Gaston Paris, dans la Revue critique du 6 octobre 1866 ; il s’agit de ces découvertes à la fois imprévues et trop prévues, qui viennent satisfaire si agréablement à un vœu secret du lecteur ; le jeune et savant critique disait à ce propos : « Quand des documents, de quelque nature qu’ils soient, se présentant sans garanties absolues, sont justement ceux que, dans l’état de nos connaissances, nous aurions pu fabriquer ou que nous aurions simplement attendus, ces documents sont presque toujours faux.
Une autre considération qui nous a déterminé aussi à ne rien omettre de ce qui portait la marque infaillible de l’écrivain jusque dans de simples notices bibliographiques, c’est que nous avons obtenu la certitude que nous allions rendre service à des travailleurs spéciaux : cette conviction nous est venue, à mesure que nous retrouvions quelques-unes de ces pages oubliées, en les signalant à des savants pour lesquels elles devaient être un motif d’intérêt.
Mais vous savez que sous chacun de ces points sombres ou bigarrés il y a un corps vivant, des membres actifs, une savante économie d’organes, une tête pensante, conduite par quelque projet ou désir intérieur, bref une personne humaine.
Ce qu’on appelle les figures de construction sont des incorrections plus ou moins fortes : comme elles se rencontrent assez souvent chez les grands écrivains, on les a décorées de noms savants qui les voilent ou même les proposent à l’admiration : syllepse, ellipse, pléonasme, etc.
On ira reprendre dans le riche fond de la latinité ce que l’on y avait d’abord laissé ; et les mots savants viendront presque dès le premier jour s’ajouter aux mots populaires : de ces deux classes de mots, formés ceux-ci sous l’influence et ceux-là hors de l’influence de l’accent latin, ceux-ci par la bouche et l’oreille du peuple, et ceux-là par l’œil des scribes, de ces deux classes se fera une langue plus riche, plus souple, plus fine, plus intellectuelle.
Le désir de la femme les mordra au cœur ; et la femme, introduite dans la place, les trahira, livrera au peuple les secrets des savants et les machines par lesquelles ils terrorisaient la multitude.
Je ne pense pas que personne, dans aucun temps, ait pris plus sérieusement la vie que ce petit Breton de vingt-cinq ans dont l’enfance avait été si pure, l’adolescence si grave et si studieuse, et qui, au sortir du plus tragique drame de conscience, seul dans sa petite chambre de savant pauvre, continuait à s’interroger sur le sens de l’univers, — et cela, dans un tel détachement des vanités humaines, que ces pensées devaient rester quarante ans inédites par la volonté de leur auteur.
Écrivain savant, il eût pu, par des histoires sur le cœur des femmes adultères, se saisir de la faveur publique, de l’argent, de la renommée.
Zola déroule la collection extraordinaire de ses décors, de ses milieux, de ses personnages, et cette collection est infiniment plus que la reproduction savante de la complexité d’un pays en un temps ; c’en est une synthèse émue. — Il est certain que l’émotion qui crée cette œuvre ne fait pas broncher l’artiste fort qui la dit, mais à cela quel mal ?
Je me bornerai à remarquer dans cet ouvrage quelques sorties contre les précieuses, des mots grossiers qui reproduisent vingt fois une idée grossière, une scène licencieuse depuis longtemps interdite au théâtre, Arnolphe (c’est le vieillard), après un entretien avec Agnès dont la simplicité l’enchante, adresse cette apostrophe aux précieuses : Héroïnes du temps, mesdames les savantes, Pousseuses de tendresse et de beaux sentiments, Je défie à la fois tous vos vers, vos romans, Vos lettres, billets doux, toute votre science, De valoir cette honnête et pudique ignorance.
Ce vœu de l’existence se voit donc réalisé d’une façon concrète et saisissable selon deux modes dans l’humanité : sous son aspect le plus haut et le plus dramatique, ainsi qu’on l’a déjà montré, avec le héros qui, parvenu à l’émotion esthétique, se reconnaît le propre créateur de la suggestion qui lui fit accomplir sa destinée, sous un autre aspect moins mystique, avec le savant qui, désintéressé des applications déduites par les autres hommes de ses découvertes, fait sa joie du seul fait de connaître, du seul spectacle de toutes les choses créées par l’activité objective de l’être.
L’un des savants les plus hardiment engagés dans les voies nouvelles, M.
» Tertullien était fort savant, bien qu’il s’accuse d’ignorance, et l’on trouve dans ses écrits des détails sur la vie privée des Romains, qu’on chercherait vainement ailleurs.
Ce morceau lui fera honneur, et comme peintre savant dans son art, et comme homme d’esprit et de goût.
Il rêve, il se promène, il se rappelle ou les modèles qu’il a vus, ou les phénomènes de la nature, ou les passions du cœur humain, en un mot les expériences qu’il a faites, c’est-à-dire qu’il devient savant.
Et il a ajouté en note : Voir la correspondance du duc de Nivernais, qui, à la Cour, passait pour trop savant, 1763. […] Horace Walpole les reçut à sa résidence de Strawberry Hill, et y donna à Mme de Boufflers des fêtes charmantes, d’un pittoresque savant et merveilleux. […] Ses manières sont douces et féminines, et, quoique savante, elle n’affiche aucunes prétentions.
III L’acte qui suit est une puérilité savante et poétique intercalée hors de propos par le poète comme un ballet infernal et vertigineux dans le drame humain. […] Des dieux auxquels on a cessé de croire, des héros dont les exploits et les amours sont des fables, des mœurs dont les descriptions nous semblent des inventions étranges du poète au lieu du portrait ressemblant de la civilisation que nous avons sous les yeux, tout cela intéresse peu le vulgaire des lecteurs ; le savant seul s’y plaît, mais la foule se détourne et court aux légendes et aux complaintes des chanteurs de rues ; de là un triste abaissement du niveau de l’imagination du peuple. […] Nous eûmes, sans nous être entendus, et à la différence près du talent, la même pensée née du même temps : faire descendre la poésie des nuages, et l’introduire comme un hôte de tous les jours et de toutes les conditions au foyer domestique de famille, chez le savant comme chez l’ignorant, chez le riche comme chez le pauvre ; changer en pain quotidien de toutes les âmes pensantes ou aimantes cette ambroisie poétique jusque-là réservée aux dieux de ce monde.
Carrière souriait un peu de son assurance et comparait l’essai de son savant confrère aux efforts d’une vieille qui cherche à enfiler son aiguille en la tenant bien fixe entre la lampe et ses lunettes. […] Mon inclination et les conseils d’un pieux et savant ecclésiastique breton qui était grand vicaire de M. de Quélen, M. l’abbé Tresvaux, me firent prendre M. […] On opposait sa simplicité à la froideur d’âme des savants ; on le citait comme un exemple de la gratuité absolue des dons de Dieu.
Le Hir, est un saint homme et très savant, très savant… Seulement, il ne sait pas l’hébreu, ce qui est mauvais pour un professeur d’exégèse… Le voyant s’appuyer sur saint Jérôme, je me levai et prononçai la formule accoutumée : Libeat loqui, pater reverendissime. […] Et il est savant. […] Une affectation est l’exploitation savante d’une qualité ou d’un défaut que l’on avait avant de l’affecter, et qu’on n’aurait pas pu affecter si on ne l’avait pas eu du tout. […] Il était un savant et un patriote. […] Soyez savants.
Il s’adressait à l’industriel, au légiste, à l’artiste, au ministre du culte, surtout aux beaux esprits et aux savants du temps qu’on appelait les sophistes, et il leur demandait compte de leurs pensées. […] Mais tous les hommes, l’ignorant comme le savant, ne voient-ils pas dans l’univers une constante harmonie ? […] Brucker est certainement un des hommes les plus savants de son temps. […] En second lieu, Tiedemann, sans être aussi savant que Brucker, est plus critique. […] Parmi tant de noms qui se présentent en foule, je ne rappellerai que ceux de mes trois savants amis, MM.
et ne détruit-on pas son charme le plus subtil en l’emprisonnant elle-même dans l’armure d’une technique trop savante ? […] J’y ajouterais volontiers, pour ma part, l’art curieux, subtil et savant, avec lequel M. […] Mais il se borne à constater que, si la doctrine de l’unité de l’espèce a de nombreux et savants défenseurs parmi les naturalistes, la doctrine opposée, celle du polygénisme, n’en a ni de moins savants ni peut-être de moins nombreux. […] c’est une cause de perturbation qui s’ajoute à tant d’autres pour compliquer les calculs des savants. […] Trois ans entiers, messieurs, — je dis trois ans, — sous l’œil d’Armand Carrel, la besogne de cet helléniste, de ce philologue, de ce philosophe, de ce savant, fut d’extraire les journaux étrangers.
Être savant à ce point-là, c’est être artiste. […] Ses livres, replacés par un savant et ingénieux biographe dans l’atmosphère où ils sont éclos, y puisent une nouvelle vie. […] Ce sont des hommes très savants, très graves. […] Voilà, messieurs, ce que disent les savants allemands. […] « Ce mot, dit le savant linguiste Loti, signifie jeune fille ou très jeune femme.
Mais arrêté dans son désir par le caractère de ses œuvres, qui étaient les œuvres d’un artisan, et non d’un poète ou d’un savant, il lui demandait une fois, s’il n’avait pas un autre talent que celui d’ornemaniste. Ritzouo, à la demande du prince, répondait qu’il était un savant militaire, un tacticien. […] Et ces emprunts nous amènent à parler de la roublardise de la jeunesse actuelle, qui dans l’âge de l’imitation, n’emprunte point comme ses innocents devanciers à ses vieux concitoyens, mais maintenant détrousse sournoisement les poètes hollandais, américains, inconnus, inexplorés ; et fait accepter ses plagiats comme des créations neuves, en l’absence de toute critique, savante, érudite, liseuse. […] Une tête, où court sur la tempe une mèche grise, semblable à une aile d’oiseau repliée, une conversation intelligente, substantielle, savante, aimant le mot abstrait, une conversation qu’on pourrait qualifier de mystico-philosophique, servie par une petite voix flûtée, qui a parfois les sons mystérieusement enroués d’une voix d’adolescent entrain de muer. […] Samedi 5 décembre Un viveur du grand monde parisien déclarait devant moi, qu’il n’aimait que les filles, et il les exaltait en disant, que ces créatures sorties du trou aux vaches, arrivent à être les maîtresses du goût et de la mode de Paris, et cela par une admirable diplomatie et la plus savante conduite de la vie, sachant qu’elles perdent leur position, rencontrées un maquereau au bras, ou une robe canaille sur le dos.
Le mysticisme alexandrin est le mysticisme le plus savant et le plus profond qui soit connu. […] Un sensualisme un peu plus savant met l’utile à la place de l’agréable, c’est-à-dire change la forme du même principe. […] Le ton du savant antiquaire s’élève peu à peu jusqu’à l’enthousiasme, et son analyse devient un hymne à la beauté spirituelle. […] Donnez au plus savant symphoniste une tempête à rendre. […] Il était aussi appliqué et aussi savant qu’inventif et fécond.
C’est même ce qu’un savant homme a exprimé quelque part assez dédaigneusement, en disant de Bossuet qu’il n’avait jamais eu d’autre philosophie que celle de ses vieux cahiers de Navarre. […] Ils étaient hommes l’un et l’autre, et Descartes, plein de lui-même, avait certainement blessé le jeune amour-propre de Pascal autant que celui du quinteux Roberval, ou de l’aimable et savant Fermat ! […] — Plus naturelle et moins savante, moins piquante aussi que l’Isabelle de l’École des maris, elle n’a pas, elle n’aura jamais la grâce enjouée de l’Henriette des Femmes savantes. […] Paul Janet vient de rééditer, à la librairie Delagrave, pour l’usage des classes, les cinq premiers livres de l’Esprit des lois, précédés d’une savante Introduction et suivis de notes explicatives. […] Le savant et laborieux auteur lui-même de la Bibliographie cornélienne, M.
Votre renoncement à la science va être récompensé par une science supérieure que les savants du monde ne soupçonnent point. […] Il a le sentiment oratoire, le goût de la phrase habile, un art très savant sous sa rudesse visible. […] Il était, par naissance, un homme de lettres parmi des savants et des praticiens. […] Ils l’attachèrent, ce nom, que Ronsard et Théophile de Viaud eussent pu choisir, à leur essai de restauration de poésie savante. […] On voudrait que cet artiste l’eût emporté sur le savant, mais ce serait vouloir qu’il eût entrepris une œuvre de beauté.
Une fois produit, il travailla vigoureusement à se faire sa place, à concilier l’étude du cabinet avec la pratique : il était littérateur à la façon du xvie siècle, parlant latin autant et plus volontiers que français ; c’est pour le latin qu’il garde ses élégances : quand il écrit dans sa langue maternelle, son style bigarré exprime à merveille le mélange de goût qui régnait dans les professions savantes durant la première moitié du xviie siècle. […] Quand, vers le milieu du xviiie siècle, Marmontel ou Le Brun (le poète), ou tout autre jeune littérateur pauvre, voulait créer quelque petite feuille de littérature et de critique, il ne le pouvait qu’en contrebande, faute d’avoir de quoi payer 300 francs au Journal des savants : c’était un tribut qui était dû à ce père et seigneur suzerain des journaux littéraires.
Il y a à distinguer deux choses dans cette réimpression qu’un savant professeur du Collège de France a dirigée et entourée de commentaires : premièrement, la réimpression même, qui est bonne en soi, qui remet sous les yeux des lecteurs studieux plusieurs écrits politiques, autrefois en vogue, sortis depuis longtemps de la circulation, et dont quelques-uns étaient difficiles à retrouver ; et, de plus, il y a l’esprit dans lequel ils sont reproduits, la pensée de résurrection qu’on y apporte et qui est à discuter. […] Le savant éditeur et commentateur a trouvé moyen de nous rendre la plupart des écrits et de ne pas nous montrer l’homme.
alors ce fut tout autre chose ; il sentit un bonheur, un charme indicible ; rien ne l’arrêtait dans ces poésies de la vie, où une riche individualité venait se peindre sous mille formes sensibles ; il en comprenait tout ; là, rien de savant, pas d’allusions à des faits lointains et oubliés, pas de noms de divinités et de contrées que l’on ne connaît plus : il y retrouvait le cœur humain et le sien propre avec ses désirs, ses joies, ses chagrins ; il y voyait une nature allemande claire comme le jour, la réalité pure, en pleine lumière et doucement idéalisée. […] Mais il y a autre chose que les arts ; Gœthe aura donc pour compléter son Encyclopédie ou son Institut à domicile, — M. de Müller, chancelier de Weimar : c’est un politique distingué ; il tient Gœthe au courant des affaires générales de l’Europe ; — Soret, Genevois, précepteur à la Cour, savant : il traduit les ouvrages scientifiques de Gœthe, et met en ordre sa collection de minéraux.
On est femme après tout, et elle s’était persuadé d’après son ton que c’était un grand savant et qu’il lui dévoilerait les mystères de la langue : il lui a corrigé ses épreuves assez exactement, non pas sans lui retrancher quelques grâces. […] J’emprunte à un feuilleton de M. de Saint-Victor l’éloge suivant qu’il fait de ce portrait de Flandrin ; chaque mot marque bien la différence qu’il y a entre la peinture que j’appelle immédiate et la peinture réfléchie : « Ce qu’il faut louer encore, dit l’habile critique, c’est l’harmonie savante qui accorde les rouges de l’appartement et de l’uniforme, l’imitation énergique et sobre des meubles et des accessoires adoucis par de tranquilles demi-teintes.
On se contenta donc, au lieu de préluder à la grande guerre et, par un coup d’essai immortel, de frayer la route à la campagne de Marengo, de faire une campagne dans le vieux style, le style ordinaire, selon la bonne méthode chicanière, savante, manœuvrière, pied à pied. […] Il ne put éviter que les alliés ne reprissent Carmagnole ; mais il déconcerta par de savantes manœuvres leur dessin sur Suse, les força à y renoncer et termina cette campagne en battant leur arrière-garde.
Les savants et les réguliers faisaient à ce sujet la guerre aux déréglés et aux ignorants. […] Il les balance l’un par l’autre, les dessine vigoureusement par une parole mâle et brève, les contraste par des reparties tranchées, et présente à l’œil du spectateur des masses d’une savante structure.
Ce sont questions fort disputées ; mais pour nous en tenir aux faits principaux et acquis, il suffira de dire que le roman de Renart est d’origine essentiellement traditionnelle : et les traditions dont il est sorti sont tantôt savantes et tantôt, le plus souvent, populaires. […] Car nombre de ces apologues, émanant des écoles, finirent par former une sorte de tradition savante, où puisaient librement les conteurs sans faire à proprement parler œuvre de traducteurs.
S’ils sont d’une Société savante, ils ne sauront jamais au juste si c’est pour leurs livres ou pour leur nom. […] On se représente ordinairement le grand Condé comme un capitaine d’un génie tout spontané et qui devait plus à l’inspiration qu’à la science : M. le duc d’Aumale s’applique à nous montrer qu’il fut aussi un excellent tacticien, un ingénieur habile et savant, et nous le croyons sans peine.
En attaquant le clergé catholique par la science, elle le força de devenir savant ; en attaquant ses mœurs, elle les épura. […] Les plus savants se souvinrent aussi de l’origine latine de ce nom, et firent une perle de celle dont les poètes faisaient une fleur.
Quels savants détours pour nous conduire où il veut ! […] On doit ce renseignement au savant et spirituel auteur du Dictionnaire critique de Biographie et d’Histoire, A.
Dans le genre familier, l’Ode à une veuve, quoique bien dure pour le mari mort et un peu trop savante pour la veuve, est vive et spirituelle. […] Les lettres grecques lui étaient comme une littérature maternelle ; de sévères études l’y rendirent savant.
C’est aussi du métal romantique que le merveilleux, souple et subtil Baudelaire signe de son fleuron original et distinctif ; c’est du métal romantique encore que le sonore, savant et harmonieux José Maria de Heredia poinçonne de sa marque ineffaçable et magistrale. […] Style ingénieux, compliqué, savant, plein de nuances et de recherches, reculant toujours les bornes de la langue, empruntant à tous les vocabulaires, prenant des couleurs à toutes les palettes, des notes à tous les claviers, s’efforçant de rendre la pensée dans ce qu’elle a de plus ineffable et la forme en ses contours les plus vagues et les plus fuyants.
Madame Gros, institutrice libre à Lyon, est peut-être la personne de notre temps qui possède le mieux l’art exquis de faire vibrer, par une sorte de savant coup d’archet, le sentiment moral non encore éveillé. […] Une note, que notre savant confrère M.
» D’autre part, le monde est pour Descartes une machine admirable, un assemblage merveilleux de rouages et de ressorts, une combinaison savante de mouvements aussi compliqués que réguliers. […] La première scène des Femmes savantes n’est pas seulement une attaque contre les survivantes de la société précieuse ; elle est encore une charge à fond contre les théories du philosophe qui fut leur contemporain et leur inspirateur.
., où c’est l’accent libéral qui domine. 4º Il y faudrait joindre une branche purement satirique, dans laquelle la veine de sensibilité n’a plus de part, et où il attaque sans réserve, avec malice, avec âcreté et amertume, ses adversaires d’alors, les ministériels, les ventrus, la race de Loyola, le pape en personne et le Vatican ; cette branche comprendrait depuis Le Ventru jusqu’aux Clefs du paradis. 5º Enfin une branche supérieure que Béranger n’a produite que dans les dernières années, et qui a été un dernier effort et comme une dernière greffe de ce talent savant, délicat et laborieux, c’est la chanson-ballade, purement poétique et philosophique, comme Les Bohémiens, ou ayant déjà une légère teinte de socialisme, comme Les Contrebandiers, Le Vieux Vagabond. […] Mais, à une époque d’effort, de lutte et de calcul, il a su trouver sa veine, il a fait jaillir sa poésie, une poésie savante et vive, sensible, élevée, malicieuse, originale, et il a excellé assez pour être sûr de vivre, lors même que quelques-unes des passions qu’il a servies, et qui ne sont pas immortelles, seront expirées.
Sa pensée lui naît toute rédigée, dans cette forme rare, savante et assez imprévue, qui est la sienne. […] À ces morceaux de critique, de premier ordre d’ailleurs, et si dignes de haute estime, il faut joindre l’Éloge du savant orientaliste M. de Sacy, prononcé par le duc de Broglie à la Chambre des pairs le 27 avril 1840, très bel éloge, très grave, religieux de ton, sobrement orné, et de tout point conforme au sujet.
Elle y vécut à demi retirée du monde, voyant ses amis et le duc de Villeroi jusqu’à la fin ; ayant souvent auprès d’elle son fils le comte de Caylus, original et philosophe, donnant à souper à des gens du monde et à des savants, et mêlant ensemble la dévotion, les bienséances, la liberté d’esprit et les grâces de la société, dans cette parfaite et un peu confuse mesure qui était celle du siècle précédent. […] Un abbé, homme savant et homme d’esprit, l’abbé Gédoyn, le même qui a traduit Quintilien, et qui l’a d’autant mieux traduit qu’il avait été bien avec Ninon (avoir été bien avec Ninon, cela sert toujours), l’abbé Gédoyn, disons-nous, a traité cette question de l’urbanité, et il a terminé son agréable et docte mémoire par y joindre un éloge de Mme de Caylus, en remarquant que, de toutes les personnes qu’il avait connues, il n’en était aucune qui rendît d’une manière si vive ce qu’il concevait par ce mot d’urbanité.
Les poètes surtout, ceux qui se groupaient dans le recueil de La Muse française, Guiraud, Vigny, Hugo, Deschamps, aimaient alors à prédire à Delphine, comme on l’appelait tout fraternellement, la couronne de l’élégie lyrique : Son talent tout jeune, me dit un de ces fidèles témoins que j’ai voulu interroger pour être juste, nous paraissait devoir être un mélange de vigueur masculine avec une sensibilité de femme du monde, plus affectée des choses de la société que des spectacles de la nature ; plus nerveuse que tendre, plus douloureuse que mélancolique : le tout marchant de concert avec beaucoup d’esprit réel, sans prétentions, et se manifeste tant sous une forme de versification pure, correcte, savante même et assez neuve alors. […] Qu’est-ce que ce savant bibliothécaire, à qui la reine parle du front du penseur, de l’indépendance et quasi de la royauté littéraire ?
Rivarol, à son entrée dans le monde, y parut d’abord sous le nom de chevalier de Parcieux, s’autorisant de la parenté qu’il avait par sa grand-mère avec le savant (Deparcieux) si justement honoré, et que recommandaient de grands projets d’utilité publique. […] ne soyez pas plus savants que la nature.
Aujourd’hui, quand on veut savoir de lui ce qui est authentique, on doit se borner à lire le Mémoire sur le comte de Bonneval, rédigé par le prince de Ligne, et dont le savant bibliographe Barbier a donné une nouvelle édition en 1817. […] Il avait pu écrire à son frère, en un jour de forfanterie et dans un parti pris de gaieté, ce mot significatif qui résume toute une philosophie d’abaissement et d’abandon : Au surplus, portez-vous bien, et souvenez-vous qu’il n’y a que fadaises en ce bas monde, distinguées en gaillardes, sérieuses, politiques, juridiques, ecclésiastiques, savantes, tristes, etc., mais qu’il n’y a que les premières, et de se tenir toujours le ventre libre, qui fasse vivre joyeusement et longtemps.
En les écrivant, Rollin, qui aimait à marcher et à penser toujours sur la trace d’un ancien, se rappelait certainement cette parole de Pline le Jeune sur la maison de campagne que voulait acheter Suétone : Il ne faut à ces messieurs les savants, absorbés comme lui dans l’étude, que le terrain nécessaire pour délasser leur esprit et réjouir leurs yeux. […] Où sont les jeunes gens modestes et savants qui unissaient l’ingénuité de l’enfance aux qualités solides qui annoncent l’homme ?
Je crois peu à la science des savants bêtes. […] La haute critique seule, qui a son point de départ dans l’enthousiasme, pénètre et comprend ces lois savantes.
Devant le malheur qui le frappa si jeune, cet artiste savant qui avait, pour travailler, plus besoin de ses yeux que personne et qui sut s’en passer, à force de volonté, d’attention, d’amour héroïque pour l’art et la science ; devant ce malheur, plus grand pour lui que pour un poète, — car un poète aveugle se replie sur ses sentiments et ses souvenirs, et ils éclatent ! […] Peintre donc, mais peintre tempéré et savant dans un sujet qui demandait à l’Art ses plus magnifiques violences, M.
L’abbé Pierre est le fils d’un savant irréligieux et d’une mère croyante, dont les influences contraires vont, surtout après Ieur mort, se disputer sa vie. […] L’événement coutumier s’accomplit alors : le séminaire entreprend sur l’enfant son œuvre méthodique et savante de dès-humanisation.
Tour à tour populaire ou savant, moqueur ou mélancolique, sceptique ou religieux, ce fond de poésie, sous des mains diverses, occupa vivement la France. […] Étudiant à la fois les langues savantes et les philosophes français, Homère et Raynal, bientôt il se sentit poëte.
Pour beaucoup de personnes, amies des nigaudes symétries, un poète est un artiste qui ne sait rien, un historien est un savant qui écrit mal. […] Les savants nous racontent sur les Caciques des histoires à donner le cauchemar. […] Les sociétés savantes des départements lui ont fourni, plusieurs fois, des motifs de poésies. […] Julien Sacaze, savant pyrénéen, pour qui les tumulus et les cromlechs n’avaient pas de secrets. […] Léon Gautier, d’ailleurs si savant et si digne d’estime, semble croire (oserai-je le dire ?)
Ils ne peuvent au plus qu’être les premiers d’une seconde classe, et exceller dans le médiocre. » Je ne sais si je suis précisément de ces esprits doux définis par le savant moraliste, mais sans me faire plus sévère envers moi-même que je ne le dois, je ne serais pas éloigné d’avouer et de confesser quelque chose de cette médiocrité de nature qu’il leur attribue, si ce n’est que je ne suis jamais demeuré tranquille dans ma sphère, que je me suis continuellement inquiété des grandes choses et des productions singulières que je voyais surgir autour de moi et qui me dépassaient de beaucoup, et qu’à leur occasion je me suis bien souvent posé cette question épineuse : Pourquoi suis-je si sensible à l’admiration pour certaines parties, et tout à côté à la répulsion pour certaines autres ?