Renan trace des travaux du savant « Il passait sa vie dans un laboratoire obscur, au Collège de France : et là, au milieu des spectacles les plus repoussants, respirant l’atmosphère de la mort, la main dans le sang, il trouvait les plus intimes secrets de la vie, et les vérités qui sortaient de ce triste réduit éblouissaient tous ceux qui savaient les voir. […] C’est que de nos tristes réduits nous espérons faire sortir des vérités qui éblouiront ceux qui sauront les voir. […] On va même jusqu’à jurer que le théâtre n’aurait plus sa raison d’être, le jour où il cesserait d’être un amusant mensonge, destiné à consoler le soir les spectateurs des tristes réalités de la journée. […] C’est une réaction fatale contre les exagérations passionnées du romantisme ; on se jette dans le train banal de l’existence, on montre le vide et le triste de toutes choses, pour protester contre les apothéoses creuses et les grands sentiments faux des œuvres romantiques. […] La vérité est que les quelques jeunes romanciers que l’on croit écraser sous l’épithète commune de naturalistes, ont précisément les tempéraments les plus opposés qu’on puisse voir : pas un n’apporte la même personnalité, pas un ne regarde l’humanité sous le même angle, et l’on en fait des disciples fervents d’une même religion, avec cette belle inintelligence qui distingue notre triste critique actuelle.
« Avec toi l’on apprend à souffrir l’indigence, À jouir sagement d’une honnête opulence, À vivre avec soi-même, à servir ses amis, À se moquer un peu de ses sots ennemis, À sortir d’une vie, ou triste ou fortunée.
Le plus souvent, disent-ils, les affaires publiques sont envahies par des hommes indignes, à la société desquels il serait honteux de se trouver mêlé, avec qui il serait triste et dangereux de lutter, surtout quand les passions populaires sont en jeu.
Mais ce n’était pas le coup le plus douloureux que me préparait mon triste sort.
« La famille de M. de Montmorency, désespérée de son exil, souhaita, comme elle le devait, qu’il s’éloignât de la triste cause de cet exil, et je vis partir cet ami sans savoir si jamais sa présence honorerait encore ma demeure sur cette terre.
Sans doute la simple culture patriotique et vraie est supérieure à cette culture artificielle des derniers temps de l’Empire, et si quelque chose pouvait inspirer des craintes sur l’avenir de la civilisation moderne, ce serait de voir combien l’éducation prétendue humaniste qu’on donne à notre jeunesse ressemble à celle de cette triste époque.
Alors, le triste Dieu revient vers la Sachante, l’Erda dormeuse, et l’interroge.
2 — La Fleur du Marécage, une tête humaine et triste.
Non, non, je resterai ici, ô mon roi, dans ces sombres forêts pour calmer les peines qui te rongent, lorsque, accablé sous le poids de ces angoisses de la faim, de la soif, du froid, tu reportes un triste et lointain regard sur ta félicité passée !
Toutes les autorités paraissant donc avoir été inutilement tentées, la dernière et la plus triste des dominations s’ensuivit, celle de l’indifférence, mère de la nuit et du chaos.
Il a vécu, en s’épuisant, Donnant son âme triste et belle, Sans flatter aucune chapelle, Sans vouloir aucun partisan. […] Il faudrait se fâcher, blâmer, être triste. […] Les guerres, les traités, les querelles des partis, les constitutions, les finances, etc., bref la politique et l’économie politique, voilà de quoi s’occupent sans répit les tristes historiens. […] Les ordures de Rabelais… Ce grand boueux de la triste humanité… Les grossières facéties de Rabelais… Il vomit des injures contre le Don Juan de lord Byron… Don Juan est une ordure indigne d’un écrivain qui se respecte.
Cela dépend ; et, par exemple, il ne me semble pas que la fin du Misanthrope soit proprement tragique : elle est triste, elle est douloureuse, elle n’est pas tragique. […] Car on a pu poétiser le « comédien de campagne » et en s’inspirant du roman de Scarron, on a pu nous le montrer courant d’aventure en aventure, bohème heureux de sa misère, n’y voyant que le prix dont il paie son indépendance, jouant aujourd’hui les rois dans une grange, et les valets, demain, dans un château… La réalité est plus triste ; elle l’était surtout alors ; elle l’a été particulièrement pour Molière. […] ………………………………………………… Noble et brillant auteur d’une triste famille, Toi, dont ma mère osait se vanter d’être fille… Soleil, je viens te voir pour la dernière fois ! […] Elles me rendirent autant de force qu’il en fallait pour le triste office que j’allais exécuter.
Rien n’est curieux comme la polémique de Restif avec ses critiques ; il nous ramène au bon temps des injures in-quarto et des insolences en latin ; les journalistes sont « des hommes sans nom, sans capacité, vils, jaloux des vrais auteurs et se donnant le triste plaisir d’aboyer le talent, des gens vendus au mensonge, à la partialité la plus révoltante ». […] * * * Beaucoup de vers romantiques qui n’étaient plus frais ont été décidément gâtés par l’humidité persistante des derniers mois ; voilà beaucoup de nourriture perdue pour les âmes qui n’aiment pas les laides réalités de cette triste vie. […] Des hommes flétris du nom de bohèmes, sans famille, des gens communs, mal tournés, sans usages, voulant faire de leur faiblesse une force, renards pour qui les raisins sont trop verts… Proie des mauvaises passions, ils se vengent avec rage de leur triste position, en soufflant comme Méphistophélès les suggestions étroites et viles de leur âme aux autres hommes… Qu’on les pende ! […] … Le rire d’aujourd’hui est triste, maniéré, appris, on dirait que notre esprit est enfermé dans un corset ou dans une ceinture de virginité ; ce n’est pas un épanouissement, c’est une grimace ; on est toujours roide, parfumé, les sous-pieds gênent, on rougit de ses instincts, on a honte de sa propre joie, on vit tremblant, anxieux, comme la femme qui trompe son mari.
M’enveloppant alors de la colonne noire, J’ai marché devant tous, triste et seul dans ma gloire, Et j’ai dit dans mon cœur : Que vouloir à présent ?
Les serins chantent dans les cages, a dit l’autre Chénier de Delille ; du moins ce serin charmant, qu’on trouva dans le palais fumant du sang des maîtres, et qu’on aurait voulu faire chanter, le serin, disons-le à son honneur, fut triste et ne chanta pas36.
Non seulement il fallait ne pas heurter, mais encore il fallait plaire ; on était tenu de s’oublier pour les autres, d’être toujours pour eux empressé et dispos, de garder pour soi ses contrariétés et ses chagrins, de leur épargner les idées tristes, de leur fournir des idées gaies. « Est-ce qu’on était jamais vieux en ce temps-là !
Je me sentais à l’étroit dans cette triste chambre d’auberge.
XXXVI Faust se plaint à Marguerite de sa triste condition de voyageur, qui le condamne à ne rien aimer de permanent ; il touche de pitié le cœur naïf de la belle enfant.
en fut un triste témoignage ; mais l’heure de ces intermittences avait sonné un autre tocsin.
Nous avons partagé longtemps l’espèce de dédain que les esprits sérieux et tristes éprouvent par prévention contre ce miraculeux badinage.
— Maître, mon histoire est courte, mais elle est triste.
Pour mon sentiment personnel, la littérature française du xixe siècle me paraît triste et amère ; c’est le caractère de ce siècle en France, les Français ont cessé de sentir la joie, au contraire de la génération de la Révolution.
Enfin Marie, la médiatrice, il n’ose pas la contempler dans la dignité ineffable que le mystère lui a faite ; il ne la voit pas comme Bossuet, avec ses grâces qui rendent le mystère plus aimable ; il s’en fait des images sévères et tristes, et quand il parle « de son exacte régularité, de son attention à ne se relâcher jamais sur les moindres bienséances, de sa conduite à l’épreuve de la plus rigide censure », ne dirait-on pas qu’il s’agit de quelque pénitente ou d’une personne en religion ?
La mauvaise humeur avec laquelle Bossuet accueillit les travaux par lesquels Ellies Dupin, Richard Simon, le docteur Lannoy préludaient à la grande critique et les persécutions qu’il suscita contre ces hommes intelligents sont, après la révocation de l’édit de Nantes, le plus triste épisode de l’histoire de l’Église gallicane, au XVIIe siècle.
De loin l’habit souriait avant l’homme… C’est un grand symptôme que le monde, tel qu’on le voit aujourd’hui, s’est fait bien vieux et bien triste, et que beaucoup d’aimables choses sont enterrées !
Ce problème, le plus ardu et le plus inévitable qui attende l’homme aux années de maturité où l’on se perçoit mortel, les héros favoris de Tolstoï l’agitent et le résolvent avec une gravité triste et angoissée, une ardeur de recherche, une inquiétude tenace de gens qui ne peuvent vivre avec ce souci.
Que l’hymne puisse s’aviner, que la strophe se déforme en couplet, c’est triste.
Mais les larmes sont aussi vaines, Lorsque, par le destin, nous sommes poursuivis, Que ces tristes accens d’une femme éplorée, Qui croit, dans la douleur dont elle est pénétrée, Faire, à sa voix, sortir les morts de leur sommeil.
Dans son Jour des Morts, il a grand soin de nous dire de son humble pasteur : Il ne réveille pas ces combats des écoles, Ces tristes questions qu’agitèrent en vain Et Thomas, et Prosper, et Pélage et Calvin. […] Je sais trop bien que la volage M’a sans retour abandonné ; Il ne sied d’aimer qu’au bel âge ; Au triste honneur de vivre en sage Mes cheveux blancs m’ont condamné.
Cette naïveté amphigourique a beau résumer en fait d’art la loi et les prophètes pour beaucoup de personnes, d’ailleurs fort estimables, je ne la repousse pas moins comme un bien triste verbiage, pour m’en tenir, provisoirement à ma définition pratique que voici : — L’art est l’exposition des sentiments d’un artiste au moyen d’une œuvre. […] Triste beauté que celle qui n’a que la puissance de faire oublier la toilette.
Auprès de leur style littéraire, tout style est emphatique, lourd, inexact et forcé ; auprès de leurs types moraux, tout type est excessif, triste et malsain ; auprès de leurs cadres poétiques et oratoires, tout cadre qui ne leur a pas été emprunté est disproportionné, mal attaché, disloqué par l’œuvre qu’il contient. […] Par suite, dans la peinture et la sculpture, les personnages sont laids ou dépourvus de beauté, souvent disproportionnés et non viables, presque toujours maigres, atténués, mortifiés et souffrants, envahis et absorbés par une pensée qui détache leurs yeux de la vie présente, immobiles dans l’attente ou dans le ravissement, avec la douceur triste du cloître ou le rayonnement de l’extase, trop frôles ou trop passionnés pour vivre et déjà promis au ciel. — Au temps de la Renaissance, l’amélioration universelle de la condition humaine, l’exemple de l’antiquité retrouvée et comprise, l’élan de l’esprit délivré et enorgueilli par ses grandes découvertes renouvellent le sentiment et l’art païens.
Viaud conserva un sentiment de reconnaissance pour ce fidèle serviteur, car il termine ainsi en manière d’oraison funèbre : « Nous ne nous remîmes pas en route, tous deux seuls, sans regretter le compagnon qui nous suivait et dont nous portions les tristes restes avec nous. » Je ne sais trop ce que penserait M. […] C’est charmant, désordonné, familier et triste, et il y a dans un coin un jeu de tonneau, près de la porte-fenêtre qui donne dans le salon. […] C’est un état de mélancolie et désir qui est une des sensations spéciales au voyage et dont je goûtais, ce matin-là, la délicate saveur, à la fois ardente et triste.
Courez, Ruisseau, courez, fuyez-nous ; reportez Vos ondes dans le sein des mers dont vous sortez ; Tandis que pour remplir la triste destinée Où nous sommes assujettis, Nous irons reporter la vie infortunée Que le hasard nous a donnée Dans le sein du néant d’où nous sommes sortis. Comme Sainte-Beuve l’a si bien dit, cette madame Deshoulières, que l’on voit de loin « dans un costume couleur de rose », fut plutôt triste ; d’une tristesse philosophique assez analogue à celle de madame Ackermann ; et il est intéressant de rappeler que sa ruelle ou son salon, dans les dernières années du xviie siècle, fut l’un des lieux où s’élabora ce qui allait devenir l’esprit du xviiie . […] Je voudrais seulement que son dessein fût quelquefois encore plus net, que les grandes lignes en fussent plus faciles à saisir, et surtout que son style, moins monotone, moins froid, moins triste, fût moins constamment le style de la dissertation. […] Cela ne veut pas du tout dire, comme je vois pourtant qu’on le croit, qu’un paysage change d’aspect avec l’état de l’âme, aujourd’hui mélancolique et demain souriant, selon que nous sommes tristes ou joyeux nous-mêmes.
Car c’est quelque chose qu’une belle mort et c’est chose triste qu’une vie souillée par une seule action cruelle et basse. […] Voilà déjà qui est un triste objet. […] Et l’on peut supposer une chose fort triste, mais qui n’est pas sans vraisemblance. […] Triste et misérable supériorité du reste, puisqu’elle n’existe ou n’existerait que dans un monde où tout serait à l’envers et anormal.
Tout en continuant la publication de son journal, il achève son Cléveland, il prépare son Doyen de Killerine, dont les premiers volumes paraissent en 1736 ; il entreprend une histoire généalogique de la maison de Rohan ; il se met en état de composer jusqu’à cinq, six, sept, huit volumes en deux ans de temps, et, malgré tout cela, le peu que nous savons de lui n’est que pour nous montrer qu’en vain se remue-t-il, il ne peut pas sortir du labyrinthe, selon son expression, où le triste état de sa fortune le retient enfermé. […] Mais celui-là, se souvenant fort à propos qu’un supérieur des Missions étrangères, bien connu de quiconque a lu Bossuet ou Fénelon, s’était nommé Tiberge, en a conclu que Prévost devait l’avoir eu sous les yeux en dessinant les traits du sage et généreux ami de son triste héros. […] Triste nécessité, oui, sans doute, et même un peu humiliante, quand on est capable de Manon Lescaut ou du Neveu de Rameau, que de rédiger des prospectus pour des marchands d’orviétan ou même de traduire de l’anglais d’un illustre inconnu les Lettres de Mentor à un jeune seigneur, mais après tout moins humiliante, et qui vaut mieux à mon gré que de devoir le vivre à la générosité le M. […] Il n’importe que le citoyen de Genève, comme on l’a dit, fût né de famille bourgeoise : les aventures de sa triste jeunesse l’avaient assez tôt déclassé. […] Que saurions-nous aujourd’hui de la jeunesse de Rousseau, de quelques-unes des plus tristes aventures de sa vie, si lui-même, dans ses Confessions, n’avait cru devoir nous les apprendre ?
Fast. a dit : Pectora trajectus Lynceo Castor ab ense : & aù second Liv. des Tristes ; Neve peregrinis tantum defendar ab armis. […] C’est encore en ce sens que les Poëtes disent : prêtez l’oreille à mes tristes accens. […] La superstition des Anciens leur faisoit éviter jusqu’à la simple prononciation des noms qui réveillent des idées tristes, ou des images funestes ; ils donnoient alors à ces objets des noms flatteurs, comme pour se les rendre favorables, & pour se faire un bon augure ; c’est ce qu’on appelle euphémisme, c’est-à-dire, discours de bon augure ; mais que ce soit par ironie ou par euphémisme que l’on ait parlé, le mot n’en doit pas moins être pris dans un sens contraire à ce que la lettre présente à l’esprit ; & voilà ce que les anciens Grammairiens entendoient par anti-phrase. […] Fille des plaisirs, triste goutte.
Semblable aux visions pâles qu’enfante l’ombre Et qui nous enchaînent les yeux, La tête, avec l’amas de sa crinière sombre Et de ses bijoux précieux, Sur la table de nuit, comme une renoncule, Repose… À tout ce qui est, à tout ce qui, privé de perfection, vit pourtant, le poète étend son admiration muette et triste. […] D’abord j’écoute ces flûtes tristes et jointes, comme les petits pas qui conduisent à la danse ; je vois ces groupes lents qui se rapprochent dans la lueur des foyers et sous la nuit. […] Elle peut bien souffrir, mais non pas être triste.
Aussi, par la souplesse et la légèreté de leur nature, ces créatures singulières se prêtent-elles à une rapidité d’action, à une variété de mouvements dont peut-être aucune autre pièce de Shakespeare ne fournit d’exemple ; il n’en est pas de plus amusante, de plus animée, où une gaieté vive et même bouffonne se marie plus naturellement à des intérêts sérieux, à des sentiments tristes et à de touchantes affections : c’est une féerie dans toute la force du terme, dans toute la vivacité des impressions qu’on en peut recevoir. […] Celui-ci, bien que fort content de l’honneur qui lui était offert, sentait diminuer sa joie en pensant à la longueur et à la difficulté du voyage… Disdémona, voyant le More troublé, s’en affligeait, et, n’en devinant pas la cause, elle lui dit un jour pendant leur repas : — Cher More, pourquoi, après l’honneur que vous avez reçu de la Seigneurie, paraissez-vous si triste ? […] Ce serait un spectacle assez triste que celui des emportements d’une jeunesse aussi désordonnée que celle de Henri V, dans des mœurs aussi rudes que celles de son temps, si, au milieu de cette grossière débauche, des habitudes et des prétentions d’un genre plus relevé ne venaient former un contraste et jouer un rôle d’autant plus amusant qu’il est déplacé.
La belle invocation, dans Isabella : Portez vos plaintes vers elle, toutes, syllabes de gémissement, sortez des profondeurs de la gorge de la triste Melpomène Sortez en ordre tragique de la lyre de bronze Et faites vibrer en un mystère les cordes. […] Toutes les nymphes allèrent pleurant Daphnis cruellement mis à mort : Vous en fûtes témoins, bosquets et flots des rivières, de cette douleur, Quand la mère, jetant un cri, étreignit le triste corps de son fils, accusant de cruauté les Grands Dieux, de cruauté, les étoiles du ciel. […] Mais Chuang-Tzù était quelque chose de plus qu’un métaphysicien et un illuminé : il cherchait à détruire la société, et ce qu’il y a de triste, c’est qu’il unit avec l’éloquence passionnée d’un Rousseau, le raisonnement scientifique d’un Herbert Spencer.
Il y avait de quoi jeter hors des gonds de moins pauvres têtes, de quoi pousser de guerre lasse tout ce triste cabinet, ainsi enfermé sous clef dans la Charte, à sauter en effet par la fenêtre, non pas seul, hélas !
Il existe, au tome X de la Correspondance manuscrite de Peiresc (Bibliothèque du Roi), une lettre de Naudé qui semble donner un bien triste démenti à ces témoignages publics, à cet échange de bons offices et de magnifiques démonstrations entre lui et Campanella.
Triste grandeur !
Ce n’est point la vanité qui m’arrache ces tristes réflexions ; je les fais pour rendre grâce à Dieu, dont la puissante protection ne m’a jamais manqué, parce que je l’ai toujours imploré au milieu de mes angoisses. » Ce mélange de scélératesse et de dévotion sincère donne à ce temps un caractère de pittoresque moral qui n’éclate jamais mieux que dans ce naïf scélérat.
Tous assurent qu’il mourut d’une mort violente, forcée ou volontaire : triste récompense pour un homme qui avait toujours cherché à tenir son destin et son âme en équilibre et comme dans un juste milieu, entre l’espérance et le désespoir.
En attribuer l’étude à la physiologie, c’est la perdre ; chercher à comprendre l’âme de l’homme en observant les plantes et les animaux, c’est s’exposer aux plus tristes mécomptes.
J’ai fait d’abord de la bien triste besogne, mais j’ai ensuite demandé des conseils aux menuisiers et aux charrons, essayé tous les bois du pays, et j’ai enfin réussi.
C’est acheminer vers du mieux, vers du propre… C’est rendre hommage aux magnifiques tentatives des Erckmann-Chatrian… C’est rechercher une fois de plus un antidote contre la stupidité pleurnicharde, les grossières histoires de crimes, au moyen desquelles, sous pavillon fallacieux, de bas, de tristes négriers, de louches écumeurs abêtissent les uns et sillonnent implacablement le crâne des autres.
Puisque cette triste préoccupation, — dont l’obsédante importunité me gâte mainte bonne journée !
Mais poursuivons. » Elle nous lut alors la conversation de table entre Télémaque et son hôte divin ; comment les prétendants à la main de Pénélope abusent du veuvage de cette mère pour ruiner et déshonorer sa maison ; comment Minerve, sous la figure de l’hôte, s’indigne de cette obsession et engage Télémaque à équiper un vaisseau pour aller à la recherche de son père ; comment, s’il n’a pas le bonheur de le retrouver, il reviendra lui-même, plus grand et plus robuste, à Ithaque, où il immolera par sa force ou par sa ruse les indignes persécuteurs de Pénélope ; comment Pénélope, entendant de sa chambre haute le chantre Phémius chanter devant ses prétendants le retour des Grecs du siège de Troie, descend les escaliers du palais, suivie de ses servantes, s’arrête, modeste et voilée, appuyée sur le montant de la porte et les yeux humides de larmes, en pensant à Ulysse qui n’est pas revenu avec les Grecs ; comment elle supplie Phémius de changer le sujet trop triste de ses chants ; comment Télémaque, déjà rusé comme son père, feint de gourmander respectueusement sa mère, pour qu’elle rentre dans sa chambre.
Le sens commun se prononce d’ailleurs sans la moindre hésitation sur ce point ; on dit qu’on a plus ou moins chaud, qu’on est plus ou moins triste, et cette distinction du plus et du moins, même quand on la prolonge dans la région des faits subjectifs et des choses inétendues, ne surprend personne.
Cette triste prophétie fut réalisée.
Je t’ai cueillie, Ô Fleur du désespoir, Et triste comme toi, sentant venir le soir, J’exhale avec orgueil un suprême cantique ! […] 32 Envers cette heure triste, c’est assez d’évoquer l’entrevue, première depuis le Parnasse, des deux Maîtres qu’allait reconnaître particulièrement, demain, le naissant « Symbolisme ». […] Et ça continue de la sorte pendant trente pages in-quarto Ces messieurs sont des fumistes solennels et tristes, (déclare-t-il, après une digression sur les règles de « l’amphigouri » cultivé par Collé et Désaugiers, qui « ont laissé quelques amphigouris charmants » certes, et mieux à sa portée que les poèmes de Mallarmé ). […] Invention sans doute de tristes Décadents symbolistes de polissons sûrement. […] la correction de gelltleman du Wagnérien triste Georges Servières.
Cela est triste, sans doute, mais il en a été ainsi de tout temps. — Donec eris felix , etc. […] Mais que parlons-nous d’abjurer ce triste métier d’aristarque ?
Et le 13 avril Amiel note : « Une triste nouvelle m’arrive. […] Dans ce beau lieu de montagne et d’eaux bleues, d’arbres et d’oiseaux, de verdure et de roses, le Genevois et le Vaudois, de nature, de vie et d’œuvre pourtant si différentes, nous établissent par leur souvenir un promenoir humain, sérieux sans tristesse, des Champs-Élysées de l’esprit, accordés à la nature spiritualisée du Léman, et où l’on voudrait que Sainte-Beuve, dont l’enterrement fut si triste, eût songé à occuper un coin.