Je trouvais Daudet triste, très triste, et il me disait que tant qu’il a eu des jambes, tant qu’il pouvait aller, marcher, quoi qu’il pût craindre, il y avait chez lui une tranquillité d’esprit, parce qu’il tenait si peu à sa peau… mais que maintenant, il se sentait mal à l’aise moralement, inquiet, tourmenté par l’idée de ne plus se sentir le défenseur de sa maison, le protecteur des siens. […] Voyant un moment les yeux du docteur se tourner vers le petit plâtre, d’un geste allant de sa mère à sa triste personne, elle disait : « C’est cela seul qui peut me faire supporter la vie, la vie telle que je l’ai ! […] C’était Morny qui disait au frère de Daudet, quand il faisait jouer L’Idole, pièce se passant entre des vieux : « C’est bien triste !
C’est une vie philosophique et qui nous présente Yousouf comme un sage méditatif, un peu triste dans son amour hautain et rempli d’une quasi certitude du mal universel. […] Il plante ses souvenirs, le boulevard Voltaire, ses douces mortifications, et Léonie, et le triste pèlerin qui va, le dos courbé, le long des ruisseaux de Paris, pouir s’ébattre au milieu des êtres éternels et des soleils. […] La famille du gérant, séant à son couvert, Pour finir le souper, attaque le gruyère, Une femme belle danse et pleure, triste Ophélie. […] Tous ses livres de vers : Le Temps blanc, Le Temps rouge, L’homme crie contiennent de tristes hurlements, il nie tout, se nie soi-même.
Non, ce n’est pas moi, et je suis si triste, si vraie, chère âme généreuse, que je ne mérite pas l’ombre de la moquerie, si innocente qu’elle soit de votre part.
Au 9 thermidor, la dictature républicaine a cessé, et pour la seconde fois l’anarchie recommence, non plus cette anarchie vive, confiante, aventureuse, animée au fond d’une seule pensée et d’une seule espérance, telle qu’on la vit du 14 juillet au 10 août, dans les luttes du peuple avec le trône ; mais une anarchie plus triste et parfois même Hideuse, plus en proie aux petites intrigues qu’aux grandes passions, pleine de peurs et de remords, de mécomptes et de rancunes, de découragement et de désespoir, espèce d’acharnement misérable entre des vaincus et des blessés sur un champ de bataille tout sanglant.