On devine pourtant et l’on rêve à plaisir ce petit monde heureux, d’après quelques épîtres réciproques et quelques vers épars : Abel, mon jeune Abel, et Trudaine et son frère, Ces vieilles amitiés de l’enfance première, Quand tous quatre muets, sous un maître inhumain, Jadis au châtiment nous présentions la main ; Et mon frère, et Le Brun, les Muses elles-mêmes ; De Pange fugitif de ces neuf Sœurs qu’il aime : Voilà le cercle entier qui, le soir quelquefois, A des vers, non sans peine obtenus de ma voix, Prête une oreille amie et cependant sévère. […] Peut-être en de plus heureux temps J’ai moi-même, à l’aspect des pleurs de l’infortune, Détourné mes regards distraits ; A mon tour aujourd’hui mon malheur importune : Vivez, amis, vivez en paix42. […] On lit en marge d’une édition de La Fontaine annotée par lui, à propos du poëme de la Captivité de saint Malc : « Ce petit poëme, quoique le sujet en soit pieux, est rempli d’intérêt, de vers heureux et de beautés neuves. » 40.
Alors l’homme élu. dans les entrailles duquel toutes les souffrances de l’humanité doivent retentir ; qui doit sentir en son sein s’amasser douloureusement un amour immense ; qui doit concevoir en sa tête féconde la forme nouvelle, plus large et plus heureuse, de l’association humaine ; cet homme vraiment divin, ce poëte, cet artiste, ce révélateur fils de Dieu, est déjà né ; que ce soit Moïse, Orphée, Jésus, Confucius ou Mahomet, il grandit, se développe miraculeusement, se perfectionne avant tous ses contemporains ; véritable fruit providentiel, il mûrit et se dore sous un soleil encore voilé pour d’autres, mais dont la chaleur lui arrive déjà, à lui, parce qu’il est au foyer de l’univers, et qu’il ne perd pas un seul des rayons de Dieu. […] Vous la supposez dès l’abord à votre insu, et vous serez ensuite tout heureux de la découvrir ; mais prenez-y garde, et ne croyez pas avoir saisi la clef des choses, car c’est vous qui l’y aurez mise. […] Ce sont là d’heureuses inconséquences dont nous le félicitons, et dont nous ne félicitons pas moins son auditoire ; les saillies du maître rectifient souvent sa doctrine dans l’esprit des disciples.
Ses Poèmes saturniens ont attiré l’attention de tous ceux que préoccupe encore un beau vers, un sonnet bien établi, un heureux choix de mots, de rimes et de rythmes servant à l’exécution d’un beau poème. […] Alors une voix lui dit : « Tu es le meilleur et le plus heureux ». […] Tu es le meilleur et le plus heureux. » [La Vie littéraire (1892).]
Elle était jeune et ne savait pas le nombre de ses années, et voici qu’elle a vieilli en un jour ; elle avait l’œil splendide et superbe, et sur son front rayonnaient, en caractères éclatants, ses pensées heureuses et sereines, et voici que son regard s’est voilé, que les rides anguleuses ont inscrit sur son front sa plainte et sa douleur. […] Heureux, trois fois heureux ceux qui n’ont pas attendu trop tard pour se deviner, et qui se sont quittés à temps !
Il a un milieu à tenir, pour contenter à la fois les spectateurs ou les lecteurs qui n’aiment point à voir heurter les idées reçues, & les poëtes eux-mêmes, auxquels il faut laisser ces grands traits, ces coups de force & de lumière, cette heureuse hardiesse, par laquelle seule il passe à la postérité. […] Si l’ambassade ne fut pas heureuse, & si le pape ne se rendit point à de si pressantes sollicitations, c’est que la poësie, non plus que l’éloquence, n’a pas toujours son effet. […] Ce poëte Grec, Latin, Italien & François, avoit encore plus de zèle que de talent pour l’art des vers, quoiqu’il en ait fait d’assez heureux.
Et, en effet, le caractère de ces lilliputiennes comédies, c’était la faculté très inattendue, dans un journal très hardi et qui, comme un postillon de noce, n’avait pas peur de verser dans toutes les ornières, de se risquer avec une grâce incomparablement audacieuse et… heureuse sur les bords les plus glissants de cet abîme de l’indécence qui fait tourner la tête aux imaginations pudiques, et de se retenir… et de n’y tomber jamais… Est-ce assez rare, cela ? […] Hélène le passe très bien, enchantée, heureuse, enivrée de le passer. […] Elle été sentie pourtant à la Vie Parisienne ; mais elle l’a été précisément pour ce qui manque à l’Orpheline, — la gaîté du trait et son risque heureux.
Libanius ne fut pas assez heureux pour avoir ce tort dans ses ouvrages. […] Cet éloge, où un particulier loue un prince avec lequel il a quelque temps vécu dans l’obscurité, pouvait être précieux ; le souvenir des études de leur jeunesse et cette heureuse époque où l’âme, encore neuve et presque sans passions, commence à s’ouvrir au plaisir de sentir et de connaître, devait répandre un intérêt doux sur cet ouvrage ; mais nous ne l’avons plus, et nous n’en pouvons juger ; nous savons seulement qu’il était écrit en grec. […] L’âme n’est heureuse que lorsqu’elle redevient libre ; et pour les gens de bien, souvent la mort est une récompense.
Xénophane les dénombre tous, et déclare que le plus heureux vainqueur de Pise ne vaut pas un philosophe, « car, dit-il85, notre sagesse est plus précieuse que la vigueur des hommes ou que celle des chevaux. […] Le philosophe qui les dédaignait ainsi était lui-même un Grec d’Asie, conservant quelque chose de la mollesse élégante que le voisinage de la Lydie et l’heureuse ressemblance avec ce climat donnaient aux habitants du rivage ionien, « dans ces villes où », dit-il lui-même, « lorsqu’elles n’avaient pas encore subi la hideuse tyrannie, ou allait par milliers à l’assemblée publique, avec des robes artistement travaillées, et une parure de longs cheveux liés et parfumée d’encens ». […] Mais cette renommée posthume, que le déclin superstitieux de la Grèce devait attacher un jour à ce philosophe jugé par Aristote plus physicien que poëte, n’est qu’un témoignage imparfait de l’empire bienfaisant qu’il avait eu, dans l’heureuse civilisation de la Grèce.
Il est en toutes choses une première fleur, une première et large moisson ; ces heureux mortels y portent la main et couchent à terre en une fois des milliers de gerbes ; après eux, autour d’eux, les autres s’évertuent, épient et glanent. […] Ces imitations, en un mot, ne sont le plus souvent pour nous que le résumé heureux de toute une famille d’esprits et de tout un passé comique dans un nouveau type original et supérieur, comme un enfant aimé du ciel qui, sous un air de jeunesse, exprime à la fois tous ses aïeux. […] Aussi le mariage ne ralentit point mes empressements : mais je lui trouvai tant d’indifférence que je commençai à m’apercevoir que toute ma précaution avoit été inutile, et que ce qu’elle sentoit pour moi étoit bien éloigné de ce que j’avois souhaité pour être heureux. […] L’ingénieux critique allemand Tieck a essayé de discerner la personne de Shakspeare dans quelques profils secondaires de ses drames, dans les Horatio ; les Antonio, aimables et heureuses figures. […] Baron lui répondit que ses ouvrages avoient toujours une heureuse réussite à les examiner de près, et que plus on les représentoit, plus on les goûtoit.
Est-ce à la surveillance secrète de sa mère, à la protection de quelque tuteur, ami de son père, qu’il dut cette direction heureuse ? […] L’auteur du poëme de la Religion, à quelques égards le père de la poésie descriptive au xviiie siècle, dut accueillir les vers élégants dont lui-même avait enseigné l’heureux tour dans son morceau sur le nid de l’hirondelle, sur la circulation de la sève et ailleurs. […] Aussi heureux qu’on pouvait l’être en ces heureuses années, l’aimable poëte n’eut plus que des douceurs, qu’interrompaient à peine, de loin en loin, quelques critiques épigrammatiques, des plis de rose. […] Diderot va la voir, en est enchanté, il ne sera heureux que là : il revient en ville, l’été se passe sans qu’il retourne là-bas. […] C’est qu’au spectacle du printemps l’imagination joint celui des saisons qui le doivent suivre ; à ces tendres bourgeons que l’œil aperçoit, elle ajoute les fleurs, les fruits, les ombrages, quelquefois les mystères qu’ils peuvent couvrir… » Le poète versificateur avait encore ici puisé l’inspiration dans la prose, et, bien qu’avec une liberté heureuse, il s’était souvenu de Rousseau47.
Il est heureux peut-être pour l’Europe que le caractère de l’Allemagne se refuse ainsi à l’unité ; car, si l’Allemagne était une, l’Europe serait peut-être vassale de la Germanie. […] L’intelligence heureuse s’y joue sans paraître s’y briser sur aucun point, comme la lumière s’y joue sans se heurter à aucun angle. […] dit-il ; irai-je feuilleter ces milliers de volumes pour lire que partout les hommes se sont agités de même pour améliorer leur sort et qu’un homme heureux n’a jamais vécu ? […] Pendant qu’ils s’éloignent, une scène de badinage amoureux, naïve et tendre, se laisse entrevoir et entendre dans un petit pavillon du fond du jardin entre les deux amants heureux de leurs aveux, affligés de leur séparation. […] Monstre, ne vois-tu pas combien cette âme fidèle et sincère, toute remplie de sa foi, qui suffit à la rendre heureuse, souffre saintement de se sentir forcée à croire perdu l’homme qu’elle chérit entre tous ?
Oui, je l’avoue, les simples sont les plus heureux ; est-ce une raison pour ne pas s’élever ? […] Mais il ne s’agit pas d’être heureux, il s’agit d’être parfait. […] qu’il est heureux que la passion se charge de ces cruelles exécutions ! […] Malheur à qui fait les révolutions ; heureux qui en hérite ! […] Si tous étaient aussi cultivés que moi, tous seraient comme moi dans l’heureuse impossibilité de mal faire.
C’est fermé… Et ce soir, nous sommes heureux de dîner en famille, dans un cénacle de cabotins, et de recevoir les vœux de bonne année d’un traître du boulevard ! […] 27 janvier Nous sommes heureux, contents, en un état de tranquillité, que nous n’avons pas goûté depuis longtemps. […] Parce que nous avons des sens trop fins pour être heureux, et des aptitudes merveilleuses pour nous empoisonner le bonheur, sitôt qu’il y en a un semblant en nous. […] Elle était moitié heureuse de sa toilette, comme un enfant, moitié confuse, comme une personne qui se sentirait à peu près nue. […] » C’est étonnant comme nous, les hommes, même quand nous ne voulons, ne désirons rien d’une femme, nous sommes heureux cependant que l’amitié de cette femme ressemble parfois à de l’amour.
Tout ce que Shakspeare a ajouté à ce fond, déjà si intéressant, n’est pas également heureux et probable. […] — et ils partirent et arrivèrent à Chypre après la navigation la plus heureuse. […] Célie, plus silencieuse et plus tendre, forme avec elle un heureux contraste. […] La navigation ne fut pas heureuse, et le navire échoua sur les côtes de Bohême. […] Il semble que Shakspeare ait voulu peindre ici, sous leurs différents points de vue, les premiers beaux jours d’un heureux mariage.
L’heureuse fécondité de cet écrivain est, en effet, proverbiale. […] Mais après cette heureuse rencontre, combien d’obstacles restent à vaincre ! […] Les sonnets souvent ne valent pas grand-chose, mais la mode est heureuse qui pousse à les écrire. […] De cet heureux sujet de chronique, M. […] J’ai noté l’heureuse influence de son esprit sur les jeunes gens qui s’en imprègnent.
« Je vis heureux, écrivait-il. […] Et c’est pourquoi, sur la fin de sa vie, il fut heureux de pouvoir revenir à sa besogne d’artisan. […] Bellessort nomme d’un nom heureux : « le miracle suédois ». […] Déjà l’annonce seule de ces conférences avait eu cet heureux effet de déterminer M. […] Un grand savoir et la plus heureuse mémoire ont permis à M.
Ce qui fait à mes yeux une grande partie de l’intérêt des écrits de d’Argenson et ce qui doit les rendre précieux pour quiconque aime la vérité, c’est que tout y est successif et selon l’instant même ; il ne rédige pas ses mémoires après coup en résumant dans un raccourci plus ou moins heureux ses souvenirs ; il écrit chaque jour ce qu’il sait, ce qu’il sent ; il l’écrit non pas en vue d’un public prochain ou posthume, mais pour sa postérité tout au plus et ses enfants, et surtout pour lui, pour lui seul en robe de chambre et en bonnet de nuit. […] Immoler soi heureux à soi grand, quelle folie ! […] Ce ne sont partout à ses yeux qu’iniquités heureuses et triomphes apparents de l’injuste sur l’innocent. […] Je me bornerai à dire avec lui : « N’ayant aucune intrigue à la Cour, il est aisé de sentir ce qui en arrive : tout ce qu’on fait de bien est peu senti, ou est attribué à d’autres, et la moindre faute qu’on peut faire devient un crime qui vous met à découvert. » Et à un autre endroit, trouvant à son fils M. de Paulmy, alors ambassadeur en Suisse, quelques-unes des qualités de mesure, d’insinuation et d’adresse qu’il n’avait pas, il dit, par un retour sur lui-même et en indiquant le contraste : « Il loue…, il approuve, il sait réduire ses idées et les diminuer quand il faut ; on est bien heureux d’être de cette souplesse, car il faut plaire pour réussir ; les hommes sont plus difficiles que les affaires 20 ».
J’avais dû à un heureux hasard, ou mieux, à une indication délicate, de le lire il y a déjà quelque temps, et j’en avais extrait pour moi quelques belles et douces pensées. […] Heureux, ajoutait-elle d’une manière charmante, ceux qui font durer pendant quarante ans ce crépuscule qui sépare la dernière jeunesse de la première vieillesse ! […] » Et le religieux Channing, au contraire, dans le dernier été qu’il passa sur la terre, entendant agiter en sa présence la question de savoir quel était l’âge le plus heureux de la vie, disait en souriant que c’était à environ soixante ans ; il avait alors cet âge. […] Elle nous a exprimé en quelques traits heureux la physionomie même du savant et de l’homme : M. de Tracy était humilié de croire, il voulait savoir33.
Il y mit même des vers, et voici de lui quelques Stances fort jolies que je suis heureux d’en détacher. […] Une remarque pourtant, et bien essentielle, se place ici, aux origines de son talent, et se vérifie dans tout le cours de son œuvre : une veine y fait défaut ; absence heureuse ! […] ajoute l’aventurier, une belle fille au sein nu, elle tient les dés du joueur heureux. » — « Oh ! fait le marchand, le bonheur ne joue pas, il calcule. » Le moine vient à son tour : — « L’heureux croit, mes frères, la beauté prie. » Mais tout à coup : — « Malédiction !
Ses talents, son intelligence, sa spécialité de courage et d’habileté, on venait de les voir à l’œuvre par un de ces soleils qui ne laissent rien dans l’ombre, et la suite des épreuves, même en des circonstances moins heureuses, ne fera que les confirmer. […] La vue de ces trois mouchoirs blancs faisant bandeau sur le visage de trois officiers à cheval eut cela d’heureux quelle changea subitement la fureur du peuple en surprise et bientôt en gaieté : ils durent à cela peut-être de ne point être écharpés et mis en pièces. […] Le capitaine de Saint-Joseph, beau-frère du maréchal Suchet, fut plus heureux : « Le 26 du mois de septembre (1809), dans l’après-midi, nous étions à table, nous raconte-t-il, lorsque le gouverneur de l’Alhambra, qui rarement était venu nous voir, suivi de l’adjudant et de l’officier de garde, entra dans noire appartement, et me montrant une lettre : « Vous partez pour être échangé », me dit-il. — « Nous partons ! […] « Plusieurs officiers non moins heureux qu’intrépides avaient réussi à traverser la ligne anglaise pour donner avis de ce qui se passait soit dans Gênes, soit à l’armée.
Parlons donc de ce volume que solennise d’abord au frontispice le nom de M. de Chateaubriand éditeur, parlons-en comme s’il était déjà public : trop heureux si nous hâtions ce moment et si nous provoquions une seconde édition accessible à la juste curiosité de tous lecteurs ! […] Lui qui avait besoin, pour déployer ses ailes, qu’il fit beau dans la société autour de lui, il trouvait à sa portée d’heureux espaces ; et j’aime à le considérer comme le type le plus élevé de ces connaisseurs encore répandus alors dans un monde qu’ils charmaient, comme le plus original de ces gens de goût finissants, et parmi ces conseillers et ces juges comme le plus inspirateur. […] Heureux ceux qui, toujours les mêmes, sont sortis purs de tant de crimes et sains de tant d’affreux périls ! […] Notre intelligence est blessée ; il nous pardonnera, si nous lui donnons tout entier ce qui peut nous rester de sain. » Il comprenait la piété, le plus beau et le plus délié de tous les sentiments, comme on a vu qu’il entendait la poésie ; il y voyait des harmonies touchantes avec le dernier âge de la vie : « Il n’y a d’heureux par la vieillesse que le vieux prêtre et ceux qui lui ressemblent. » Il s’élevait et cheminait dans ce bonheur en avançant ; la vieillesse lui apparaissait comme purifiée du corps et voisine des Dieux.
Nous sommes trop heureux que la postérité ait pris soin elle-même de distinguer par un mot si expressif cette époque des précédentes. […] Mais il est très-vrai que ce prince avait assez peu de lumières, malgré le vernis d’une éducation tardive, et quelques vers heureux qui rappellent ceux de son aïeul, Charles d’Orléans. […] Ces tours si vifs et si heureux cette élégance peu ornée, parce que l’ornement gâterait le sens, ces proverbes populaires semés dans l’entretien à l’appui des réflexions, ce sont les vraies traditions de la comédie, et de tous ces ouvrages de formes diverses, dont la vie sociale est la matière. […] La Renaissance venant en aide à son heureux naturel, l’arracha bientôt à ces misérables jeux d’esprit.
Je fus assez heureux pour que le nom de mon cher ami Mallarmé, déjà si honorablement connu d’un tout petit choix d’élus parmi l’élite des raffinés et des curieux compétents, retentît cette fois un peu plus fort et allât taquiner l’oreille de la Presse. […] Jules Lemaître est le plus heureux des hommes : il vient de faire jouer à l’Odéon une pièce qui n’a pas été sifflée. […] « Nous postposerons, à la suite, des variantes contradictoires propres, comme il nous semble, pour atténuer les lacunes et masquer les effondrements, heureux si nous érigeâmes ce “Grande signum et insigne” qu’atteste, dans une prose épiphanique, le Missel de Cluny, si nous pûmes restituer aux Lettres humaines ces Reliquaires jusqu’alors épars : les Rythmes effeuillés du Divin Jeune Homme, pareils aux clous d’or que sème, en la frappant du pied, l’Hippogriphe conculcateur de l’Omnipotente Béotie. […] « Et tandis que Lutèce imbriaque se vautre dans son excrément, heureuse du César de louage 11 qu’elle s’est donné, nous, les linostoles verts des futures néoménies, conglorifiant, sur tels modes exténués, le stérile hymen des impubères chers, nous déploierons les banderoles, fervents du seul Amour et des lauriers que, pour nos tempes, fait croître en ses jardins Lesbos immarcessible.
.), il y a quelque mouvement, des vers heureux, parfois brillants ; d’autres fins ou spirituels. […] Tout l’enfer s’alluma dans son cœur agité… Napoline pourtant est femme, et elle se contient dans le premier moment : …………………… Elle cause, elle rit ; Comme une femme heureuse, elle fait de l’esprit ; Elle jette des mots piquants ; chacun l’écoute ; Elle est un peu moqueuse et méchante, sans doute ; Son esprit excité venge son cœur souffrant : Le mal que l’un reçoit, c’est l’autre qui le rend. […] Mais on a eu au début des scènes vives et risquées, des scènes où la passion de l’esclave heureux est hardiment produite. […] Des mots heureux, imprévus, tout à fait drôles, font oublier l’absence du fond ; elle a du facétieux.
Un jour, à l’Opéra, il se trouvait dans la loge du jeune Dauphin, fils de Louis XIV, quand M. de Montausier entra : « J’étais à la joie de mon cœur, dit-il ; Rabat-Joie arriva. » Le chancelier de L’Hôpital en personne, voyant en cet état son indigne descendant, n’aurait pas ressenti plus de mépris : Madame ou mademoiselle, car je ne sais comment vous appeler, lui dit M. de Montausier en le saluant ironiquement, J’avoue que vous êtes belle, mais, en vérité, n’avez-vous point de honte de porter un pareil habillement, et de faire la femme, puisque vous êtes assez heureux pour ne l’être pas ? […] Heureuse postérité, si ces deux instruments étaient, chacun dans sa sphère, également bien employés ! […] Parlant d’un saint prêtre qu’il rencontre à Batavia, il le peindra avec une expression heureuse et simple : « C’est un vénérable vieillard qui a été près de trente ans à la Cochinchine ou au Tonquin : sa vie passée lui met sur le visage une gaieté perpétuelle. » Choisy est modeste, il ne se fait point valoir, et c’est une des grâces de son esprit de ne jamais prétendre à plus qu’il ne doit. […] Et il continue de tout voir en beau et de démontrer à son ami de France comme quoi les journées passent comme des instants, et qu’il est à bord le plus heureux des hommes : « Le bréviaire, les conférences, l’Écriture sainte, le portugais, le siamois, la sphère, un peu d’échecs, bonne chère sur le tout, et de la gaieté : faites mieux si vous le pouvez. » Nous commençons, n’est-ce pas ?
Vous y voyez l’établissement définitif, la consolidation du mal ; moi, je persiste à le regarder comme un événement heureux dans toutes les suppositions possibles. […] » Il est inépuisable en images heureuses pour exprimer cette terrible lenteur, qui, sans déjouer son profond espoir, peut en ajourner le terme jusqu’à des temps qu’il ne verra pas. […] Je serais bien heureux si Sa Majesté me déchiffrait comme lui. […] Les souvenirs dans certaines positions sont épouvantables ; je ne vois au-delà que les remords. » Longtemps on ne crut avoir dans le comte Joseph de Maistre qu’un homme d’un esprit supérieur et qu’un cerveau de génie ; aujourd’hui on est heureux de trouver tout simplement en lui un homme et un cœur.
Je dois croire, à ce procédé, que les marques de ma tendresse vous touchent peu ; elle est cependant d’une nature à espérer un plus heureux sort. […] Elle ne reçoit des nouvelles que de ricochet et par les Français qui servent dans l’armée impériale ; elle s’en plaint avec douceur, avec timidité, comme quelqu’un qui se sent à peine des droits : Je suis bien heureuse que les Français qui sont dans votre armée n’aient point encore oublié leur patrie, car sans leur secours, malgré le peu de disposition que j’ai de vous croire coupable, je serais toujours dans des alarmes que votre situation ne fait que trop naître. […] Faites donc réflexion à tout cela, mon cher maître, et que ma seule ambition est votre conservation, vous seul pouvant me rendre heureuse. […] Il s’était finalement retranché dans une philosophie épicurienne à laquelle son tempérament le portait assez, et qui était celle de Rabelais et du Temple : « Dans toutes les persécutions qu’on m’a faites, je n’ai perdu ni mon bon appétit, ni ma bonne humeur : heureux sont ceux qui ont leur philosophie dans le sang !
S’imaginer qu’ils deviendraient plus heureux parce qu’ils changeraient de cocarde, blanche, rouge, ou tricolore, pure absurdité ; erreur sur la nature de leur être et sur leur destin. […] Le grand poète était Tennyson : fut-il jamais plus heureuse vie ? […] Imprudente, la femme qui ose réveiller ainsi les puissances jalouses qui défendent aux mortels d’être heureux. […] La brise heureuse cesse de souffler ; les voiles s’affaissent ; c’est le calme plat. […] Mais cet état, comparé aux situations heureuses où elle s’est trouvée, lui devient bientôt désagréable, et la peine qu’elle souffre est ce que nous appelons ennui.
rappelaient éloquemment combien il était heureux, pour lui et les siens, d’avoir été « délivrés » un siècle avant ! […] Le père, homme pratique, a repoussé sa demande en objectant que son enfant ne serait pas heureuse avec lui. […] Le jeune Frémiet fut trop heureux d’être l’un des sculpteurs qu’elle employait. […] Si cela était, je m’estimerais trop heureux et mon ambition serait amplement satisfaite. […] Ils n’ont pas Virgile, et on les dit heureux, parce qu’ils ont des ascenseurs.
Heureux qui peut connaître la raison des choses ! […] Nous verrons par la faute de qui, après s’être ouverte sous de si heureux auspices, elle dégénéra si violemment ; de quelle manière elle changea la France en république, et comment, sur les débris de celle-ci, elle éleva l’empire.
Procédant d’après des règles expresses de poétique et de politique, elle oubliait trop ce vœu d’un de ses talents les plus indépendants : Heureux qui ne veut rien tenter ! Heureux qui ne vit que pour vivre, Qui ne chante que pour chanter !
Et comme on est heureux de l’aimer ! […] J’ai su connaître là toute la grâce tourangelle, sa ligne heureuse et grave, et sa mollesse lumineuse.