zola, Hugo, Goncourt, Huysmans, etc. « Les romans de M. Edm. de Goncourt » pp. 158-183

Par une vision particulière pareille en son effet, à ces fusils photographiques, qui décomposent le vol d’une chauve-souris et le saut d’un gymnaste, M. de Goncourt arrête le portrait de la sœur de la Faustin, au sortir d’une, crise hystérique, dans sa promenade nerveuse par une salle de fin de dîner  décrit Chérie montant un escalier et, « balançant sous vos yeux l’ondulante et molle ascension de son souple, torse ».

1581. (1867) Le cerveau et la pensée « Chapitre III. Le cerveau chez l’homme »

car qui eût pu supporter une pareille existence avec une famille de singes ?

1582. (1733) Réflexions critiques sur la poésie et la peinture « Troisième partie — Section 16, des pantomimes ou des acteurs qui joüoient sans parler » pp. 265-295

Mais on peut faire voir qu’il n’y eut alors que les pantomimes de chassez, et que Tacite par une négligence excusable en un pareil sujet a mis le nom du genre pour le nom d’une de ses especes.

1583. (1868) Les philosophes classiques du XIXe siècle en France « Chapitre VI : M. Cousin philosophe »

De tous les philosophes, il n’en est aucun qui soit monté à des hauteurs pareilles, ou dont le génie approche de cette prodigieuse immensité32.

1584. (1773) Essai sur les éloges « Chapitre XXXIII. Des éloges ou panégyriques adressés à Louis XIV. Jugement sur ce prince. »

La hauteur insultante des conférences de Gertruydemberg n’a rien de plus humiliant : peut-être même un pareil triomphe est au-dessous d’un grand homme.

1585. (1773) Essai sur les éloges « Chapitre XXXVIII et dernier. Du genre actuel des éloges parmi nous ; si l’éloquence leur convient, et quel genre d’éloquence. »

Mais si un peuple a des mœurs frivoles et légères ; si, au lieu de cette sensibilité profonde qui arrête l’âme et la fixe sur les objets, il n’a qu’une espèce d’inquiétude active qui se répande sur tout sans s’attacher à rien ; si, à force d’être sociable, il devient tous les jours moins sensible ; si tous les caractères originaux disparaissent pour prendre une teinte uniforme et de convention ; si le besoin de plaire, la crainte d’offenser, et cette existence d’opinion qui aujourd’hui est presque la seule, étouffe ou réprime tous les mouvements de l’âme ; si on n’ose ni aimer, ni haïr, ni admirer, ni s’indigner d’après son cœur ; si chacun par devoir est élégant, poli et glacé ; si les femmes même perdent tous les jours de leur véritable empire ; si, à cette sensibilité ardente et généreuse qu’elles ont droit d’inspirer, on substitue un sentiment vil et faible ; si les événements heureux ou malheureux ne sont qu’un objet de conversation, et jamais de sentiment ; si le vide des grands intérêts rétrécit l’âme, et l’accoutume à donner un grand prix aux petites choses, que deviendra l’éloquence chez un pareil peuple ?

1586. (1859) Essais sur le génie de Pindare et sur la poésie lyrique « Première partie. — Chapitre XIV. »

Rien de pareil, sous la forte institution des premiers Romains, sous cette institution sévèrement gardée par la pauvreté, le travail et la guerre.

1587. (1859) Essais sur le génie de Pindare et sur la poésie lyrique « Première partie. — Chapitre XVI. »

On peut croire cependant que pareil hommage ne s’était pas fréquemment renouvelé pour Auguste : car l’empereur, alors vieux et malade, en parut charmé et voulut récompenser un si bon exemple.

1588. (1900) Quarante ans de théâtre. [II]. Molière et la comédie classique pp. 3-392

Nous avons une faculté de distraction, qui a bien des inconvénients, mais qui, en des cas pareils, nous rend de grands services. […] Il déchira de bonne heure sa robe d’innocence ; cela est fâcheux assurément, et l’on ne saurait reprocher rien de pareil à Bourdaloue. […] Il n’y a rien de pareil dans le personnage de Leslie. […] La petite guerre s’engage donc tout de suite entre eux deux, et selon le mode usité en pareille circonstance. […] Vous me direz que Regnard n’était pas seul à traiter de pareils sujets ; Molière, avant lui, avait écrit Le Malade imaginaire.

1589. (1903) Propos de théâtre. Première série

Les ténèbres tortueuses se glissent, pareilles à des faisceaux de roseaux noirs, et voilent les bornes du ciel ; à l’horizon la terre semble plongée dans l’eau. […] Je crois que, sur un pareil sujet, cet éloge est déjà assez vif, et, même, fait pour exciter un certain étonnement. […] Je resterai comique, puisque mon homme n’est que ridicule, et je donnerai à mon homme, ou à ses pareils, une bonne leçon. […] Les méchants réussissent mieux, en pareille affaire, que les hommes d’intention droite et de cœur pur. […] Comme il arrive toujours en pareille matière, démodée dans la tragédie, elle se réfugie dans la comédie.

1590. (1880) Études critiques sur l’histoire de la littérature française. Première série pp. 1-336

Et qu’avons-nous à faire, en pareil cas, du manuscrit autographe ? […] En vérité, ne vaut-il pas mieux, si Molière s’est trouvé mêlé à de semblables misères et de pareilles hontes, lui en épargner la mémoire ? […] Il est donc tout naturel qu’en pareil sujet les dates et les faits soient la dernière chose où l’on se soit avisé de regarder : les scrupules d’érudition sont une invention de nos jours. […] Quelle prose ou quelle poésie résisterait à pareille épreuve ? […] On dira peut-être que ces passages sont de ceux que l’on choisit tout exprès pour les citer, et que de pareilles inspirations sont rares chez Fontanes comme chez Chênedollé.

1591. (1910) Études littéraires : dix-huitième siècle

Et voyez le trait de ressemblance, et voyez aussi qu’il faut s’attendre à la pareille : la principale question qui a inquiété Sainte-Beuve en son article sur Bayle a été de savoir si M.  […] On n’entend bien, en pareille affaire, que ce qu’on a songé à accomplir, et ce qu’on est à la fois impuissant à réaliser et capable d’ébaucher. […] C’est que, d’abord, cette science si sûre qu’il faut avoir, en pareil dessein, de la complexion, pour ainsi dire, et de la nature intime de l’amour, il l’a pleinement. […] De petits chefs-d’œuvre de style sec, net et cassant, infiniment difficile à attraper, du moins à un pareil degré d’aisance. […] L’anthropomorphisme, en question d’histoire, consiste principalement à croire que les hommes ont toujours été tout pareils à ce que nous les voyons, et à ce que nous sommes nous-mêmes.

1592. (1896) Impressions de théâtre. Neuvième série

Fille d’amour, as-tu jamais connu des jouissances pareilles ! […] Ce n’en est pas moins un émerveillement de rencontrer, il y a dix-huit siècles, un pareil fruit de culture humaine, et si consommée, et si savoureuse, et si inquiétante déjà. […] je le connais, celui-là… Aussi, je ne le crains plus… C’est mon bon père… Il est souvent inquiet de son fils… Il n’en dort plus de m’avoir fait un pareil legs. […] Mais c’est entre deux devoirs égaux, et non seulement égaux, mais pareils, de même ordre et de même essence, qu’est partagé le héros de Deux Patries. […] Entre deux devoirs égaux et pareils à ce point, on n’« hésite » pas : on reste immobile.

1593. (1846) Études de littérature ancienne et étrangère

Monstrelet ou le religieux de Saint-Denis ont-ils jamais eu spectacles pareils à ceux de la Grèce ? […] Il ajouta, comme une chose heureuse et mémorable, qu’elle avait péri à pareil jour que Séjan, deux années après lui ; et il se vanta qu’elle, n’avait été ni étranglée, ni exposée aux gémonies. […] Un pareil ouvrage n’appartient pas aux romans grecs ; il prend un rang plus haut dans les archives de la littérature, quoique l’on doive le placer sur les tablettes particulièrement consacrées aux folies de l’esprit humain. […] Le romancier grec n’a pas évité l’écueil d’un pareil récit, les images trop libres ; et le hardi français d’Amyot les fait encore ressortir. […] Davenant, par son crédit à la cour de Charles II, rendit la pareille à Milton, et prépara, dit-on, la décision de la chambre.

1594. (1870) De l’intelligence. Deuxième partie : Les diverses sortes de connaissances « Livre deuxième. La connaissance des corps — Chapitre II. La perception extérieure et l’éducation des sens » pp. 123-196

Par conséquent, toutes les fois qu’une pareille sensation se produira, j’imaginerai sa position et son siège. — Il n’en est pas ainsi de l’atlas visuel, et il faut chercher comment les sensations de l’œil, qui, toutes seules, ne semblent propres qu’à nous renseigner sur les couleurs, peuvent, par surcroît, nous faire connaître la distance, l’étendue et la position. […] Tel est le procédé de l’aveugle-né ; comme Saunderson, il peut devenir géomètre, concevoir des séries plus ou moins longues, divergentes selon tel ou tel angle ; ce sont là ses lignes ; et, par un ensemble de pareilles lignes, il conçoit des corps géométriques. […] Au moyen de sensations pareilles, nous pouvons très exactement situer l’objet ; leur emplacement est très précis ; partant, l’emplacement de l’objet ne l’est pas moins. — Cet emplacement est bien plus précis encore s’il s’agit de sensations de couleur ; partant, en ce cas, l’emplacement de l’objet l’est encore bien davantage. — À présent, considérons une portion nettement circonscrite de ces surfaces si sensibles, et admettons que, tous les points nerveux qui peuvent nous donner une sensation distincte étant ébranlés à la fois, nous ayons une sensation en apparence étendue et continue ; nous concevrons et nous affirmerons l’objet extérieur comme étendu et continu.

1595. (1870) Portraits de femmes (6e éd.) « MADAME DE LA FAYETTE » pp. 249-287

Quant à Mlle de Scudéry, il suffit de lire Segrais, Huet et autres, pour voir quel cas on faisait de cette incomparable fille et de l’illustre Bassa, et du grand Cyrus, et de ses vers si naturels, si tendres, que dénigrait Despréaux, mais où il ne saurait mordre ; et ce que Segrais et Huet admiraient en de pareils termes devait n’être pas jugé plus sévèrement dans un monde dont ils étaient comme les derniers oracles. […] Dans la nuit du 16 au 17 mars 1680, deux ans jour pour jour après la publication de la Princesse de Clèves, M. de La Rochefoucauld mourut : « J’ai la tête si pleine de ce malheur et de l’extrême affliction de notre pauvre amie, écrit Mme de Sévigné, qu’il faut que je vous en parle… M. de Marsillac est dans une affliction qui ne peut se représenter ; cependant, ma fille, il retrouvera le roi et la cour ; toute sa famille se retrouvera à sa place ; mais où Mme de La Fayette retrouvera-t-elle un tel ami, une telle société, une pareille douceur, un agrément, une confiance, une considération pour elle et pour son fils ?

1596. (1870) De l’intelligence. Première partie : Les éléments de la connaissance « Livre troisième. Les sensations — Chapitre II. Les sensations totales de la vue, de l’odorat, du goût, du toucher et leurs éléments » pp. 189-236

Et d’abord on doit diviser en deux toute sensation d’odeur piquante ; elle renferme une sensation de tact et peut-être n’est-elle rien d’autre : telle est l’odeur d’ammoniaque qui est surtout un picotement, comme en transmettent les nerfs non spéciaux ; l’ammoniaque en vapeur en produit un pareil sur la conjonctive. […] Nous constatons que l’antécédent spécial et immédiat qui met en action les nerfs olfactifs et gustatifs est un système de déplacements moléculaires ; nous concevons que ce système de déplacements se traduit en eux par un système correspondant d’actions nerveuses, et se traduit en nous par un système correspondant de sensations élémentaires de saveur et d’odeur ; nous définissons jusqu’à un certain point ces sensations élémentaires inconnues en disant qu’elles correspondent aux mouvements moléculaires du travail chimique, comme les sensations élémentaires connues de l’ouïe ou de la vue correspondent aux ondes de l’ondulation aérienne et éthérée. — Rien de pareil pour le toucher ; nous n’avons aucun moyen de déterminer ou de conjecturer le rhythme d’action que les nerfs tactiles reçoivent et transmettent aux centres nerveux.

1597. (1858) Cours familier de littérature. VI « XXXIIe entretien. Vie et œuvres de Pétrarque (2e partie) » pp. 81-155

Fasse le Ciel que je puisse lui rendre la pareille !  […] La maison devenue sacrée de ce grand parmi les fils de l’Italie est là, à demi écroulée par la négligence impie de ceux qui possèdent dans leur village un pareil trésor.

1598. (1859) Cours familier de littérature. VIII « XLVIIe entretien. Littérature latine. Horace (1re partie) » pp. 337-410

« Voilà déjà la seconde génération, s’écrie le poète, que dévorent nos guerres civiles ; Rome périt par les mains mêmes de ses enfants… Un seul salut reste aux hommes de cœur, pareils aux Phocéens abandonnant leur cité après l’avoir maudite. […] Notre ami Septimus pourra vous dire que je suis loin de vous oublier, et, si vous avez été assez fier pour négliger mon amitié, mon intention n’est pas de vous rendre la pareille et de faire le fier comme vous. » Cependant Horace publiait en ce moment le premier volume (rouleau) de ses œuvres.

1599. (1860) Cours familier de littérature. X « LVIe entretien. L’Arioste (2e partie) » pp. 81-160

Médor, toujours le corps de Dardinel dans ses bras, cherche à ravir cette chère dépouille aux ennemis en se dérobant derrière les arbres, pareil à une ourse qui défend ses petits. […] La chevalerie seule fournit de pareils textes de poésie aux trouvères du moyen âge chrétien.

1600. (1890) L’avenir de la science « III » pp. 129-135

Mais le malheur est qu’il n’y a rien de tel, qu’une pareille révélation aurait besoin d’être prouvée, qu’elle ne l’est pas, et que, quand elle le serait, elle ne le serait que par la raison, que, par conséquent, la diversité renaîtrait sur l’appréciation de ces preuves. […] Son individualité est bien plus forte que celle du barbare ; l’homme civilisé dit Moi avec une énergie sans pareille ; chez le barbare, au contraire, la vie s’élève à peine au-dessus de cette sensation lourde qui constitue la vie de l’animal.

1601. (1886) Revue wagnérienne. Tome I « Paris, 8 juillet 1885. »

Mais la création résulte des idées actuelles ; nous projetons au Néant extérieur l’image de notre essence intime ; puis, la croyant véritable, nous continuons à la créer pareille ; et nous souffrons de ses incohérences, tandis qu’elles sont ouvrage de notre plaisir. […] Et toute l’action dramatique que tient le livret de l’opéra Léonore, qu’est-elle, sinon une répétition affaiblie du Drame vécu dans l’Ouverture, quelque chose pareille à l’interminable commentaire explicatif d’un Gervinus sur une scène de Shakespeare ?

1602. (1893) La psychologie des idées-forces « Tome premier — Livre premier. La sensation, dans son rapport à l’appétit et au mouvement — Chapitre premier. La sensation »

— Mais, répondrons-nous, en admettant de pareils états, comment comprendre que la fusion de termes inconscients en un raisonnement inconscient fasse de la conscience ? Une pareille explication, qui vient se confondre avec celle de Hartmann, n’est-elle pas encore plus inintelligible que le fait même à expliquer ?

1603. (1887) Journal des Goncourt. Tome I (1851-1861) « Année 1860 » pp. 303-358

» Il est bon toutefois d’être deux pour se soutenir contre de pareilles indifférences et de semblables dénis de succès, il est bon d’être deux pour se promettre de violer la Fortune, quand on la voit coqueter avec tant d’impuissants. […] Ce sont des légèretés de peinture à la colle, des transparences d’aquarelle, une touche voltigeante et pareille à un rayon de soleil sur de l’écaille, toutes les couleurs qu’aime Rembrandt, jusqu’à celles qu’il tire de la fermentation et de la moisissure des choses, ainsi que des fleurs de pourriture et des phosphorescences de corruption.

1604. (1856) Cours familier de littérature. II « VIIIe entretien » pp. 87-159

Ni la Grèce, ni Rome, ni les nations de l’Europe moderne, n’ont un pareil monument de langue et d’histoire. […] Tout ce qui nous étonne, c’est que, dans de pareilles conditions de lieu, d’heure, d’auditoire, de liberté et d’autorité surhumaines, il n’y ait pas autant de Bossuets qu’il y a d’orateurs dans les chaires de Bossuet.

1605. (1857) Cours familier de littérature. III « XIIIe entretien. Racine. — Athalie » pp. 5-80

Ce n’est qu’après de longs siècles de grossières ébauches théâtrales pareilles à celles de Thespis en Grèce, ou de nos mystères en France, que s’élèvent des théâtres permanents dignes de la majesté du trône ou du peuple. […] Ce furent là les inspirations de Racine ; le monde seul ne lui en aurait pas donné de pareilles.

1606. (1840) Kant et sa philosophie. Revue des Deux Mondes

« La raison, dit-il, parce qu’elle est capable de porter de pareils principes, abusée par une telle preuve de sa puissance, ne voit plus de bornes à sa passion de connaître. […] Il doit être maintenant de la plus entière évidence que toutes les sciences dignes du nom de sciences théorétiques sont fondées sur des jugemens synthétiques à priori ; reste à savoir comment de tels jugemens sont possibles, en d’autres termes, comment il y a des jugemens qui contiennent un élément indépendant de toute expérience, et quelle peut être la valeur de pareils jugemens.

1607. (1861) Les œuvres et les hommes. Les historiens politiques et littéraires. II. « III. M. Michelet » pp. 47-96

… Certes, si la critique est quelque chose de plus qu’une leçon d’anatomie donnée sur le cadavre d’un livre mal fait, si elle a le droit et le devoir de remonter du livre à l’homme, et de regarder dans le cœur et sous l’écorce de l’arbre qui a distillé un pareil poison, il peut être utile de rechercher quelles causes mystérieuses ont pu placer un écrivain à contre-sens de sa nature d’intelligence, de son talent, de ses premiers ouvrages ; car, ironie d’un Dieu qui a d’épouvantables plaisanteries ! […] Avec son histoire révolutionnaire, triviale et lyrique à la fois, sera-ce dans une pareille posture que M. 

1608. (1868) Curiosités esthétiques « I. Salon de 1845 » pp. 1-76

. — Le fond est aussi sérieux qu’il le fallait pour un pareil sujet. […] Achille Devéria a fait un excellent tableau — mais il a fait un tableau — Sainte Anne instruisant la Vierge, — qui vaut surtout par des qualités d’élégance et de composition habile, — c’est plutôt, il est vrai, un coloriage qu’une peinture, et par ces temps de critique picturale, d’art catholique et de crâne facture, une pareille œuvre doit nécessairement avoir l’air naïf et dépaysé. — Si les ouvrages d’un homme célèbre, qui a fait votre joie, vous paraissent aujourd’hui naïfs et dépaysés, enterrez-le donc au moins avec un certain bruit d’orchestre, égoïstes populaces !

1609. (1869) Causeries du lundi. Tome IX (3e éd.) « Le buste de l’abbé Prévost. » pp. 122-139

On ne comprend pas, disait quelqu’un, que l’abbé Prévost ait eu l’idée d’une pareille histoire.

1610. (1869) Causeries du lundi. Tome IX (3e éd.) « Marivaux. — II. (Fin.) » pp. 364-380

Je voudrais qu’un esprit aussi fin que le sien eût senti qu’il n’y a pas un si grand mérite à donner du joli et du neuf sur de pareilles matières, et que tout homme qui les traite avec quelque liberté peut s’y montrer spirituel à peu de frais ; non que, parmi les choses sur lesquelles il se donne un peu carrière, il n’y en ait d’excellentes en tous sens, et que même celles où il se joue le plus ne puissent recevoir une interprétation utile ; car enfin, dans tout cela, je ne vois qu’un homme d’esprit qui badine, mais qui ne songe pas assez qu’en se jouant il engage quelquefois un peu trop la gravité respectable de ces matières : il faut là-dessus ménager l’esprit de l’homme, qui tient faiblement à ses devoirs, et ne les croit presque plus nécessaires dès qu’on les lui présente d’une façon peu sérieuse.

1611. (1870) Causeries du lundi. Tome X (3e éd.) « Fénelon. Sa correspondance spirituelle et politique. — I. » pp. 19-35

L’expression toutefois est-elle aussi ferme et aussi exacte de tout point que l’aurait eue en pareil cas Pascal ou Bossuet ?

1612. (1870) Causeries du lundi. Tome X (3e éd.) « Sénac de Meilhan. — I. » pp. 91-108

Je vous assure qu’à votre âge je n’aurais point fait de pareilles lettres.

1613. (1870) Causeries du lundi. Tome X (3e éd.) « Bossuet. Lettres sur Bossuet à un homme d’État, par M. Poujoulat, 1854. — Portrait de Bossuet, par M. de Lamartine, dans Le Civilisateur, 1854. — I. » pp. 180-197

Tout protestant éclairé, en faisant ses réserves sur les points d’histoire, avouera avec respect qu’il n’a jamais rencontré deux pareils adversaires.

1614. (1870) Causeries du lundi. Tome X (3e éd.) « Sylvain Bailly. — I. » pp. 343-360

De pareils combats ressemblent à ces chocs d’armées qui ne décident rien, et après lesquels les deux partis chantent le Te Deum.

1615. (1870) Causeries du lundi. Tome X (3e éd.) « Léopold Robert. Sa Vie, ses Œuvres et sa Correspondance, par M. F. Feuillet de Conches. — II. (Fin.) » pp. 427-443

Il y a un moment où, dans son désir de s’élever au beau et au sévère grandiose, il semble près de sortir de sa théorie et d’en adopter une autre, celle d’un idéal qu’on puise en soi-même et que l’artiste, pareil à Phidias, fait descendre comme d’un Olympe pour agrandir ou ennoblir la réalité.

1616. (1870) Causeries du lundi. Tome XI (3e éd.) « La Divine Comédie de Dante. traduite par M. Mesnard, premier vice-président du Sénat et président à la Cour de cassation. » pp. 198-214

C’est à une pareille illusion qu’a cédé l’auteur de ce nouveau travail qui, assurément, laissera encore aux admirateurs du Dante le désir toujours renaissant d’une traduction meilleure.

1617. (1870) Causeries du lundi. Tome XII (3e éd.) « Eugénie de Guérin, Reliquiae, publié par Jules Barbey d’Aurevilly et G.-S. Trébutien, Caen, imprimerie de Hardel, 1855, 1 vol. in-18, imprimé à petit nombre ; ne se vend pas. » pp. 331-247

. — À pareil jour vint au monde un frère que je devais bien aimer, bien pleurer, hélas !

1618. (1870) Causeries du lundi. Tome XII (3e éd.) « La marquise de Créqui — III » pp. 476-491

On a, en les lisant ou en les écoutant (quand on a eu le plaisir d’en rencontrer quelqu’une de pareille), l’impression qu’on est au bout du monde et que la création est épuisée.

1619. (1870) Causeries du lundi. Tome XIII (3e éd.) « Le maréchal de Villars — I » pp. 39-56

Voir le grand Condé un jour de bataille l’épée à la main, qui de nous (chacun dans son art) n’a point formé tout haut ou tout bas un pareil vœu ?

1620. (1870) Causeries du lundi. Tome XIII (3e éd.) « Tallemant et Bussy ou le médisant bourgeois et le médisant de qualité » pp. 172-188

Tallemant n’a rien en lui de pareil ; il n’obéit qu’à un seul goût, à une seule humeur.

1621. (1870) Causeries du lundi. Tome XIII (3e éd.) « Divers écrits de M. H. Taine — II » pp. 268-284

Au second chapitre de la Genèse, il est dit d’Adam « que le Seigneur Dieu ayant formé de la terre tous les animaux terrestres et tous les oiseaux du ciel, il les amena devant Adam, afin de voir comment il les appellerait : et le nom qu’Adam donna à chacun des animaux est son nom véritable. » Mais cette langue primitive d’Adam est perdue ; et puis il s’agit ici de nommer les pareils d’Adam, ou, pour ne pas sortir de notre ton et de notre sujet, il s’agit de trouver une juste nomenclature à des esprits et des talents humains, matière essentiellement ondoyante et flottante, diversité et complication infinie.

1622. (1870) Causeries du lundi. Tome XV (3e éd.) « Correspondance diplomatique du comte Joseph de Maistre, recueillie et publiée par M. Albert Blanc » pp. 67-83

En rabattant tout ce qu'on voudra des impressions de De Maistre, qui varient d’ailleurs au jour le jour au gré des nouvelles et des bruits divers, mais qui n’excèdent pas (car rien ne saurait les excéder) de pareilles réalités, il reste très curieux d’observer avec lui cette grande et unique année par le revers russe, de passer par toutes les vicissitudes d’émotions qui, là-bas, répondaient aux nôtres en sens inverse, et de connaître autrement que par nos bulletins ces physionomies singulières et expressives des Koutousov, des Tchitchagov, du Modenais Paulucci et de tant d’autres ; de comprendre enfin le génie russe dans son originalité, dans sa religion nationale et sa foi inviolable.

1623. (1864) Nouveaux lundis. Tome II « Louis XIV et le duc de Bourgogne, par M. Michelet »

Les Lucain et leurs pareils de la même famille sont enflés, ampoulés, et ce faste, cette boursouflure toute en dehors, est compatible avec bien du vide au dedans ; le creux est en raison de l’enflure.

1624. (1864) Nouveaux lundis. Tome II « Halévy, secrétaire perpétuel. »

On ne pouvait lui demander comme à un Quatremère de Quincy de marquer plus expressément les degrés de mérite de chaque artiste dans son ordre ; il était lui-même trop artiste et trop intéressé dans un art voisin, trop collatéral en quelque sorte pour cela ; il ne pouvait guère juger ses pareils et ses confrères que de côté et comme de profil : il était en train de le faire avec bien de l’esprit et de la grâce.

1625. (1865) Nouveaux lundis. Tome III « M. de Pontmartin. Les Jeudis de Madame Charbonneau » pp. 35-55

J’ai cherché à m’expliquer une pareille erreur chez un écrivain auparavant réputé de bonne compagnie ; tout ce que j’ai dit jusqu’ici ne suffirait pas encore.

1626. (1865) Nouveaux lundis. Tome III « Les Saints Évangiles, traduction par Le Maistre de Saci. Paris, Imprimerie Impériale, 1862 »

Y avait-il auparavant rien de pareil à cela, d’aussi rassurant et d’aussi consolateur, dans l’enseignement et les préceptes des sages ?

1627. (1866) Nouveaux lundis. Tome V « La Grèce en 1863 par M. A. Grenier. »

Le bon sens du grand nombre, dans de pareilles conditions, n’est qu’au prix d’un sage et ferme moteur en même temps que modérateur au centre.

1628. (1867) Nouveaux lundis. Tome VIII « Don Quichotte (suite.) »

« J’espère prouver qu’un but aussi mesquin n’est pas celui que Cervantes se proposa d’atteindre, et que jamais génie ne fut victime d’une injustice pareille à celle dont les trois siècles les plus lettrés des annales humaines se sont rendus coupables envers lui… » Et l’auteur de la brochure s’attache à dégager l’amertume que recèlent, selon lui, plusieurs passages de Don Quichotte ; il fait comme ceux qui recherchent dans la misanthropie d’Alceste un coin caché de l’humeur de Molière.

1629. (1868) Nouveaux lundis. Tome X « Histoire des cabinets de l’Europe pendant le Consulat et l’Empire, par M. Armand Lefebvre. »

Celui-ci, interpellé soudainement sur un sujet aussi délicat, répondit avec un peu d’embarras qu’aucune instruction de sa Cour ne l’autorisait à traiter d’un mariage entre une princesse de Naples et le fils de l’Impératrice : « Il ne pouvait donc soumettre à la reine que ses opinions personnelles ; il lui semblait que, dans l’intérêt de sa maison et de ses peuples, elle devrait favoriser une semblable union ; Eugène de Beauharnais avait toute l’affection de l’Empereur, et de grandes destinées semblaient promises à ce jeune homme. » La reine demeura quelque temps sans répondre : un sourire amer parut un moment sur ses lèvres ; elle semblait agitée intérieurement par des réflexions pénibles ; enfin elle rompit le silence et dit, comme avec effort, qu’elle n’avait aucune objection à élever contre la personne du jeune Beauharnais : « Mais il n’avait pas encore de rang dans le monde ; si, plus tard, la Providence l’élevait à la dignité de prince, les obstacles qui s’opposaient aujourd’hui à une pareille alliance pourraient être écartés. » Le moment une fois manqué ne revint pas.

1630. (1868) Nouveaux lundis. Tome X « Les cinq derniers mois de la vie de Racine. (suite et fin.) »

Comme il est sourdaud et qu’il ne pouvait prendre plaisir, avec toute la nombreuse et belle assemblée, à écouter le répondant qui se fit admirer, il se dédommageait en parlant d’une chose qui lui tient fort au cœur : car ce silence lui paraît très-malhonnête et très-offensant, et s’il n’était aussi occupé qu’il l’est d’un déménagement (car il quitte le logis du cloître Notre-Dame où il était près le Puits, pour un autre qui a vue sur le jardin du Terrain), il aurait déjà produit quelque chose de vif : car il n’est pas aussi mort à lui-même sur pareil cas qu’on a sujet de croire que l’aurait été M. 

1631. (1869) Nouveaux lundis. Tome XI « Œuvres choisies de Charles Loyson, publiées par M. Émile Grimaud »

pour mon âme abattue    Tous lieux sont désormais pareils : Je porte dans mon sein le poison qui me tue ; Changerai-je de sort en changeant de soleils ?

1632. (1870) Nouveaux lundis. Tome XII « Préface »

Rouher interviendrait en pareille matière.

1633. (1872) Nouveaux lundis. Tome XIII « Le général Jomini. [I] »

Ce n’est pas nos… de professeurs de Brienne qui nous auraient, dit mot de cela. » Puis, après avoir écouté encore,, tout d’un coup interrompant et prenant feu : « Mais comment Fouché laisse-t-il imprimer de pareils livres ?

1634. (1871) Portraits contemporains. Tome V (4e éd.) « APPENDICE. — CASIMIR DELAVIGNE, page 192. » pp. 470-486

Pareil à cette Jeanne d’Arc dont il avait si bien déploré l’infortune, M.

1635. (1862) Portraits littéraires. Tome I (nouv. éd.) « Jean-Baptiste Rousseau »

Au lieu de la feuille séchée, le texte donne : « Mon pèlerinage est fini ; il a été emporté comme la tente du pasteur. » Qu’est devenue cette tente du désert, disparue du soir au matin, et si pareille à la vie ?

1636. (1800) De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (2e éd.) « Première partie. De la littérature chez les anciens et chez les modernes — Chapitre X. De la littérature italienne et espagnole » pp. 228-255

Dans le Nord, l’esprit de chevalerie donnait souvent lieu aux événements extraordinaires ; et pour intéresser les guerriers, il fallait leur raconter des exploits pareils aux leurs.

1637. (1875) Les origines de la France contemporaine. L’Ancien Régime. Tomes I et II « Livre deuxième. Les mœurs et les caractères. — Chapitre III. Inconvénients de la vie de salon. »

Les voilà donc qui, déjà abusés par l’étroitesse de leur horizon ordinaire, fortifient encore leur illusion par l’illusion de leurs pareils.

1638. (1875) Les origines de la France contemporaine. L’Ancien Régime. Tomes I et II « Notes sur l’Ancien-Régime »

Quantité de seigneurs, en Bourbonnais, jouissent et font payer de pareils droits à leurs vassaux en vertu de titres qui pourraient être plus suspectés que ceux qui sont en la disposition des seigneurs de Blet. » 9° Droit de guet du château de Blet.

1639. (1870) De l’intelligence. Première partie : Les éléments de la connaissance « Livre quatrième. Les conditions physiques des événements moraux — Chapitre II. Rapports des fonctions des centres nerveux et des événements moraux » pp. 317-336

Une pareille illusion n’aurait rien d’extraordinaire.

1640. (1861) La Fontaine et ses fables « Troisième partie — Chapitre III. Théorie de la fable poétique »

Et si dit, par l’âme son père Que bêtes à lui ne se père (compare) De noblesse ni de beauté : Car au monde n’a pas auté (pareil).

1641. (1895) Histoire de la littérature française « Troisième partie. Le seizième siècle — Livre III. Poésie érudite et artistique (depuis 1550) — Chapitre II. Les tempéraments »

Ronsard, s’il eût trouvé les trois pièces chez des modèles, n’eût pas cherché à approprier le thème à sa nature, en créant une quatrième œuvre, pareille et, différente : il eût successivement fait un Lac, une Tristesse, un Souvenir.

1642. (1899) Les contemporains. Études et portraits littéraires. Septième série « Les deux Tartuffe. » pp. 338-363

Et, par cela seul qu’il applique à une passion profane le vocabulaire et les images de la « mystique » chrétienne, il se trouve presque composer, sans le savoir, une sorte d’élégie idéaliste aux airs déjà vaguement lamartiniens : Ses attraits réfléchis brillent dans vos pareilles… Il a sur votre face épanché des beautés Dont les yeux sont surpris et les cœurs transportés ; Et je n’ai pu vous voir, parfaite créature, Sans admirer en vous l’auteur de la nature, Et d’une ardente amour sentir mon cœur atteint, Au plus beau des portraits où lui-même il s’est peint.

1643. (1863) Molière et la comédie italienne « Chapitre XVI. Les derniers temps de la comédie italienne en France » pp. 311-338

« On dirait, remarque Colombine, que là se tient le marché aux maris, comme celui aux chevaux se tient de l’autre côté. » Madame de la Ferdaindaillerie (Arlequin déguisé) approuve philosophiquement cette idée : « Il ne serait pas mauvais qu’il y eût à Paris un pareil marché aux maris.

1644. (1857) Causeries du lundi. Tome II (3e éd.) « La Religieuse de Toulouse, par M. Jules Janin. (2 vol. in-8º.) » pp. 103-120

On serait bien malheureux, en pareil cas, d’en être réduit à réclamer l’indulgence, car le public n’en a guère ; il veut avant tout son divertissement et son plaisir.

1645. (1857) Causeries du lundi. Tome III (3e éd.) « Légendes françaises. Rabelais par M. Eugène Noël. (1850.) » pp. 1-18

Jamais la langue, jusque-là, ne s’était trouvée à pareille fête.

1646. (1857) Causeries du lundi. Tome III (3e éd.) « Qu’est-ce qu’un classique ? » pp. 38-55

Goethe, que j’aime à citer en pareille matière, a dit : J’appelle le classique le sain, et le romantique le malade.

1647. (1865) Causeries du lundi. Tome VI (3e éd.) « Madame, duchesse d’Orléans. (D’après les Mémoires de Cosnac.) » pp. 305-321

Elle le dit devant Monsieur, demandant qu’on regardât à cette eau qu’elle avait bue : J’étais dans la ruelle, auprès de Monsieur, dit Mme de La Fayette, et, quoique je le crusse fort incapable d’un pareil crime, un étonnement ordinaire à la malignité humaine me le fit observer avec attention.

1648. (1865) Causeries du lundi. Tome VII (3e éd.) « L’abbé Barthélemy. — II. (Fin.) » pp. 206-223

Avec Barthélemy ou avec son jeune Anacharsis, qui est censé arriver pour la première fois à Athènes, on n’a rien de pareil : on parcourt les rues une à une à perte d’haleine, et sans coup d’œil.

1649. (1913) Le bovarysme « Troisième partie : Le Bovarysme, loi de l’évolution — Chapitre I. Le Bovarysme de l’individu et des collectivités »

L’Amérique aussi nous offre un exemple pareil et plus significatif encore par l’écrasement d’une race par une autre.

1650. (1888) La critique scientifique « La critique scientifique — Analyse psychologique »

De pareilles vérifications, si elles sont favorables, donneront à nos analyses critiques une valeur absolue.

1651. (1889) Écrivains francisés. Dickens, Heine, Tourguénef, Poe, Dostoïewski, Tolstoï « Th. Dostoïewski »

Elle aperçoit et rend la vie à la façon d’une vision lointaine, vaguement inexplicable et confuse sur l’horreur de laquelle elle se penche et s’apitoie ; elle médite en des hallucinations extériorisées l’infini labyrinthe du raisonnement humain, et perçoit en elle la sourde agitation des instincts, des douleurs, des passions et des rages, de tout ce qui est des nerfs et du sang ; elle est imbue de pitié, débordante d’amour pour tous ces êtres faits de péché et de souffrance, et prise alors entre son épouvante et son amour, il fallait que par un effort et une sorte de folie, pareil au coup de poing d’un exaspéré joueur d’échecs près de perdre, elle brouillât et tranchât tout dans une étrange aberration qui la fait s’incliner devant l’être même que cet acte de foi constitue l’auteur des maux dont il devient le recours.

1652. (1905) Les ennemis de l’art d’écrire. Réponse aux objections de MM. F. Brunetière, Emile Faguet, Adolphe Brisson, Rémy de Gourmont, Ernest Charles, G. Lanson, G. Pélissier, Octave Uzanne, Léon Blum, A. Mazel, C. Vergniol, etc… « I »

Albalat parut se soucier fort peu d’une pareille levée de boucliers et qu’à ce volume il fit bientôt succéder la Formation du style par l’assimilalion des auteurs.

1653. (1818) Essai sur les institutions sociales « Chapitre IX. Seconde partie. Nouvelles preuves que la société a été imposée à l’homme » pp. 243-267

Mais rassurons-nous sur les suites d’une pareille monstruosité : l’homme ne deviendra jamais père dans l’état de nature, il n’aura jamais des enfants ingrats.

1654. (1889) Les œuvres et les hommes. Les poètes (deuxième série). XI « M. Maurice Rollinat »

Comme si ce n’était pas trahir et déshonorer sa propre admiration à soi-même que d’exprimer, après elle, un pareil soupçon !

1655. (1904) Les œuvres et les hommes. Romanciers d’hier et d’avant-hier. XIX « Gustave Droz » pp. 189-211

Si, par exemple, il enlevait son Bébé du livre où il se trouve, s’il le publiait à l’écart de la mauvaise compagnie du Monsieur et de la Madame avec lesquels il se trouve pour l’instant, le Bébé deviendrait le bréviaire des mères de famille… Ce serait une fortune pour l’auteur, un succès à la Picciola, qui eut, je crois, trente à quarante éditions, — et par la souveraine raison qu’un pareil livre est en équation avec les manières de sentir actuelles de la foule.

1656. (1887) La banqueroute du naturalisme

Pis que cela : de pareils livres ne sont possibles qu’avec la complicité du public, et, sans elle, pour infatué qu’il fût de son talent, ou de ce que l’on appelle autour de lui de ce nom, un romancier ne les écrirait pas.

1657. (1868) Les philosophes classiques du XIXe siècle en France « Chapitre IV : M. Cousin écrivain »

mais il est illustre, et je puis le mettre avec ses pareils.

1658. (1868) Les philosophes classiques du XIXe siècle en France « Chapitre VIII : M. Cousin érudit et philologue »

Le lecteur se souvient de la querelle qu’il eut sur un sujet pareil avec M. 

1659. (1911) Psychologie de l’invention (2e éd.) pp. 1-184

Leur bêtise est mienne et j’en crève… Il faut être maudit pour avoir l’idée de pareils bouquins20. » Dans le second cas, les sentiments qui précèdent, accompagnent ou suivent la création intellectuelle sont plutôt d’ordre sympathique ou égoïste, et, en quelque sorte plus « humain » ; ils ne se rattachent pas tant au jeu de la tendance intellectuelle qu’au jeu des tendances sociales ou psycho-organiques. […] Binet et Passy, le « procédé de travail, autant que nous avons pu en juger, conserve toujours la même nature psychologique, c’est le raisonnement ; et quelque étonné qu’on puisse être de trouver un pareil mot en un pareil endroit, il est bien certain que c’est avec du raisonnement que M.  […] Et nous remarquons encore en des cas pareils que chaque pas nouveau est un pas identique, en lui-même, au premier, et qui requiert pour se produire, des conditions analogues, que le développement de l’invention est un système d’inventions qui se commandent plus ou moins l’une l’autre. […] Les éléments d’une œuvre, dans de pareils cas, sont traités à part les uns des autres, et se sont développés individuellement ; le lien qui les a reliés est assez lâche pour permettre les déviations. […] En pareille matière, il serait téméraire d’attribuer à des observations personnelles une valeur générale.

1660. (1913) Poètes et critiques

Une pareille innovation ne pouvait pas survivre au régime qui l’avait produite. […] André Bellessort nous apporte avec son dernier livre, a Suède, ce qu’il ne nous avait pas donné jusqu’à présent, du moins à ce degré, et ce qui, en pareille matière, semble constituer la perfection : aux impressions personnelles et directes, d’une vivacité, d’une délicatesse, d’un retentissement exceptionnels, il a joint une information précieuse entre toutes, celle que peut procurer l’étude approfondie des écrivains par la voix desquels l’âme d’un peuple se révèle le plus clairement. […] En un mot j’ai traité l’auteur des Origines comme on ne traite guère que les anciens, ou tout au plus les grands écrivains du xviie  siècle français. » Quand Hippolyte Taine s’était avisé d’écrire sa thèse de doctorat sur La Fontaine, un des grands écrivains de notre xviie  siècle, ou son essai, plus oratoire qu’historique, sur Tite-Live, un « ancien », il ne s’était pas embarrassé de pareilles précautions, et, à cette date, on doit le reconnaître, il ne pouvait guère y songer : en 1852, un Claude Bernard, un Pasteur n’avaient pas encore donné à tous les travailleurs, de quelque ordre qu’ils soient, cette inoubliable leçon de patience et de probe labeur qui sort de leur exemple. […] L’impassibilité souveraine du maître d’Émaux et Camées est tenue pour un peu suspecte, comme l’aurait été, chez les durs jansénistes, la passion de Racine et de ses pareils. […] En lettré digne de ce nom, c’est-à-dire en lettré capable de relire dans le texte les auteurs grecs, en voyageur qui a rêvé, sinon prié, sur l’Acropole, en amoureux passionné du merveilleux sourire d’Athéna, il célébra sans emphase, avec la pointe d’atticisme indispensable en un pareil sujet, les traditionnelles vertus du génie hellénique.

1661. (1858) Du vrai, du beau et du bien (7e éd.) pp. -492

Mais une pareille théorie n’est qu’une chimère qu’Aristote a créée pour avoir le plaisir de la combattre. […] On comprend à quel point une pareille théorie dut choquer tous les esprits bien faits ; mais il n’est, pas juste de confondre Platon avec son brillant et infidèle disciple. […] Nous n’entreprenons point une pareille révolution : nous nous proposons seulement de confirmer ou d’éclaircir au moins notre principe par un exemple, et par un exemple qui est sous notre main. […] Non ; mais nous n’avons pas fait notre religion philosophique des superstitions et des préjugés d’une certaine école ; nous nions absolument qu’il faille étudier la nature humaine dans le fameux sauvage de l’Aveyron, ou dans ses pareils des îles de l’Océan ou du continent américain. […] Celui qui obéit, et qui obéit fatalement à ses désirs, à l’attrait du plaisir et du bonheur, en supposant qu’il fasse, sans aucun autre motif que son intérêt, un acte conforme, extérieurement du moins, à la règle de la justice, a-t-il quelque mérite à faire une action pareille ?

1662. (1894) Études littéraires : seizième siècle

En pareille matière, la brièveté est une pudeur, ou du moins une marque de goût. […] Il n’y a rien de pareil dans Rabelais. […] Pareils monstres doivent être étouffés comme fut ici en l’exécution de Michel Servet, espagnol. » — Eh bien… cette lettre est fausse, très probablement. […] L’effort qu’il faut que l’homme fasse pour s’élever à l’idée d’infini, ils n’avaient pu le faire et étaient restés à mi-chemin, ce qui en pareille affaire équivaut à n’être pas parti. […] Inutile d’ajouter qu’en pareille affaire le caractère est toujours pour beaucoup plus que les circonstances.

1663. (1782) Essai sur les règnes de Claude et de Néron et sur la vie et les écrits de Sénèque pour servir d’introduction à la lecture de ce philosophe (1778-1782) « Essai, sur les règnes, de Claude et de Néron. Livre second » pp. 200-409

De pareilles idées ne viennent qu’à des hommes d’une trempe rare. […] Ce ne fut pas une pareille sottise que Léonidas adressa aux défenseurs des Thermopyles : « Compagnons, leur dit-il, dînez comme des hommes qui, ce soir, doivent souper aux enfers. » Les sujets des Lettres LXXXIII, LXXXIV, LXXXV, LXXXVI et LXXXVII, sont très-variés. […] Je me suis mis à la place de Polybe : j’ai reçu son ouvrage, je l’ai lu, et je me suis dit : Ou Sénèque se moque de moi et de l’empereur, et c’est un insolent ; ou c’est un lâche, ou c’est un sot… Un homme qui a autant d’esprit que Sénèque, ne s’expose point à un pareil dilemme, surtout lorsqu’il sollicite une grâce. […] Rien n’excuse une pareille altération de la vérité, et l’on ne peut faire un plus coupable abus de ses talents. […] Vainqueur ou vaincu, on se retire de l’arène où l’on est descendu avec un pareil antagoniste, sans la crainte d’avoir passé les bornes d’une défense loyale.

1664. (1894) Les maîtres de l’histoire : Renan, Taine, Michelet pp. -312

Il est probable qu’au bout d’un siècle, une pareille opinion aura quelque influence, sur les Chambres, sur le Gouvernement. […] Jamais aucun écrivain n’a apporté dans ses œuvres une pareille unité de conception et de doctrine, n’a montré dès ses débuts une conscience aussi nette de sa méthode et un talent aussi constamment égal à lui-même. […] La préface qu’il a mise en tête du septième volume de son Histoire de France suffirait à montrer qu’il ne pouvait prétendre à un pareil rôle. […] Je suis désolé et indigné ; je fais par mon vote tout ce que je puis contre une pareille brutalité. […] Visiblement une pareille méthode, qui est une sorte d’anatomie sociale, choquera, dans ses premières comme dans ses dernières conclusions, beaucoup de sentiments généreux et respectables.

1665. (1803) Littérature et critique pp. 133-288

De pareilles fables sont une image frappante et embellie des réalités. […] On sent trop que le plan d’un pareil ouvrage doit différer suivant l’esprit des siècles, le genre des lecteurs et les facultés de l’écrivain. […] « De pareilles scènes, renouvelées à chaque instant, étonnaient les hordes barbares. […] Cette observation a fait naître une espèce de poétique chrétienne, qui peut être considérée comme la seconde partie de cet ouvrage ; mais il y a tant de points de vue à saisir et tant de questions délicates à traiter dans un pareil sujet, qu’on en rendra compte une autre fois. […] la seconde lui crie : Fils de l’innocence ou du repentir, montez au Ciel. » Le lecteur impartial ne trouvera point qu’on ait trop loué l’ouvrage qui renferme de pareilles beautés.

1666. (1829) Tableau de la littérature du moyen âge pp. 1-332

Je ne veux pas que mes ennemis, si j’ai des ennemis, puissent jamais accuser la Sorbonne et moi d’une pareille innovation. […] N’est-il pas évident que de pareilles études, de pareils souvenirs, qui le transportaient dans un monde si différent du monde barbare, et même du monde chrétien, devaient déposer dans son esprit une foule de pensées étrangères à son siècle, et faisaient de lui un homme autre que ses contemporains ? […] Ce luxe des fêtes, cette richesse orientale qui se communiquait à la poésie, nous apparaîtra tout entière dans un pareil exemple. […] Beaucoup de siècles ont passé sur les Grecs ; et ils n’ont point fait à leurs rois une demeure pareille ou comparable. […] Vous pouvez remuer toutes les chroniques des moines, vous n’y trouverez jamais rien de pareil.

1667. (1898) Politiques et moralistes du dix-neuvième siècle. Deuxième série

Royaliste (si l’on me permet d’appeler pareilles questions choses de détail) ? […] En pareille affaire réussir à moitié c’est le contraire de réussir ; car ce dont il s’agit, c’est d’établir un pouvoir spirituel, et n’arriver, à côté du pouvoir spirituel ancien, qu’à en mettre un autre, ce n’est pas établir un pouvoir spirituel, c’est briser ce qui en reste. […] Aussi bien il y a cercle vicieux précisément parce que, en pareille matière (et il a raison), cause et effet se confondent et qu’il faudrait se défier d’un effet qui ne serait pas cause lui-même immédiatement, et d’une cause qui ne serait point effet ; car l’harmonie ou ne se fait point, ou se fait d’ensemble par actions réciproques qui sont causes et effets à la fois l’une de l’autre. […] Une pareille religion introduite dans le monde, c’est une première démocratie qui en annonce, qui en promet et qui en prépare une plus complète.

1668. (1866) Nouveaux lundis. Tome V « M. Littré. »

Tel qu’on me le décrit à cet âge de première jeunesse, il n’était pas du tout pareil à ce savant d’une santé ferme encore, mais réduite, que nous avons sous les yeux : il jouissait d’une force de corps et d’une organisation herculéenne, héritée par lui de son père. […] On me dira qu’il l’a trop organisée, que les choses ne se sont point passées en fait avec une telle régularité ; que, par exemple, cette distinction de deux cas conservés dans la langue des xiie et xiiie  siècles n’était pas aussi universelle et aussi sensible qu’il le dit ; que c’était plutôt une intention et un soupçon qu’une règle adoptée et régnante ; que rattacher le progrès ou le déclin de cette langue intermédiaire du siècle de Philippe-Anguste et de saint Louis à l’observance ou à l’oubli d’un pareil détail, c’est mettre trop d’importance à une curiosité, etc, etc.

1669. (1875) Premiers lundis. Tome III « Du point de départ et des origines de la langue et de la littérature française »

Francisque Michel, l’infatigable pionnier, qui, pour l’utilité, n’a pas eu son pareil, et bien d’autres, M.  […] Je ne dois pas vous dissimuler que ces résultats assez imprévus, et plus précis qu’on n’était accoutumé à les obtenir et à les attendre en pareille matière, n’ont pas commencé à se produire sans soulever des objections parmi nos érudits.

1670. (1866) Petite comédie de la critique littéraire, ou Molière selon trois écoles philosophiques « Deuxième partie. — L’école critique » pp. 187-250

S’il entendait Horace dire à sa maîtresse galamment : « Madame, vous êtes à Paris, et tout le monde vous voit de trois lieues de la ville, car chacun vous voit de bon œil305 » ; si, au moins, il voyait Alain tremper ses doigts dans le potage de Georgette, et celle-ci lui envoyer la soupe et la soupière au nez, ces bonnes plaisanteries lui épanouiraient la rate ; mais L’École des femmes n’en offre pas de pareilles. […] Rien de pareil chez Uranie.

1671. (1870) De l’intelligence. Deuxième partie : Les diverses sortes de connaissances « Livre deuxième. La connaissance des corps — Chapitre premier. La perception extérieure et les idées dont se compose l’idée de corps » pp. 69-122

Si enfin, des quatre sens spéciaux, nous passons au dernier et au plus général de tous, c’est-à-dire au toucher, nos conclusions sont pareilles. — Tout d’abord, il est clair que la chaleur et le froid ne sont que le pouvoir de provoquer les sensations de ce nom. — Il en est de même pour la solidité ou résistance ; elle n’est que le pouvoir de provoquer la sensation musculaire de résistance. […] Poussée par un autre corps, elle change de place, comme fait notre main en pareille circonstance.

1672. (1858) Cours familier de littérature. V « XXXe entretien. La musique de Mozart (2e partie) » pp. 361-440

Le souper du voyageur, auquel assistent les servantes et la belle hôtesse, la scène de la déclaration d’amour faite à l’aide d’un dictionnaire allemand-italien, où le doigt muet de la jeune veuve et du jeune poète marquent les mots qui révèlent leur inclination naissante est une scène supérieure à celle du page dans les Noces de Figaro que d’Aponte et Mozart devaient écrire et chanter bientôt ensemble : nous n’en connaissons pas de pareille en français. […] « Nous revînmes insensiblement à la gaieté ; j’allai rendre visite à toutes les personnes qui étaient venues nous visiter la veille au soir ; je revis quelques-unes de mes anciennes amies de jeunesse, qui m’accueillirent avec une joie et une courtoisie tendre, pareille aux sentiments que j’éprouvais moi-même à les revoir ; et ce ne fut qu’à l’heure du dîner, l’après-midi, que je prévins la famille et les amis que je devais partir, dès le lendemain, pour Trévise et peut-être pour Venise.

1673. (1859) Cours familier de littérature. VII « XXXVIIe entretien. La littérature des sens. La peinture. Léopold Robert (2e partie) » pp. 5-80

» Un pareil révolutionnaire était peu à compter parmi les patriotes d’Italie, car toute révolution est un déplacement, et tout déplacement dérange quelque chose ou quelqu’un dans le monde. […] On conçoit tout ce qu’il devait en coûter à cette femme, qui recevait de Léopold plus qu’elle ne pouvait rendre, de lui faire un pareil aveu ; cet aveu ne se fait jamais que par l’événement à un ami jeune et passionné, qui regarde toujours comme dérobé à son espérance ce qu’on a donné de tendresse à un autre.

1674. (1859) Cours familier de littérature. VII « XLIIe entretien. Vie et œuvres du comte de Maistre » pp. 393-472

Ni Vergniaud, ni Mirabeau lui-même n’avaient eu de pareils éclairs dans la parole ni de pareilles vigueurs dans l’esprit.

1675. (1860) Cours familier de littérature. IX « LIe entretien. Les salons littéraires. Souvenirs de madame Récamier. — Correspondance de Chateaubriand (3e partie) » pp. 161-240

Non ; on est si loin de vouloir me dire une pareille chose que l’on prendrait tout le monde avant moi, que l’on ne m’admettrait qu’après avoir essuyé les refus de toutes les médiocrités de la France, et qu’on croirait me faire une grande grâce en me reléguant dans un coin obscur d’un ministère obscur. […] Ampère voyage, pareil à l’esprit errant, des déserts d’Amérique aux déserts d’Égypte, sans trouver le repos dans le silence ni l’oubli dans la foule, et rapportant de loin en loin dans sa patrie de la science, de la poésie, de l’histoire, qu’il jette, comme les fleurs de sa vie, sur le cercueil de son amie.

1676. (1860) Cours familier de littérature. IX « LIIIe entretien. Littérature politique. Machiavel (2e partie) » pp. 321-414

Une pareille faute contre le droit public ne pouvait qu’engendrer le désordre au dehors ; c’était la pierre d’attente du chaos européen. […] XII Le Piémont, qui avait obtenu de la complaisance ou de la surprise du congrès de 1856 un pareil principe, ne tarda pas à l’exercer.

1677. (1864) Cours familier de littérature. XVII « XCVIIe entretien. Alfieri. Sa vie et ses œuvres (2e partie) » pp. 1-80

Ma petite vanité eut alors de quoi se trouver satisfaite, car on distingua surtout mes beaux chevaux anglais qui l’emportaient en force, en beauté, sur tous ceux qu’on avait pu voir en pareille rencontre ; mais, au milieu d’une jouissance si puérile et si trompeuse, je vis, à mon grand désespoir, que dans cette Italie morte et corrompue il était plus facile de se faire remarquer par des chevaux que par des tragédies. […] Bien qu’étranger, je devais craindre un traitement pareil ou plus cruel encore, car il était naturel que l’on m’eût signalé aux Français comme un contempteur et un ennemi de leur autorité.

1678. (1864) Cours familier de littérature. XVIII « CVIe entretien. Balzac et ses œuvres (1re partie) » pp. 273-352

« Avec quinze cents francs de rente assurés, je pourrais travailler à ma célébrité, mais il faut le temps pour de pareils travaux, et il faut vivre d’abord ! […] « Je commence, toutefois, à tâter et reconnaître mes forces ; sentir ce que je vaux et sacrifier la fleur de ses idées à de pareilles inepties !

1679. (1887) Journal des Goncourt. Tome I (1851-1861) « Année 1857 » pp. 163-222

Permettez-moi de vous dire que je ne me serais jamais attendu de votre part à de pareils procédés de critique. […] Mercredi, 22 septembre 86. » À la réception de cette lettre, mon premier mouvement a été d’enlever la note sur ces lignes amies qui me semblaient dictées par un sentiment pareil que j’éprouverais à sentir la mémoire de mon frère égratignée ; mais, en réfléchissant, j’ai trouvé la prétention énorme, et j’ai pensé qu’il n’y aurait plus de mémoires possibles, s’il n’était pas permis au faiseur de mémoires de faire les portraits physiques des gens qu’il dépeint, d’après son optique personnelle — qu’elle soit juste ou injuste.

1680. (1888) Journal des Goncourt. Tome III (1866-1870) « Année 1869 » pp. 253-317

Et nous pensons aux secrets de la naissance et de la formation de ce vrai enfant de vous-même, une création de la pensée, véritablement pareille, en son miracle et son mystère, à la création de la vie d’un être. […] Au bout d’une heure de gronderie à propos de tout le livre, il nous accuse d’avoir dénaturé le sens de l’Imitation, ce doux livre d’amour et de mélancolie, et envoyant Troubat chercher son exemplaire, il nous le montre pareil à un herbier, plein de fleurs sèches et d’annotations en marge, et il se met, se tournant vers le jour qui tombe, à en nasiller le latin, qu’il épelle avec une voix subitement changée, une voix prêtreuse, et il ferme le livre sur cette phrase : « Oh !

1681. (1891) Journal des Goncourt. Tome V (1872-1877) « Année 1874 » pp. 106-168

Non je n’ai jamais rencontré des sens procurant à un être, par le contact des choses, un épanouissement sensuel semblable, une félicité pareille. […] Chez la femme rien de pareil.

1682. (1894) Journal des Goncourt. Tome VII (1885-1888) « Année 1887 » pp. 165-228

Mais, il n’y a qu’un très délicat observateur, capable de faire une pareille devinaille. […] Sur ce ciel, les grands arbres noirs, non feuillés encore, mais à la ramure infinie en éventail, et pareils à ces fougères gigantesques du monde antédiluvien, qu’on découvre calcinées au fond des mines ; et sous cette obscurité toute cloutée de feu, des souffles énormes balançant, et faisant gémir ces arbres couleur de charbon, comme les arbres d’une planète autre que la terre, d’une planète en deuil.

1683. (1889) Écrivains francisés. Dickens, Heine, Tourguénef, Poe, Dostoïewski, Tolstoï « Conclusions »

En expressions plus précises, un mot générique de la sorte qui présente une image trop grande, trop indéfinie pour être conçue clairement, qui nécessite donc un effort, une tendance insatisfaite à l’image, provoque dans le mécanisme cérébral comme une décharge suffuse, une tension croissante ; il y a dans l’esprit un mouvement d’expansion et une description conçue en termes généraux pareils, qui se limitent le moins possible, sera une description plus sentimentale que notionnelle, sera une description poétique. […] S’il trouve qu’en vivant avec ses pareils, ses besoins sont plus aisément satisfaits que s’il vivait de ses seuls efforts, la société n’existe qu’en apparence.

1684. (1856) Cours familier de littérature. II « XIIe entretien » pp. 429-507

« Et c’est sur un pareil néant que vos yeux, Seigneur, daigneraient s’arrêter ! et c’est avec un pareil atome que vous daigneriez entrer en jugement !

1685. (1857) Cours familier de littérature. III « XVIe entretien. Boileau » pp. 241-326

Où trouvera-t-on de pareilles délices d’oreille en français ? […] Aucune langue, même la plus naturellement harmonieuse, n’est arrivée par la perfection du travail de ses plus habiles ouvriers (les poètes) à produire de pareils effets de musique et d’images.

1686. (1884) Articles. Revue des deux mondes

quel génie fut plus étranger que le sien à de pareilles spéculations ? […] En un sujet si complexe, le plus complexe de tous ceux qui sollicitent l’attention du philosophe, pareil résultat n’a rien de surprenant.

1687. (1767) Salon de 1767 « Peintures — La Grenée » pp. 90-121

Il me semble que celui qui entend ces mots, qui est votre maître, pour avoir osé un pareil attentat, doit avoir les yeux baissés. […] C’est sous une pareille constitution que les beaux-arts n’ont que le rebut des conditions subalternes ; c’est sous un ordre de choses aussi extraordinaire, aussi pervers qu’ils sont ou subordonnés à la fantaisie et aux caprices d’une poignée d’hommes riches, ennuyés, fastidieux, dont le goût est aussi corrompu que les mœurs, ou abandonnés à la merci de la multitude indigente qui s’efforce, par de mauvaises productions en tout genre, de se donner le crédit et le relief de la richesse.

1688. (1867) Causeries du lundi. Tome VIII (3e éd.) « Mézeray. — I. » pp. 195-212

Aussitôt le mariage célébré en Normandie entre Blanche et le fils de Philippe Auguste, Louis emmène sa chère moitié à Paris : Les deux époux étaient à peu près pareils en âge, de treize à quatorze ans, tous deux d’un esprit enclin à la piété, éloigné du vice, pur, ouvert et sans fiel, et en tout tellement semblables l’un à l’autre, que de ce parfait rapport et de cette mutuelle correspondance naquit entre eux deux un amour saint, qui fut désormais l’âme de l’un et de l’autre.

1689. (1867) Causeries du lundi. Tome VIII (3e éd.) « Le prince de Ligne. — II. (Fin.) » pp. 254-272

En tout ceci, le prince de Ligne fait comme chacun en pareil cas : il tire volontiers toute l’histoire de son côté.

1690. (1867) Causeries du lundi. Tome VIII (3e éd.) « Gabrielle d’Estrées. Portraits des personnages français les plus illustres du XVIe siècle, recueil publié avec notices par M. Niel. » pp. 394-412

Mes chères amours, il faut dire vrai, nous nous aimons bien : certes, pour femme, il n’en est point de pareille à vous ; pour homme, nul ne m’égale à savoir bien aimer… Il est dommage qu’on puisse écrire de ces charmantes choses à plus d’une personne en si peu de temps : car les lettres à la marquise de Verneuil suivirent de près celles que j’indique, et leur ressemblent.

1691. (1869) Causeries du lundi. Tome IX (3e éd.) « Le marquis de Lassay, ou Un figurant du Grand Siècle. — I. » pp. 162-179

Au moment de la première charge, voyant qu’on ne s’ébranlait pas, ils s’arrêtèrent à vingt ou trente pas des escadrons et bataillons allemands, sauf un petit nombre qui poussèrent à fond : Dans ce moment, dit Lassay, nos petites pièces de canon ayant commencé à tirer, et les bataillons à faire un feu prodigieux, on leur vit faire un mouvement quasi pareil à celui que fait le blé qui est agité par le vent ; et ensuite ils tournèrent, mais assez lentement ; toute notre ligne s’ébranla pour les suivre, mais fort lentement aussi, craignant de se rompre… En un mot, toutes les particularités et les circonstances de cette victoire de Gran se comprennent à merveille par le récit de Lassay.

1692. (1869) Causeries du lundi. Tome IX (3e éd.) « Madame Dacier. — II. (Fin.) » pp. 495-513

L’aimable et spirituel abbé Fraguier, le même qui, à l’apparition du premier manifeste de La Motte, avait fait en latin ce vœu public aux Muses de lire chaque jour de l’année 1714, avec son ami Rémond, mille vers d’Homère pour détourner loin de soi la contagion du sacrilège ; l’abbé Fraguier, dans une élégie également latine sur la mort de Mme Dacier, nous la représente arrivant aux champs Élysées et reçue par sa fille d’abord, cette jeune enfant qui court à elle les cheveux épars et en pleurant ; puis l’Ombre d’Homère, pareille à Jupiter apaisé, sort d’un bosquet voisin et la salue comme celle à qui il doit d’avoir vaincu et de régner encore (« Quod vici regnoque tuum est… »).

1693. (1870) Causeries du lundi. Tome X (3e éd.) « Chateaubriand. Anniversaire du Génie du christianisme. » pp. 74-90

Et pourtant à pareil jour, à cinquante-deux ans d’intervalle, il m’a semblé que bien des pensées aussi se présentaient.

1694. (1870) Causeries du lundi. Tome X (3e éd.) « Maucroix, l’ami de La Fontaine. Ses Œuvres diverses publiées par M. Louis Paris. » pp. 217-234

Ce serait un moyen de se venger de son rival en pareil cas que de lui faire de mauvais vers ; Maucroix n’y songea pas, il fit de son mieux et comme pour lui : seulement il exhala ensuite son dépit contre ce rival dans une épigramme.

1695. (1870) Causeries du lundi. Tome X (3e éd.) « Agrippa d’Aubigné. — I. » pp. 312-329

On en voit le thème : il s’indigne pour les siens, pour les hommes de sa cause, à cette seule idée de se faufiler dans l’armée royale ; ce serait abjurer le passé : Ce serait, dit-il en commençant, fouler aux pieds les cendres de nos martyrs et le sang de nos vaillants hommes, ce serait planter des potences sur les tombeaux de nos princes et grands capitaines morts, et condamner à pareille ignominie ceux qui, encore debout, ont voué leurs vies à Dieu, que de mettre ici en doute et sur le bureau avec quelle justice ils ont exercé leurs magnanimités ; ce serait craindre que Dieu même ne fût coupable ayant béni leurs armes, par lesquelles ils ont traité avec les rois selon le droit des gens, arrêté les injustes brûlements qui s’exerçaient de tous côtés, et acquis la paix à l’Église et à la France… Je dis donc que nous ne devons point être seuls désarmés quand toute la France est en armes, ni permettre à nos soldats de prêter serment aux capitaines qui l’ont prêté de nous exterminer, leur faire avoir en révérence les visages sur lesquels ils doivent faire trancher leurs coutelas, et de plus les faire marcher sous les drapeaux de la Croix blanche qui leur ont servi et doivent servir encore de quintaine (point de mire) et de blanc.

1696. (1870) Causeries du lundi. Tome X (3e éd.) « Ramond, le peintre des Pyrénées — III. (Fin.) » pp. 479-496

Jamais rien de pareil ne s’était offert à mes yeux.

1697. (1870) Causeries du lundi. Tome XI (3e éd.) « Journal du marquis de Dangeau — II » pp. 18-35

. — Il y eut le soir Comédie-Italienne ; Monseigneur y alla. » Les nouvelles pareilles se succèdent coup sur coup et arrivent par chaque courrier : comment Louis XIV, qui croyait si aisément en lui-même et en son ascendant, en aurait-il douté ?

1698. (1870) Causeries du lundi. Tome XII (3e éd.) « Œuvres de Voiture. Lettres et poésies, nouvelle édition revue, augmentée et annotée par M. Ubicini. 2 vol. in-18 (Paris, Charpentier). » pp. 192-209

La véritable pièce historique de Voiture est sa lettre écrite en 1636 après son retour en France, à l’occasion de la reprise de Corbie sur les Espagnols, qui s’en étaient emparés quelques mois auparavant ; il y embrasse d’un coup d’œil sensé et supérieur tout l’ensemble de la politique du cardinal de Richelieu, et, se mettant au-dessus des misères et des animosités contemporaines, il en fait à bout portant un jugement tout pareil à celui qu’a confirmé la postérité.

1699. (1870) Causeries du lundi. Tome XII (3e éd.) « Sénecé ou un poète agréable. » pp. 280-297

Sénecé ne s’aperçut pas qu’il s’opérait quelque changement pareil dans le climat des esprits vers cette date mémorable de 1664, et quand lui-même avait vingt et un ans ; il ne vit point qu’en descendant le fleuve on avait passé l’une de ces lignes par-delà lesquelles le soleil et le ciel sont plus beaux.

1700. (1870) Causeries du lundi. Tome XII (3e éd.) « Œuvres de Frédéric-le-Grand Correspondance avec le prince Henri — I » pp. 356-374

Il se plaint de ne point trouver en lui une ouverture et des sentiments correspondants aux siens, d’y rencontrer plutôt des méfiances ou des timidités : « Mon cher frère, vous me connaissez bien mal, puisque vous croyez que je ne pense pas à vous ; mais ce n’est pas d’aujourd’hui que vous me faites de pareilles injustices, et je remarque de reste que vous n’avez aucune confiance en moi (août 1744). » Il le traite d’ailleurs avec amitié, essaie de l’enhardir en causant librement avec lui par lettres, et se promet de l’initier aux affaires dès qu’il aura quelque intervalle de liberté.

1701. (1870) Causeries du lundi. Tome XIII (3e éd.) « Madame Bovary par M. Gustave Flaubert. » pp. 346-363

Le soleil se couchait ; le ciel était rouge entre les branches, et les troncs pareils des arbres plantés en ligne droite semblaient une colonnade brune se détachant sur un fond d’or : une peur la prenait, elle appelait Djali, s’en retournait vite à Tostes par la grande route, s’affaissait dans un fauteuil, et de toute la soirée ne parlait pas.

1702. (1870) Causeries du lundi. Tome XIV (3e éd.) « La princesse des Ursins. Ses Lettres inédites, recueillies et publiées par M. A Geffrot ; Essai sur sa vie et son caractère politique, par M. François Combes » pp. 260-278

Mme des Ursins nous apparaît dans ses lettres tout à fait telle que l’on se figure la femme politique accomplie ; elle en offre l’idéal, si un pareil idéal existe.

1703. (1870) Causeries du lundi. Tome XV (3e éd.) « Journal d’Olivier Lefèvre d’Ormesson, publié par M. Chéruel » pp. 35-52

L’origine était peu de chose : un grand-père, né de quelque honnête marchand, de quelque commis au greffe, avait commencé la fortune, humblement, laborieusement ; il s’était élevé degrés par degrés, en passant par tous les bas et moyens emplois, en se faisant estimer partout, en se rendant utile, nécessaire, en sachant mettre à profit les occasions ; il avait à la fin percé, il était arrivé, déjà mûr, à quelque charge honorable et y avait assez vieilli pour confirmer son bon renom : il avait eu un fils, pareil à lui, mais qui, né tout porté, avait pu appliquer dès la jeunesse les mêmes qualités à des objets en vue et en estime, à des affaires publiques et d’État.

1704. (1870) Causeries du lundi. Tome XV (3e éd.) « Mémoires de Mme Elliot sur la Révolution française, traduits de l’anglais par M. le comte de Baillon » pp. 190-206

Je n’ai jamais ressenti pour personne une horreur pareille à celle que j’éprouvai en ce moment pour la conduite de ce prince.

1705. (1863) Nouveaux lundis. Tome I « Les Caractères de La Bruyère. Par M. Adrien Destailleur. »

Adrien Destailleur, qui avait un goût particulier pour le genre de La Bruyère et un culte pour l’auteur lui-même, travaillait lentement, de son côté, à une édition qui parut pour la première fois en 1854 dans la Bibliothèque-Jannet : elle se recommandait dès lors par un très bon texte, ce qui est l’essentiel en pareille matière.

1706. (1864) Nouveaux lundis. Tome II « Le Poëme des champs par M. Calemard de Lafayette. »

Dans une page déchirée des Mémoires d’Outre-Tombe que le vent m’apporte par ma fenêtre entr’ouverte, je trouve un aveu, un refus presque pareil, bien que sur un tout autre ton, une confession où se peint, une fois de plus, cette passionnée et délirante nature de René ; j’y supprime seulement, çà et là, quelques traits, quelques notes trop ardentes et qui ne seraient à leur place que dans le Cantique des Cantiques : « Vois-tu, s’écrie le vieillard poëte s’adressant à la jeune fille qui s’est jetée à sa tête, comme on dit, et qui lui offre son cœur, vois-tu, quand je me laisserais aller à une folie, je ne serais pas sûr de t’aimer demain.

1707. (1865) Nouveaux lundis. Tome III « Le Mystère du Siège d’Orléans ou Jeanne d’Arc, et à ce propos de l’ancien théâtre français (suite.) »

si l’on fait pareille étude sur les origines du Théâtre des Grecs, on est sûr d’y trouver son compte, d’être bientôt récompensé de la sécheresse des débuts.

1708. (1865) Nouveaux lundis. Tome IV « Ducis épistolaire (suite) »

On entend le bruit de la vague qui nous dit que nous passons, et l’on jette un regard sur la scène variée du rivage qui s’enfuit. » Ces charmants passages de Ducis m’en rappellent de tout pareils dans les lettres de Béranger : même philosophie riante et résignée, mêmes images poétiques à la fois et naturelles ; mais, chez Ducis le tragique, il s’y mêle bientôt des tons plus sombres et qui montent.

1709. (1866) Nouveaux lundis. Tome VI « Œuvres de M. P. Lebrun, de l’Académie française. »

si pareils l’un à l’autre !

1710. (1866) Nouveaux lundis. Tome VI « Théophile Gautier (Suite.) »

» Théophile Gautier, pour cela, s’y prit d’une manière bien simple : ayant vu l’Espagne pour son compte, il la fit voir telle et toute pareille à tous.

1711. (1867) Nouveaux lundis. Tome VII « Anthologie grecque traduite pour la première fois en français, et de la question des anciens et des modernes, (suite et fin.) »

Psyché parut, plus brillante et plus belle ; L’Amour la vit, l’Amour brûla pour elle : L’Amour, bientôt, la mit au rang des dieux… C’est ce même rimailleur soi-disant classique qui, dans une pièce critique et satirique de 1825, qu’il s’est bien gardé de perdre et qu’il a tenu à conserver, débutait par ces mots : Et j’ai dit dans mon cœur : « Notre ami Lamartine Définitivement a le timbre fêlé… » Et ce sont les auteurs de pareilles inepties et platitudes qui se mêlent de juger à première vue les plus délicats d’entre les poètes de l’Éolie et de l’Ionie !

1712. (1867) Nouveaux lundis. Tome VIII « Histoire de la littérature anglaise par M. Taine. »

Un pareil régime absorbant, dévorant, produisait son effet naturel sur de jeunes et vigoureux cerveaux ; on vivait dans une excitation perpétuelle et dans une discussion ardente.

1713. (1867) Nouveaux lundis. Tome IX « La Réforme sociale en France déduite de l’observation comparée des peuples européens. par M. Le Play, conseiller d’État. (Suite et fin.) »

Les sceptiques ont beau jeu, et les pessimistes aussi ; ils peuvent élever bien des objections et arguer de l’inutilité de pareils efforts, de l’impuissance de semblables remèdes palliatifs, quand une fois un principe dominant s’est emparé de la société : il semble alors qu’il faille que ce principe sorte tous ses effets et se produise, bon gré, mal gré, jusqu’au bout ; on ne le déjoue pas.

1714. (1867) Nouveaux lundis. Tome IX « Entretiens sur l’histoire, — Antiquité et Moyen Âge — Par M. J. Zeller. (Suite et fin.) »

Ampère, avait tenté quelque chose de pareil ; mais, préoccupé d’une idée politique trop fixe, il lui est arrivé souvent de forcer Suétone et Tacite, tandis qu’il s’agissait surtout, laissant là les allusions présentes, de se bien rendre compte du passé.

1715. (1868) Nouveaux lundis. Tome X « Histoire des cabinets de l’Europe pendant le Consulat et l’Empire, par M. Armand Lefebvre (suite et fin.) »

La plupart des esprits, qui d’abord se figuraient dans Napoléon un génie pareil à un volcan ou à un tonnerre et procédant par éruptions ou par éclairs, se guérirent insensiblement de leur idée incomplète et s’accoutumèrent à saisir l’ensemble de cette pensée puissante dans toute l’ampleur de son développement : l’excellent historien narrateur leur avait fait faire bien du chemin.

1716. (1869) Nouveaux lundis. Tome XI « Mémoires de Malouet »

On sait la touchante histoire de Montesquieu à Marseille, délivrant, sans se faire connaître, le père du jeune batelier Robert, esclave à Tétouan : Malouet a une histoire toute pareille et à faire le pendant de celle de Montesquieu dans la Morale en action.

1717. (1870) Nouveaux lundis. Tome XII « Essai sur Talleyrand (suite.) »

On n’est, tout au plus alors, et sauf le suprême bon ton, sauf l’esprit de société où il n’avait point son pareil, qu’un diminutif de Mazarin, moins l’étendue et la toute-puissance ; on n’est guère qu’une meilleure édition, plus élégante et reliée avec goût, de l’abbé Dubois.

1718. (1870) Portraits contemporains. Tome II (4e éd.) « DIX ANS APRÈS EN LITTÉRATURE. » pp. 472-494

Il a saisi à nu la société dans un quart d’heure de déshabillé galant et de surprise ; les doubles de la rue avaient fait entr’ouvrir l’alcôve, il s’y est glissé ; mais si de pareils hasards sont précieux, il ne faut pas en abuser, on le sent, ni les prolonger outre mesure, sous peine de faire céder le charme au dégoût.

1719. (1870) Portraits contemporains. Tome III (4e éd.) « M. PROSPER MÉRIMÉE (Essai sur la Guerre sociale. — Colomba.) » pp. 470-492

» elle répond par un oui simple en rougissant. « Puis elle leva les yeux, et, n’apercevant sur la physionomie de son père aucun signe de courroux, elle se jeta dans ses bras et l’embrassa comme les demoiselles bien élevées font en pareille occasion. » Toujours un peu d’ironie, on le voit, mais qui ne fait que mieux valoir les sentiments choisis et naturels.

1720. (1902) L’observation médicale chez les écrivains naturalistes « Chapitre IV »

Nous ne savons quelle impression une pareille exhibition peut produire sur la masse des lecteurs, mais nous pouvons affirmer à M. 

1721. (1800) De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (2e éd.) « Seconde partie. De l’état actuel des lumières en France, et de leurs progrès futurs — Chapitre II. Du goût, de l’urbanité des mœurs, et de leur influence littéraire et politique » pp. 414-442

D’individus en individus, de classe en classe, la vanité souffrante n’était en repos que sur le trône ; dans toute autre situation, depuis les plus élevées jusqu’aux dernières, on passait sa vie à se comparer avec ses égaux ou ses supérieurs ; et loin de prendre en soi le sentiment de sa propre valeur, on cherchait dans les regards des autres l’idée qu’ils se faisaient de l’importance qu’on avait acquise parmi ses pareils.

1722. (1892) Boileau « Chapitre VII. L’influence de Boileau » pp. 182-206

Au-dessous de Boileau, comme ses lieutenants ou ses auxiliaires, on investissait d’une autorité pareille à celle qu’on lui attribuait, Le Bossu, Bouhours, Rapin, Fontenelle, Lamotte ; et le même Ignacio de Luzan qui promulgue l’Art poétique en Espagne, y importe le Préjugé à la Mode comme un produit également français, sans s’apercevoir que ce dernier article est prohibé par son code.

1723. (1895) Histoire de la littérature française « Sixième partie. Époque contemporaine — Livre I. La littérature pendant la Révolution et l’Empire — Chapitre II. L’éloquence politique »

Même dans les bulletins, malgré la tension plus solennelle du style, dans ceux surtout des dernières campagnes, je note quelques pensées d’une imagination pareille.

1724. (1887) Les contemporains. Études et portraits littéraires. Troisième série « Pierre Loti »

Vous avez vu, de vos yeux de dilettante occidental épris de pittoresque, danser la upa-upa à Tahiti ; vous avez vu glisser les danseuses birmanes pareilles à des chauves-souris… ; et vous avez pleuré sur des aïeules, sur des enfants qui meurent ou sur des amants qui se séparent, avec le meilleur de votre âme, la partie la plus naïve et la plus saine de vous, et du même cœur que vous aimez votre mère ou votre pays natal.

1725. (1889) Histoire de la littérature française. Tome IV (16e éd.) « Chapitre dixième »

Telles sont certaines vérités de l’astronomie physique, qui, pareilles aux étoiles fixes que le télescope a découvertes, jettent incessamment une lumière sans variation et sans chaleur.

1726. (1911) La morale de l’ironie « Chapitre premier. La contradiction de l’homme » pp. 1-27

Et le dévouement de l’homme, en un tel cas, est pareil à celui dont l’oiseau protège ses petits tant que ceux-ci ont besoin de soins.

1727. (1920) La mêlée symboliste. II. 1890-1900 « Stéphane Mallarmé » pp. 146-168

Et René Ghil ajoutait : Un seul poète, un grand poète a des vers pareils : Stéphane Mallarmé.

1728. (1890) L’avenir de la science « V »

En effet, le terme du progrès universel étant un état où il n’y aura plus au monde qu’un seul être, un état où toute la matière existante engendrera une résultante unique, qui sera Dieu ; où Dieu sera l’âme de l’univers, et l’univers le corps de Dieu, et où, la période d’individualité étant traversée, l’unité, qui n’est pas l’exclusion de l’individualité, mais l’harmonie et la conspiration des individualités, régnera seule ; on conçoit, dis-je, que dans un pareil état, qui sera le résultat des efforts aveugles de tout ce qui a vécu, où chaque individualité, jusqu’à celle du dernier insecte, aura eu sa part, toute individualité se retrouve comme dans le son lointain d’un immense concert.

1729. (1900) La méthode scientifique de l’histoire littéraire « Troisième partie. Étude de la littérature dans une époque donnée causes et lois de l’évolution littéraire — Chapitre V. La littérature et le milieu terrestre et cosmique » pp. 139-154

Ainsi Mérimée, pour n’en pas citer d’autre, plus enclin à regarder au dedans qu’au dehors, se plaisait à décrire en style assorti des états d’âme violents, des caractères âpres, des éclats de passion sauvages pareils aux paysages que les descriptifs et les peintres d’alors jetaient sur le papier ou sur la toile.

1730. (1886) De la littérature comparée

Pendant les deux siècles classiques, vous chercheriez en vain des exemples d’une pareille indépendance parmi les écrivains français ou italiens, qui viennent docilement se ranger sous la fécule d’Aristote et accomplissent ce tour de force, merveilleux et inutile, de couler les sentiments de leur époque dans des moules surannés. — Il faut donc que certaines nations, pour des raisons que nous rechercherons peut-être un jour, aient conservé plus profondément que d’autres leur empreinte primitive, et c’est à cette persistance que nous devons en partie notre émancipation actuelle de l’influence antique.

1731. (1904) Prostitués. Études critiques sur les gens de lettres d’aujourd’hui « Chapitre VI. Pour clientèle catholique »

… Tout homme énergique au dieu Terme est pareil et nul ne choisit les fatalités qui le paralysent : la gaine de Léon Bloy est faite de je ne sais quel fumier incrustant et tenace.

1732. (1857) Causeries du lundi. Tome IV (3e éd.) « Mémoires et correspondance de Mallet du Pan, recueillis et mis en ordre par M. A. Sayous. (2 vol. in-8º, Amyot et Cherbuliez, 1851.) — II. » pp. 494-514

Depuis lors une pareille chance ne se retrouvera plus à ses yeux, et, même à la veille du 18 Fructidor, il n’aura qu’un retour d’espoir bien douteux et bien fugitif.

1733. (1865) Causeries du lundi. Tome V (3e éd.) « Portalis. Discours et rapports sur le Code civil, — sur le Concordat de 1801, — publiés par son petit-fils — II. » pp. 460-478

De même, dans son premier discours sur le Concordat (5 avril 1802), on retrouve fondus, mais dans une expression toute pareille, les beaux passages que nous avons déjà notés dans son discours au Conseil des Anciens en faveur des prêtres non assermentés.

1734. (1865) Causeries du lundi. Tome VI (3e éd.) « Armand Carrel. — III. (Suite et fin.) » pp. 128-145

Qu’on n’impute point à Carrel d’avoir été dans de telles idées, dans de pareilles illusions sur ce que c’est que l’homme et la société.

1735. (1865) Causeries du lundi. Tome VI (3e éd.) « De la retraite de MM. Villemain et Cousin. » pp. 146-164

Il serait bien naturel d’ajouter qu’il ne retrouvera plus rien de pareil et d’égal désormais.

1736. (1865) Causeries du lundi. Tome VI (3e éd.) « L’abbé Gerbet. » pp. 378-396

Il semblait que l’esprit français, pareil à une terre fertile, après s’être reposé forcément durant quelques années, redemandait avec avidité toutes les cultures.

1737. (1865) Causeries du lundi. Tome VII (3e éd.) « Regnard. » pp. 1-19

Les femmes, selon lui, n’étaient que des victimes et ne faisaient que leur rendre la pareille bien faiblement : Ce sexe plein d’attraits, sans secours et sans armes, Peut assez se défendre avec ses propres charmes ; Et les traits d’un critique affaibli par les ans Sont tombés de ses mains sans force et languissants.

1738. (1865) Causeries du lundi. Tome VII (3e éd.) « Franklin. — III. Franklin à Passy. (Fin.) » pp. 167-185

Le plus bel éloge qu’on puisse faire de ce poète, dont nous n’avons pas le pareil en notre littérature, c’est Franklin qui l’a fait en quelques lignes.

1739. (1887) Journal des Goncourt. Tome I (1851-1861) « Année 1853 » pp. 31-55

Or, je puis affirmer qu’il n’y a pas d’exemple d’une pareille poursuite en aucun temps et en aucun pays.

1740. (1872) Les problèmes du XIXe siècle. La politique, la littérature, la science, la philosophie, la religion « Livre I : La politique — Chapitre II : Philosophie politique de Tocqueville »

Peut-être Tocqueville a-t-il exagéré les chances que la société avait de tomber dans une de ces égalités au lieu de s’élever à l’autre ; mais que de pareilles chances existent dans une société démocratique, c’est ce qu’il est impossible de nier.

1741. (1870) De l’origine des espèces par sélection naturelle, ou Des lois de transformation des êtres organisés « De l’origine des espèces par sélection naturelle, ou Des lois de transformation des êtres organisés — Chapitre II : Variations des espèces à l’état de nature »

— Finalement, les variétés ne peuvent avec certitude se distinguer des espèces, excepté : premièrement, par la découverte de formes intermédiaires qui les relient les unes aux autres, et la découverte de pareils liens n’affecte pas les formes qu’ils réunissent ; secondement, par une certaine somme de différences, car deux formes qui ne diffèrent que très peu sont généralement rangées comme variétés, lors même que des liens intermédiaires n’ont pas été découverts ; mais la somme de différences considérée comme nécessaire pour donner à deux formes le rang d’espèces est complétement indéfinie.

1742. (1818) Essai sur les institutions sociales « Chapitre V. Seconde partie. Des mœurs et des opinions » pp. 114-142

Une pareille constitution ne peut être que l’ouvrage du temps, parce que c’est le temps seul qui met en harmonie les mœurs et les opinions.

1743. (1868) Les philosophes classiques du XIXe siècle en France « Chapitre IX : M. Jouffroy écrivain »

Dans de pareilles âmes, les dogmes déracinés arrachent et emportent avec eux les parties les plus vives et les plus sensibles du cœur.

1744. (1868) Les philosophes classiques du XIXe siècle en France « Chapitre XII : Pourquoi l’éclectisme a-t-il réussi ? »

On n’avait jamais vu un pareil spectacle.

1745. (1894) La bataille littéraire. Septième série (1893) pp. -307

» Mme Bichon, qui est pour la vérité, affirme à la candide Ursule que si l’on se donnait un peu la peine de chercher dans son Périgord, on y trouverait des choses pareilles. […] Louis XVI, prisonnier, surveillé comme il l’était à ce moment, Louis XVI, homme cruel, et se livrant à un pareil acte, voilà qui surprendra bien d’autres que le futur baron Thiébault. […] Sans admettre, avec les rapport des gens de police, qui, à force de le répéter, en était arrivés à le croire, que les Parisiens redoutaient un incendie méthodique pareil à celui de Moscou, il paraît cependant hors de doute que la population avait de terribles craintes. […] Du reste, ni barbe, ni moustache, ni favoris, ni royale ; une face soigneusement rasée, d’une pâleur particulière, trouée et illuminée de deux yeux fauves pareils à des prunelles d’aigle, et une bouche à lèvres sinueuses, à coins surbaissés, d’un dessin ferme et volontaire, qui, en s’entrouvrant pour sourire, découvrait des dents d’une blancheur éclatante. […] En pareil cas, l’âme désincarnée parvient à donner momentanément à son corps spirituel une apparence visible, quelquefois même tangible, au moyen du dynamisme particulier que l’esprit exerce sur la matière par l’intermédiaire des forces électriques de l’atmosphère et des forces magnétiques des corps vivants.

1746. (1900) La culture des idées

Et l’impression sera pareille si, après avoir écouté avec complaisance les paradoxes lyriques de Michelet, on les retrouve dans les discours bas de quelque sénateur, dans les tristes commentaires de la presse dévouée. […] On ne perfectionne pas de pareils systèmes ; il faut les accepter tels que les générations les ont organisés, ou les nier rigoureusement. […] Sachez seulement que les Arrivistes sont fort soupçonneux et fort méchants : je les ai vus, pareils aux loups de Sibérie, manger résolument l’un de leurs amis tombé dans la neige : ils ont un bon appétit et de belles dents. […] À condition qu’il ne me nie pas, j’admettrai, autant que je puis le faire, autant que me le permet ma nature, son existence hypothétique, — et nécessairement s’il me rend la pareille. […] Cependant le poète (rime, allitération) subit de pareilles associations, mais il doit avoir le talent de les rendre logiques, ce qui n’a guère lieu dans le rêve pur et simple.

1747. (1870) Nouveaux lundis. Tome XII « Camille Jordan, et Madame de Staël »

De pareilles scènes s’étaient renouvelées en plusieurs lieux. La garde appelée au secours, en pareil cas, refusait de marcher ou n’arrivait que trop tard, seulement « pour contempler le désordre, jamais pour le réprimer. » L’autorité municipale ne paraissait aussi qu’après coup, et semblait, dans ses timides admonestations, « n’écarter les criminels que comme on congédierait des amis. » L’Église constitutionnelle, en affectant d’isoler sa cause de celle de ses outrageux vengeurs, ne les flétrissait pas hautement et ne s’en séparait point par une réprobation éclatante. […] Il courut alors contre lui nombre de chansons pareilles, également plates, et qui n’avaient que le refrain.

1748. (1927) André Gide pp. 8-126

C’est peut-être le mirage d’une activité décevante qui les séparera : la séparation n’en est pas moins inévitable. « Deux âmes se rencontrent un jour, et, parce qu’elles cueillaient des fleurs, toutes deux seront crues pareilles. […] Lorsque Gertrude montre pour la première fois une lueur d’intelligence et commence à comprendre les mots qu’il lui enseigne avec une évangélique patience, l’excellent pasteur déborde de joie religieuse et de reconnaissance envers le ciel, comme le docteur anglais, éducateur de l’aveugle et sourde-muette Laura Bridgeman, lequel, en pareille occurence, tomba à genoux pour remercier le Seigneur. Osera-t-on insinuer qu’en pareil cas la bonté divine ne se manifeste que d’une façon relative, par des pis-aller, et que l’on comprend au moins aussi bien le Saunderson de Cheselden et de Diderot disant au révérend Holmes : « Voyez moi bien, Monsieur Holmes, je n’ai point d’yeux.

1749. (1867) Cours familier de littérature. XXIV « CXLe entretien. L’homme de lettres »

Pendant qu’il témoignait sa surprise d’un pareil procédé, Barasdine s’emportait contre ce qu’il appelait hautement une action indigne ; mais le général, sans daigner lui répondre, ordonna au cocher de partir et laissa les deux jeunes gens exhaler leur colère. […] Cependant la pauvreté de cette bonne vieille l’affligeait, et il se mit à la questionner pour savoir comment elle se trouvait dans un pareil délaissement. « Oh ! […] Jamais livre n’eut un pareil succès.

1750. (1864) Le positivisme anglais. Étude sur Stuart Mill

Il y a donc une expérience de tête comme il y en a une des yeux, et c’est justement d’après une expérience pareille que vous refusez aux deux lignes droites, même prolongées à l’infini, le pouvoir d’enclore un espace. […] C’est le procédé par lequel nous concluons que ce qui est vrai de certains individus d’une classe est vrai de toute la classe, ou que ce qui est vrai en certains temps, sera vrai en tout temps, les circonstances étant pareilles. » 14 C’est le raisonnement par lequel, ayant remarqué que Pierre, Jean et un nombre plus ou moins grand d’hommes sont morts, nous concluons que tout homme mourra. […] Comme il arrive toujours en pareil cas, chacun des deux avait fait réfléchir l’autre, et aucun des deux n’avait persuadé l’autre ; mais ces réflexions furent courtes : devant une belle matinée d’août, tous les raisonnements tombent.

1751. (1882) Études critiques sur l’histoire de la littérature française. Deuxième série pp. 1-334

Mme Guyon, qui ne craignait rien, les salua d’un gracieux sourire, et les bandits, peu habitués à un pareil accueil, s’inclinèrent respectueusement et s’en allèrent. » Tant il est vrai que cette femme savait se gagner tous les cœurs ! […] De pareils enseignements encore devaient faire, plus tard, du fils, — le dauphin, père de Louis XVI, — ce personnage dont on voit passer de loin en loin, dans les coulisses de l’histoire, la figure honnête, pieuse et légèrement niaise. […] Ne voit-il pas à quel despotisme, puisque c’est le mot à la mode, une pareille administration donnerait lieu ? […] s’il était vrai que Fréron eût parlé de Voltaire seulement comme Voltaire avait parlé de Fréron, n’est-il pas assez monstrueux, — le mot n’est pas trop fort, — qu’il ait fallu tant de négociations pour que cet homme eût le droit de rendre la pareille ? […] Grimm en était d’autant plus irrité qu’il faut bien dire que, comme toujours en pareil cas et pour l’honneur de l’humanité, il y avait autre chose entre les deux sectes ennemies qu’une mesquine rivalité d’amour-propre.

1752. (1891) Esquisses contemporaines

Je compris ce soir-là qu’il avait beaucoup plus que je ne l’aurais pensé, des manières de moi, des idées, des sensations pareilles aux miennes. » Paroles touchantes dont l’accent n’est pas sans charme ! […] » Il faudrait remonter jusqu’à Pascal pour rencontrer des pages d’une telle envergure, faites d’un pareil tremblement. […] Nous n’aurons pas de peine à découvrir, au cours de ces analyses, les traces d’une dualité toute pareille à celle que nous avons rencontrée jusqu’ici : faire et penser, agir et contempler sont les deux pôles entre lesquels Amiel indécis balance constamment. […] Ils témoignent d’une détresse toute pareille : « Il y a deux degrés d’orgueil ; l’un où l’on s’approuve soi-même ; l’autre où l’on ne peut s’accepter. […] Nous tenons pour assurer qu’un essai pareil, même abstraction faite de ses conséquences pratiques, serait des plus fructueux.

1753. (1903) Le problème de l’avenir latin

Pourtant l’appréhension d’éveiller un pareil sentiment et d’encourir une semblable épithète ne m’a pas arrêté. […] Et nous ne craignons pas d’offrir au monde un pareil spectacle lorsque chaque jour des faits impitoyables, qui sont à l’abri des influences du sentiment, se chargent de démontrer, avec une évidence retentissante, notre infériorité.‌ […] Il est vrai qu’une grave objection — dont nous avons parfaitement conscience nous-même — s’élève contre l’emploi d’un pareil moyen de salut. […] Voilà, je le répète, le tragique de notre situation, telle que nous l’ont léguée les ancêtres au cœur léger,‌ À ceux qui s’insurgent contre un pareil procédé, je ferai également remarquer que le moyen n’est qu’un remède et qu’il s’agit de malades à guérir. […] Mais la mer toujours monte ; mais toujours Hod s’enfonce, Hod, qui n’est plus qu’une plate-forme sur des pilotis de fer ; et les Aryas, innombrables jadis, se comptent entre eux, sans arriver à y employer les dix doigts de leurs mains ; et bientôt, de l’antique fourmilière, il demeure une fourmi solitaire, décrépite, agonisante, petit paquet de nerfs sous un lourd cerveau, pauvre être pareil à un champignon dont la tige est en filaments flétris, et dont la tête est une éponge suant tous les venins.

1754. (1884) Propos d’un entrepreneur de démolitions pp. -294

Aucun autre nom de ce siècle, ne pouvait, en pareil cas, précéder celui-là dans ma pensée. […] Moi qui passe pour un mastodonte d’extravagance et qui crois tout possible, je me demande avec stupeur d’où une pareille conception a pu venir à M.  […] Une pareille contradiction de tous les systèmes de physiognomonie ne s’imagine pas. […] Le catholique ajoutait qu’un pareil acte accompli comme l’Église entend qu’il le soit, si on pouvait y décider un athée, aurait pour résultat probable la conversion du personnage. […] Il n’y a pas de poète au monde qui ne dût tirer d’une pareille œuvre un immortel honneur.

1755. (1903) La pensée et le mouvant

Pareille recherche n’aurait quelque chance d’aboutir que dans un état plus avancé de notre connaissance de la matière. […] Mais qui de nous voudrait d’une pareille situation pour la philosophie ? […] Jamais avec de pareils instants vous ne feriez du temps, pas plus qu’avec des points mathématiques vous ne composeriez une ligne. […] Que la personnalité ait de l’unité, cela est certain ; mais pareille affirmation ne m’apprend rien sur la nature extraordinaire de cette unité qu’est la personne. […] Dans un pareil univers, l’homme est censé faire peu de chose et occuper peu de place : ce qu’il accorde à son intelligence, il le retire à sa volonté.

1756. (1867) Causeries du lundi. Tome VIII (3e éd.) « Le prince de Ligne. — I. » pp. 234-253

Jusqu’à la fin il aura le désir de plaire : « il n’y a que les bourrus qui ne l’aient pas » ; mais son grand précepte, en pareille matière, sera surtout de n’imiter personne : « La méthode se verrait, tout serait gâté.

1757. (1869) Causeries du lundi. Tome IX (3e éd.) « Duclos. — I. » pp. 204-223

Quant au conte même, je ne sais si l’on en pouvait faire un bon sur un pareil thème : quoi qu’il en soit, il y manque ce je ne sais quoi qui fait le charme du genre, soit la bonhomie d’un Perrault, soit la légèreté d’un Hamilton, soit, à plus forte raison, la poésie d’un Arioste.

1758. (1869) Causeries du lundi. Tome IX (3e éd.) « Bourdaloue. — I. » pp. 262-280

Il en a un assez pareil dans le sermon qui ouvre son premier Avent, pour le jour de la Toussaint, lorsque voulant inspirer le désir et donner un avant-goût du bonheur réservé aux justes et auquel ils atteignent dès cette vie, il s’écrie : Avoir Dieu pour partage et pour récompense, voilà le sort avantageux de ceux qui cherchent Dieu de bonne foi et avec une intention pure.

1759. (1869) Causeries du lundi. Tome IX (3e éd.) « M. de Stendhal. Ses Œuvres complètes. — II. (Fin.) » pp. 322-341

Beyle, vers ce temps, revenait de Rome, de Civitavecchia, à Paris, et dans le premier moment, craignant le ridicule, il fut tout confus d’un pareil éloge si exorbitant : il ne savait où se cacher.

1760. (1870) Causeries du lundi. Tome XI (3e éd.) « William Cowper, ou de la poésie domestique (I, II et III) — II » pp. 159-177

Littérairement, son goût était sain et sûr : Elle est si bon critique, non par théorie, mais par nature, disait Cowper, et elle a un sentiment si net de ce qui est bon ou mauvais dans une composition, que lorsque dans le doute je lui soumets (ce qu’en pareil cas je ne manque jamais de faire) deux sortes d’expression qui semblent avoir également droit à ma préférence, elle se décide, sans que je l’aie jamais vue se tromper, pour la plus droite et la meilleure.

1761. (1870) Causeries du lundi. Tome XI (3e éd.) « Une Réception Académique en 1694, d’après Dangeau (tome V) » pp. 333-350

Je n’ai garde de songer à ce qui a pu se passer de nos jours, et qui n’offrirait, je veux le croire, que de lointaines ressemblances ; mais une scène presque pareille à celle qu’on vient de voir a été la réception de La Harpe par Marmontel, le 20 juin 1776.

1762. (1870) Causeries du lundi. Tome XIV (3e éd.) « Œuvres de Vauvenargues tant anciennes qu’inédites avec notes et commentaires, par M. Gilbert. — III — Toujours Vauvenargues et Mirabeau — De l’ambition. — De la rigidité » pp. 38-55

En faisant cette retraite en bon ordre, il redevient tout à fait pareil au Vauvenargues ordinaire, qu’on se figure plus voisin du stoïcien que d’un coureur de fortune et d’un hasardeur d’entreprises.

1763. (1870) Causeries du lundi. Tome XIV (3e éd.) « Le journal de Casaubon » pp. 385-404

Car ce n’est plus seulement au son des flûtes et des hautbois, c’est à pleines fanfares et avec accompagnement de cymbales, que l’homme de la ville aux sept collines fait des siennes, tellement que sans une impiété manifeste on ne peut lui donner les mains dans la revendication d’une pareille tyrannie.

1764. (1870) Causeries du lundi. Tome XV (3e éd.) « Œuvres de Maurice de Guérin, publiées par M. Trébutien — II » pp. 18-34

Guérin sentait l’un et l’autre, et il nous l’a dit : « C’est une félicité non pareille de faire route, d’aller voir la mer avec un compagnon de voyage ainsi fait.

1765. (1863) Nouveaux lundis. Tome I « Histoire de Louvois et de son administration politique et militaire, par M. Camille Rousset, professeur d’histoire au lycée Bonaparte. (Suite et fin) »

Mais ayant appelé la prudence à mon secours, et considéré que je n’avais ni le nombre de troupes, ni la qualité des alliés requis pour une pareille entreprise, je dissimulai ; je conclus la paix à des conditions honorables, résolu de remettre la punition de cette perfidie à un autre temps. » Depuis cette paix, conclue un peu trop tôt, cette paix brusquée, il le sent, et contre laquelle étaient Turenne, même Vauban, et tous les militaires, si bien qu’il fallut donner à son armée et à la jeunesse guerrière la diversion immédiate de l’expédition de Candie, Louis XIV n’a qu’une idée, celle de se venger ; tout ce qu’il veut, il le veut avec suite, et sans se laisser distraire ; de 1668 à 1671, pendant trois années, il n’est occupé qu’à fortifier ses places, à augmenter ses troupes peu à peu, sans donner ombrage au dehors, à disposer ses alliances du côté de l’Angleterre, du côté de l’empereur et des princes de l’Empire, pour obtenir de ces derniers au moins la neutralité : « Je ne faisais pas un grand fonds sur la solidité de ces alliances que je prévoyais bien ne devoir pas durer longtemps, comme on le verra dans la suite ; mais je comptais pour un grand avantage de pouvoir châtier en liberté, pendant quelque temps, l’insolence des Hollandais, et j’espérais les réduire à souscrire à une paix honteuse, avant que les puissances, mes alliées, pussent être en état de les secourir. » Louis XIV est franc, il ne dissimule pas son motif : il a été blessé et il prétend en avoir raison.

1766. (1865) Nouveaux lundis. Tome III « Charles-Quint après son abdication, au monastère de Saint-Just »

Peut-on révoquer en doute un pareil témoignage d’un témoin oculaire qui n’a nui intérêt à mentir et qui raconte les choses si bonnement ?

1767. (1865) Nouveaux lundis. Tome IV « Les frères Le Nain, peintres sous Louis XIII, par M. Champfleury »

Il salue et honore en eux ses pareils agrandis, ses pères : heureux qui trouve ainsi à personnifier dans le passé ce à quoi il aspire en idée dans le présent, ce qu’il est déjà en partie, ce qu’il voudrait être !

1768. (1865) Nouveaux lundis. Tome IV « Ducis épistolaire. »

On aura remarqué dans ces lettres de Ducis de beaux mots et une large touche ; il n’en est aucune des siennes qui n’offre ce caractère : et j’ai souvent pensé que si, par bonheur pour lui, et dans quelque naufrage pareil à celui de l’Antiquité, toutes ses tragédies étaient perdues et que s’il ne restait que ses lettres, on aurait d’éternels regrets ; on croirait avoir affaire en lui à un génie complet dont il faudrait déplorer les chefs-d’œuvre.

1769. (1866) Nouveaux lundis. Tome V « Mémoires de l’abbé Legendre, chanoine de Notre-Dame, secrétaire de M. de Harlay, archevêque de Paris. »

Je serais heureux de pousser à un pareil travail dont on a tous les éléments, les plus riches et les plus triés.

1770. (1866) Nouveaux lundis. Tome V « Oeuvres inédites de la Rochefoucauld publiées d’après les manuscrits et précédées de l’histoire de sa vie, par M. Édouard de Barthélémy. »

la saison est propice et favorable, allez en Suisse et voyez les montagnes ; allez à Bade, cherchez les ombrages et les fontaines ; chassez ailleurs ; soyez du turf, et faites même courir, s’il le faut : surtout ne faites pas imprimer de pareilles phrases en tête d’un La Rochefoucauld, au nom d’un Barthélémy.

1771. (1866) Nouveaux lundis. Tome VI « Gavarni (suite et fin.) »

Il y a des abîmes de misère au fond d’un pareil désir.

1772. (1866) Nouveaux lundis. Tome VI « Le maréchal de Villars. »

Villars de son lit de souffrance, envoyant au roi des drapeaux pris sur l’ennemi, put écrire sans trop de fanfaronnade : « Si Dieu nous fait la grâce de perdre encore une pareille bataille, Votre Majesté peut compter que ses ennemis sont détruits. » Ce qui reste vrai et ce qui est reconnu pour exact par les historiens militaires et les gens du métier les plus compétents, c’est que Villars, avec une armée inégale, recevant d’une telle vigueur le choc de ces énormes forces combinées des généraux alliés, et leur mettant plus de trente mille hommes hors de combat, garantit cette année-là nos frontières et obligea la Coalition à de nouveaux efforts qui demandaient du temps.

1773. (1866) Nouveaux lundis. Tome VI « Théophile Gautier (Suite et fin.) »

Cela dit, il est évident qu’il est un critique unique et sans pareil en son genre, le critique patient, imitatif et à toute épreuve, nullement irritable et sans colère.

1774. (1867) Nouveaux lundis. Tome VIII « Don Quichotte (suite et fin.) »

En vérité, je ne croyais pas que ma bête eût sa pareille pour voyager. » Sur quoi répondit un de mes amis : « La faute en est au roussin du seigneur Miguel Cervantes, qui allonge le pas. » À peine l’étudiant eut-il entendu mon nom, qu’il sauta brusquement à bas de sa monture, jetant d’un côté son coussinet, de l’autre son porte-manteau, car il voyageait avec tout cet appareil.

1775. (1867) Nouveaux lundis. Tome VIII « Histoire de la littérature anglaise, par M. Taine, (suite) »

Pour exprimer un pareil sentiment, ce n’était pas assez des images et de la poésie qui ne s’adresse qu’aux yeux ; il fallait encore des sons, et cette poésie plus intime qui, purgée de représentations corporelles, va toucher l’âme : il était musicien et artiste ; ses hymnes s’avançaient avec la lenteur d’une mélopée et la gravité d’une déclamation… « Il fait comprendre ce mot de Platon, son maître, que les mélodies vertueuses enseignent la vertu… » Et ce mot encore : « Les paysages de Milton sont une école de vertu. » La vertu de Milton s’était accommodée de Cromwell.

1776. (1867) Nouveaux lundis. Tome VIII « Marie-Antoinette (suite.) »

L’acquittement honorable du cardinal qui avait eu d’elle une pareille idée diffamante, lui parut l’outrage personnel le plus sanglant.

1777. (1867) Nouveaux lundis. Tome VIII « Marie-Antoinette (suite et fin.) »

J’avais cherché un moyen qui m’a longtemps échappé ; il me fallait une personne sûre et bien posée68, qu’il ne pût pas déjouer… Enfin, la personne la plus propre à une pareille négociation, le comte de La Marck, s’est rencontré sous ma main et je l’ai employé sur-le-champ.

1778. (1867) Nouveaux lundis. Tome IX « Mlle Eugénie de Guérin et madame de Gasparin, (Suite et fin.) »

C’est d’usage que tous les ans, à pareil jour, les jeunes baigneurs donnent un bal et fassent les frais d’une fête champêtre.

1779. (1868) Nouveaux lundis. Tome X « Les fondateurs de l’astronomie moderne, par M. Joseph Bertrand de l’académie des sciences. »

Flammarion, d’en passer par son hypothèse ou de ne voir dans l’univers qu’une immense « lanterne magique », un spectacle de marionnettes en grand : toute ma conscience intellectuelle se soulève contre un pareil dilemme dans lequel le jeune astronome, enivré de sa thèse, voudrait m’enfermer.

1780. (1868) Nouveaux lundis. Tome X « Correspondance de Louis XV et du maréchal de Noailles, publiée par M. Camille Rousset, historiographe du ministère de la guerre »

Saint-Simon qui l’avait pris un jour la main dans le sac et en flagrant délit de machination, pour perdre au début d’un règne quelqu’un dont il pouvait redouter la rivalité ou la contradiction, savait à quoi s’en tenir sur sa qualité morale, sur sa fibre de cœur : il suffit d’une seule occasion pareille pour avoir son jugement fixé sur la valeur morale foncière d’un homme qui peut, d’ailleurs, éblouir son monde et jeter de la poudre aux yeux des autres70.

1781. (1868) Nouveaux lundis. Tome X « Correspondance de Louis XV et du maréchal de Noailles, publiée par M. Camille Rousset, historiographe du ministère de la guerre (suite et fin) »

» Avant que la critique allemande ait protesté contre de pareilles plaisanteries mises sur le compte d’un des souverains qui ont eu le plus à cœur leur métier de roi, il y avait longtemps que la critique française, dans une vue de simple bon sens, avait dit : « Nous ignorons si Frédéric était capable de se servir des moyens indiqués ici ; mais nous croyons pouvoir affirmer que, s’il avait assez d’immoralité pour employer des médecins et des serruriers politiques, il avait en même temps trop d’adresse pour l’avouer à qui que ce soit, même à son successeur75. » Il y avait peut-être à introduire Frédéric dans cette Étude où Louis XV tient le premier rôle, mais c’aurait dû être alors pour opposer les deux esprits, la mollesse et la force, l’abandon et l’infatigable vigilance, le laisser aller de tout, après quelque velléité d’action passagère, et l’héroïque et constant labeur, tant civil que guerrier, qui occupa toutes les heures d’une longue vie.

1782. (1868) Nouveaux lundis. Tome X « Marie-Thérèse et Marie-Antoinette. Leur correspondance publiée par le chevalier d’Arneth »

Jusqu’à présent, on n’y voit encore aucune apparence, et cela est d’autant moins probable que le jeune monarque, étant très-borné, est aussi très-méfiant et ne mettra pas facilement quelqu’un dans le cas de lui donner de pareils conseils.

1783. (1868) Nouveaux lundis. Tome X « Idées et sensations : par MM. Edmond et Jules de Goncourt. »

Je ne conseillerais à personne un pareil régime.

1784. (1868) Nouveaux lundis. Tome X « La comédie de J. de La Bruyère : par M. Édouard Fournier. »

Un pareil petit mot vaut des pages de commentaires.

1785. (1869) Nouveaux lundis. Tome XI « Le comte de Clermont et sa cour, par M. Jules Cousin. »

Et nous tous, qui que nous soyons, nés heureusement à une époque d’égalité, — de presque égalité, — quand nous avons à juger ces régimes antérieurs et les hommes qui en font partie, qui nous les représentent par des aspects criants, justice est que nous nous disions : Qu’aurions-nous été nous-mêmes, qu’aurions-nous fait, si nous étions venus dans des conditions pareilles où l’on se croit tout permis ?

1786. (1870) Nouveaux lundis. Tome XII « Essai sur Talleyrand (suite.) »

Quant à M. de Talleyrand, il n’était pas homme assurément à commander de pareils actes : il n’était pas homme non plus à les décourager.

1787. (1871) Portraits contemporains. Tome V (4e éd.) « THÉOPHILE GAUTIER (Les Grotesques.) » pp. 119-143

Théophile s’annonce comme le bel-esprit en titre et le coryphée littéraire de cette dernière époque ; il en est le poëte débauché, raffiné ; il avorte comme elle, et il a un sort assez pareil à celui de ses patrons.

1788. (1871) Portraits contemporains. Tome V (4e éd.) « DISCOURS DE RÉCEPTION A L’ACADÉMIE FRANÇAISE, Prononcé le 27 février 1845, en venant prendre séance à la place de M. Casimir Delavigne. » pp. 169-192

De la pièce si agréable des Comédiens je veux pourtant relever ce personnage de Victor, type du jeune auteur dramatique tel que le rêvait le poëte, et à la faveur duquel il a exprimé, sur le but moral de l’art, sur le rôle du talent dans la retraite, quelques conseils et préceptes d’une justesse appropriée, dont il est demeuré observateur fidèle : Aimons les nouveautés en novateurs prudents… Que le littérateur se tienne dans sa sphère… Crains les salons bruyants, c’est l’écueil à ton âge ; Nous avons trop d’auteurs qui n’ont fait qu’un ouvrage… Et d’autres pareils.

1789. (1892) Boileau « Chapitre VI. La critique de Boileau (Fin). La querelle des anciens et des modernes » pp. 156-181

Il y avait au moins dans les Parallèles une thèse développée d’un bout à l’autre de l’ouvrage : rien de pareil dans les Réflexions sur Longin.

1790. (1887) Les contemporains. Études et portraits littéraires. Troisième série « Henry Rabusson »

Où ce monsieur a-t-il rencontré de pareilles jeunes filles ? 

1791. (1889) Les contemporains. Études et portraits littéraires. Quatrième série « M. Émile Zola, l’Œuvre. »

Songez un peu à ce que fût devenu un sujet pareil entre les mains de M. 

1792. (1857) Causeries du lundi. Tome I (3e éd.) « Le père Lacordaire orateur. » pp. 221-240

., l’argumentation souvent est faible, la logique en paraît pleine de lacunes, et, en pareille matière, à cette date où nous sommes, il n’est pas surprenant qu’il manque dans la chaîne du raisonnement quelques anneaux.

1793. (1857) Causeries du lundi. Tome I (3e éd.) « La Mare au diable, La Petite Fadette, François le Champi, par George Sand. (1846-1850.) » pp. 351-370

Ces deux bessons, dont l’un, venu une heure avant l’autre, s’appela Sylvain ou Sylvinet, et l’autre Landry, étaient pareils de tout point, et, tant qu’ils furent enfants, on eut peine à les distinguer l’un de l’autre.

1794. (1857) Causeries du lundi. Tome I (3e éd.) « Mémoires d’outre-tombe, par M. de Chateaubriand. » pp. 432-452

On n’en revient pas, et c’est à ne pas croire à de pareilles absences.

1795. (1857) Causeries du lundi. Tome II (3e éd.) « Monsieur de Balzac. » pp. 443-463

De pareils jugements ne jugent dans l’avenir que ceux qui les ont portés.

1796. (1857) Causeries du lundi. Tome IV (3e éd.) « Madame de Maintenon. » pp. 369-388

» Ne sont-ce pas là des plaintes d’ambitieux et d’avare, de ces plaintes pareilles à celles de l’usurier d’Horace, qui, après avoir célébré le bonheur des champs, revient vite à la ville placer son argent à gros intérêt ?

1797. (1857) Causeries du lundi. Tome IV (3e éd.) « Rulhière. » pp. 567-586

Rulhière, toujours occupé de son sujet de comédie, comme l’autre de sa lettre, continue de définir Jean-Jacques et de montrer à Dusaulx quelle chimère et quelle vanité d’amour-propre (sous forme d’enthousiasme) il y a de sa part à prétendre consoler un pareil homme : Mais, de bonne foi, qu’espérer d’un homme qui en est venu au point (la chose est certaine) de se méfier de son propre chien, et cela parce que les caresses de ce pauvre animal étaient comme les vôtres trop fréquentes, et qu’il y avait là-dessous quelque mystère caché ?

1798. (1865) Causeries du lundi. Tome V (3e éd.) « Charles Perrault. (Les Contes des fées, édition illustrée.) » pp. 255-274

Il y a un an qu’à pareil jour, en prenant congé de Florian, j’ai donné rendez-vous à Perrault pour les futures étrennes : c’est une promesse que j’aime à tenir aujourd’hui.

1799. (1865) Causeries du lundi. Tome V (3e éd.) « Le duc d’Antin ou le parfait courtisan. » pp. 479-498

Il n’en faut pas tant pour faire impression sur l’esprit faible d’un enfant ; pareils discours en auraient fait une considérable sur l’esprit d’un homme même raisonnable.

1800. (1865) Causeries du lundi. Tome VI (3e éd.) « Armand Carrel. — I. » pp. 84-104

Lerond, le censeur, lui ordonna de sortir des rangs et lui dit : « Monsieur Carrel, rendez-vous sans retard à la prison ; il est vraiment déplorable qu’un élève aussi distingué que vous ait une tête aussi mauvaise ; avec les idées qui y fermentent, vous révolutionneriez le collège si on vous laissait faire. » — « Monsieur le censeur, répondit Carrel, il y a de ces idées dans ma tête plus qu’il n’en faut pour révolutionner votre collège de Rouen, il y en aurait de quoi révolutionner bien autre chose. » Il y a une anecdote de collège toute pareille qui est racontée par Marmontel, celui de tous les hommes qui ressemblait le moins à Carrel.

1801. (1865) Causeries du lundi. Tome VII (3e éd.) « Saint François de Sales. Son portrait littéraire au tome Ier de l’Histoire de la littérature française à l’étranger par M. Sayous. 1853. » pp. 266-286

Tout ce chapitre plein de vigueur peut se lire à côté d’un chapitre pareil de l’Imitation (23e du livre premier).

1802. (1892) Journal des Goncourt. Tome VI (1878-1884) « Année 1880 » pp. 100-128

Une tiède pâleur, à tout moment, rosée d’animation passagère, le bleu sombre de l’œil pareil à une lumière de nuit, des traits découpés et sculptés dans la chair, une coiffure retroussée à la Diane, découvrant le précieux modelage des joues, des tempes, et une petite oreille au contour transparent.

1803. (1899) Esthétique de la langue française « Le vers libre  »

Trop strictement, peut-on répondre, et nous voulons rendre les estampes non pas moins nettes, mais plus claires et qu’entre les traits noirs se joue plus de soleil, et aussi que les traits soient un peu tremblés comme, fabriquées par la nature, les feuilles sont découpées, quoique uniformes, selon un tel caprice, que l’on ne vit jamais deux feuilles pareilles.

1804. (1733) Réflexions critiques sur la poésie et la peinture « Première partie — Section 38, que les peintres du temps de Raphaël n’avoient point d’avantage sur ceux d’aujourd’hui. Des peintres de l’antiquité » pp. 351-386

Le pape Clement XI qui avoit beaucoup de goût pour les arts, et qui aimoit les antiquitez, n’aïant pu empêcher la destruction des peintures de la vigne Corsini sous le pontificat d’un autre, n’a point voulu que les curieux pussent reprocher au sien de pareils accidens, qui sont pour eux des malheurs signalez.

1805. (1895) Les œuvres et les hommes. Journalistes et polémistes, chroniqueurs et pamphlétaires. XV « Xavier Aubryet » pp. 117-145

Il n’est donc pas étonnant que, dans un pareil état de choses, nous accueillions comme un bonheur et presque comme un événement dans la critique littéraire l’arrivée d’un jeune homme qui, lui, débute par regarder plus haut que la sensation et le fait, et se préoccupe de l’idée générale qu’exprime tout génie spécial et toute œuvre, quoique ce ne soit là cependant que la première marche de la critique dans la sphère de son intellectualité.

1806. (1887) Les œuvres et les hommes. Les philosophes et les écrivains religieux (deuxième série). IX « Saint-Bonnet » pp. 1-28

Quand on les ouvrira un jour, ces œuvres, fermées aux plates et indignes préoccupations de ce temps, on s’apercevra avec étonnement de la hauteur d’un pareil socle, encore moins haut cependant pour les yeux que pour la pensée… Le livre de la Douleur que j’en détache aujourd’hui, — au moment où les folies — furieuses à froid — de Schopenhauer et de Hartmann, au lieu de rencontrer en France, dans le spirituel pays de Rabelais, le violent fouailleur, armé du fouet de toutes les Furies de la gaieté, qu’elles méritaient pour tout critique ont eu le bonheur d’y rencontrer ce vulgarisateur respectueux et d’un sérieux… de luxe, en cette occurrence, M. 

1807. (1887) Les œuvres et les hommes. Les philosophes et les écrivains religieux (deuxième série). IX « J. de Maistre » pp. 81-108

À mon sens, très humble, mais très convaincu, philosophiquement ou plutôt théologiquement, ce que de Maistre a exprimé dans tous ses livres est absolument vrai, et, littérairement, c’est absolument beau, — et d’une beauté à lui, qui n’imite et ne rappelle personne…·Ce livre-ci n’ajoute rien à cette Immensité, mais n’en diminue rien non plus, il devait être publié (tout ce qu’une pareille plume a tracé appartient au monde), et il l’a été avec intelligence.

1808. (1862) Les œuvres et les hommes. Les poètes (première série). III « Brizeux. Œuvres Complètes »

V Ce qu’il faut fuir, c’est une pareille poésie.

1809. (1900) La province dans le roman pp. 113-140

Elles deviennent négligeables, tant à cause de ce que j’appellerai l’usure littéraire d’un pareil moyen, que pour cette autre raison qu’il est tiré de l’histoire ancienne plus que de la réalité présente.

1810. (1868) Les philosophes classiques du XIXe siècle en France « Chapitre X : M. Jouffroy psychologue »

Jourdain ne disait rien de semblable, et, si la psychologie avait sur toutes les questions une réponse pareille et prouvée, elle ne serait pas méprisée.

1811. (1853) Histoire de la littérature française sous la Restauration. Tome I

Depuis le mémoire de l’Académie française contre le Cid, on n’avait rien vu de pareil. […] L’influence qu’exercent de pareils livres devient grande à la longue ; car les opinions ne montent pas, elles descendent. […] Le secret de la force de cet homme et de ses pareils, dans la phase où ils prévalurent, est en effet bien simple : ils tendaient la voile du côté où soufflait, depuis le dix-huitième siècle, le vent des idées, du côté où soufflait, de leur temps, le vent des passions. […] Suard, qui jusque-là n’avait point fait preuve d’un grand stoïcisme, adressa au ministre une lettre remarquable, dans laquelle il disait : « L’âge qui commence à roidir mes membres n’a pas assoupli ma conscience, et je ne chercherai certainement pas à redresser une opinion que je partage. » Nous citons ces traits pour l’honneur de la littérature de l’empire en particulier, et à la gloire de la république des lettres en général ; ils rappellent le beau mot de Sénèque après le meurtre d’Agrippine : « Il est plus facile de commettre un parricide que de le justifier. » Il est d’autant plus nécessaire de rappeler de pareils faits, qu’ils restèrent inconnus de presque tous les contemporains. […] Non, la mélancolie de M. de Lamartine n’a rien de pareil : c’est le désenchantement des choses qui passent, mêlé à l’espérance des choses qui demeurent ; c’est la terre vue du ciel, un soupir jeté sur la vie du haut de l’immortalité.

1812. (1912) Chateaubriand pp. 1-344

On a déjà vu des choses toutes pareilles. […] René leur tient des propos assez pareils à ceux d’Hamlet. […] Et justement un abus de mots tout pareil aide Chateaubriand à « faire passer » les mystères, si j’ose m’exprimer ainsi. […] Mais en sept ans, pour un pareil passionné de la plume, ce n’est guère (je ne dis pas comme qualité). […] Mais le champ de bataille le plus illustre est presque toujours pareil à n’importe quel grand morceau de la Beauce ou de la Brie.

1813. (1910) Propos littéraires. Cinquième série

Émile Deschanel, où il est beaucoup question de la politique de Lamartine, le rôle politique de Lamartine n’avait été étudié et exposé avec une pareille lucidité, une pareille sûreté et une impartialité aussi intelligente. […] Et, par conséquent, « quelles couleurs une nation qui a une pareille langue peut-elle donner à ses propres œuvres !  […] La délivrance d’Orléans est tout un poème vrai, d’un relief et d’un éclat sans pareil. […] Qu’on l’élargisse. » C’est beaucoup d’esprit en une minute et en pareil lieu. […] Sa carrière en zigzags est toute naturelle de la part d’un homme qui suivait les circonstances et se laissait conduire à elles, avec le secret dessein, quelquefois réalisé, de leur rendre la pareille.

1814. (1890) Journal des Goncourt. Tome IV (1870-1871) « Année 1871 » pp. 180-366

Jamais, depuis que Paris est Paris, Paris n’a eu un pareil jour de l’an, et malgré cela, ce soir, la saoulerie jette dans les rues sa bestiale joie. […] J’aurais voulu, ajoute-t-il, m’y faire voir, portant sur mon dos, quelque chose parlant aux yeux, quelque chose qui fût une marque, un signe, un langage, quelque chose pareil au joug, dont le prophète Isaïe ou Ezéchiel avait chargé ses épaules. […] Il ajoute que le Mont-de-Piété est une propriété privée ; qu’il faut pouvoir être sûr de lui rembourser, ce dont on le dépossède, que la Commune n’est pas un gouvernement de spoliation, qu’il est nécessaire qu’on le sache bien, et que ce sont les maladresses d’orateurs pareils à celui qui l’a précédé, qui répandent dans le public l’idée, que les hommes de la Commune sont des partageux, et que tout individu qui a quatre sous, sera obligé d’en donner deux. […] Le choc a été si violent qu’il y a des devantures de boutiques, des portes cochères jetées tout de travers, et je n’ai vu rien de pareil au méli-mélo, produit dans les denrées coloniales d’un épicier. […] Lundi 12 juin Burty me montre, ce soir, des fragments ramassés à l’Hôtel de Ville, des tessons, des morceaux de matière calcinés, pareils à des scories de pierres précieuses.

1815. (1893) Alfred de Musset

Il lui arrivait de pleurer au beau milieu de la classe, quand il n’avait pas, le samedi, sa place au banc d’honneur. » Quelquefois, aux vacances, son père l’emmenait en visite dans sa famille, et il assistait à une escarmouche avec sa tante la chanoinesse, ou bien il avait le bonheur sans pareil de coucher dans la chambre à cachette de son oncle le marquis. […] Je suis vraiment un ruffian, et quand je plaisante sur mes pareils, je me sens sérieux comme la mort au milieu de ma gaieté. » Il a perdu la foi avec la vertu. […] « Mais pourquoi tueras-tu le duc, si tu as des idées pareilles ? […] Je n’ai jamais rien rêvé de pareil. » Le Chandelier eut son tour en août, André del Sarto en novembre, etc. […] Détournons la tête et passons, Le cœur plein de pitié pour des maux inconnus, et plaignant la « misère », quelle qu’elle soit, capable de pousser le génie à un pareil suicide.

1816. (1908) Après le naturalisme

à se sacrifier à ses pareils. […] Mais heureusement, le Positivisme d’un Auguste Comte travaillait loin de la Littérature égarée, dans le sens qu’avaient indiqué Rousseau et ses pareils. […] N’hésitons pas devant de pareils éléments, devant de telles chances de succès.

1817. (1914) Note conjointe sur M. Descartes et la philosophie cartésienne pp. 59-331

Ils auront ce goût propre qui est en même temps une gourmandise et une passion profonde, à nulle autre pareille. […] Le changement de duellum en bellum (le v s’étant changé en b et le d initial étant tombé) est pareil à celui de duonus en bonus. […] Elle était au matin pareille aux autres, ni plus brave, ni moins brave ; et au soir elle est différente. […] Une assurance sans pareille. […] Car en pareille matière, en matière d’événement et en matière de promesse, il ne suffit pas que le jour succède au jour et l’effet à la cause et l’événement à l’annonce et la tenue à la promesse.

1818. (1864) Portraits littéraires. Tome III (nouv. éd.) « Le Chevalier de Méré ou De l’honnête homme au dix-septième siècle. »

» Il va lui-même au-devant des objections que soulève le didactique en pareille matière, lorsqu’il dit : « En tous les exercices, comme la danse, faire des armes, voltiger, ou monter à cheval, on connoît les excellents maîtres du métier à je ne sais quoi de libre et d’aisé qui plaît toujours, mais qu’on ne peut guère acquérir sans une grande pratique ; ce n’est pas encore assez de s’y être longtemps exercé, à moins que d’en avoir pris les meilleures voies. […] Je vous avertis aussi que vous perdez par là un grand avantage dans le monde… » Et plus loin, sur la division à l’infini : « Ce que vous m’en écrivez me paroît encore plus éloigné du bon sens que tout ce que vous m’en dites dans notre dispute… » Il n’en faudrait pas plus qu’une pareille lettre pour perdre celui qui l’a pu écrire dans l’opinion de la postérité, et Leibniz a traité le chevalier avec bien du ménagement quand il a dit : « J’ai presque ri des airs que M. le chevalier de Méré s’est donnés dans sa lettre à M. 

1819. (1859) Cours familier de littérature. VIII « XLVIe entretien. Examen critique de l’Histoire de l’Empire, par M. Thiers (3e partie) » pp. 249-336

” Alors il prescrivit à cet héroïque chef de sa cavalerie de réunir les chasseurs, les dragons, les cuirassiers, et de se jeter sur les Russes avec quatre-vingts escadrons, pour essayer tout ce que pouvait l’élan d’une pareille masse d’hommes à cheval, chargeant avec fureur une infanterie réputée inébranlable. […] “La journée avait été rude, disait-il, mais elle ne pouvait pas être considérée comme une défaite, puisqu’on avait conservé le champ de bataille, et c’était une merveille de se retirer sains et saufs après une pareille lutte, soutenue avec un immense fleuve à dos, et avec ses ponts détruits.

1820. (1863) Cours familier de littérature. XVI « XCIIIe entretien. Vie du Tasse (3e partie) » pp. 129-224

… Rome, le 29 novembre 1578. » Qu’opposer à des témoignages pareils, quand on considère que le cardinal Albano était un ami des Médicis peu favorable à la maison d’Este ? […] On conçoit la popularité d’une pareille poésie dans un siècle où le fanatisme des croisades n’était pas encore éteint, où les traditions de la chevalerie subsistaient encore, et où la passion poétique de la renaissance italienne faisait des poètes tels que Dante, Pétrarque, le Tasse, les véritables héros de l’esprit humain.

1821. (1863) Cours familier de littérature. XVI « XCVe entretien. Alfred de Vigny (2e partie) » pp. 321-411

Elle sourit comme un enfant, et lui dit une quantité de petites choses de femme, comme moi je n’avais jamais rien entendu de pareil. […] On a beau dire, on n’oublie pas une chose pareille !

1822. (1864) Cours familier de littérature. XVII « XCIXe entretien. Benvenuto Cellini (1re partie) » pp. 153-232

Mais Mme Chigi lui répondit que rarement les vertus habitaient avec les vices, et que, si je faisais pareille chose, je démentirais le visage d’honnête homme que j’avais ; ensuite, prenant sous le bras son amie : Adieu, me dit-elle avec un aimable sourire ; adieu, Benvenuto ! […] Le pape alors, en poussant des soupirs que lui causait peut-être le souvenir de ses malheurs passés, prononça ces paroles : Benvenuto, je crois ce que tu me dis, et t’absous de ce péché et de tous ceux que tu peux avoir commis, m’eusses-tu pris la valeur d’une de mes trois couronnes. — Très-Saint-Père, lui répondis-je, je n’ai pas pris autre chose, et cela ne vaut pas cent cinquante ducats, qui, joints à pareille somme que j’obtins de la monnaie de Pérouse, me servirent pour aller porter du secours à mon vieux et malheureux père. — Ton père était un fort honnête homme, reprit le pape, et tu lui ressembles !

1823. (1864) Cours familier de littérature. XVII « Ce entretien. Benvenuto Cellini (2e partie) » pp. 233-311

Mais il me priait de ne pas tenir de pareils discours, parce qu’ils pourraient me nuire, et d’attendre tranquillement ce que le ciel voudrait faire en ma faveur. […] Voyant ce désordre, j’avertis les gardes de la porte d’avoir soin qu’il n’arrivât pas comme à Turin, où un pareil embarras avait empêché d’abaisser la sarrasine qui resta suspendue sur les charrettes, et fit prendre la ville.

1824. (1880) Les deux masques. Première série. I, Les antiques. Eschyle : tragédie-comédie. « Chapitre X, Prométhée enchaîné »

Mais bientôt des métamorphoses harmonieuses, des liaisons d’idées pour nous aujourd’hui presque insaisissables, des jeux d’idéalité et de fantaisie pareils à ceux qui développent l’arabesque, compliquent la personnalité du dieu primitif. […] Un camée célèbre le montre prenant la main d’une Ombre à demi sortie du sépulcre, et l’aidant à remonter sur la terre : ici encore, pareil à ces Anges qui tirent les morts hors de leurs fosses, dans les Jugements Derniers des vieux maîtres.

1825. (1867) Causeries du lundi. Tome VIII (3e éd.) « De l’état de la France sous Louis XV (1757-1758). » pp. 23-43

Dieu seul peut y mettre ordre. » À Paris, l’exaspération du public était arrivée à son comble dans cet été de 1758, et ce déchaînement dura jusqu’à ce que quelques succès de M. de Broglie, l’année suivante, vinssent rompre l’uniformité des revers : On me menace par des lettres anonymes, écrivait Bernis, d’être bientôt déchiré par le peuple, et, quoique je ne craigne guère de pareilles menaces, il est certain que les malheurs prochains qu’on peut prévoir pourraient aisément les réaliser.

1826. (1867) Causeries du lundi. Tome VIII (3e éd.) « Malherbe et son école. Mémoire sur la vie de Malherbe et sur ses œuvres par M. de Gournay, de l’Académie de Caen (1852.) » pp. 67-87

Ne cherchons rien de pareil chez Racan ; avec lui nous sommes en Gaule, en Touraine, tout près du Maine, en bon et doux pays, mais où tout ne brille pas, où chaque colline n’a pas son marbre étincelant ni son bois sacré.

1827. (1869) Causeries du lundi. Tome IX (3e éd.) « Madame Dacier. — I. » pp. 473-493

Et, dans une comparaison spirituelle, elle suppose qu’Hélène, cette beauté sans pareille chez Homère, est morte en Égypte, qu’elle y a été embaumée avec tout l’art des Égyptiens, que son corps a été conservé jusqu’à notre temps et nous est apporté en France ; ce n’est qu’une momie sans doute : On n’y verra pas ces yeux, pleins de feu, ce teint animé des couleurs les plus naturelles et les plus vives, cette grâce, ce charme qui faisait naître tant d’amour et qui se faisait sentir aux glaces mêmes de la vieillesse ; mais on y reconnaîtra encore la justesse et la beauté de ses traits, on y démêlera la grandeur de ses yeux, la petitesse de sa bouche, l’arc de ses beaux sourcils, et l’on y découvrira sa taille noble et majestueuse… C’est en ces termes véridiques et modestes que Mme Dacier annonçait sa traduction, et elle n’a rien dit de trop à son avantage.

1828. (1870) Causeries du lundi. Tome XI (3e éd.) « William Cowper, ou de la poésie domestique (I, II et III) — I » pp. 139-158

Bien des figures en sortirent, qui avaient au moins le mérite de n’avoir point leurs pareilles ni dans l’art ni dans la nature.

1829. (1870) Causeries du lundi. Tome XII (3e éd.) « Une petite guerre sur la tombe de Voitture, (pour faire suite à l’article précédent) » pp. 210-230

Costar qui en est l’auteur, il me sembla qu’en pareille matière je n’avais rien vu de si bien écrit, de si judicieux, de si élégant, ni de si fleuri.

1830. (1870) Causeries du lundi. Tome XII (3e éd.) « Œuvres de Frédéric-le-Grand Correspondance avec le prince Henri — II » pp. 375-394

On lit dans une lettre du roi ce bel éloge : « Nous avons eu ici (10 octobre 1784) M. de Bouillé, qui est un homme de mérite, parce qu’il a su allier au mérite d’un bon militaire tout le désintéressement d’un philosophe ; et, quand on est assez heureux de rencontrer des hommes pareils, il faut en tenir compte à toute l’humanité. » Le prince Henri, en recevant M. de Bouillé à Rheinsberg, ne put s’empêcher de s’exprimer devant lui, de s’épancher sur le compte du roi son frère, comme il n’avait cessé malheureusement de penser et de sentir : Il le représentait, dit M. de Bouillé dans des mémoires dont on n’a donné que des extraits57, comme impatient, envieux, inquiet, soupçonneux et même timide, ce qui paraît extraordinaire ; il lui attribuait une imagination déréglée, propre à des conceptions décousues, bien plus qu’un esprit capable de combiner des idées pour les faire judicieusement fructifier.

1831. (1870) Causeries du lundi. Tome XIII (3e éd.) « Mémoires ou journal de l’abbé Le Dieu sur la vie et les ouvrages de Bossuet, publiés pour la première fois par M. l’abbé Guetté. Tomes iii et iv· » pp. 285-303

En lui envoyant copie de la Lettre latine de Bossuet au pape Innocent XI sur l’éducation du dauphin, il dit : « Je le fais bien valoir à cet abbé par la lettre que je lui écris, parce qu’avec de pareilles gens si méprisants il faut faire le gascon… Nous verrons comment notre abbé le recevra ; je veux qu’il sente le besoin qu’il a de moi. » — D’ailleurs il est heureux à sa manière, il s’arrange et s’acoquine à Meaux ; il achète une maison, grande affaire ; il se cache pour cela sous le nom du chanoine Blouin ; dès qu’on le sait, les anciennes jalousies contre lui se réveillent.

1832. (1870) Causeries du lundi. Tome XIII (3e éd.) « Maine de Biran. Sa vie et ses pensées, publiées par M. Ernest Naville. » pp. 304-323

Parce qu’il a été vers la fin un adversaire du gouvernement impérial, on aurait tort de le prendre pour un grand partisan du régime constitutionnel ou parlementaire ; selon lui, le seul bon gouvernement est celui sous lequel l’homme trouve le plus de moyens de perfectionner sa nature intellectuelle et morale et de remplir le mieux sa destination sur la terre : or, sûrement, ajoute-t-il, ce n’est pas celui où chacun est occupé sans cesse à défendre ce qu’il croit être ses droits ; où les hommes sont tous portés à s’observer comme des rivaux plutôt qu’à s’aimer et s’entr’aider en frères ; où chaque individu est dominé par l’orgueil ou la vanité de paraître, et cherche son bonheur dans l’opinion, dans la part d’influence qu’il exerce sur ses pareils.

1833. (1870) Causeries du lundi. Tome XIV (3e éd.) « Journal et mémoires du marquis d’Argenson, publiés d’après les manuscrits de la Bibliothèque du Louvre pour la Société de l’histoire de France, par M. Rathery » pp. 238-259

Chauvelin : « Il a fait le misérable traité de Séville, misérable parce que nous ne voulions pas l’exécuter, et que c’est un embarquement violent pour ne faire que cacade, paroles de pistolet et actions de neige. » On ne sait où il va prendre un pareil jargon : « Un financier a le train du prince, et n’a l’état, l’esprit et les manières que d’un poilou. » — « Je fus pouillé », pour : on me gronda.

1834. (1863) Nouveaux lundis. Tome I « Madame Swetchine. Sa vie et ses œuvres, publiées par M. de Falloux. »

Les derniers venus, en pareil cas, les plus nouveaux en civilisation, ne se montrent pas les moins ardents à renchérir et à subtiliser.

1835. (1865) Nouveaux lundis. Tome IV « La comtesse de Boufflers. »

Mme de Boufflers se distingue entre les autres dames en ce qu’elle porte le tablier à bavette ; quelques autres n’ont qu’un tablier à dentelle sans bavette ; c’est à ce signe qu’on croit reconnaître la dame de céans ; plus elle faisait la servante à pareil jeu, plus elle était la maîtresse.

1836. (1866) Nouveaux lundis. Tome V « La comtesse d’Albany par M. Saint-René Taillandier (suite et fin.) »

Est-il possible maintenant de venir épiloguer sur de pareils témoignages et de peser jusqu’à quel point Mme d’Albany était sincère en exprimant un tel deuil pour son grand ami disparu ?

1837. (1866) Nouveaux lundis. Tome VI « Sismondi. Fragments de son journal et correspondance »

On est trop heureux d’avoir une pareille compagne.

1838. (1867) Nouveaux lundis. Tome VIII « Catinat (suite.). Guerre des Barbets. — Horreurs. — Iniquités. — Impuissance. »

Les mesures pour cerner et traquer ces petites bandes valeureuses étaient prises par un guerrier expérimenté et probe à qui pareille fonction ne donnait nul remords.

1839. (1869) Portraits contemporains. Tome I (4e éd.) « George Sand — Note »

Moi, je ne vous rendrai jamais la pareille en avis judicieux et en critiques sages, mais au moins j’aurai la même affection et le même dévouement à votre service.

1840. (1871) Portraits contemporains. Tome V (4e éd.) « UN DERNIER MOT sur BENJAMIN CONSTANT. » pp. 275-299

Avec madame de Charrière, sur laquelle il n’avait nul dessein pareil, et qui l’avait recueilli malade, qui l’avait soigné et guéri chez elle, Benjamin se montre sans gêne et dans un complet déshabillé89 ; avec d’autres, ou princesses ou bergères, il sera tout le contraire du déshabillé, il se jettera (et plus sincèrement qu’il ne le dit) dans les nuages, dans l’encens, dans la quintessence allemande sentimentale.

1841. (1870) Portraits de femmes (6e éd.) « MADAME ROLAND — II. » pp. 195-213

Si La Blancherie, qu’elle n’a plus d’occasion ordinaire de voir, se trouve à l’église, à un service funèbre de bout de l’an pour la mère chérie qu’elle a perdue : « Tu imagines, écrit la jeune fille à son amie, tout ce que pouvait m’inspirer sa présence à pareille cérémonie.

1842. (1800) De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (2e éd.) « Seconde partie. De l’état actuel des lumières en France, et de leurs progrès futurs — Chapitre V. Des ouvrages d’imagination » pp. 480-512

Ainsi donc Candide et les écrits de ce genre qui se jouent, par une philosophie moqueuse, de l’importance attachée aux intérêts même les plus nobles de la vie, de tels écrits sont nuisibles dans une république, où l’on a besoin d’estimer ses pareils, de croire au bien qu’on peut faire, et de s’animer aux sacrifices de tous les jours par la religion de l’espérance.

1843. (1895) Histoire de la littérature française « Troisième partie. Le seizième siècle — Livre V. Transition vers la littérature classique — Chapitre I. La littérature sous Henri IV »

Il y a pareille douceur dans ses descriptions champêtres.

1844. (1895) Histoire de la littérature française « Cinquième partie. Le dix-huitième siècle — Livre III. Les tempéraments et les idées — Chapitre III. Montesquieu »

Il rêverait quelque chose de pareil en France.

1845. (1899) Les contemporains. Études et portraits littéraires. Septième série « Victor Duruy » pp. 67-94

J’avoue que, pareil en cela aux hommes du siècle dernier, M. 

1846. (1900) La méthode scientifique de l’histoire littéraire « Deuxième partie. Ce qui peut être objet d’étude scientifique dans une œuvre littéraire — Chapitre VIII. La question de gout ce qui reste en dehors de la science » pp. 84-103

Les hommes qui la composent exaltent inconsciemment dans les siècles passés ceux qui ont eu des qualités et des défauts pareils aux leurs ; ils rabaissent ou négligent les autres.

1847. (1857) Causeries du lundi. Tome II (3e éd.) « Madame Geoffrin. » pp. 309-329

Cette mise de vieille, si exquise en modestie et en simplicité, lui était particulière, et rappelle l’art tout pareil de Mme de Maintenon.

1848. (1857) Causeries du lundi. Tome II (3e éd.) « Procès de Jeanne d’arc, publiés pour la première fois par M. J. Quicherat. (6 vol. in-8º.) » pp. 399-420

Ces juges, tout occupés de convaincre d’idolâtrie cette simple fille, l’interrogeaient à satiété sur son étendard, sur l’image qu’elle y avait fait peindre : si elle ne croyait pas que des étendards tout pareils à celui-là étaient plus heureux que d’autres à la guerre.

1849. (1857) Causeries du lundi. Tome III (3e éd.) « Les Mémoires de Saint-Simon. » pp. 270-292

Devant une peinture de pareille dimension, il faut choisir ; je prendrai de préférence deux grandes scènes, pour y démontrer quelques-unes des hautes qualités de Saint-Simon.

1850. (1857) Causeries du lundi. Tome III (3e éd.) « Diderot. (Étude sur Diderot, par M. Bersot, 1851. — Œuvres choisies de Diderot, avec Notice, par M. Génin, 1847.) » pp. 293-313

» C’est dans un sentiment tout pareil qu’il a écrit quelque part encore ces admirables et humaines paroles : Un plaisir qui n’est que pour moi me touche faiblement et dure peu.

1851. (1857) Causeries du lundi. Tome III (3e éd.) « Monsieur Théodore Leclercq. » pp. 526-547

Vous allez voir… Figurez-vous donc un homme, un monsieur, un bourgeois, en robe de chambre de basin à côtes, le pantalon pareil… enfin en négligé, comme on est le matin chez soi quand on aime ses aises.

1852. (1857) Causeries du lundi. Tome IV (3e éd.) « Jasmin. (Troisième volume de ses Poésies.) (1851.) » pp. 309-329

Comme, en pareille circonstance, une bonne action est de rigueur, on fera imprimer les trois sujets donnés, au profit de la Crèche de Montpellier.

1853. (1865) Causeries du lundi. Tome V (3e éd.) « Le Brun-Pindare. » pp. 145-167

À ceux qui douteraient de son talent, il suffit, ce me semble, de voir son buste pour comprendre à l’instant qu’une pareille tête ne saurait se joindre avec l’idée de facultés vulgaires.

1854. (1865) Causeries du lundi. Tome V (3e éd.) « Madame de Motteville. » pp. 168-188

Il y avait alors un plaisir non pareil à la voir coiffer et babiller.

1855. (1865) Causeries du lundi. Tome VI (3e éd.) « Le maréchal Marmont, duc de Raguse. — I. » pp. 1-22

Je me décidai à prendre à l’instant même un poste de 60 hommes, qui était à portée ; sa faiblesse ne pouvait pas être aperçue par l’ennemi dans un pareil défilé.

1856. (1865) Causeries du lundi. Tome VII (3e éd.) « Montesquieu. — I. » pp. 41-62

Parlant de son ami le maréchal de Berwick et le montrant, dès l’adolescence, à la tête d’un régiment et gouverneur d’une province, Montesquieu disait : « Ainsi, à l’âge de dix-sept ans, il se trouva dans cette situation si flatteuse pour un homme qui a l’âme élevée, de voir le chemin de la gloire tout ouvert, et la possibilité de faire de grandes choses. » Sans prétendre rien dire de pareil de cette charge de président à mortier obtenue de bonne heure, Montesquieu du moins fut dès lors sur le pied de tout voir, de juger les hommes à leur niveau, et de n’avoir pas à faire d’effort pour arriver et s’insinuer jusqu’à eux ; il n’eut qu’à choisir entre les relations qui s’offraient.

1857. (1865) Causeries du lundi. Tome VII (3e éd.) « M. Necker. — I. » pp. 329-349

Or, qu’était-ce que l’opinion publique dans un pareil État ?

1858. (1865) Causeries du lundi. Tome VII (3e éd.) « Œuvres de Frédéric le Grand (1846-1853). — I. » pp. 455-475

Preuss, historiographe de Brandebourg, il s’en publie une à l’usage du public, toute pareille quant au contenu, et qui n’est, à vrai dire, que la même édition moins magnifique et sous un format différent.

1859. (1767) Salon de 1767 « Peintures — Doyen » pp. 178-191

Quel doit donc être l’effet de l’ensemble d’un pareil tableau ?

1860. (1913) Essai sur la littérature merveilleuse des noirs ; suivi de Contes indigènes de l’Ouest-Africain français « Essai sur la littérature merveilleuse des noirs. — Chapitre I. »

A la recherche de son pareil.

1861. (1905) Les œuvres et les hommes. De l’histoire. XX. « Innocent III et ses contemporains »

Et cependant telle est la violence qu’on fait au sens commun et à la logique avec de pareilles déductions.

1862. (1890) Les œuvres et les hommes. Littérature étrangère. XII « Henri Heine »

On n’y rencontre rien de pareil.

1863. (1860) Les œuvres et les hommes. Les philosophes et les écrivains religieux (première série). I « X. Ernest Renan »

À ne prendre la chose qu’à son point de vue exclusivement philosophique, une thèse pareille, dangereuse par cela seul qu’elle est compréhensible aux intelligences les plus basses, n’est, après tout, qu’une pauvreté.

1864. (1917) Les diverses familles spirituelles de la France « Chapitre v »

A voir les avions se chercher, foncer l’un sur l’autre, se mitrailler, reprendre le large, revenir à la charge jusqu’à ce que l’un des deux s’enfuie ou tombe, je retrouve tout pur le plaisir passionnant des courses de taureaux : émotion pareille, l’arène est en haut. »‌ Tout cela se résume dans cette profession de foi :‌ Au risque de vous paraître fou, je déclare en mon âme et conscience que j’aime être ici ; j’aime la tranchée de première ligne, comme un « pensoir » incomparable ; on y est ramassé sur soi-même, toutes ses forces rassemblées ; on y jouit d’une entière plénitude de vie.

1865. (1868) Curiosités esthétiques « VI. De l’essence du rire » pp. 359-387

J’ai entendu résonner à mes oreilles de pareilles hérésies dans des dîners d’académiciens.

1866. (1919) L’énergie spirituelle. Essais et conférences « Chapitre III. “ Fantômes de vivants ” et “ recherche psychique ” »

il n’était ni possible ni désirable que l’esprit humain suivît une pareille marche.

1867. (1859) Essais sur le génie de Pindare et sur la poésie lyrique « Deuxième partie. — Chapitre XX. Le Dante, poëte lyrique. »

À la poupe se tenait le céleste nocher, pareil à un bienheureux ; et plus de cent âmes étaient assises dans la barque ; et toutes ensemble chantaient d’une seule voix : Israël, à sa sortie d’Égypte.

1868. (1896) Les contemporains. Études et portraits littéraires. Sixième série « Lamartine »

Tes clartés heureuses voient se développer autour d’elles les belles formes du ciel et de la terre… » Dans l’Infini, dans les cieux :     Cet œil s’abaisse donc sur toute la nature ; Il n’a donc ni mépris, ni faveur, ni mesure, Et, devant l’Infini, pour qui tout est pareil, Il est donc aussi grand d’être homme que soleil. […] De l’autre côté  et dans le même temps, ne l’oubliez pas  une ville énorme, si prodigieuse par ses édifices que nous serions incapables, aujourd’hui, d’en construire une pareille. […] Nul, non pas même Renan, n’a mieux dit les sourds instincts dont le travail, pareil à celui des germes, prépare les transformations des peuples, ni les désirs dont les masses humaines sont émues longtemps avant que ces désirs ne deviennent des pensées par où la réalité sera repétrie… Écoutez ces strophes d’Utopie :     . . . . . . . . […] Si jamais poète fut pareil aux divins Oiseaux d’Aristophane, qui « ne roulaient que des pensées éternelles », c’est bien lui.

1869. (1855) Louis David, son école et son temps. Souvenirs pp. -447

On ne craint pas de l’affirmer, aucune des écoles des plus célèbres maîtres modernes n’offre un pareil résultat, et ce sera toujours une gloire pour David d’avoir fondé et entretenu, pendant plus d’un demi-siècle, une véritable école, peut-être la dernière qui ait pu être constituée et qui se maintienne encore. […] » Ceux qui entendirent ces paroles tremblèrent, car la discrétion et le silence, en pareille occasion, indiquaient la complicité et étaient punis de mort. […] Tour à tour, le plus matinal d’entre eux fournissait, par exemple, de la braise ou un tison enflammé à ses confrères, qui lui rendaient la pareille un autre jour. […] La vanité de tout autre qu’un enfant de seize à dix-sept ans se fût sans doute éveillée en pareille occasion ; mais, il faut le dire à la louange d’Étienne, il sut profiter avec délicatesse et modestie d’une bienveillance amicale dont l’effet fut, en lui inspirant le goût des bonnes manières, de le préserver pour toujours des habitudes contraires que l’on prend ordinairement dans les écoles. […] Alors c’était tout à la fois une innovation et une opération fort coûteuse que de faire mouler une statue antique en plâtre, et il ne fallut rien moins qu’un statuaire riche comme l’était Giraud, et aussi amoureux de son art, pour faire les sacrifices que l’on exigea de lui en pareille occasion.

1870. (1898) Politiques et moralistes du dix-neuvième siècle. Troisième série

Stendhal de même, et de là cette conception de la vie, pareille aux Mémoires de Casanova. […] Mais d’énergie individuelle, que peut-il y en avoir chez un pareil peuple ? […] En pareille affaire, c’est Voltaire, un peu plus clairvoyant que Stendhal, qui avait raison. […] Peu de consciences et peu de raisons résistent à de pareilles démonstrations. — On ne s’aperçoit guère de cela, dira-t-on, à lire la littérature de 1830. […] Le fond, donc, et beaucoup de détails sont pareils.

1871. (1893) Des réputations littéraires. Essais de morale et d’histoire. Première série

S’il est vrai que, Newton ayant manqué, nous aurions toujours eu un autre Newton essentiellement pareil, tandis qu’il ne pouvait y avoir au monde qu’un Shakespeare, il s’ensuit que Shakespeare fut plus grand que Newton ou, du moins, plus rare et plus impossible à remplacer. […] Un attrait du même genre, je veux dire composé de scandale en bonne partie et pareil à celui qui assure de nombreux lecteurs à Rabelais et à Montaigne, en donne passablement aussi aux Lettres persanes et aux Confessions. […] Il faut trouver l’originalité et ne l’avoir point cherchée ; il faut être naturel et unique, simple et rare, toujours le même et nouveau, aisément accessible et inimitable, pareil à tout le monde et extraordinaire. […] L’hypothèse d’une publication de ses poésies en 1802, c’est-à-dire d’un coup d’éclat pareil à celui que fit Chateaubriand la même année, est contradictoire, par conséquent, avec l’idée même qu’il convient d’avoir de son talent intermédiaire et voilé. […] La mort elle-même n’a pas paru un châtiment trop rude pour une pareille offense, et c’est de leur vie que, dans les siècles de fanatisme, nous voyons les martyrs de la libre pensée payer l’anachronisme de leur naissance.

1872. (1898) Impressions de théâtre. Dixième série

Puis, avec un tendre à propos, Jésus, devant la silhouette de la courtisane, songe que sa mère Marie eut un galbe pareil, quand, jeune fille, elle allait aussi à la fontaine. […] Cela signifie qu’elle aspire à être, non pas l’égale de son mari, mais sa « pareille », ce qui est absurde. […] Le vrai révolté, c’est un homme pareil de costume à tout le monde, de vie austère et retirée, qui travaille quinze heures par jour et invente une philosophie. […] En réalité, les conditions que Julie et ses pareilles veulent au mariage sont presque impossibles à réunir toutes. […] » « Le cardinal lui-même avait accompagné le corps depuis Rome. » Et Jean a longtemps rêvé d’être le héros d’une fête pareille.

1873. (1904) Propos littéraires. Deuxième série

Rien n’est indispensable en pareille matière comme de donner tous les détails, et rien n’est difficile comme d’empêcher la multiplicité des détails exacts d’offusquer et voiler l’ensemble et les arbres de cacher la forêt. […] Il a trop mis en lumière les grandeurs philosophiques de son héros pour que pareil soupçon puisse l’atteindre. […] Pour éviter le plus possible l’arbitraire en pareille affaire, il faut asseoir fortement l’histoire littéraire ainsi comprise sur la base de la chronologie. […] Je souhaite une maladie de ce genre, une maladie assagissante, venant très à propos, à mes meilleurs amis, dans des circonstances pareilles. […] mettons l’image auditive — de son rythmé ; et se rappelant que pareil son rythmé sort de la pendule, entre la pendule et la montre il a établi un rapport — c’est trop dire ?

1874. (1890) Nouvelles questions de critique

Mais qui ne sait à combien de lectures, de recherches, de voyages même au besoin, de pareilles vérifications nous engagent ? […] C’est assez que, depuis Rabelais et Saint-Simon, — dont on s’étonnera peut-être de voir les noms ainsi rapprochés du sien, — il n’y ait pas eu de plus prestigieux ni même de pareil artisan de mots. […] Pour une pareille disposition d’esprit, quiconque n’est pas l’auteur de l’Éducation sentimentale ou de la Tentation de saint Antoine, est Bouvard ; et le monde, le vaste monde, n’est peuplé que de Pécuchets. […] Mais si nous osions l’essayer, il y a bien trois ou quatre mots dont une pareille étude ne serait que le développement ou l’illustration. […] Évidemment, dans un temps comme le nôtre, où l’on ne se doute pas de l’orgueil intellectuel des générations qui se préparent, le symbolisme offre des commodités sans pareilles aux collégiens jaloux du suffrage de M. 

1875. (1880) Une maladie morale : le mal du siècle pp. 7-419

Sans examiner ici si une pareille disposition était restée jusqu’à présent inconnue, il est permis d’affirmer que, de nos jours, et parmi nous, elle se manifeste avec évidence. […] De pareils troubles intéressent le médecin plutôt que le moraliste et nous n’avons point à nous en occuper. […] « De quoi jouit-on, dit-il, dans une pareille situation ? […] Quelle nécessité en dehors du besoin d’apaisement intérieur dont il a fait l’aveu, poussait Gœthe à choisir un pareil sujet ? […] Je ne veux plus m’occuper de tout cela, de ce moment-ci je m’abandonne. » On ne supporte pas longtemps un pareil vertige, et Lucile ne l’eut pas désiré.

1876. (1905) Propos de théâtre. Deuxième série

Pour Racine, pareille dépression. […] Mounet-Sully à la même époque, ne m’a donné une sensation d’art pareille. […] Ils ne se reconnaissent, s’ils se peuvent reconnaître, que dans leurs pareils. […] Son refus, d’ailleurs, en pareilles circonstances, n’avait rien que de légitime. […] Ils assurèrent d’abord que c’était le premier exemple de pareil tour de force.

1877. (1889) Ægri somnia : pensées et caractères

Après tout, ce n’est pas un si petit mérite que de s’être pénétré de Montesquieu jusqu’à faire dire à Royer-Collard : « Depuis Montesquieu, il n’a paru rien de pareil à la Démocratie en Amérique. […] Pareille chose ne s’est vue qu’au théâtre de l’Opéra, il y a cinquante ans, à ces représentations mémorables d’Athalie, où Talma jouait le rôle du grand prêtre. […] Pareille disgrâce était-elle arrivée au Quintius romain ? […] — Je plaisante, lui dis-je, David n’a rien écrit de pareil, et je n’ai voulu que flatter votre passion par un méchant propos de mon cru, en mauvais latin. […] Sortait-il de chez lui, soit pour porter à la mairie de l’argent destiné aux pauvres, soit pour aller aux ambulances, soit pour présider aux pesées de viande, ou bien pour recenser les logements où l’on pourrait recueillir les émigrants des quartiers bombardés, ou enfin pour aller plaider au Palais — qui donc avait l’humeur processive en un pareil temps ?

1878. (1889) Histoire de la littérature française. Tome II (16e éd.) « Chapitre sixième »

Il est tenté un moment de la confondre avec le rocher ; mais, voyant « sa pudeur virginale, son teint pareil A la clarté matinale Qui devance le soleil, il revient de sa méprise, qu’il explique ainsi : Il est bien vrai que, sans peine, Il auroit pu desja mieux Sortir d’une erreur si vaine, Par les rayons de ses yeux : Mais, quoy qu’ils fissent parestre. […] Ailleurs, parlant d’un bel œil malade, il dit de l’œil resté sain : Le cher frère, obligé de ce que son pareil Luy va donner moyen d’estre appelé soleil. […] a Chacun admire en ce visage a La lumière de deux soleils : « Si la nature eût été sage, « Le ciel en auroit deux pareils. » La pièce finie, Chapelain se loue de l’art qu’il y a déployé : Je n’ai fait que vingt vers, mais vingt vers raisonnés, Magnifiques, pompeux, justes et bien tournés.

1879. (1805) Mélanges littéraires [posth.]

Nous faisons grâce à nos lecteurs d’un plus grand détail, et nous ne doutons point que ceux qui président aujourd’hui à ce collège, ne fissent main-basse, s’ils en étaient les maîtres, sur des puérilités si pédantesques et de si mauvais goût : ils sont trop éclairés pour ne pas sentir que le précieux temps de la jeunesse ne doit point être employé à de pareilles inepties. […] Un enfant né avec du talent ne doit point s’aider de pareils ouvrages pour faire des vers latins, supposé même qu’il soit bon qu’il en fasse ; et il est absurde d’en faire faire aux autres. […] Le soin froid et étudié-que l’orateur se donnerait pour exprimer une pareille émotion, ne servirait qu’à l’affaiblir en lui, à l’éteindre même, ou peut-être à prouver qu’il ne la ressentait pas.

1880. (1867) Causeries du lundi. Tome VIII (3e éd.) « Le cardinal de Bernis. (Fin.) » pp. 44-66

Avouez que vous me croyez ambitieux comme tous mes pareils.

1881. (1867) Causeries du lundi. Tome VIII (3e éd.) « Roederer. — III. (Fin.) » pp. 371-393

Il veut qu’on mange dans l’action ; il s’agit bien de pareilles choses !

1882. (1870) Causeries du lundi. Tome X (3e éd.) « Sénac de Meilhan. — II. (Fin.) » pp. 109-130

Pour ce sauvage qui n’a pas l’idée de la beauté, qui ne compare pas, dont une continuelle rivalité sociale n’entretient ni n’exalte l’imagination, rien de pareil n’existe, et « l’instant rapide du plaisir, selon l’heureuse expression de M. de Meilhan, est pour lui une flèche décochée dans l’air, et qui ne laisse aucune trace ».

1883. (1870) Causeries du lundi. Tome X (3e éd.) « Saint-Martin, le Philosophe inconnu. — II. (Fin.) » pp. 257-278

Sa profession de foi sur la Révolution française est simple, elle est celle d’un croyant : il pense que la Providence s’en mêle soit directement, soit indirectement, et par conséquent il ne doute pas que cette Révolution n’atteigne à son terme, « puisqu’il ne convient pas que la Providence soit déçue et qu’elle recule » : En considérant la Révolution française dès son origine et au moment où a commencé son explosion, je ne trouve rien à quoi je puisse mieux la comparer qu’à une image abrégée du Jugement dernier, où les trompettes expriment les sons imposants qu’une voix supérieure leur fait prononcer, où toutes les puissances de la terre et des cieux sont ébranlées… Quand on la contemple, cette Révolution, dans son ensemble et dans la rapidité de son mouvement, et surtout quand on la rapproche de notre caractère national, qui est si éloigné de concevoir et peut-être de pouvoir suivre de pareils plans, on est tenté de la comparer à une sorte de féerie et à une opération magique ; ce qui a fait dire à quelqu’un qu’il n’y aurait que la même main cachée qui a dirigé la Révolution, qui pût en écrire l’histoire.

1884. (1870) Causeries du lundi. Tome XII (3e éd.) « [Chapitre 5] — II » pp. 112-130

. — J’ai été nommé par le roi ambassadeur en Portugal ; tout mon dessein, en acceptant pareil emploi, a été de me rendre digne et de me mettre à portée des places du ministère, où mon ancienneté au conseil pouvait naturellement m’élever dès que je ne démériterais pas, à plus forte raison si je montrais du mérite et du courage.

1885. (1870) Causeries du lundi. Tome XII (3e éd.) « [Chapitre 5] — III » pp. 132-153

Comme il avait observé que l’esprit quelquefois se dissipe, et pour ainsi dire s’extravase dans un lieu trop vaste, et que « pour étudier, pour lire, méditer, écrire, les petits endroits ont beaucoup d’avantages sur les plus grands », il avait imaginé et s’était fait faire une sorte de cabinet-sopha ou de cage allant sur roulettes, assez pareille à une maison de berger, où il n’y avait place que pour une personne, où l’on ne pouvait se tenir debout, où l’on était assis très à l’aise, à l’abri de tous vents coulis, et où il suffisait d’une bougie pour échauffer le dedans.

1886. (1870) Causeries du lundi. Tome XIII (3e éd.) « Histoire du règne de Henri IV, par M. Poirson » pp. 210-230

C’est une jolie estampe à sujet bucolique à mettre entre deux pages de Sully : L’idée qui me reste encore de ces choses-là, nous dit le naïf abbé au commencement de ses Mémoires, me donne de la joie : je revois en esprit, avec un plaisir non pareil, la beauté des campagnes d’alors ; il me semble qu’elles étaient plus fertiles qu’elles n’ont été depuis ; que les prairies étaient plus verdoyantes qu’elles ne sont à présent, et que nos arbres avaient plus de fruits.

1887. (1863) Nouveaux lundis. Tome I « Benjamin Constant. Son cours de politique constitutionnelle, ou collection de ses divers écrits et brochures avec une introduction et des notes, par M. Laboulaye »

Il répondrait, s’il était là présent (car il eut plus d’une fois à répondre à des interpellations pareilles), que s’il se crut en droit de servir le Directoire avant comme après fructidor, c’est qu’il s’était fait une maxime, qu’il s’était posé une règle dès l’entrée de sa carrière, à savoir de s’attacher non au meilleur des gouvernements, mais à celui qui offrait des garanties, des moyens d’amélioration, et de se rallier à tout régime où il y avait espoir, sinon de faire prévaloir tous les principes, du moins d’en introduire et d’en appliquer quelques-uns : « En attendant ce qui est bon, disait-il, j’adopterai ce qui est moins mauvais. » Quoiqu’il puisse paraître singulier qu’en vertu de cette maxime il ait été amené à préférer le Directoire expirant à l’ère consulaire qui s’inaugurait, je ne le chicanerai pas là-dessus.

1888. (1865) Nouveaux lundis. Tome III « Entretiens de Gœthe, et d’Eckermann »

« Ainsi, comme le recommandait Gœthe à Eckermann et à ses pareils, les petits sujets que chaque jour vous présente, rendez-les dans leur fraîcheur, immédiatement, et il est certain que ce que vous ferez sera bon : chaque jour vous apportera une joie.

1889. (1865) Nouveaux lundis. Tome IV « La femme au XVIIIe siècle, par MM. Edmond et Jules de Goncourt. » pp. 2-30

La maréchale de Luxembourg aurait désavoué une pareille élève qui, à côté de l’autorité, supprimait le charme, et qui, au lieu de plaire en avertissant, ne savait que régenter.

1890. (1866) Nouveaux lundis. Tome V « Don Carlos et Philippe II par M. Gachard Don Carlos et Philippe II par M. Charles de Mouy »

L’empereur chercha à lui faire comprendre alors que, s’il y avait un pareil nombre de ses pages qui eussent cherché à s’emparer de lui, il lui aurait bien fallu prendre la fuite : il répliqua tout en colère, au milieu des éclats d’admiration et de rire de l’empereur et des personnes qui étaient présentes, que lui jamais ne se serait enfui. » Je doute que ce trait d’obstination d’un Charles le Téméraire en herbe ait causé autant d’admiration à l’empereur qu’on le dit.

1891. (1866) Nouveaux lundis. Tome VI « Théophile Gautier. »

Et ce sont ensuite des amours d’enfant, des paysages riants et doux, un chemin qui serpente en ruban dans le vallon, un sentier le long de la haie et du ruisseau, et qu’on préfère à tous les autres tout pareils et où il y a également une haie, une source et des fleurs, parce qu’il conduit directement à la petite grille du parc et qu’il s’y rattache un tendre souvenir.

1892. (1867) Nouveaux lundis. Tome VIII « Jean-Bon Saint-André, sa vie et ses écrits. par M. Michel Nicolas. (suite et fin.) »

Je ne réponds point toutefois qu’il soit allé jusqu’au bout dans cet examen de conscience, car rien ne l’indique, et le cœur humain est bizarre et peu logique en soi ; il a des habiletés et des adresses sans pareilles pour oublier ou pour sembler ignorer ce qui l’importune.

1893. (1867) Nouveaux lundis. Tome VIII « Madame Roland, ses lettres à Buzot. Ses Mémoires. »

Je laisse à chacun en pareil cas ses préférences.

1894. (1872) Nouveaux lundis. Tome XIII « Le général Jomini. [V] »

Mais aussi comment traiter librement une pareille histoire, lui officier général russe et aide de camp du souverain ?

1895. (1872) Nouveaux lundis. Tome XIII « Œuvres françaises de Joachim Du Bellay. [I] »

Elle aurait toujours percé, mais elle aurait été bien utilement contre-balancée par quelque grand poème chevaleresque en possession d’une renommée durable ; ne rencontrant rien de pareil à sen heure, elle l’emporta sans réserve, sans contrepoids.

1896. (1872) Nouveaux lundis. Tome XIII « Œuvres françaises de Joachim Du Bellay. [II] »

Quel dommage qu’il n’ait pas rejailli quelque chose de ce sentiment patriotique dans l’effort courageux du xvie  siècle ; que la tradition de la vieille France et de la France de la Renaissance ne se soit point unie et continuée par ce glorieux chaînon ou par quelque autre pareil !

1897. (1869) Portraits contemporains. Tome I (4e éd.) « Victor Hugo — Victor Hugo en 1831 »

Je ne puis résister à en donner quelques phrases ; le critique vient de faire une citation : « À de pareils vers, dit-il, qui ne s’écrierait avec La Harpe : Entendez-vous le chant du poëte ?

1898. (1870) Portraits contemporains. Tome III (4e éd.) « LE COMTE XAVIER DE MAISTRE. » pp. 33-63

Pareille aventure est arrivée à la Chute des feuilles de Millevoye.

1899. (1870) Portraits contemporains. Tome III (4e éd.) « M. EUGÈNE SCRIBE (Le Verre d’eau.) » pp. 118-145

Scribe, en mettant à la scène les grands effets en politique produits par les petites causes, avait à lutter tout à côté contre une concurrence presque pareille, contre les grandes causes produisant avec éclat de bien petits effets.

1900. (1870) Portraits de femmes (6e éd.) « MADAME DE PONTIVY » pp. 492-514

Après le premier épanchement et le renouvellement confus des aveux, M. de Murçay, promenant ses regards, fit remarquer à son amie que ce berceau, dans sa disposition, était tout pareil à celui où ils s’étaient pour la première fois déclarés.

1901. (1862) Portraits littéraires. Tome II (nouv. éd.) « M. Joubert »

Je ne doute pas qu’en cas pareil vous ne fussiez prêt à partager mes sentiments comme je partage les vôtres.

1902. (1862) Cours familier de littérature. XIII « LXXVe entretien. Critique de l’Histoire des Girondins (6e partie) » pp. 129-176

Jamais peut-être sur cette terre, à aucune époque, sauf l’ère de l’incarnation de l’idée chrétienne, un pays ne produisit, en un si court espace de temps, une pareille éruption d’idées, d’hommes, de natures, de caractères, de talents, de crimes, de vertus.

1903. (1895) Histoire de la littérature française « Première partie. Le Moyen âge — Livre I. Littérature héroïque et chevaleresque — Chapitre III. L’Histoire »

Nul art ne vaut mieux que ce naturel, et c’est de pareilles sensations qu’un autre Champenois, quatre siècles plus tard, fera l’étoffe de sa poésie : Joinville a ce qui manque aux auteurs de fabliaux, pour annoncer La Fontaine.

1904. (1895) Histoire de la littérature française « Quatrième partie. Le dix-septième siècle — Livre II. La première génération des grands classiques — Chapitre II. Corneille »

De là cette si vraie et originale composition d’Horace et de Camille : le frère et la sœur, natures pareilles, également brutales, féroces et fanatiques, mais appliquant différemment leurs amours identiques d’essence ; l’homme idolâtre de sa patrie, la femme idolâtre d’un homme ; et de cette différence, profondement vraie, va sortir le choc des deux âmes, dont le meurtre de Camille sera la résultante nécessaire.

1905. (1895) Histoire de la littérature française « Quatrième partie. Le dix-septième siècle — Livre III. Les grands artistes classiques — Chapitre II. Boileau Despréaux »

Il ne faut se soucier que de la vérité : les âmes et les arbres d’aujourd’hui sont pareils aux âmes et aux arbres d’il y a deux mille ans.

1906. (1895) Histoire de la littérature française « Cinquième partie. Le dix-huitième siècle — Livre IV. Les tempéraments et les idées (suite) — Chapitre IV. Le patriarche de Ferney »

Utilisant avec son esprit aigu une érudition superficielle, mais étendue, il discute l’authenticité, la véracité des écrits révélés, l’exactitude des vulgates orthodoxes ; il fait de la philologie, de l’histoire ; et sa conclusion est que, quand les livres saints ne seraient ni apocryphes, ni menteurs, ni falsifiés, ils devraient être rejetés comme immoraux et absurdes : la révélation est écartée, attendu que de pareilles fables répugnent à l’idée que la saine raison doit se faire de Dieu.

1907. (1887) Les contemporains. Études et portraits littéraires. Troisième série « Octave Feuillet »

Donne-moi un soufflet, ça te fera plaisir, et à moi aussi. » Cette scène fameuse est de celles qui inquiètent et dont on peut se demander si elles sont puériles ou sublimes ; mais l’homme capable d’un pareil mouvement a certainement en lui un sentiment moral assez fort pour ne succomber qu’à des tentations exceptionnelles, et telles qu’un saint pourrait seul en triompher.

1908. (1887) Les contemporains. Études et portraits littéraires. Troisième série « La jeunesse du grand Condé d’après M. le duc d’Aumale »

Dès la première rencontre, il se bat éperdument. « Après avoir tiré à bout portant ses deux pistolets, il désarme de sa main et fait prisonnier un capitaine de cuirassiers de l’empereur. » Nous savons par les témoignages des contemporains qu’il donnait toujours de sa personne dans la mêlée, que le combat l’enivrait et le transfigurait, et qu’il apparaissait alors, les yeux flamboyants, tout rouge de sang, « pareil au dieu Mars ».

1909. (1854) Histoire de la littérature française. Tome I « Livre II — Chapitre premier »

Pareils à ces Juifs dont parle Pascal, qui gardaient d’autant plus fidèlement le dépôt des divines promesses, qu’ils en comprenaient moins le sens, les catholiques, du fond de leur ignorance, avaient défendu la tradition sans la comprendre, par les vaines arguties de la scolastique et par la violence.

1910. (1911) La valeur de la science « Troisième partie : La valeur objective de la science — Chapitre X. La Science est-elle artificielle ? »

Je ne crois pas que les chimistes redoutent beaucoup que pareille mésaventure arrive jamais au phosphore.

1911. (1920) La mêlée symboliste. I. 1870-1890 « Les poètes décadents » pp. 63-99

« Nous postposerons, à la suite, des variantes contradictoires propres, comme il nous semble, pour atténuer les lacunes et masquer les effondrements, heureux si nous érigeâmes ce “Grande signum et insigne” qu’atteste, dans une prose épiphanique, le Missel de Cluny, si nous pûmes restituer aux Lettres humaines ces Reliquaires jusqu’alors épars : les Rythmes effeuillés du Divin Jeune Homme, pareils aux clous d’or que sème, en la frappant du pied, l’Hippogriphe conculcateur de l’Omnipotente Béotie.

1912. (1887) Discours et conférences « Rapport sur les prix de vertu lu dans la séance publique annuelle de l’Académie française »

Une somme pareille, que vous avez décernée à M. l’abbé Carton, servira également à une excellente œuvre de charité.

1913. (1900) La méthode scientifique de l’histoire littéraire « Troisième partie. Étude de la littérature dans une époque donnée causes et lois de l’évolution littéraire — Chapitre XVIII. Formule générale et tableau d’une époque » pp. 463-482

Reproduire cette division traditionnelle peut être en pareille occurrence une façon de mieux faire saisir l’esprit du moment.

1914. (1888) Revue wagnérienne. Tome III « V »

le style « décadent » de la Revue, ce prétendu style décadent aboli depuis un an, qui depuis un an n’existait même plus, et qu’on me reprochait après un an, et un an de relations amicales… Pareil prétexte n’avait certainement pu être suggéré que par les rancunes de quelque metteur des drames wagnériens en livrets d’opéra… Et M. 

1915. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXXVII et dernier » pp. 442-475

Si le triomphe de madame de Maintenon était celui de toutes les femmes de sa société, de leur esprit, de leurs mœurs, de leur a me délicate et pure, sur les habitudes désordonnées du roi, à son tour le changement opéré dans l’esprit et dans les mœurs du roi en opéra un pareil dans cette innombrable multitude de personnes qui ne connaissaient d’autre règle de conduite, d’autre règle du langage que les exemples du monarque.

1916. (1857) Causeries du lundi. Tome II (3e éd.) « L’abbé Galiani. » pp. 421-442

En pareil cas on a un plancher qui recouvre la poutre, et de plus, si l’on a moyen, on met un tapis sous ses pieds.

1917. (1857) Causeries du lundi. Tome III (3e éd.) « Madame de La Vallière. » pp. 451-473

Qu’on juge de l’attente en pareille occasion : Cette belle et courageuse personne, écrit Mme de Sévigné, fit cette action comme toutes les autres de sa vie, d’une manière noble et charmante : elle était d’une beauté qui surprit tout le monde ; mais ce qui vous étonnera, c’est que le sermon de M. de Condom (Bossuet) ne fut point aussi divin qu’on l’espérait.

1918. (1857) Causeries du lundi. Tome III (3e éd.) « La Grande Mademoiselle. » pp. 503-525

Non contente d’être haranguée, elle improvise en plein Hôtel de ville, et ne s’en tire pas plus mal que bien des orateurs et des tribuns en pareille crise.

1919. (1857) Causeries du lundi. Tome IV (3e éd.) « Mirabeau et Sophie. — II. (Lettres écrites du donjon de Vincennes.) » pp. 29-50

Voici en quels termes singuliers le curé Vallet rend compte de la manière dont il s’acquitta de sa commission et de l’effet qu’il produisit : Mon beau-frère me fit le détail de cet affreux événement, et me donnait la commission d’y préparer M. de Mirabeau, s’imaginant qu’il y avait une âme sensible dans un pareil corps.

1920. (1857) Causeries du lundi. Tome IV (3e éd.) « Correspondance entre Mirabeau et le comte de La Marck (1789-1791), recueillie, mise en ordre et publiée par M. Ad. de Bacourt, ancien ambassadeur. » pp. 97-120

Jamais les fautes n’ont été mieux montrées à l’avance, jamais situation présente n’a été mieux décrite, définie, approfondie, jamais remède n’a été mieux indiqué, autant qu’en pareille matière on peut appeler remède ce qui n’a pas été mis à l’épreuve de l’exécution.

1921. (1857) Causeries du lundi. Tome IV (3e éd.) « L’abbé Maury. Essai sur l’éloquence de la chaire. (Collection Lefèvre.) » pp. 263-286

Je n’ose pas ennuyer mes amis de cette lecture ; je me ferais un véritable scrupule d’exiger d’eux une pareille corvée, et il n’y a que vous au monde qui ayez le courage et la bonté d’entendre un sermon ailleurs qu’à l’église.

1922. (1857) Causeries du lundi. Tome IV (3e éd.) « Mémoires de Marmontel. » pp. 515-538

comment un honnête homme, et de talent et de bon sens, peut-il avoir de pareilles idées et s’y arrêter un moment ?

1923. (1865) Causeries du lundi. Tome V (3e éd.) « La Harpe. Anecdotes. » pp. 123-144

À la veille de son début au théâtre, quand on allait représenter sa tragédie de Warwick (novembre 1763), il avait déjà, grâce à ses bons amis les auteurs, une réputation affreuse ; on racontait, en l’exagérant, l’histoire des couplets satiriques composés au sortir du collège : « Cette petite horreur, nous dit Collé dans son Journal, m’a déjà été confirmée par deux ou trois personnes, et je n’ai encore vu qui que ce soit qui ait contredit ou nié le fait. » Lorsque cette tragédie de Warwick, qui, malgré tout, avait fort bien réussi, fut reprise en janvier 1765, les ennemis s’arrangèrent si bien, que le cinquième acte fut hué : « Je n’ai jamais vu de ma vie, nous dit encore Collé, arriver un pareil échec à une reprise ; le contraire arrive plus ordinairement, les applaudissements redoublent au lieu de diminuer.

1924. (1865) Causeries du lundi. Tome VI (3e éd.) « Beaumarchais. — II. (Suite.) » pp. 220-241

Quelques jours après, c’était une lettre de lui qui courait et qu’on disait adressée à un duc et pair qui lui aurait demandé une petite loge grillée, d’où quelques femmes de la Cour voulaient voir la pièce sans être vues : Je n’ai nulle considération, monsieur le duc (disait Beaumarchais dans la lettre qui courait le monde), pour des femmes qui se permettent de voir un spectacle qu’elles jugent malhonnête, pourvu qu’elles le voient en secret ; je ne me prête point à de pareilles fantaisies.

1925. (1888) La critique scientifique « La critique et l’histoire »

Le but de ce travail sera atteint s’il démontre la possibilité de pareils travaux et s’il en suscite.

1926. (1889) Écrivains francisés. Dickens, Heine, Tourguénef, Poe, Dostoïewski, Tolstoï « Henri Heine »

Par une décadence de ce genre, il est probable qu’en Henri Heine, le spéculatif, mort en 1856, était tout pareil au judaïsant de 1823, tandis que le poète, par un effet inverse du même principe de psychologie, conservait intact et vivace son génie, jusqu’aux portes du tombeau.

1927. (1864) William Shakespeare « Deuxième partie — Livre I. Shakespeare — Son génie »

Écoutons encore Rhymer : « Othello est une farce sanglante et sans sel. » Jonhson ajoute : « Jules César, tragédie froide et peu faite pour émouvoir. » « J’estime, dit Warburton dans sa lettre au doyen de Saint-Asaph, que Swift a bien plus d’esprit que Shakespeare et que le comique de Shakespeare, tout à fait bas, est bien inférieur au comique de Shadwell. » Quant aux sorcières de Macbeth, « rien n’égale, dit ce critique du dix-septième siècle, Forbes, répété par un critique du dix-neuvième, le ridicule d’un pareil spectacle. » Samuel Foote, l’auteur du Jeune Hypocrite, fait cette déclaration : « Le comique de Shakespeare est trop gros et ne fait pas rire.

1928. (1864) William Shakespeare « Deuxième partie — Livre II. Shakespeare — Son œuvre. Les points culminants »

Pour Cambyse, Sennachérib, et Gengiskhan, et leurs pareils, avoir mangé, c’est posséder toute la terre.

1929. (1872) Les problèmes du XIXe siècle. La politique, la littérature, la science, la philosophie, la religion « Introduction »

J’accorde donc que l’on peut être librement croyant, même dans une Église où il y a une autorité infaillible ; mais, s’il en est ainsi, j’avoue ne pas comprendre l’objection qu’élèvent les partisans de cette Église contre les confessions qui ne reconnaissent pas une pareille autorité.

1930. (1694) Des ouvrages de l’esprit

C’est une expérience faite, que s’il se trouve dix personnes qui effacent d’un livre une expression ou un sentiment, l’on en fournit aisément un pareil nombre qui les réclame : ceux-ci s’écrient, pourquoi supprimer cette pensée ?

1931. (1906) La nouvelle littérature, 1895-1905 « Deuxième partie. L’évolution des genres — Chapitre I. La critique » pp. 45-80

On comprend d’autant moins une pareille sévérité et une telle assertion, dans la bouche d’écrivains qui émirent comme seule prétention de traduire, de copier la vie… 17.

1932. (1772) Bibliothèque d’un homme de goût, ou Avis sur le choix des meilleurs livres écrits en notre langue sur tous les genres de sciences et de littérature. Tome II « Bibliotheque d’un homme de goût — Chapitre X. Des Livres nécessaires pour l’étude de la Langue Françoise. » pp. 270-314

Des phrases composées exprès pour rendre sensible toute l’énergie d’un mot, & pour marquer de quelle maniere il doit être employé, donnent une idée plus nette & plus précise de la juste étendue de sa signification, que des phrases tirées de nos bons auteurs, qui n’ont pas eu ordinairement de pareilles vues en écrivant.

1933. (1767) Salon de 1767 « Peintures — Loutherbourg » pp. 258-274

Après de pareilles études, il ne tombera pas dans le défaut si fréquent et si peu remarqué, je ne dis pas dans les paysages, mais dans toutes les compositions, de n’employer qu’un seul corps lumineux et de peindre toutes les sortes de lumières.

1934. (1759) Réflexions sur l’élocution oratoire, et sur le style en général

Si Perrault et Chapelain avaient fait une pareille strophe, quelle matière de plaisanterie ils eussent fournie au satirique ?

1935. (1861) Les œuvres et les hommes. Les historiens politiques et littéraires. II. « V. M. Amédée Thierry » pp. 111-139

Augustin Thierry un historien sans pareil, et on ne vit pas, à côté de ce lit de souffrance et d’honneur qui fut pendant vingt ans comme un pavois, tant il fut entouré d’admirateurs et d’amis !

1936. (1895) Les œuvres et les hommes. Journalistes et polémistes, chroniqueurs et pamphlétaires. XV « Philarète Chasles » pp. 147-177

une espèce de sorcier « évoquant par une sorcellerie intérieure des réalités qu’il fausse »… Il représente « non pas des hommes, mais des forces »… « Il n’y a pas dans Balzac de moralité qui distingue l’affreux libertin dans la vieillesse, Hulot, du noble honnête homme ; le coquin déhonté, le hideux intrigant, Vautrin, l’homme du bagne, du pauvre Lambert ; la vile courtisane, de la vierge mystique et chaste. » J’ai copié textuellement, car un pareil mensonge de fait, qu’on réfute en ouvrant seulement Balzac, on aurait pu me l’imputer.

1937. (1898) L’esprit nouveau dans la vie artistique, sociale et religieuse « I — L’art et la sexualité »

Mais ce n’est pas avec de pareilles plaisanteries que l’on fait avancer une question aussi délicate que celle qui nous occupe ; c’est en l’examinant avec tout le sérieux et toute la science scrupuleuse, qu’y apporta M. 

1938. (1859) Essais sur le génie de Pindare et sur la poésie lyrique « Deuxième partie. — Chapitre XXIV. »

Elle est muette, en pensant à la dernière heure de cet homme fatal ; et elle ne sait pas quand pareille empreinte d’un pied mortel marquera sa poussière ensanglantée.

1939. (1891) Politiques et moralistes du dix-neuvième siècle. Première série

Sans bien vous en rendre compte, si vous voulez les hommes égaux, c’est qu’au fond vous les croyez pareils. […] On se redresse ; on lui demande de quel droit il le prend sur un pareil ton. […] Dispensez-moi de suppositions pareilles. […] Le secret est là, très simple, des succès sans pareils et sans analogues qu’elle a remportés durant sa vie, du déclin aussi et du demi-effacement, et de l’assourdissement plutôt de sa gloire, depuis l’heure de sa mort. […] Ce sont les pleurs, les plaintes timides, les anéantissements dans la douleur, et surtout les longs silences de la voix et des yeux qui sont les armes, et redoutables, de pareilles femmes dans ce duel qui est l’amour.

1940. (1864) Histoire anecdotique de l’ancien théâtre en France. Tome I pp. 3-343

Les poëmes sans prix, où son illustre main, D’un pinceau sans pareil a peint l’esprit romain Rendront de leurs beautés votre oreille idolâtre, Et sont aujourd’hui l’âme et l’amour du théâtre. […] Nous doutons fort qu’une pareille surprise fût aussi bien accueillie de nos jours, et que semblable jonglerie produisît autre chose que des rires, des huées et des coups de sifflet. […] Après tout, on voit que Corneille n’avait rien à craindre d’un pareil rival. […] Personne ne fut de son avis, et l’on affirma que tout le monde échouerait dans une entreprise pareille. […] On lui fit cette épitaphe : Ci-gît le poëte Pradon, Qui, quarante ans, d’une ardeur sans pareille, Fit, à la barbe d’Apollon, Le même métier que Corneille.

1941. (1895) Hommes et livres

Je voudrais savoir si on lirait Corneille ou Molière dans de pareilles impressions. […] Mais qu’est-ce, en pareille matière, que la raison ? […] Nous trouvons encore un pareil mécanisme dans Chimène relie n’étouffe pas son amour pour Rodrigue, et le voulût-elle, elle ne pourrait ; mais elle ne laisse passer aucun acte qui décèle cet amour. […] » Et ce sont des cris pareils, toutes les fois qu’il plonge dans le gâchis créé par l’orgueil et l’incurie des Espagnols : trop de charges de cour, trop de pensions, trop d’états-majors, trop de troupes de parade, trop de dettes, trop d’impôts, trop de trésoriers, trop d’argent qui s’écoule, trop peu de revenus. […] Un siècle s’est passé, et Figaro n’a pas encore de pareil chez nous, malgré Rabagas.

1942. (1867) Nouveaux lundis. Tome VII « Alexis Piron »

on n’entend pas. » — « Ce n’est pas faute d’oreilles », riposta Piron à haute voix ; et sur l’immense colère que souleva une pareille saillie, il dut sortir de la salle au plus tôt. […] » Piron avait raison en parlant ainsi : lui-même, bien que si piqué au jeu par l’hypocrisie, il n’eût jamais pu ni osé aborder, même en idée, pareil sujet ; il n’avait ni assez de sérieux, ni assez de hauteur dans l’âme.

1943. (1866) Histoire de la littérature anglaise (2e éd. revue et augmentée) « Livre V. Les contemporains. — Chapitre I. Le Roman. Dickens. »

Pour s’exalter, Dickens n’a pas besoin d’un pareil spectacle : une diligence le jette dans le dithyrambe ; les roues, les éclaboussures, les sifflements du fouet, le tintamarre des chevaux, des harnais et de la machine, en voilà assez pour le mettre hors de lui. […] non pas un lourd brouillard qui la cache, mais une vapeur légère, aérienne, pareille à un voile de gaze, qui, pour nos yeux d’admirateurs modestes, ajoute un charme aux beautés devant lesquelles il est étendu, ainsi qu’ont toujours fait les voiles de vraie gaze, ainsi qu’ils feront toujours, oui, ne vous déplaise, quand nous serions le pape en personne.

1944. (1864) Cours familier de littérature. XVIII « CVIIIe entretien. Balzac et ses œuvres (3e partie) » pp. 433-527

Durant le cours de ma vie collégiale, j’ai connu mille camarades environ, et n’ai rencontré chez aucun l’exemple d’une pareille indifférence. […] Je descendis, l’âme émue, au fond de cette corbeille, et vis bientôt un village que la poésie qui surabondait en moi me fit trouver sans pareil.

1945. (1879) À propos de « l’Assommoir »

Zola haussa les épaules en souriant, et trouva étrange l’idée même d’une pareille entreprise. […] Peu de directeurs auraient eu le courage de monter une pièce pareille, à grand spectacle, et qui avait, au dire de tous, neuf chances sur dix de faire un « four ».

1946. (1891) Journal des Goncourt. Tome V (1872-1877) « Année 1875 » pp. 172-248

Aujourd’hui je le trouve dans le comptoir du marchand d’estampes Clément, tripotant d’une main fiévreuse les dessins de son contemporain Guichardot, pareil à un spectre. […] J’ai rarement éprouvé une jouissance pareille à celle, que j’ai à vivre dans cette harmonie somptueuse, à vivre dans ce monde d’objets d’art si peu bourgeois, en ce choix et cette haute fantaisie de formes et de couleur.

1947. (1889) L’art au point de vue sociologique « Chapitre cinquième. Le réalisme. — Le trivialisme et les moyens d’y échapper. »

Représentez-vous par la pensée une de ces cannes de Provence avec lesquelles on fait des pêches à la ligne ou des mirlitons pour les enfants, voilà une image qui pourra encore sembler triviale ; quittez nos jardins, allez en Grèce, et, dans le creux d’un roseau tout pareil, vous verrez les paysannes d’Olympie transporter un peu de braise d’une chaumine à l’autre. […] Qui ne se rappelle la description de la lune reposant sur des groupes de nues pareilles à la cime des montagnes couronnées de neige ?

1948. (1889) L’art au point de vue sociologique « Chapitre sixième. Le roman psychologique et sociologique. »

On doit lui rendre cette justice qu’on ne rencontre nulle part autant que dans ces romans une persistance pareille à rechercher les sujets scabreux et à les détailler. […] Quand on traite crûment de pareils sujets, les qualités scientifiques sont de rigueur : exactitude, mais aussi simplicité, et concision.

1949. (1907) Le romantisme français. Essai sur la révolution dans les sentiments et dans les idées au XIXe siècle

Mais en vérité Mme d’Epinay, quoique riche, mérite bien que Jean Jacques Rousseau ne lui fasse pas un pareil affront. […] Je rassemblais autour de moi tout ce qui pouvait flatter mon cœur, mes désirs étaient la mesure de mes plaisirs, Non, jamais les plus voluptueux n’ont connu de pareils délices et j’ai cent fois plus joui de mes chimères qu’ils ne font des réalités23. […] Mais que l’après-midi est lourd et le passé nous rejoint, semé de tant de jours perdus et de déclins pareils. […] Pareille licence de l’imagination dans la conception d’Atala, qu’une mère, entendant le christianisme en sauvage, a vouée à la virginité, et qui, à la veille d’être mariée par le prêtre, auquel sa foi même devait lui conseiller de s’ouvrir, se tue pour se soustraire à la force de l’amour. […] Il leur était impossible de rivaliser avec elle sans se mettre intérieurement à son ton, Elle les faisait pareils à elle par l’habitude de leur esprit, comme aussi le goût ardent qu’ils lui vouaient devait éteindre chez eux celles des exigences intellectuelles et esthétiques qu’elle sacrifie, et qui se rapportent à la justesse, à la vérité et au naturel.

1950. (1866) Cours familier de littérature. XXII « CXXXIe entretien. Littérature russe. Ivan Tourgueneff » pp. 237-315

Dans le monde entier, il n’en existe pas un pareil ; un régiment merveilleux ; colonel, officiers…, tout était parfait… Mais vous, avec votre blonde figure, votre taille mince, vous seriez mieux dans les uhlans. […] D’un autre côté, voici le péril : quand il verra cette femme accordée à Klimof, il est dans le cas de tout briser et de tout saccager : un animal pareil ! […] Vit-on jamais des membres pareils ?

1951. (1923) L’art du théâtre pp. 5-212

Devant ce concours de signes sensibles qui expriment en l’épousant la pensée secrète du dramaturge avec une clarté et une vigueur sans pareilles, pour refuser sa porte il faudrait être aveugle et sourd. […] Rien de pareil dans la pièce bourgeoise. […] Ce qu’une pareille conception de l’acteur suppose d’entraînement, de probité et de culture, je ne le dirai pas.

1952. (1842) Discours sur l’esprit positif

Comme ces vices naturels doivent être d’autant plus grands qu’il s’agit de phénomènes plus compliqués, les indications irrécusables que nous offrira, sous cet aspect, l’ensemble de l’astronomie, suffiront ici pour faire pressentir combien une pareille appréciation doit s’étendre, avec une nouvelle énergie philosophique, à toutes les autres parties essentielles de la, science réelle. […] Afin de mieux marquer cette tendance nécessaire, une intime conviction, d’abord instinctive, puis systématique, m’a déterminé, depuis longtemps, à représenter toujours l’enseignement exposé dans ce Traité comme s’adressant surtout à la classe la plus nombreuse, que notre situation laisse dépourvue de toute instruction régulière, par suite de la désuétude croissante de l’instruction purement théologique, qui, provisoirement remplacée, pour les seuls lettrés, par une certaine instruction métaphysique et littéraire, n’a pu recevoir, surtout en France, aucun pareil équivalent pour la masse populaire. l’importance et la nouveauté d’une telle disposition constante, mon vif désir qu’elle soit convenablement appréciée, et même, si j’ose le dire, imitée, m’obligent à indiquer ici les principaux motifs de ce contact spirituel que doit ainsi spécialement instituer aujourd’hui avec les prolétaires la nouvelle école philosophique, sans toutefois que son enseignement doive jamais exclure aucune classe quelconque. […] Or, l’équivalence spontanée de ces deux voies encyclopédiques tient, en général, à l’identité fondamentale qui existe inévitablement entre l’évolution individuelle et l’évolution collective, lesquelles ayant une pareille origine, une semblable destination, et un même agent, doivent toujours offrir des phases correspondantes, sauf les seules diversités de durée, d’intensité et de vitesse, inhérentes à l’inégalité des deux organismes.

1953. (1886) Le naturalisme

Pareil costume, choisi tout exprès pour choquer les bourgeois paisibles et les classiques atterrés, produisit presque autant d’émotion que le drame. […] Les extrêmes se touchent : la France qui excella dans de pareils contes légers, produisit aussi les romans monumentaux en plusieurs volumes qui abondèrent au xviie  siècle. […] Si l’on considère que de pareils romans formaient huit à dix volumes de huit cents pages, mieux valait se plonger dans les livres de chevalerie, même au risque de se dessécher la cervelle comme l’ingénieux hidalgo. […] Pénétré de pareils axiomes, il traita, comme nous le savons tous, la vérité historique sans aucun égard.

1954. (1889) Les artistes littéraires : études sur le XIXe siècle

En dépit des habitudes de notre conscience intime qui s’insurge évidemment contre une pareille proposition, elle peut néanmoins se réclamer, elle aussi, des données de l’histoire, et nous ne croyons pas impossible d’établir le plus souvent la prépondérance immuable d’un peuple sur la quantité et la qualité de sa production artistique. […] En le voyant, à l’heure actuelle, si fréquemment et si complètement incompris, on se prendrait presque à douter de sa valeur, n’était la violence même des attaques dont il a été l’objet, et qui ne s’expliqueraient pas avec une pareille persistance, contre un écrivain d’ordre infime et négligeable. […] Jamais peut-être débuts n’ont été accueillis avec une curiosité pareille : jamais tant de bruit ne s’est fait, aussi brusque et aussi spontané, autour d’un littérateur que personne ne connaissait encore, et que nulle publication antérieure ne recommandait à la bienveillance du monde des lettres. […] Rien de pareil ici. […] Or, en dépit de pareilles incohérences mentales, ses ouvrages ne portent la trace ni de la folie, ni même de la névrose à un degré morbide quelconque.

1955. (1908) Jean Racine pp. 1-325

Sachez bien que, sur pareil sujet, je ne prétends pas à l’originalité. […] Jamais, je crois, enfant n’a reçu une éducation pareille. […] Elle est encore un peu dans le goût du temps ; elle en garde le vocabulaire ; trop d’astres, de soleils, de beautés non pareilles, d’or du Tage et de trésors de l’Inde. […] Il y a eu, autour de ce simple amant de la nature, quelque chose d’un peu pareil — déjà — à l’empressement du beau monde autour de Jean-Jacques Rousseau. […] Et, dans dix-huit mois au plus tard, le roi envahira élégamment la Flandre et la Franche-Comté, dans une petite guerre rapide, presque pareille à un ballet militaire un peu accentué.

1956. (1902) Propos littéraires. Première série

La monotonie, qu’à propos d’un pareil personnage je redoutais dès la page 10, est merveilleusement évitée. […] Il était assez difficile, en pareille affaire, d’éviter les tableaux lascifs. […] « — Je répondis ce qu’on répond en pareil cas : Gratias ago quam maximas, pater dilectissime. […] Il est certain que ceci est très distingué, et que le caractère marqué de pareils traits est de ceux qui ne s’effacent pas complètement de la mémoire. […] Stendhal l’aurait aimé, et aurait déclaré qu’il n’y avait qu’à Rome que pussent se passer de pareilles choses : « Il n’y a d’énergie qu’en Italie.

1957. (1867) Causeries du lundi. Tome VIII (3e éd.) « Gui Patin. — II. (Fin.) » pp. 110-133

L’abbé-médecin Bourdelot, revenu de Suède et qui est dans le train moderne, essaye de lui donner quelque idée de la philosophie nouvelle ; Gui Patin résiste et nous dit en se raillant de Bourdelot : Il est tout atrabilaire de corps et d’esprit, sec et fondu, qui dit que tout le monde est ignorant, qu’il n’y a jamais eu au monde de philosophe pareil à M. 

1958. (1867) Causeries du lundi. Tome VIII (3e éd.) « Roederer. — II. (Suite.) » pp. 346-370

II, p. 175) ; il examine les droits de Chénier à l’exercice de la censure, ce que pourrait être la satire en des temps de calamité générale, et ce qui fait qu’à de pareilles époques l’arme de l’épigramme et du ridicule est fort émoussée : il n’y parle pas le moins du monde en auteur irrité, mais en homme public qui, sans se défendre l’amertume, s’attache à dire avant tout des choses graves et justes.

1959. (1866) Nouveaux lundis. Tome VI « M. Boissonade. »

Et qui donc sait mieux à quoi s’en tenir, en pareil cas, que celui qui s’observe sans cesse ?

1960. (1867) Nouveaux lundis. Tome VII « Corneille. Le Cid, (suite.) »

» Et quand vient le dernier moment des adieux : « Pleurant de leurs yeux, que vous n’avez rien vu de pareil !

1961. (1869) Portraits contemporains. Tome I (4e éd.) « Lamennais — L'abbé de Lamennais en 1832 »

La réforme pratique que le prêtre Bourdoise opéra dans les mœurs de son Ordre, après les désastres de la Ligue, excite son émulation ; il se croirait heureux, après des désastres pareils, d’en provoquer une du même genre et d’en inspirer le besoin : « Ô Bourdoise, s’écrie-t-il, où êtes-vous ? 

1962. (1870) Portraits contemporains. Tome III (4e éd.) « M. EUGÈNE SUE (Jean Cavalier). » pp. 87-117

Pareille méprise est arrivée à M.

1963. (1870) Portraits contemporains. Tome III (4e éd.) « M. NISARD. » pp. 328-357

Mon ami, qui est sagace et quinteux, et plus porté à saisir le mal que le bien, a couvert les marges de son exemplaire de petites notes pareilles sur les faux sens, les traductions infidèles et onéreuses au pauvre auteur traduit : Un silence âcre (silentium acre), un royaume bien portant (regnum salubre), etc., etc. ; méthode d’avocat pour faire rire aux dépens de la partie adverse.

1964. (1870) Portraits de femmes (6e éd.) « UNE RUELLE POÉTIQUE SOUS LOUIS XIV » pp. 358-381

Dans une ode de l’élégant poëte Maynard, ce survivant de l’école de Malherbe, on lit une plainte toute pareille, et qui, à chaque génération, trouverait son écho.

1965. (1862) Portraits littéraires. Tome I (nouv. éd.) « L’abbé Prévost »

La loi des chrétiens, qui a suivi celle des Juifs, étoit beaucoup plus parfaite, parce qu’elle donnoit tout à l’esprit, qui est sans contredit au-dessus du corps… C’est un second état par lequel ce Dieu bon a voulu faire passer les hommes… Et maintenant enfin ce ne sont plus les seuls biens du corps, comme dans la loi des Juifs, ni les seuls biens spirituels, comme dans l’Évangile des chrétiens, c’est la félicité du corps et de l’esprit que l’Alcoran promet tout à la fois aux véritables croyants. » Il est curieux que Salem, c’est-à-dire notre abbé Prévost, ait conçu une manière d’union des lois juive et chrétienne au sein de la loi musulmane, par un raisonnement tout pareil à celui qui vient d’être si hardiment développé de nos jours dans le saint-simonisme.

1966. (1800) De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (2e éd.) « Discours préliminaire » pp. 25-70

L’infortuné qui, par le concours de quelques calomnies propagées, est tout à coup généralement accusé, serait presque aussi lui-même dans la situation d’un vrai coupable, s’il ne trouvait quelques secours dans ces écrits qui l’aident à se reconnaître, qui lui font croire à ses pareils, et lui donnent l’assurance que, dans quelques lieux de la terre, il a existé des êtres qui s’attendriraient sur lui, et le plaindraient avec affection, s’il pouvait s’adresser à eux.

1967. (1875) Les origines de la France contemporaine. L’Ancien Régime. Tomes I et II « Livre troisième. L’esprit et la doctrine. — Chapitre IV. Construction de la société future »

Prenez des femmes qui ont faim et des hommes qui ont bu ; mettez-en mille ensemble, laissez-les s’échauffer par leurs cris, par l’attente, par la contagion mutuelle de leur émotion croissante ; au bout de quelques heures, vous n’aurez plus qu’une cohue de fous dangereux ; dès 1789 on le saura et de reste  Maintenant, interrogez la psychologie : la plus simple opération mentale, une perception des sens, un souvenir, l’application d’un nom, un jugement ordinaire est le jeu d’une mécanique compliquée, l’œuvre commune et finale437 de plusieurs millions de rouages qui, pareils à ceux d’une horloge, tirent et poussent à l’aveugle, chacun pour soi, chacun entraîné par sa propre force, chacun maintenu dans son office par des compensations et des contrepoids.

1968. (1875) Les origines de la France contemporaine. L’Ancien Régime. Tomes I et II « Livre cinquième. Le peuple. — Chapitre I »

. — Un pareil état des communications et de l’agriculture condamne un pays aux disettes périodiques, et j’ose dire qu’à côté de la petite vérole qui, sur huit morts, en cause une, on trouve alors une maladie endémique aussi régnante, aussi meurtrière, qui est la faim.

1969. (1892) Boileau « Chapitre IV. La critique de Boileau (Suite). Les théories de l’« Art poétique » » pp. 89-120

Par une délicatesse pareille d’honnête homme et de Français, après avoir si bien dit au poète comique Que la nature donc soit votre étude unique, il l’enferme presque aussitôt dans un champ d’expériences étroitement délimité, en écrivant : Étudiez la cour et connaissez la ville.

1970. (1895) Histoire de la littérature française « Première partie. Le Moyen âge — Livre I. Littérature héroïque et chevaleresque — Chapitre II. Les romans bretons »

Galaad, c’est le chevalier-vierge, idéale et abstraite figure d’immaculée perfection, pareille à une claire et sèche image de missel.

1971. (1895) Histoire de la littérature française « Troisième partie. Le seizième siècle — Livre IV. Guerres civiles conflits d’idées et de passions (1562-1594) — Chapitre III. Montaigne »

Comment Montaigne, qui prescrit si bien d’endurcir et d’assouplir le corps, ne veut-il pas soumettre l’âme à une pareille méthode, au même ordre sévère d’exercices et d’entraînement ?

1972. (1886) Les contemporains. Études et portraits littéraires. Deuxième série « Francisque Sarcey »

Grand redresseur des petits abus, protecteur des petits fonctionnaires, terreur des administrations et des Compagnies, hygiéniste convaincu, épris avant tout d’utilité, capable de s’intéresser à, tout ce qui touche à notre « guenille », vivant bien sur la terre et aimant y vivre, pareil en cela à ses ancêtres du XVIIIe siècle dont il a l’ardeur d’humanité et l’activité d’esprit — moins la sensiblerie et les illusions  que de questions n’a-t-il pas remuées et que de services n’a-t-il pas rendus ou voulu rendre !

1973. (1886) Les contemporains. Études et portraits littéraires. Deuxième série « Ferdinand Fabre  »

Et voici, tout à côté, d’exquises figures ; Méniquette et Marie Galtier, d’une pureté de fleurs, pareilles à des bergères de vitraux, à des petites saintes de Puvis de Chavannes, et le neveu de l’abbé Célestin, échappé à travers la grande nature maternelle comme un petit faune en soutanelle rouge, petit faune innocent qui a des pudeurs de petit clerc ou de jeune fille… Le Chevrier et Barnabé ne sont pas de moindres chefs-d’œuvre que Lucifer ou Mon oncle Célestin.

1974. (1921) Enquête sur la critique (Les Marges)

L’art doit se placer au-dessus de pareilles classifications provisoires ; littérairement cela va de soi, j’entends conserver la faculté d’admirer, avec tout le bon et le mauvais que cela comporte, un Duhamel ou un Dorgelès malgré leurs amis ; de même — malgré leurs thuriféraires — un Charles Péguy ou un Paul Claudel.

1975. (1868) Alexandre Pouchkine pp. 1-34

Il faut se rappeler que Saint-Pétersbourg, qui tire ses modes de Paris, est toujours un peu arriéré, en sorte que le poème impie de Pouchkine trouva des lecteurs à une époque où pareil ouvrage eût paru en France du plus mauvais goût.

1976. (1890) L’avenir de la science « XVIII »

Chercher l’équilibre stable et le repos à une pareille époque, c’est chercher l’impossible ; on est fatalement dans le provisoire et l’instable.

1977. (1900) La méthode scientifique de l’histoire littéraire « Troisième partie. Étude de la littérature dans une époque donnée causes et lois de l’évolution littéraire — Chapitre XIII. La littérature et la morale » pp. 314-335

Que faut-il donc faire pour triompher des difficultés qui entravent en pareille matière les investigations sérieuses ?

1978. (1889) Le théâtre contemporain. Émile Augier, Alexandre Dumas fils « Émile Augier — Chapitre Premier »

Ses fragments sont pleins de pensées plaintives sur les misères de la vie et de la nature, pareilles à des fioles lacrymatoires qu’on trouverait, parmi des masques brisés, dans les ruines d’un théâtre.

1979. (1857) Causeries du lundi. Tome II (3e éd.) « Chateaubriand homme d’État et politique. » pp. 539-564

Il est difficile d’imaginer ce que Napoléon a pu trouver de juste dans une brochure où on lit à chaque page des phrases comme celle-ci : Il a plus corrompu les hommes, plus fait de mal au genre humain dans le court espace de dix années que tous les tyrans de Rome ensemble depuis Néron jusqu’au dernier persécuteur des chrétiens… Encore quelque temps d’un pareil règne, et la France n’eût plus été qu’une caverne de brigands.

1980. (1865) Causeries du lundi. Tome V (3e éd.) « Études sur Saint-Just, par M. Édouard Fleury. (2 vol. — Didier, 1851.) » pp. 334-358

Saint-Just, qui n’est qu’un imitateur, commence son chant troisième par un vœu, par un élan tout pareil de sensibilité : Je veux bâtir une belle chimère ; Cela m’amuse et remplit mon loisir.

1981. (1913) Le bovarysme « Première partie : Pathologie du bovarysme — Chapitre VI. Le Bovarysme essentiel de l’humanité »

Une histoire de la médecine avec la suite de ses effets et des modifications qu’elle a apportées dans l’organisme humain, montrerait à nu, si elle pouvait être faite avec un pareil dessein, le mécanisme de cette secrète substitution d’une fin impersonnelle à un but intéressé.

1982. (1885) Préfaces tirées des Œuvres complètes de Victor Hugo « Préfaces des romans — Préface des « Derniers Jours d’un condamné » (1832) »

D’ailleurs, nous ne voulons pas seulement l’abolition de la peine de mort, nous voulons un remaniement complet de la pénalité sous toutes ses formes, du haut en bas, depuis le verrou jusqu’au couperet, et le temps est un des ingrédients qui doivent entrer dans une pareille œuvre pour qu’elle soit bien faite.

1983. (1772) Bibliothèque d’un homme de goût, ou Avis sur le choix des meilleurs livres écrits en notre langue sur tous les genres de sciences et de littérature. Tome I « Bibliotheque d’un homme de goût. — Chapitre II. Des poëtes étrangers. » pp. 94-141

Auroit-on soupçonné qu’un pareil malheur prévu de si loin eût dû coûter des larmes à Vénus ?

1984. (1913) Essai sur la littérature merveilleuse des noirs ; suivi de Contes indigènes de l’Ouest-Africain français « Essai sur la littérature merveilleuse des noirs. — Chapitre II. Le fond et la forme dans la littérature indigène. »

. — Voir les 6 géants Môssi et leur mère — A la recherche de son pareil — Le maître chasseur et ses 2 compagnons — Amatelenga — Hâbleurs bambara, etc.

1985. (1868) Curiosités esthétiques « IV. Exposition universelle 1855 — Beaux-arts » pp. 211-244

. ; mais qu’il eut aussi une qualité sui generis, indéfinissable et définissant la partie mélancolique et ardente du siècle, quelque chose de tout à fait nouveau, qui a fait de lui un artiste unique, sans générateur, sans précédent, probablement sans successeur, un anneau si précieux qu’il n’en est point de rechange, et qu’en le supprimant, si une pareille chose était possible, on supprimerait un monde d’idées et de sensations, on ferait une lacune trop grande dans la chaîne historique.

1986. (1896) Matière et mémoire. Essai sur la relation du corps à l’esprit « Résumé et conclusion »

Or, pareille confusion ne se produit jamais.

1987. (1827) Principes de la philosophie de l’histoire (trad. Michelet) « Principes de la philosophie de l’histoire — Livre second. De la sagesse poétique — Chapitre VI. De la politique poétique » pp. 186-220

Tite-Live s’étonne de ce qu’au passage d’Annibal, de pareilles assemblées se tenaient dans les Gaules ; mais nous voyons dans Tacite, que chez ce peuple les prêtres tenaient des assemblées analogues, dans lesquelles ils ordonnaient les punitions, comme si les dieux eussent été présents .

1988. (1905) Propos littéraires. Troisième série

Il n’avait pas son pareil pour tirer de son cor un son clair, mon camarade. […] La sécheresse absolue de l’atmosphère produit des tons d’une douceur, d’une délicatesse sans pareilles. […] Rien de pareil, ni de lointainement analogue, dans Maupassant. […] Tolstoï est absolument ébouriffé de la possibilité de l’existence d’une pareille doctrine. […] Un sonnet pareil vaut non pas un poème, mais un tableau de maître.

1989. (1890) La vie littéraire. Deuxième série pp. -366

Il n’y eut jamais au monde maçons et légistes pareils. […] J’ai dans mes tablettes plusieurs cas lamentables de pareilles maladies, entre autres celui de deux personnes qui s’aimaient et qui sont mortes à huit jours d’intervalle. […] C’est en effet dans les vies des pères du désert qu’on voit les exemples d’un pareil effort pour dépouiller l’homme de toute humanité. […] C’est pour elle et ses pareils qu’il fut écrit : « Heureux ceux qui pleurent !  […] On n’avait encore rien vu de pareil en France, et il serait curieux de rechercher les causes qui les ont produits et déterminés.

1990. (1887) Études critiques sur l’histoire de la littérature française. Troisième série pp. 1-326

Ils demeurent comme l’expression — si je puis en pareil sujet user de termes si modernes — d’une réaction naturaliste dont on retrouverait au besoin le programme dans les premières comédies de Molière et dans les premières satires de Boileau. […] Très expert à trouver des justifications, Marivaux, sur un pareil reproche, eût sans doute répondu que, s’il n’a pas peint plus souvent la passion, c’est qu’au fait il ne l’a pas plus souvent rencontrée dans la vie réelle. […] C’était assez, c’était même déjà trop ; et un pareil sujet n’est pas seulement libertin, mais quelque peu honteux. […] Mais la Nouvelle Héloïse, mais Delphine sont aussi des romans par lettres, et plusieurs des romans de Restif, qu’on a honte à nommer en pareille compagnie. […] Évidemment, son imagination aimait à se figurer de pareils spectacles ; et, avec les traits qu’il trouvait dans les récits des voyageurs, il aimait à former des tableaux de la couleur de ses pensées.

1991. (1910) Victor-Marie, comte Hugo pp. 4-265

Sur mes pareils, Néarque, un bel œil est bien fort ; Tel craint de le fâcher qui ne craint pas la mort : Et toute la rigueur de votre premier sort Contre votre mérite eût fait un vain effort. […] Qu’il ait senti ce jour-là qu’il balançait tout un monde, lui Hugo, (il n’était pas si bête, quand il s’agissait de sa carrière, de ses réussites, de son talent, de sa gloire, et surtout quand il y allait de son génie), que ce jour-là était pour lui un jour d’élection certainement unique, qu’il s’était produit ce jour-là, ce jour unique, pour lui Hugo, à l’avantage de lui Hugo, (on ne sait pas pourquoi, mais c’est toujours ainsi), on ne sait quelle contamination entre le royaume du génie et le royaume de la grâce, on ne sait quel écoulement, quel épanchement (charnel spirituel), quelle dérivation, quel déversement du royaume de la grâce dans le royaume du génie ; qu’il s’était passé ce jour-là dans sa tête quelque chose d’extraordinaire ; qu’il avait peut-être été choisi pour on ne sait pas bien quoi ; par un décret nominatif ; en tout cas pour quelque chose de sérieux ; pour quelque chose d’unique ; pour quelque chose de grand ; et sûrement pour quelque chose de réussi ; pour une unique, pour une grande, pour une sérieuse réussite ; qu’il fallait en profiter ; que c’était toujours ça de pris ; que ce jour-là il atteignait un faîte ; qu’il n’eût peut-être pas, certainement pas atteint tout seul ; que de pareils bonheurs n’arrivent pas toujours ; qu’ils n’arrivent peut-être même qu’une fois ; qu’ils n’arrivent peut-être même jamais ; qu’il faut donc en profiter, et s’en donner ; qu’ensuite on verra bien ; qu’après on ne sait pas ce qui peut arriver ; qu’après on ne sait pas de quoi la vie est faite : je n’en veux pour preuve, je n’en veux pour signature. […] Si différents de caractère, si pareils de cœur, je veux l’espérer, je veux le croire, j’en suis sûr, d’un caractère, d’un tempérament, d’une société si différentes ; je veux le croire, d’un même cœur ; plus nous sommes différents, plus dans cette même armée, dans cette seule armée nous sommes indispensables l’un à l’autre. […] Où en eussions-nous d’ailleurs trouvé des (tout) pareils, une deuxième paire. […] C’est pourtant par un jour pareil, commencé de même, commencé le même, et qui vous aura paru identique, c’est par un jour pareil que vous vous réveillerez dans les jambes de quelque cinquante/quatre-vingt-dix et que vous serez bu par quelque Michelin.

1992. (1896) Hokousaï. L’art japonais au XVIIIe siècle pp. 5-298

VI Les sourimonos, les impressions moelleuses où la couleur et le dessin semblent tendrement bus par la soie du papier japonais, et qui sont ces images à la tonalité si joliment adoucie, si artistement perdue, si délavée, de colorations pareilles aux nuages à peine teintés que fait le barbotage d’un pinceau chargé de couleur dans l’eau d’un verre, ces images qui, par le soyeux du papier, la qualité des couleurs, le soin du tirage et des rehauts d’or et d’argent, et encore par ce complément du « gaufrage » — obtenu, le croirait-on, par l’appuiement du coude nu de l’ouvrier sur le papier, — ces images n’ayant rien de similaire dans la gravure d’aucun peuple de la terre, font une grande partie de l’œuvre d’Hokousaï. […] Le mari assassin, lui, est figuré montrant, au-dessus de sa tête, un écrit japonais qui se contourne et se termine en un serpent, tandis que sa vilaine femme à la tête pareille à une calebasse brandit un écran où se voit un crapaud. […] C’est l’impératrice Jingô, une tête coupée à ses pieds, en train de tendre son formidable arc ; c’est le prince Yamatodaké qui vient de tuer le chef ennemi sous un déguisement de femme ; c’est un général japonais blessé par une flèche qui est à ses pieds, et qui envoie dans le camp ennemi, à celui qui l’a blessé, un colossal taï et une cruche monumentale de saké : un acte de courtoisie militaire très commune en ces temps ; et ce sont des combats où, sous le harnachement de fer des cavaliers, se cabrent des chevaux hirsutes et échevelés, aux yeux de feu, à la robe toute noire, pareils à des coursiers de l’Érèbe. […] Une femme de profil, sur laquelle il y a un peu de bleu et de rose, comme bu par un papier buvard, dessin d’une délicatesse, d’une fluidité sans pareille. […] Et une étude curieuse, parce qu’elle vous révèle des procédés d’aquarelle pareils aux dessous que nous faisons en Europe à la peinture à l’huile, dessous sur lesquels nous revenons avec des glacis, et nous avons ici, avant que ces colorations soient perdues et peut-être un peu assombries dans les kakémonos, le bleu du tronc d’arbre, le rougeâtre des ailes, enfin toute la variété des tonalités qui doivent dormir sous la couverte dernière.

1993. (1892) Sur Goethe : études critiques de littérature allemande

Trouvera-t-on chez les anciens, je le demande, beaucoup de personnages qui agissent sous l’empire d’une disposition pareille ? […] Le docteur Faust a épuisé la science humaine, ce qui le désespère ; il y a en vérité dans notre pauvre monde bien des savants qui n’auront jamais pareil sujet de désespoir. […] Faut-il s’étonner qu’avec de pareilles dispositions, ce singulier docteur, qui sait tout et ne sait rien, prétende égaler Dieu lui-même et s’attribuer la puissance créatrice ? […] Un pareil trait ne pouvait être surpassé. […] Vous le voyez, Messieurs, bien avant que Mme de Staël eût prononcé son fameux jugement : « Ce qui est sans égal et sans pareil, c’est Werther », le livre était populaire parmi nous.

1994. (1927) Quelques progrès dans l’étude du cœur humain (Freud et Proust)

Lui-même, d’ailleurs, a conscience de la révolution que cette seule proclamation de la réalité déterminée de l’inconscient peut produire dans l’histoire des idées et il ne se défend pas d’un mouvement d’orgueil : C’est en attribuant une importance pareille à l’inconscient, dans la vie psychique, s’écrie-t-il, que nous avons dressé contre la psychanalyse les plus méchants esprits de la critique… Et pourtant un démenti sera infligé à la mégalomanie humaine par la recherche psychologique de nos jours qui se propose de montrer au moi qu’il n’est seulement pas maître dans sa propre maison, qu’il en est réduit à se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe, en dehors de sa conscience, dans sa vie psychique. […] Ce qui est au fond, ce qui la fait naître et ce qui l’alimente prodigieusement jusqu’au bout (car l’abondance est toujours la récompense d’un pareil dessein) c’est le pur et simple dessein d’énoncer des faits, ou particuliers ou généraux, c’est le pur et simple dessein de décrire, en brisant la ligne, là où elle cesse dans l’objet, en réservant la place de tout ce qui ne se laisse pas voir, en subordonnant strictement l’explication à l’observation. […] Chez nos deux auteurs il y a une insistance pareille sur les accidents qui peuvent déterminer la fixation du désir ; tous deux soulignent avec insistance le fait que ce ne sont jamais que des accidents, même si après coup les particularités de l’objet aimé s’étant imposées au sujet, peuvent lui faire croire que ce sont elles qui ont nécessité son choix et qu’aucun autre n’était possible. […] Telle, étourdie par la gaîté des fidèles, ivre de camaraderie, de médisance et d’assentiment, Mme Verdurin, juchée sur son perchoir, pareille à un oiseau dont on eût trempé le colifichet dans du vin chaud, sanglotait d’amabilité 88.

1995. (1902) La politique comparée de Montesquieu, Rousseau et Voltaire

— A : S’il y avait de pareilles lois en Angleterre, ou je ferais une belle conspiration pour les abolir, ou je fuirais de mon île après y avoir mis le feu. — C : Cependant il est bon que tout le monde ne dise pas ce qu’il pense. […] On a voulu en faire un crime à la Société, qui regarde le plaisir de commander comme le seul bien de la vie ; mais il sera toujours beau de commander aux hommes en les rendant heureux… Ceux qui voudront faire des institutions pareilles établiront la communauté des biens de la République de Platon, ce respect qu’il demandait pour les dieux, cette séparation d’avec les étrangers pour la conservation des mœurs, et la cité faisant le commerce et non pas les citoyens. […] Il n’a pas de peine à comprendre ni à montrer que cette solution n’est jamais qu’un expédient, et éphémère : « Si, lorsque le législateur fait un pareil partage, il ne donne pas des lois pour le maintenir, il ne fait qu’une constitution passagère ; l’inégalité rentrera par le côté que les lois n’auront pas défendu. […] La nation serait donc pourvue de lois, gouvernée et jugée par le même parti et les représentants divers, mais très pareils, du même parti. […] Le même esprit embrase les uns et les autres et nous avons dans toute l’Europe moderne des guerres épouvantables de soldats menés par des théologiens, toutes pareilles aux égorgements des Madianites par ceux d’Israël.

1996. (1862) Portraits littéraires. Tome II (nouv. éd.) « M. de Fontanes »

On a relu depuis longtemps les articles de Fontanes, recueillis à la suite du Génie du Christianisme  : pareils encore à ces barques de pilote, qui, après avoir guidé le grand vaisseau à la sortie périlleuse, sont ensuite reprises à son bord et traversent par lui l’Océan. […] Sur les rimes, il a les idées les plus justes ; il en aime la richesse, mais sans recherche opiniâtre : « Une affectation continue de rimes trop fortes et trop marquées donnerait, pense-t-il147, une pesante uniformité à la chute de tous les vers. » On dirait qu’il entend de loin venir cette strophe magnifique et formidable, trop pareille au guerrier du Moyen Age qui marche tout armé et en qui tout sonne. […] Fontanes, dont on a dit quelque chose de pareil, lui ressemblait par son vif amour pour ce qu’on appelait encore tes Lettres, par sa bienveillance active qui le faisait promoteur des jeunes talents.

1997. (1866) Nouveaux lundis. Tome V « Horace Vernet (suite et fin.) »

. — Arrivant au genre d’éducation même que Delaroche semblait vouloir donner à ses fils, éducation toute choisie, toute délicate et de gentilshommes, Horace trouvait à y redire ; et certes, en pareille matière, il ne nous appartient non plus, à aucun degré, de prendre parti entre le beau-père et le gendre, et un gendre si lettré, si éclairé ; mais ce qu’il nous est permis de remarquer, c’est la nature et l’inspiration des conseils donnés, conseils tout paternels et quasi de patriarche.

1998. (1866) Nouveaux lundis. Tome VI « Sismondi. Fragments de son journal et correspondance. »

Pour son Histoire des Français, que j’ai appelée précédemment une compilation, il protesterait contre un pareil terme, son livre étant réellement fait d’original et d’après les sources.

1999. (1870) Nouveaux lundis. Tome XII « Madame Desbordes-Valmore. »

Il n’y a de pitié vraiment courageuse et virile que celle qui a ainsi traversé l’indignation et qui est capable au besoin de pareils accents, arrachés des entrailles.

2000. (1870) Nouveaux lundis. Tome XII « L’Académie française »

La plus haute impartialité en pareil cas serait d’un goût suprême, et je ne vois pas ce que le littérateur le plus exclusif trouverait à dire si la même Compagnie réunissait dans son sein, à titre d’orateurs, M. 

2001. (1870) Portraits de femmes (6e éd.) « MADAME ROLAND — I. » pp. 166-193

Sa vertueuse légèreté en pareille matière lui permet de trouver tout simplement jolis et de bon goût les romans de Louvet.

2002. (1875) Les origines de la France contemporaine. L’Ancien Régime. Tomes I et II « Livre quatrième. La propagation de la doctrine. — Chapitre III »

Or, à présent que la société est mêlée, de pareilles épreuves sont fréquentes et faciles.

2003. (1870) De l’intelligence. Première partie : Les éléments de la connaissance « Livre deuxième. Les images — Chapitre II. Lois de la renaissance et de l’effacement des images » pp. 129-161

. — Si un sommeil pareil à celui de la chrysalide nous surprenait au milieu de notre vie et si nous nous réveillions avec une organisation et une machine nerveuse aussi transformées que celles du ver devenu papillon, la rupture entre nos deux personnes morales serait visiblement aussi forte chez nous que chez lui. — Le lecteur voit maintenant les suites infinies de cette propriété des sensations et des images que nous avons appelée l’aptitude à renaître ; elle assemble en groupes nos événements internes, et, par-dessus la continuité de l’être physique que constitue la forme permanente, elle constitue, par le retour et par la liaison des images, la continuité de l’être moral.

2004. (1870) De l’intelligence. Deuxième partie : Les diverses sortes de connaissances « Livre premier. Mécanisme général de la connaissance — Chapitre II. De la rectification » pp. 33-65

. — En soi, les deux événements sont pareils.

2005. (1895) Histoire de la littérature française « Quatrième partie. Le dix-septième siècle — Livre III. Les grands artistes classiques — Chapitre IV. Racine »

Le style est pareil : simple et naturel avant tout, juste, précis, intense, rasant la prose, comme disait Sainte-Beuve.

2006. (1895) Histoire de la littérature française « Sixième partie. Époque contemporaine — Livre I. La littérature pendant la Révolution et l’Empire — Chapitre IV. Chateaubriand »

Il n’appartient guère, fût-ce à un livre de génie, de créer de pareils courants : et, comme je l’ai dit de la Satire Ménippée, ces ouvrages qui paraissent avoir brusquement retourné l’opinion, doivent leur succès même à ce que l’opinion est déjà, plus ou moins secrètement, changée.

2007. (1854) Histoire de la littérature française. Tome I « Livre I — Chapitre premier »

Il y règne une certaine emphase naturelle, qui vient moins de la corruption du goût que d’une manière de voir les choses, pareille à ce qu’on dit de certains animaux, lesquels n’obéissent si aisément à l’homme que parce qu’ils le voient plus grand qu’il n’est.

2008. (1854) Histoire de la littérature française. Tome I « Livre II — Chapitre cinquième »

Malherbe n’y va pas de main timide : « Cette sottise est non pareille », dit-il d’un passage de Desportes.

2009. (1911) La morale de l’ironie « Chapitre IV. L’ironie comme attitude morale » pp. 135-174

Quelle attitude convient à un pareil être incohérent et logique, puissant et faible, tiraillé entre des forces si opposées ?

2010. (1883) Souvenirs d’enfance et de jeunesse « Chapitre VI. Premiers pas hors de Saint-Sulpice  (1882) »

Le danger, en pareil cas, est, par une petite rouerie inconsciente, d’avouer, avec une humilité sans grand mérite, des défauts légers et tout extérieurs pour s’attribuer par ricochet de grandes qualités.

2011. (1881) La psychologie anglaise contemporaine «  M. Georges Lewes — Chapitre I : L’histoire de la philosophie »

La doctrine des vibrations serait utile si, des lois connues des corps vibratoires, nous pouvions déduire l’explication des phénomènes mentaux encore inexpliqués ; mais ou n’a encore rien fait de pareil, et la théorie de Hartley est beaucoup trop vague pour y aider225.

2012. (1857) Causeries du lundi. Tome III (3e éd.) « Monsieur de Latouche. » pp. 474-502

Plus d’un lecteur y fut pris et se dit avec étonnement : « Mais est-il possible qu’une personne comme Mme de Duras, qu’une femme du monde et qu’une femme, soit allée choisir une pareille donnée ?

2013. (1865) Causeries du lundi. Tome V (3e éd.) « Sieyès. Étude sur Sieyès, par M. Edmond de Beauverger. 1851. » pp. 189-216

Et si, dans quelque séance pareille, il suppose cette question qui revient si souvent à son sujet : « Vous vous taisez ? 

2014. (1887) Journal des Goncourt. Tome I (1851-1861) « Année 1856 » pp. 121-159

. — Un oiseau qui chante par intermittences et de petites notes d’harmonie claire tombant, comme goutte à goutte, de son bec ; l’herbe pleine de fleurs et de bourdons au dos doré, et de papillons blancs et de papillons bruns ; — les hautes tiges hochant la tête sous la brise qui les courbe ; — des rayons de soleil allongés et couchés en travers du dessous de bois ; — un lierre qui enserre un chêne, pareil aux ficelles de Lilliput autour de Gulliver, et entre ses feuilles du ciel blanc, que l’on voit comme à travers des piqûres d’épingles ; — cinq coups de cloche, apportant au-dessus du fourré, l’heure des hommes et la laissant tomber sur la terre verte de mousse ; — dans la feuillée bavarde, des cris d’oiseaux, des moucherons volant et sifflant tout autour de moi ; — le bois plein d’une âme murmurante et bourdonnante ; — le ciel mollement éclairé d’un soleil dormant… Et tout cela m’ennuie comme une description.

2015. (1887) Journal des Goncourt. Tome I (1851-1861) « Année 1858 » pp. 225-262

Vendredi 26 février Mario Uchard nous emmène à sa répétition du Retour du mari au Théâtre-Français… Dans la demi-nuit de la salle emballée, une grande filtrée de lumière pareille à la lumière d’un glacier sur un côté de la salle ; tout en haut, par une ouverture du paradis, le jour du dehors frappant sur les rideaux rouges des loges, sur le lustre au milieu de l’obscurité, scintillant en huit ou dix points de petits rubis et de petits saphirs ; et en l’orchestre, et en la salle vide, çà et là, des taches noires comme pochées par Granet, qui sont une vingtaine de spectateurs ; et la rampe basse, et au-dessus du plafond qui s’abaisse lentement, pour rejoindre les décors, des trouées d’échafaudages bleuissants qui semblent la charpente d’un clocher éclairé par un clair de lune.

2016. (1889) L’art au point de vue sociologique « Chapitre deuxième. Le génie, comme puissance de sociabilité et création d’un nouveau milieu social »

Ces êtres, nos acteurs, étaient tous des esprits ; ils se sont fondus en air, en air subtil… ; pareils à l’édifice sans base de cette vision, les tours coiffées de nuages, les palais somptueux, les temples solennels, ce grand globe lui-même et tout ce qu’il contient se dissoudront un jour, et, comme s’est dissipée cette insubstantielle fantasmagorie, ils s’évanouiront sans même laisser derrière eux un flocon de vapeur.

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