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1331. (1866) Petite comédie de la critique littéraire, ou Molière selon trois écoles philosophiques « Introduction » pp. 3-17

Vous faites comme notre amoureux de tout à l’heure, qui, s’il adore une femme aux yeux d’un bleu tendre et aux cheveux d’un blond cendré, s’écrie avec l’accent de l’enthousiasme et de la foi : « Voilà le fond d’une vraie beauté ! 

1332. (1870) De l’intelligence. Deuxième partie : Les diverses sortes de connaissances « Note sur les éléments et la formation de l’idée du moi » pp. 465-474

. — Il me semblait que quelque chose tendait à m’isoler du monde extérieur ; en même temps, il se faisait comme une atmosphère obscure autour de ma personne ; je voyais cependant très bien qu’il faisait grand jour.

1333. (1895) Histoire de la littérature française « Cinquième partie. Le dix-huitième siècle — Livre III. Les tempéraments et les idées — Chapitre I. Un retardataire : Saint-Simon »

Saint-Simon donna à plein dans le piège tendu par la royauté : trouvant les voies de l’ambition fermées, il se jeta furieusement dans celles de la vanité.

1334. (1892) Les contemporains. Études et portraits littéraires. Cinquième série « Guy de Maupassant »

Mais, ici, le supplice paraît plus cruel encore, étant plus profondément et plus minutieusement décrit, et les âmes suppliciées étant plus nobles et plus tendres.

1335. (1920) La mêlée symboliste. II. 1890-1900 « Conclusions » pp. 169-178

La Terre semble flotter dans l’espace, baignée des nuances tendres de l’Arc-en-ciel.

1336. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XV » pp. 175-187

Cette habitude de respect a été remplacée, dans la famille, par la familiarité plus tendre, qui a autorisé le tutoiement réciproque entre les enfants et leurs parents.

1337. (1781) Les trois siecles de la littérature françoise, ou tableau de l'esprit de nos écrivains depuis François I, jusqu'en 1781. Tome IV « Les trois siecles de la littérature françoise.ABCD — R. — article » pp. 140-155

Du côté du style, un tissu séduisant de tout ce que l’imagination a de plus brillant & de plus riche, de tout ce que le sentiment a de plus chaud & de plus énergique, de tout ce que l’expression a de plus mâle, de plus tendre, de plus pittoresque, & de plus élégant.

1338. (1761) Querelles littéraires, ou Mémoires pour servir à l’histoire des révolutions de la république des lettres, depuis Homère jusqu’à nos jours. Tome I « Mémoires pour servir à l’histoire des gens-de-lettres ; et principalement de leurs querelles. Querelles particulières, ou querelles d’auteur à auteur. — Corneille, et le cardinal de Richelieu. » pp. 237-252

Et d’où vient en effet cet intérêt si vif & si tendre qu’on prend à Zaïre ?

1339. (1824) Notes sur les fables de La Fontaine « Livre onzième. »

Il les pleure, il s’occupe du soin d’honorer leur mémoire, il leur élève un cénotaphe : ce qui suppose un intérêt tendre, car enfin leurs corps étaient dispersés.

1340. (1818) Essai sur les institutions sociales « Chapitre XI. Troisième partie. Conséquences de l’émancipation de la pensée dans la sphère des idées politiques. » pp. 350-362

Les peuples continueront de différer par les mœurs, mais ils tendront toujours à se rapprocher par les opinions.

1341. (1895) Les œuvres et les hommes. Journalistes et polémistes, chroniqueurs et pamphlétaires. XV « Auguste Vitu » pp. 103-115

Dans ces débats qui durèrent longtemps, et dans lesquels tout Paris se poussa pour voir ce noble spectacle d’un homme qui fait face à tout et qui est plus fort d’agilité, de sang-froid, de fascination et de ressources, que les odieux rétiaires qui voulaient le prendre dans les questions qu’ils lui tendaient pour le jeter à ses bourreaux ; dans ces débats, Suleau, on peut le dire, médusa ses juges de sa beauté, de son impassibilité, de sa moquerie, de sa grâce dans l’impertinence.

1342. (1890) Les œuvres et les hommes. Littérature étrangère. XII « Lessing »

On sent qu’il ne l’emploie que dans un noble but, cette plaisanterie qui, d’elle-même, tend en bas, et à laquelle il faut donner, comme il l’a fait, de plus hautes destinations.

1343. (1860) Les œuvres et les hommes. Les philosophes et les écrivains religieux (première série). I « V. Saint-René Taillandier »

Taillandier, ce tendre Fénelon de la religion libre de l’infini, M. 

1344. (1906) Les œuvres et les hommes. Poésie et poètes. XXIII « Lefèvre-Deumier »

Pathétique et sarcastique à la fois, Lionel d’Arquenay est un roman profond et amer, ironique et tendre, dont le premier volume a été écrit avec la plume du lord Byron de Don Juan, et le second… on ne sait plus avec quelle plume !

1345. (1906) Les œuvres et les hommes. Poésie et poètes. XXIII « Roger de Beauvoir »

… Et la rose du soir sur tant de folles têtes… ce n’est pas, enfin, Un cœur blessé, quand il fut tendre Un fou tué sous son esprit, qui peut jamais être cette grotesque gargouille de Scarron, qui vomissait l’esprit comme les gargouilles des toits vomissent l’eau sale !

1346. (1862) Les œuvres et les hommes. Les poètes (première série). III « M. Th. Gautier. Émaux et Camées »

Il n’en dit pas le côté noyé, voilé et tendre.

1347. (1862) Les œuvres et les hommes. Les poètes (première série). III « M. Le Conte de l’Isle. Poëmes antiques. »

Dans un temps où la langue serait forte, la Critique punirait peut-être le poète de cette impiété et de cette profanation, mais nous ne sommes plus au temps du grand Corneille où l’on disait Brute et Cassie, et où ce qui doit changer le moins, même les noms propres, devenaient français sous les plumes fières… À présent nous n’avons plus, il est vrai, cette insolence d’orgueil, et ce n’est pas seulement à l’expression étrangère que nous allons tendre des mains mendiantes, c’est à l’inspiration elle-même !

1348. (1906) Les idées égalitaires. Étude sociologique « Conclusion »

N’est-il pas vraisemblable, par exemple, que, là où les hommes se jugent égaux, ils s’assimileront naturellement les uns aux autres, et tendront à unifier leurs groupes ?

1349. (1773) Essai sur les éloges « Chapitre VIII. De Platon considéré comme panégyriste de Socrate. »

Depuis, il avait été témoin des honneurs extraordinaires rendus à sa mémoire ; il avait vu les Athéniens, ce peuple léger, cruel et sensible, qui tour à tour féroce et tendre, après l’avoir laissé périr, le vengeait.

1350. (1827) Principes de la philosophie de l’histoire (trad. Michelet) « Principes de la philosophie de l’histoire — Livre premier. Des principes — Chapitre IV. De la méthode » pp. 81-92

N’est-il pas naturel en effet que la Providence divine ayant pour instrument la toute-puissance, exécute ses décrets par des moyens aussi faciles que le sont les usages et coutumes suivis librement par les hommes… que, conseillée par la sagesse infinie, tout ce qu’elle dispose soit ordre et harmonie… qu’ayant pour fin son immense bonté, elle n’ordonne rien qui ne tende à un bien toujours supérieur à celui que les hommes se sont proposé ?

1351. (1827) Principes de la philosophie de l’histoire (trad. Michelet) « Principes de la philosophie de l’histoire — Livre cinquième. Retour des mêmes révolutions lorsque les sociétés détruites se relèvent de leurs ruines — Chapitre IV. Conclusion. — D’une république éternelle fondée dans la nature par la providence divine, et qui est la meilleure possible dans chacune de ses formes diverses » pp. 376-387

Les nations tendent par la corruption à se diviser, à se détruire elles-mêmes, et de leurs débris dispersés dans les solitudes, elles renaissent, et se renouvellent, semblables au phénix de la fable. — Qui put faire tout cela ?

1352. (1859) Essais sur le génie de Pindare et sur la poésie lyrique « Deuxième partie. — Chapitre XIX. »

Est-ce le chrétien, le poëte, l’époux séparé mais tendre, qui se montre le plus dans ces vers de Paulin à Thérésia : « Viens, compagne inséparable de mon sort !

1353. (1854) Causeries littéraires pp. 1-353

Cet Étienne, bien que l’auteur n’ait pas voulu en faire le héros de son livre, en est le personnage le plus intéressant : cœur tendre, dévoué, chevaleresque sans fadeur, une de ces âmes généreuses, prédestinées à donner en amour plus qu’elles ne reçoivent, qui le savent d’avance, et qui s’y résignent. […] Comparez à ces vers informes ceux où Agnès de Méranie exhale ses tendres et poétiques regrets : Philippe, mon seigneur, chère âme de ma vie ! […] Charles Reynaud nous associe aux impressions de la vie rustique, et nous y ramène sans cesse par ce côté délicat et tendre des sentiments humains qu’effarouche le tumulte des villes et qui ne se développe librement qu’à la campagne. […] C’est assez pour qu’on accepte ce livre comme un terrain neutre où l’orthodoxie peut tendre la main au philosophe et signer avec lui un traité de paix. […] Sa précoce intelligence répondait parfaitement aux tendres soins du roi28. » On le voit, les ombres grandissantes se sont déjà étendues sur ce jeune front.

1354. (1890) Impressions de théâtre. Quatrième série

Les mystères d’Eleusis étaient la religion des âmes tendres et des intelligences épurées. […] Il tend, par-dessus les âges, une main à Rabelais et l’autre à Voltaire. […] » Et Silvia, tout en lui coulant en dessous le regard le plus tendre, répond : « Hélas ! […] Cette exquise héroïne de roman commet une abominable trahison parce qu’elle a la peau tendre. […] Et, tandis que Putois, menaçant, va prévenir la police, Rolande arrive la première auprès de Montmorin et lui tend un revolver.

1355. (1891) La bataille littéraire. Quatrième série (1887-1888) pp. 1-398

Il n’eut que le temps de se relever : Dallas tendait ses jambes, envoyait des coups de pied convulsifs dans le vide. […] J’allais bouder dans un coin, et rien ne parvenait à me dérider, à m’attirer à nouveau vers ses bras tendus. […] Tenez… et il tendit à son ami un billet qu’il avait, ouvert devant lui, sur sa table. […] Dans son cou maigre et tendu, des creux profonds se formaient à chaque aspiration. […] Ô si douces avec leurs yeux de bonne route Et si tendres avec leurs voix de colombes indicatrices.

1356. (1868) Rapport sur le progrès des lettres pp. 1-184

Par contraste, Brizeux, dans son idylle de Marie, exprima l’amour pur de l’adolescence, le souvenir nostalgique de la lande natale et ce retour à la vie champêtre qu’inspire aux âmes tendres la fatigue de l’existence des villes. […] laisse donc briller les fleurs, murmurer les arbres, et cesse de semer çà et là de tendres plaintes impuissantes, car voici venir une école virile et faite pour cles armes ! […] Mais bientôt il reprend le ton léger, tendre, spirituel ou comique qui convient à son instrument, car après tout Nadaud, quoique poëte, est un véritable chansonnier ! […] Dans son premier volume, qui date de 1865 et qui porte le titre de Stances et Poëmes, les moindres pièces ont ce mérite d’être composées, d’avoir un commencement, un milieu et une fin, de tendre à un but, d’exprimer une idée précise. […] Elle tend les deux bras à l’enfant, qui s’appuie sur ses genoux.

1357. (1902) Le chemin de velours. Nouvelles dissociations d’idées

Tout progrès finit par se nier lui-même ; arrivé à son maximum d’expansion, il tend à rétablir l’état primitif auquel il s’était substitué. […] Il tendit des filets onctueux. […] — Si les auteurs modernes veulent rajeunir les vieux moules, c’est que tout tend vers le progrès… à reculons. […] Il semble que tous les efforts de leurs maîtres aient tendu à leur imposer une rigoureuse discipline de préservation. […] Elle tend à l’action politique.

1358. (1809) Tableau de la littérature française au dix-huitième siècle

On voyait que, dans ses ouvrages, tout commençait à tendre au même but, ou, pour parler plus exactement, à marcher dans le même sens. […] Rien, dans ses compositions ni dans son style, ne semble tendre à l’effet. […] Quelque vif que fût son désir de rattacher le moral au physique, il n’a pu approcher du but où il tendait ; et il a eu assez peu de philosophie pour se montrer amoureux de cette opinion, qu’il ne pouvait parvenir à démontrer. […] Le genre qu’il cultiva tendait à le jeter dans ces défauts. […] En effet, cet esprit public tendait de plus en plus au changement, sans trop savoir ce qui devait être changé.

1359. (1886) Le roman russe pp. -351

Amour, instincts, tout ce qu’il y avait de tendre et de passionné dans la femme s’était concentré dans le sentiment maternel. […] Un homme, la bouche et les mains tendues en avant, semble vouloir sauter sur les épaules de ses voisins pour mieux voir. […] Sur les balcons tendus d’étoffes le monde aristocratique est assis. […] Toute sa force de pensée se tend sur cette idée fixe. […] Son regard n’était pas tendu de ce côté et son esprit était prévenu.

1360. (1889) Derniers essais de critique et d’histoire

En chaque pays l’appétit va dans le sens du tempérament ; partant ici tout ce qui irrite et tend la fibre vivante flatte le goût du palais sentant. […] Il se rabat sur la grâce sentimentale, et, sur son plafond d’azur tendre, il peint des déesses pensives qui seraient mieux dans un album. […] Elles s’écrient et tendent les bras avec un douloureux désir vers les enchantements de l’éblouissante féerie ; Quelques-uns, à tout prix, ont voulu la saisir et se sont précipités. […] On peut admettre que, dans une nation livrée à elle-même, les traits nationaux tendent à s’approfondir, et que, partant, le caractère national tend à s’exagérer. […] Le premier, l’homme naturel, était bon et même tendre.

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