Vous n’aurez plus désormais à m’interroger sur de nouveaux voyages : car la nature est immuable et les nuages blancs sont éternels. » — L’idée du Nirvana intervient quelquefois dans les poésies chinoises, comme le crâne dans les festins antiques, pour exciter l’homme à jouir de son jour ; mais alors l’ivresse qu’elle inspire n’a rien de la gaieté vive qui pétille, au souvenir de la mort, dans la coupe ciselée d’Horace ; c’est avec une résignation narcotique que les philosophes du Fleuve-Jaune endorment leur âme, en buvant l’oubli. — « Combien, — dit Litaï-Pé dans la Chanson du Chagrin, — pourra durer, pour nous, la possession de l’or et du jade ? […] Ces choses, qu’il vive cent ans ou un petit nombre d’années, il les verra toujours les mêmes, et il ne verra rien de plus beau qu’elles. […] Le meilleur charme de l’Aventurière est encore son style ferme et franc, du meilleur cru de la langue, d’une éloquence pathétique et forte dans les grandes scènes et d’où le rire jaillit, aux endroits comiques, comme de source vive. […] La scène est vive et fière ; elle fait vibrer les nobles sentiments de la vieille France, qui résonnent à nos oreilles, romanesques comme le son d’un cor, héroïques comme un bruit d’armures.
Son triste héros refroidirait l’intrigue la plus vive et la mieux suivie. […] L’esprit y est, par instants, très vif et très net, quelquefois aussi entaché de blague et sentant l’argot des petits théâtres. […] Il n’aurait certes que ce qu’il mérite, s’il était dévoré tout vif par quelque drôlesse de bon appétit. […] Vous entendez d’ici les cris de paon plumé vif que pousse cette pécore si rudement tondue.
De nouvelles plaintes très vives s’élevèrent à l’occasion du septième tome (1758), et l’abbé de Bernis, alors ministre, dut écrire à M. de Malesherbes pour aviser à des moyens plus efficaces de censure. […] Grimm, après coup, a rendu justice aux bons offices de Malesherbes ; mais d’Alembert, dans le moment, se plaignait à lui avec une sécheresse et une aigreur des plus vives d’être sacrifié à Fréron. […] Ces paroles nous peignent, ce me semble, M. de Malesherbes dans toute l’habitude de sa vie : naturel avant tout, bonhomme, simple, sensé, vif de franchise jusqu’à paraître un peu brusque. […] Boissy d’Anglas, qui la trouve joviale : elle n’est que très vive et très naturelle.
Notre thèse, à nous, se résume en ces deux mots : « Il est à désirer que l’homme de lettres ne vive pas de sa plume, et, en ce cas, voici de quoi il doit vivre. » M. Sainte-Beuve dit : « Il est bon que l’homme de lettres vive de sa plume : trouvons le moyen de l’en faire vivre largement. » On le voit, le dissentiment est nettement marqué entre notre honorable rapporteur et nous. […] Le sentiment du réel devient plus vif et plus précis ; les pensées sont plus sérieuses, les mots se remplissent, la déclamation s’évapore. […] Ensuite voici le but suprême de son ambition : un petit champ avec une source vive, un peu de bois, une modeste maison, et surtout la liberté d’y vivre à ses heures, à sa guise, la permission de ne pas vous voir, quand il lui prend fantaisie d’être seul.
Jusque-là, elle avait été une enfant très vive et très bruyante ; mais à cette époque (avril 1819), la nature passionnée et tout extérieure de l’enfant dut se rasseoir sous le coup de cette mort d’une mère, qui la faisait mère à son tour. […] Une mission qui eut lieu à Gaillac, en 1829, augmenta encore les ardeurs d’une foi qui avait toujours été très vive. […] que Mlle de Guérin étreignit si bien contre elle l’âme de son frère, que cette âme et la sienne ne perdirent plus la marque de cette vive étreinte. […] Elle quittait parfois sa terrasse et sa tourelle du Cayla, et s’enfermait une huitaine à ce Rayssac, par exemple, qu’elle nous a peint en trois coups, à la manière noire de son frère : « Rayssac, montagnes aux croupes de chameau, au front hérissé de forêts et de rochers, nature agreste et sauvage » Elle avait même ailleurs que dans son voisinage des amies épistolaires, qui devinrent plus tard des amies complètes, et c’est ici que nous touchons au grand événement et au seul bonheur, très vif, de cette existence que Dieu s’était, à ce qu’il semblait, particulièrement réservée : nous voulons dire au voyage à Paris de la bergère du Cayla et au mariage de son frère.