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466. (1859) Essais sur le génie de Pindare et sur la poésie lyrique « Première partie. — Chapitre VIII. »

Après Xénophane, Parménide, son disciple dans la ville d’Élée, sur la côte grecque d’Italie, n’était pas bon poëte, nous dit Cicéron, du moins pour la forme et le tour des vers. […] Nommons d’abord, à ce titre, un philosophe né dans les lieux qu’habita souvent Pindare, et mêlé dans sa jeunesse aux fêtes que le poëte avait illustrées. […] Au retour de ses voyages, et sous le renom célèbre de sa secte, Empédocle fut accueilli dans les villes libres de Sicile comme un sage, un enchanteur, un poëte, un musicien tout-puissant. […] Mais cette renommée posthume, que le déclin superstitieux de la Grèce devait attacher un jour à ce philosophe jugé par Aristote plus physicien que poëte, n’est qu’un témoignage imparfait de l’empire bienfaisant qu’il avait eu, dans l’heureuse civilisation de la Grèce. […] Mais à cette divination de l’expérience il voulait joindre un ascendant plus mystérieux, dont le prestige se confondait avec son inspiration même de poëte.

467. (1874) Premiers lundis. Tome II « Henri Heine. De la France. »

Ce dernier, dans l’ouvrage qu’on vient de publier, et qui est l’extrait d’une Correspondance écrite par lui pendant ces deux dernières années, laisse percer à chaque page ce caractère originel du satirique et du poète. […] Or, pour un poète qui écrit en prose, qui surtout doit être lu en prose française, la plus difficultueuse de toutes les proses, il y a beaucoup de précautions nécessaires pour faire passer, comme en contrebande, cette magie et ces richesses. […] Heine est au fond poète et poète de son pays, nous donne un vif regret de ne pouvoir l’apprécier dignement par ce côté. […] Le volume se termine par un examen critique du Salon de 1831 ; c’est là encore que se trahit plus sensiblement le poète. […] Il me disait que, comme poète, je ressemblais un peu au poète allemand Hœlty.

468. (1920) La mêlée symboliste. II. 1890-1900 « Conclusions » pp. 169-178

D’excellents poètes s’y révèlent : Albert Samain, Francis Jammes, Charles Guérin, Paul Fort. […] D’une façon générale, l’heure est néfaste aux Poètes. […] Mais les vrais poètes se consolent aisément de l’aveuglement de leurs contemporains. […] En 1900, le bruit des flonflons couvre la voix des poètes. […] Fi des moralistes et des poètes trouble-fête !

469. (1874) Premiers lundis. Tome II « Le poète Fontaney »

Le poète Fontaney27 15 juin 1837. […] Dès 1827, il commença de se lier avec les écrivains et poètes de l’école nouvelle, vers laquelle l’attirait une vive inclination. […] Sa vocation, ce semble, si elle avait pu se développer naturellement, eût été le commerce des poètes, des artistes, parmi lesquels il n’aurait pris, à titre de poète lui-même, qu’une place modeste ; il se faisait de l’art une si haute idée, il avait un tel dédain du goût vulgaire, qu’il n’admettait guère les essais incomplets et qu’il ne voulait que les œuvres sûres. […] Auguste Préault sur cette sympathique figure de poète, et que n’eût point rejeté l’auteur des Portraits contemporains et des Premiers Lundis. c’est qu’il y a eu un très beau portrait, genre Titien, de Fontaney par le peintre Louis Boulanger. […] Un autre poète, ami de l’illustre critique, M. 

470. (1903) Le mouvement poétique français de 1867 à 1900. [2] Dictionnaire « Dictionnaire bibliographique et critique des principaux poètes français du XIXe siècle — H — Hervilly, Ernest d’ (1839-1911) »

C’est que le poète Kami est l’un des plus aimés parmi les poètes japonais, et l’on eut été navré si le succès n’avait pas épousé la Belle Saïnara. […] Le Bonhomme Misère, trois actes en vers, montre, dans un cadre de légende du moyen âge, que ce poète est aussi un philosophe à ses heures, mais qu’en somme c’est, chez lui, la poésie qui l’emporte. [Anthologie des poètes français du xix e siècle (1887-1888).] […] Aucun ennui n’est à redouter avec M. d’Hervilly ; il ne traverse pas de solitude desséchante ; il nous conduit au hasard, c’est vrai : on a chance d’arriver, si on l’accompagne, dans quelque champ de foire peuplé de femmes sauvages et de créatures monstrueuses… Le poète n’a pas de préférences ; il passe de l’Algérie à la Chine et du Sénégal au Groenland. […] Charles Le Goffic Poète, il est l’auteur de la Lanterne en verres de couleurs  ; des Baisers ; du Harem ; du Grand Saint-Antoine-de-Padoue ; des Bêtes à Paris.

471. (1862) Portraits littéraires. Tome II (nouv. éd.) « Molière »

Notre poëte rompit dès lors avec sa famille et les Poquelin ; il prit nom Molière. […] Contradiction sublime et qu’on aime dans la vie du grand poëte ! […] Vrai poète de drame, ses ouvrages sont en scène, en action ; il ne les écrit pas, pour ainsi dire, il les joue. […] Ces espèces de légendes n’ont cours qu’à l’occasion de poètes vraiment populaires. […] On peut tirer de cette théorie une conclusion immédiatement applicable à un éminent poëte de nos jours.

472. (1857) Cours familier de littérature. IV « XXIIe entretien. Sur le caractère et les œuvres de Béranger » pp. 253-364

Laissons donc le poète des heureux, et revenons au poète du peuple. […] Jamais un pays ne se personnifia davantage dans son poète. […] Derrière le rideau il y a un tribun dans le soldat, dans le peuple, dans le poète. […] Mais les emprisonnements du poète donnaient des ailes plus fortes à ses chants. […] Son poète lui-même lui jetait la poussière dans les yeux.

473. (1862) Notices des œuvres de Shakespeare

Mais il a su enrichir l’idée du poëte latin par l’apparence nouvelle qu’il lui donne et les incidents qu’il a multipliés. […] On verra quel intérêt dramatique le poëte a ajouté à ce récit déjà intéressant. […] Ce caractère est vraiment une concession que le poète a faite à son âme naturellement grande et tendre. […] Ainsi crée le poëte, et tel est le génie poétique. […] On conçoit qu’un véritable poëte ait écarté une semblable image.

474. (1903) Le mouvement poétique français de 1867 à 1900. [2] Dictionnaire « Dictionnaire bibliographique et critique des principaux poètes français du XIXe siècle — D — Dupuy, Ernest (1849-1918) »

Jules Tellier Je retrouve l’influence de Hugo près de celle de Sully chez un autre poète philosophe, M.  […] [Nos poètes (1888).] Jean Ajalbert Peu de poètes ont, comme l’auteur des Parques , taillé en plein verbe le « misérable néant de la grâce effacée », « le désabusement de l’erreur d’être nés » ! […] Écoutez (le poète s’interroge si la mort est la fin) : Non, ce pesant silence est lui-même un mensonge, Ce sommeil décevant durera moins qu’un songe, Ce tableau du néant n’est qu’une illusion. […] En jetant son nom au Congrès des poètes, je ne désire qu’inciter quelques camarades à lire des pages admirables, qui valent d’être mises en lumière.

475. (1870) Nouveaux lundis. Tome XII « Madame Desbordes-Valmore. »

, que pouvaient signifier de telles initiales à cette date, sinon le grand poète régnant, Alphonse de Lamartine ? […] Mais non, ils sont faits pour la gloire du poète, pour montrer son âme dans ce qu’elle a de sublime et de gracieuse pitié. […] Je crois que madame votre mère était poëte jusque dans le moindre signe, jusque dans le moindre soin. […] La postérité commençait pour l’humble poète. […] Le talent est comme le pommier : le poète, pour porter tous ses fruits, a besoin d’avoir reçu aux racines de la vie sa blessure.

476. (1859) Cours familier de littérature. VII « XLIe entretien. Littérature dramatique de l’Allemagne. Troisième partie de Goethe. — Schiller » pp. 313-392

» La mère du poète, naïve et rêveuse comme les filles de l’Allemagne, était poète elle-même sans avoir cultivé jamais la poésie comme un art. […] La jeune fille ne se doute pas des sentiments du poète, se marie, et meurt dans la fleur de son printemps. […] Elle avait pour amie une femme poète, Caroline de Günderode, chanoinesse d’un des chapitres d’Allemagne. […] Elle alla à Weimar pour l’adorer de plus près ; elle enivra le poète, elle ne le fléchit pas. […] Les grands écrivains, les grands orateurs, les grands philosophes, les grands poètes, les grands critiques, où sont-ils ?

477. (1867) Nouveaux lundis. Tome VII « Anthologie grecque traduite pour la première fois en français, et de la question des anciens et des modernes, (suite et fin.) »

J’ai souvent regretté qu’un travail tout spécial n’ait pas été fait en ce sens sur deux poètes amis qui vivaient du temps de Justinien, Agathias et Paul le Silentiaire, avocats tous deux, poètes et amoureux dans leur jeunesse, et qui devinrent, par la suite, des hommes sérieux comme on dit, l’un historien, l’autre fonctionnaire. […] Ménard, qui est peintre et poète, et même chimiste, me dit-on, et aussi un peu polythéiste (c’est évident), a des pages où brillent et respirent la lumière et la flamme qu’il a puisées dans la vive méditation de son sujet. […] C’est là que grandit, pour la gloire et le bonheur de l’espèce humaine, ce peuple artiste et poète qui s’éleva à la connaissance de la justice par le culte de la beauté. » Le livre de M.  […] Il en est ainsi des grands poètes : ils doivent être lus souvent et étudiés avec révérence, avant qu’un esprit neuf puisse acquérir quelque chose comme une connaissance égale à leur mérite. […] Le trait saillant me paraît saisi ; vous avez, par quelques mots, traduit pour des Français la situation respective des deux poètes dans la première phase de leur vie.

478. (1865) Causeries du lundi. Tome VII (3e éd.) « La Fontaine. » pp. 518-536

La Fontaine vint à Paris, plut à Fouquet, bon juge de l’esprit, et le voilà transporté tout d’un coup au milieu de la société la plus brillante, devenu le poète ordinaire des merveilles et des magnificences de Vaux. […] Ceux qui, sur la foi de quelques anecdotes exagérées, se font de lui une sorte de rêveur toujours absent, ont raison de n’y rien comprendre : mais c’est que l’aimable poète n’était point ce qu’ils se figurent. […] Si le règne de Fouquet avait duré, il eût été à craindre que le poète ne s’y relâchât et ne se laissât aller en tous sens aux pentes, aux fuites trop faciles de sa veine. […] Pourquoi donc La Fontaine a-t-il su être un grand poète dans ce même genre de la fable ? […] Le poète a essayé depuis de nous la montrer en prose, mais ses vers ne le disaient pas.

479. (1903) Le mouvement poétique français de 1867 à 1900. [2] Dictionnaire « Dictionnaire bibliographique et critique des principaux poètes français du XIXe siècle — F — Frémine, Charles (1841-1906) »

Auguste Vacquerie C’est un poète et un vrai. […] [Anthologie des poètes français du xixe  siècle (1887-1888).] […] [Anthologie des poètes français du xixe  siècle (1887-1888).] […] L’admirable poème des Pommiers, d’une si noble carrure antique et si virilement filial, suffirait à la popularité d’un poète qui n’aurait pas, comme Charles Frémine, conquis depuis longtemps sa gloire de prince des poètes normands : Quand les récoltes sont rentrées Et que l’hiver est revenu, Des arbres en files serrées Se déroulent sur le sol nu.

480. (1824) Observations sur la tragédie romantique pp. 5-40

Entendez enfin les applaudissements de l’Europe, qui proclament la supériorité des poètes du Nord. […] Ce qu’il y a de plus difficile à expliquer, c’est la bonne contenance des dames anglaises aux pièces du grand poète. […] Nos grands poètes empruntent un sujet pour le mieux disposer, des scènes, pour les lier plus étroitement ; des détails ou des expressions, pour les inventer dans notre langue. […] Ne réprouvons pourtant pas la pompe théâtrale, quand elle est une des conceptions du poète, ou l’un des développements naturels de son sujet. […] Est-ce, ainsi qu’on l’a prétendu, est-ce uniquement afin que le poète ait le mérite d’avoir vaincu des difficultés ?

481. (1862) Portraits littéraires. Tome I (nouv. éd.) « Pierre Corneille »

C’est un beau moment pour le critique comme pour le poëte que celui où l’un et l’autre peuvent, chacun dans un juste sens, s’écrier avec cet ancien : Je l’ai trouvé ! Le poëte trouve la région où son génie peut vivre et se déployer désormais ; le critique trouve l’instinct et la loi de ce génie. Si le statuaire, qui est aussi à sa façon un magnifique biographe, et qui fixe en marbre aux yeux l’idée du poëte, pouvait toujours choisir l’instant où le poëte se ressemble le plus à lui-même, nul doute qu’il ne le saisît au jour et à l’heure où le premier rayon de gloire vient illuminer ce front puissant et sombre. […] L’effet que produisit sur le poëte ce déchaînement de la critique fut tel qu’on peut le conclure d’après le caractère de son talent et de son esprit. […] La touche du poëte est rude, sévère et vigoureuse.

482. (1906) La nouvelle littérature, 1895-1905 « Deuxième partie. L’évolution des genres — Chapitre V. Le mouvement régionaliste. Les jeunes en province » pp. 221-231

Charles Guérin, l’admirable et délicat poète du Cœur solitaire et de l’Homme intérieur, les noms de MM.  […] Fournier-Lefort, Louis de Romeuf, Olivier de la Fayette, le poète du Rêve des Jours. […] Presque tous ces jeunes hommes sont des poètes. […] Pierre Fons, le poète de l’Heure Amoureuse et Funéraire. […] Gaubert : Congrès des Poètes (Mercure de France, octobre 1899).

483. (1824) Ébauches d’une poétique dramatique « De la comédie chez les Anciens. » pp. 25-29

La comédie ne fut d’abord qu’un tissu d’injures adressées aux passants par des vendangeurs barbouillés de lie ; mais Cratès, à l’exemple d’Epicharmus et de Phormis, poètes siciliens, l’éleva sur un théâtre plus décent et dans un ordre plus régulier. […] Telle fut la comédie dite ancienne, dont le trop fameux Aristophane, poète grec, vivant vers l’an du monde 3680, est regardé comme le fondateur, ne respectant ni les mœurs, ni les lois, ni les vertus, ni la société. […] Les poètes continuèrent alors la comédie moyenne, dans laquelle ils se contentèrent de désigner les objets de leur censure, dont ils adoucirent l’âcreté. […] Cette sorte d’intrigue est celle qui produit un plus grand effet, parce que le spectateur, indépendamment de ses réflexions sur l’art du poète, est bien plus flatté d’imputer les obstacles qui surviennent, au caprice du hasard, qu’à la malignité des maîtres ou des valets. […] Mais les poètes ne se continrent pas toujours dans ces bornes : les chœurs furent composés ensuite, ou de personnages satiriques, ou de personnages qui recevaient des traits de satire qui rejaillissaient indirectement sur les principaux citoyens.

484. (1827) Principes de la philosophie de l’histoire (trad. Michelet) « Principes de la philosophie de l’histoire — Livre troisième. Découverte du véritable Homère — Chapitre VI. Observations philologiques, qui serviront à la découverte de véritable Homère » pp. 274-277

Nous avons déjà dit plus haut que toutes les anciennes histoires profanes commencent par des fables ; que les peuples barbares, sans communication avec le reste du monde, comme les anciens Germains et les Américains, conservaient en vers l’histoire de leurs premiers temps ; que l’histoire romaine particulièrement fut d’abord écrite par des poètes, et qu’au moyen âge celle de l’Italie le fut aussi par des poètes latins. — 2. […] Homère lui-même nous représente toujours aveugles les poètes qui chantent à la table des grands ; c’est un aveugle qui paraît au banquet d’Alcinoüs et à celui des amants de Pénélope. — Les aveugles ont une mémoire étonnante. […] Les chronologistes ont donc pris un soin puéril en le plaçant trente ans avant Homère, tandis qu’il dut venir après les Pisistratides.On pourrait cependant attaquer cette opinion en considérant Hésiode comme un de ces poètes cycliques, qui chantèrent toute l’histoire fabuleuse des Grecs, depuis l’origine de leur théogonie jusqu’au retour d’Ulysse à Itaque, et en les plaçant dans la même classe que les rapsodes homériques. Ces poètes dont le nom vient de κύκλος, cercle, ne purent être que des hommes du peuple qui, les jours de fêtes, chantaient les fables à la multitude rassemblée en cercle autour d’eux. […] Hésiode, considéré comme un poète cyclique, qui raconte toutes les fables relatives aux dieux de la Grèce, aurait précédé Homère.

485. (1871) Portraits contemporains. Tome V (4e éd.) « APPENDICE. — CASIMIR DELAVIGNE, page 192. » pp. 470-486

Il y a dans ces premiers choix du talent un instinct qui rarement égare ; le vrai poëte a bientôt démêlé ce qu’il aime, comme Achille saisissait un glaive parmi les parures de femme. […] Aussi qu’est-il résulté pour le poëte de cette position équivoque et de cette audace mêlée de timidité ? […] Mais, sans chicaner pour un titre, et en allant au fond des choses, je demanderai au poëte laquelle des sept pièces lui a été inspirée par une idée haute et grande ? […] Ici, tous les mérites du poëte sont retrouvés : style pur, nobles images, douce chaleur, mélodie parfaite. […] Permettant à la période une grande extension, il exige du poëte une sévérité extrême pour réprimer les longueurs auxquelles l’entraînerait la négligence.

486. (1862) Portraits littéraires. Tome I (nouv. éd.) « Racine — II »

Étienne, dans son discours de réception à l’Académie, déclare qu’il admire Molière bien plus comme philosophe que comme poëte. […] les premiers mois d’inaction passés, comme le cerveau du poète va fermenter et se remplir ! […] toutes ces ravissantes figures, toutes ces apparitions enchantées souriront au poëte et l’appelleront à elles du sein de leur nuage. […] En un mot, c’était la disposition lyrique qui prévalait évidemment dans le poëte, et qui le plus souvent, au défaut d’épanchement convenable, débordait dans ces larmes dont nous avons parlé. […] Il est permis de supposer, malgré ce qu’on a vu plus haut, que le poëte donna secrètement à la Champmeslé quelques larmes et quelques prières.

487. (1862) Portraits littéraires. Tome II (nouv. éd.) « M. de Fontanes »

Mais, à l’époque où naquit le poëte, ce n’étaient plus là que des souvenirs. […] Voilà de la sensibilité de poëte, mais bien modeste et docile. […] » Ainsi au poète mélancolique, délicat, pur, élevé, noble, mais un peu désabusé, parlait l’ardent poète avec grandeur. […] Poëte d’avant 89, critique de 1800, il va devenir orateur impérial. […] Son imagination l’avait fait, avant tout, poëte, c’est-à-dire volage.

488. (1920) La mêlée symboliste. II. 1890-1900 « L’Âge héroïque du Symbolisme » pp. 5-17

Ce n’étaient pas des poètes méconnus qu’une gloire soudaine sortait de l’ombre. C’étaient des poètes oubliés. […] Il n’y a pas que des démolisseurs parmi les poètes nouveaux et si la phalange sacrée compte des fumistes et des plaisantins, il y a aussi des apôtres et des missionnaires d’une foi haute. […] Ces poètes ont leur jour. […] Mallarmé, poète fonctionnaire, père de famille aux habitudes régulières, s’accommode parfaitement de la correction bourgeoise.

489. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXVIII » pp. 305-318

C’étaient ces femmes-là que le poète voulait attaquer sous le nom de Femmes savantes. […] Le vice du sujet, et la manière dont Molière l’a traité, annoncent assez que l’opinion de la haute société pesait tout à la fois sur la cour et sur le poète, et n’embarrassait pas moins celui-ci qu’elle n’importunait l’autre. […] Il est fort probable que les directions primitives de l’esprit du poète ont été tournées contre la haute société et contre les hommes de lettres qui s’y étaient attachés ; que les atteindre a été son but secret. […] Un poète qui peint des caractères fait comme le peintre de paysage : il emprunte des détails partout où il en trouve qui rient à son imagination et conviennent à ses vues ; il les rapproche, il les sépare de manière à en tirer des effets. Il en est ainsi des poètes et des moralistes même.

490. (1781) Les trois siecles de la littérature françoise, ou tableau de l'esprit de nos écrivains depuis François I, jusqu'en 1781. Tome IV « Les trois siecles de la littérature françoise.ABCD — R. — article » pp. 24-41

Notre Poëte a eu l’avantage de s’exercer sur une matiere infiniment riche de son propre fonds, & il a su y répandre toutes les beautés dont elle étoit susceptible. […] La sécheresse des matieres abstraires y disparoît sous l’abondance des images ; le Théologien y est toujours d’accord avec le Poëte, & le Poëte toujours égal, toujours fécond dans la diversité des sujets & dans la maniere de les traiter. […] Le Poëte s’y écarte trop souvent de son sujet. […] Sous prétexte d’être exact dans l’expression, le Poëte a dénué ses Vers de Poésie. […] Le même Poëte n’a pas eu besoin d’employer le nom de Ramoneur, quand il a dit : J’estime plus ces honnêtes enfans.

491. (1889) Les contemporains. Études et portraits littéraires. Quatrième série «  M. Taine.  »

Et l’effet est d’autant plus saisissant que le poète, sans doute, ne l’avait ni cherché ni prévu. […] Le poète y place une « flore inconnue ». […] ton art est cruel, misérable poète ! […] Sully-Prudhomme est le moins sensuel et le plus précis des poètes : il pense et définit au lieu de sentir et de chanter. […] J’aime cet effort désespéré d’un poète triste et lucide pour exprimer l’ivresse et la joie.

492. (1904) Prostitués. Études critiques sur les gens de lettres d’aujourd’hui « Chapitre IX. Le trottoir du Boul’ Mich’ »

Trolliet consent aux opinions admises et adresse aux poètes consacrés des louanges et des reproches que nous connaissons. […] Louis Arnould et elle étudie le poète Racan. […] Il écrase le frêle poète sous un in-octavo de près de six cents pages. […] Elles chantent en termes lyriques Bernard de Ventadour, « le poète ineffable de l’amour ». […] Vous savez, dit-il, Bébé est poète ; et, quand on est poète, on est nécessairement critique.

493. (1920) La mêlée symboliste. I. 1870-1890 « Conclusions » pp. 178-180

En 1890 il n’a pas donné tous ses fruits, mais tous ses poètes de premier plan se sont manifestés. […] Les poètes de cette école ont chacun leur conception particulière du Symbolisme et il y a, chez eux, cette diversité que l’on retrouve chez les poètes de toutes les écoles. […] On trouve même chez les symbolistes des poètes comme Albert Samain et Laurent Tailhade, restés fidèles à la formule parnassienne, mais tous sont imprégnés du même esprit nouveau et se marquent initiateurs par un certain côté de leur doctrine. […] La plupart des poètes ont repris de Baudelaire le mode de se raconter, comme dit Laforgue, sur un ton modéré de confessionnal.

494. (1870) Portraits contemporains. Tome II (4e éd.) « M. ALFRED DE MUSSET. » pp. 177-201

Les Contes d’Espagne et d’Italie, publiés en janvier 1830, annonçaient hautement un poëte. […] Sa fuite empressée, le soir, quand son coursier l’emporte au rendez-vous, provoque la bénédiction imprévue et presque tendre que le poëte envoie à l’amant. […] Quel était donc ce cœur de poëte qui avait tant de pitié de la blancheur des marbres ? […] car, pour poëte, il l’était manifestement, même au fort de sa débauche. […] Il n’est pire fléau qu’un méchant poëte, ni de plus acharné, sous prétexte qu’il parle la langue des dieux.

495. (1853) Histoire de la littérature dramatique. Tome II « Chapitre V. Comment finissent les comédiennes » pp. 216-393

» disent-ils avec le poète ! […] En ceci, le poète anglais va plus loin que le conteur d’Italie. […] À ces louanges du poète, le chœur répond qu’il faut en effet accorder mille récompenses au poète Aristophane ! […] De quel côté nous viendra le nouveau poète ? […] Et pour entrer en jeu, savez-vous ce qu’il avait fait, le hardi poète ?

496. (1862) Portraits littéraires. Tome I (nouv. éd.) « Des soirées littéraires ou les poètes entre eux »

— Allons, poëte, exécutez-vous de bonne grâce ! […] L’ami du poëte, le confident de ses jeunes mystères, comme a dit encore Chénier, a besoin d’entrer dans les ménagements d’une sensibilité qui ne se découvre à lui qu’avec pudeur et parce qu’elle espère au fond un complice. […] Un autre vœu moins chimérique, un désir moins vaste et bien légitime que forme l’âme en s’ouvrant à la poésie, c’est d’obtenir accès jusqu’à l’illustre poëte contemporain qu’elle préfère, dont les rayons l’ont d’abord touchée, et de gagner une secrète place dans son cœur. […] A défaut de ces choix resserrés et éternels, il peut exister de poëte à poëte une mâle familiarité, à laquelle il est beau d’être admis, et dont l’impression franche dédommage sans peine des petits attroupements concertés. […] En général, moins les rencontres entre poètes qui s’aiment ont de but littéraire, plus elles donnent de vrai bonheur et laissent d’agréables pensées.

497. (1920) La mêlée symboliste. I. 1870-1890 « La Plume » pp. 129-149

Ceux qui voulaient s’instruire et puiser aux sources ou simplement se tenir au courant, éprouvaient mille difficultés ; les nouveaux poètes rédigeaient bien des journaux et des revues, mais ils ignoraient l’art de les répandre ; il fallait, pour les trouver, exécuter de pénibles traversées et gagner le lointain Odéon. […] Elle fut cela, et plus que cela, car, non contente de s’occuper de littérature, elle s’intéressa à tous les arts ; elle organisa des numéros spéciaux pour les groupes de poètes des provinces diverses, donnant ainsi une grande impulsion au mouvement décentralisateur qui occupe tant, à l’heure actuelle, les bons esprits. […] Des groupes d’étudiants, de poètes, d’artistes, reconnaissables au complet de velours à côtes et au feutre de mousquetaire, descendent en longues théories de Montparnasse, de Montmartre et des Batignolles, et s’engouffrent dans le café. […] Albert Mérat dit : « C’est gentil, Mais ça manqu’de poètes ! […] Même aux soirées de la Plume, j’ai vu le Poète s’imposer, un temps, la correction suprême d’un faux col anglais et d’un haut de forme, retrouvé derrière un meuble lors d’un déménagement.

498. (1902) L’humanisme. Figaro

Peut-être se récriera-t-il à ce mot : il s’en allait en guerre contre un parti d’athées, et le voici qui tombe dans une assemblée de poètes. […] Il y a un philosophe inconscient dans tout poète digne de ce nom. […] Un poète, qui plus tard fit exactement — et heureusement !  […] Poètes, chantons la vie : c’est notre vraie façon, à nous, d’y collaborer. […] Je fus un homme. » Poètes d’aujourd’hui et de demain — et par ce mot j’entends, au beau sens étymologique, tous ceux qui créent, — soyons des hommes !

499. (1761) Querelles littéraires, ou Mémoires pour servir à l’histoire des révolutions de la république des lettres, depuis Homère jusqu’à nos jours. Tome II « Querelles générales, ou querelles sur de grands sujets. — Troisième Partie. De la Poësie. — III. Le Poëme épique, ou l’Épopée. » pp. 275-353

Tout autre objet ne leur sembloit pas devoir allumer l’imagination d’un poëte honnête homme. […] Il les cita, dans un de ses ouvrages, comme un des meilleurs morceaux de ce poëte. […] Un poëte ne doit être traduit qu’en poëte. […] On y avance qu’il n’a rien de ce qui décide le grand poëte, & un génie créateur. […] C’est le poëte qui a le mieux versifié.

500. (1856) Réalisme, numéros 1-2 pp. 1-32

poètes ! […] Il n’y a pas d’endroit plus agité qu’un salon rempli de poètes. […] … le poète est aigle, les prosateurs sont des canards ! […] Oui, mais seraient-ils poètes ? […] Que d’hommes savent chanter comme font les poètes !

501. (1893) Alfred de Musset

Elle a ses poètes, qui traduisent ses sentiments et ses aspirations. […] Ce qu’il faut à l’artiste ou au poète, c’est l’émotion. […] Le poète y est revenu plus d’une fois, et cela lui a toujours porté bonheur. […] dit le poète. […] Il prend le parti de chanter à sa mode et devient un poète célèbre.

502. (1902) Le problème du style. Questions d’art, de littérature et de grammaire

Homère est un poète. […] C’est un guide, et non pas un poète. […] Surtout la France est, plus que jamais, la terre des poètes. […] M. de Régnier, qui n’a que des mélancolies dédaigneuses et symboliques, n’est ni un poète familier ni un poète tendre. […] La réputation d’un poète est l’œuvre des poètes.

503. (1920) La mêlée symboliste. II. 1890-1900 « Le symbolisme ésotérique » pp. 91-110

L’Église se méfie des poètes, qu’elle considère comme des insurgés. […] Édouard Schuré, un autre philosophe poète idéaliste, nous explique pourquoi il s’est détaché de l’Église. […] Aux adeptes se mêlent les poètes. […] Tout vrai poète, est d’instinct un initié. […] Nous y gagnerions une certitude, mais les poètes y perdraient une belle source de pathétique.

504. (1759) Observations sur l’art de traduire en général, et sur cet essai de traduction en particulier

Faut-il s’étonner qu’elle soit l’écueil des traducteurs, comme elle est celui des poètes ? […] On a demandé si les poètes pouvaient être traduits en vers surtout dans notre langue, qui n’admet point, comme l’italien et l’anglais, les vers non rimes, et qui ne permet rien ni au traducteur ni au poète ? Plusieurs de nos écrivains, par amour pour les difficultés, ou pour la poésie, ont prétendu qu’on ne pouvait rendre les poètes en prose, que c’était les défigurer, les dépouiller de leur principal charme, la mesure et l’harmonie. […] Traduire un poète en prose, c’est mettre en récitatif un air mesuré ; le traduire en vers, c’est changer un air mesuré en un autre qui peut ne lui céder en rien, mais qui n’est pas le même. […] Mais que faut-il donc faire pour bien connaître les poètes qui ont écrit dans une langue étrangère ?

505. (1875) Premiers lundis. Tome III « De l’audience accordée à M. Victor Hugo »

Tout le monde, en effet, a deviné le motif qui amenait le poëte devant le roi75 ; et ce motif n’était pas seulement une affaire privée : c’était aussi, et avant tout, une grave question d’art et de liberté que M.  […] Si, en cette circonstance, le poëte a bien compris son rôle, comme nous pensons qu’il l’a fait, il a dû, dès les premiers mots, et profitant de la faveur d’un auguste accueil, amener la question de ce qu’elle pouvait avoir de trop personnel à des termes plus généraux, plus raisonnés, et dans lesquels il se sentait plus à l’aise pour en appeler à l’esprit éclairé et bienveillant de son royal interlocuteur. […] Et d’ailleurs, si le poète avait rappelé au roi qu’en l’état actuel des esprits, une pièce de théâtre, composée avec conscience et venue d’un certain côté littéraire, ne devait produire, par sa chute ou son succès, qu’un résultat bien étranger assurément à toute passion politique, le roi aurait bien pu, sans doute, à demi-voix et avec un sourire, prononcer ce terrible mot de romantisme ; mais il eût été facile de démontrer à sa bienveillante attention, que ces débats sont au fond bien moins frivoles, même sous le rapport politique, qu’on ne pourrait le penser. […] Le poète aurait pu dire encore qu’il avait, fort jeune, et en plus d’une circonstance mémorable, donné à la monarchie et au prince d’humbles gages qu’il ne séparait point, dans sa pensée, des autres gages qu’on devait donner aussi aux libertés et aux institutions du pays ; il aurait pu (et le roi l’eût cru sans peine) protester de son aversion contre toute malice détournée, de sa sincérité d’artiste, de sa bonne foi impartiale à l’égard des personnages que lui livrait l’histoire ; et, alors, la conversation tombant sur le caractère de Louis XIII, et sur le plus ou moins de danger ou de convenance qu’il y aurait à le laisser paraître dans la pièce en litige, le poëte eût pu expliquer à loisir à l’auguste Bourbon que le drame n’ajoutait rien là-dessus, retranchait bien plutôt à ce qu’autorisait la franchise sévère de l’histoire, et que l’image de temps si éloignés et si différents des nôtres ne pouvait le moins du monde paraître une indirecte contrefaçon du présent. […] Toutefois, au milieu des bruits divers dont nous avons tâché de recueillir ici les plus probables, la discrétion bien concevable du poëte ne nous assure d’autre chose positive que de l’attention constamment bienveillante de son royal interlocuteur.

506. (1733) Réflexions critiques sur la poésie et la peinture « Première partie — Section 28, de la vrai-semblance en poësie » pp. 237-242

Ainsi le poëte qui feint une avanture honorable à son heros pour le rendre plus grand, n’est pas un imposteur, quoique l’historien qui feroit la même chose passât pour tel. On n’a rien à reprocher au poëte, si son invention ne choque point la vrai-semblance, et si le fait qu’il imagine est tel qu’il ait pû arriver veritablement. […] Je n’entens pas ici par impossible ce qui est au-dessus des forces humaines, mais ce qui paroît impossible, même en se prêtant à toutes les suppositions que le poëte sçauroit faire. […] Quinault, intitulée le faux Tiberinus , où le poëte suppose que Tiberinus roi d’Albe étant mort dans une expedition, un de ses generaux, afin d’empêcher le découragement des troupes, dérobe à leur connoissance la mort du roi. […] Comme rien ne détruit plus la vrai-semblance d’un fait que la connoissance certaine que peut avoir le spectateur que le fait est arrivé autrement que le poëte ne le raconte : je crois que les poëtes qui contredisent dans leurs ouvrages des faits historiques très-connus, nuisent beaucoup à la vrai-semblance de leurs fictions.

507. (1827) Principes de la philosophie de l’histoire (trad. Michelet) « Principes de la philosophie de l’histoire — Livre troisième. Découverte du véritable Homère — Chapitre VII » pp. 278-283

C’est le génie de cet âge qui fit d’Homère un poète incomparable. […] Aussi ni la philosophie, ni la poétique ou la critique, qui vinrent plus tard, n’ont pu jamais faire un poète qui approchât seulement d’Homère. — 6. Grâces à notre découverte, Homère est assuré désormais des trois titres immortels qui lui ont été donnés, d’avoir été le fondateur de la civilisation grecque, le père de tous les autres poètes, et la source des diverses philosophies de la Grèce. […] Il ne pouvait être regardé comme le père des poètes, puisqu’avant lui avaient fleuri les poètes théologiens, tels qu’Orphée, Amphion, Linus et Musée ; les chronologistes y joignent Hésiode en le plaçant trente ans avant Homère. Il fut même devancé par plusieurs poètes héroïques, au rapport de Cicéron (Brutus) ; Eusèbe les nomme dans sa Préparation évangélique ; ce sont Philamon, Thémiride, Démodocus, Épiménide, Aristée, etc. — Enfin, on ne pouvait voir en lui la source des diverses philosophies de la Grèce, puisque nous avons démontré dans le second Livre que les philosophes ne trouvèrent point leurs doctrines dans les fables homériques, mais qu’ils les y rattachèrent.

508. (1903) Le mouvement poétique français de 1867 à 1900. [2] Dictionnaire « Dictionnaire bibliographique et critique des principaux poètes français du XIXe siècle — S — Saint-Pol-Roux (1861-1940) »

Saint-Pol-Roux, la Procession qu’imagina son rêve, — et mon ravissement au spectacle des splendides reposoirs que son art sincère édifia… Il sera celui qu’il a défini, le Poète : l’entière humanité dans un seul homme, — car il marche, hautain, à la conquête de l’avenir, en semant, avec le geste large des forts, à la volée, le bon grain d’où naîtront des fleurs éternelles comme les pierreries. […] Holbein, peignant, d’un pinceau profond, les bas-reliefs de sa Danse Macabre, ainsi le maître de la Mort de Marie et les naïfs poètes du moyen âge ! […] Ce jugement d’un poète ami est le nôtre aussi. […] Qu’un admirable poète, Saint-Pol-Roux, ait inventé cette image et fait, autour, bondir les passions d’une tragédie, c’est un espoir d’humanité rêveuse. […] Bürger, le poète de la ballade de Lenore , saluerait en lui son plus authentique disciple, qui le dépasse d’ailleurs de cent coudées — ou plutôt, pour rester dans la note, de cent cubitus.

509. (1885) Préfaces tirées des Œuvres complètes de Victor Hugo « Préfaces des recueils poétiques — Préfaces des « Orientales » (1829) — Préface de l’édition originale »

Hors de là, la critique n’a pas de raison à demander, le poëte pas de compte à rendre. […] L’espace et le temps sont au poëte. Que le poëte donc aille où il veut, en faisant ce qui lui plaît ; c’est la loi. […] Le poëte est libre. […] D’ailleurs il avait toujours eu une vive sympathie de poète, qu’on lui pardonne d’usurper un moment ce titre, pour le monde oriental.

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