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962. (1892) La vie littéraire. Quatrième série pp. -362

. — Où ces militaires, demandait-on, étaient-ils allés chercher des phrases si baroques et si ridicules ? […] Il y a même des années, et pourtant je puis citer de mémoire, sans crainte de me tromper, une phrase entière de ce livre, une de ces phrases comme on en trouve dans Chateaubriand et dans Flaubert, qui feraient croire que la prose française, maniée par un grand artiste, est plus belle que les plus beaux vers. […] En prose sa phrase est forte et souple. […] C’est ce qui a sans aucun doute, permis à Chateaubriand d’écrire la phrase dont il s’agit et dans laquelle le mot van est la traduction littérale d’ άθηρηλοιγός . […] Ils étaient très littéraires et croyaient de bonne foi qu’il n’y a pas d’occupation plus digne d’un honnête homme que de faire de longues phrases ou de petits vers.

963. (1772) Bibliothèque d’un homme de goût, ou Avis sur le choix des meilleurs livres écrits en notre langue sur tous les genres de sciences et de littérature. Tome II « Bibliotheque d’un homme de goût — Chapitre IV. Des Livres nécessaires pour l’étude de l’Histoire. » pp. 87-211

A l’exception d’un fort petit nombre de mots ou de locutions, la latinité y est assez pure, & il y a beaucoup d’apparence qu’il employa ordinairement les propres termes & les phrases mêmes de Trogue. […] Ils cherchent les phrases, & les phrases doivent se présenter d’elles-mêmes à un historien digne de ce nom. […] Il a parfaitement réussi à cet égard ; sa phrase est une sentence continuelle qui renferme un grand sens.

964. (1920) Action, n° 2, mars 1920

Un certain arrêt brusque de l’épanchement, une certaine façon de transformer les larmes en des prismes et de s’en amuser, juste au moment où elles allaient couler et mourir, un certain retroussis des phrases comme si chacune, en sa sage charité, n’était qu’un rideau prêt à se déchirer sur une folle féerie, on rencontre tous ces indices à travers le développement élégiaque de Saint-Matorel. […] — Par phrases sèches et paragraphiées, un essai d’esthétique et une défense contre les pillards de lettres. […] Plus de phrases sentimentalement belles et inutiles. […] Tout le monde copie sa manière, qui consiste à déchiqueter les phrases, à les amputer, à couper ici un adjectif, ici le verbe, de sorte qu’il n’en reste plus que des torses qu’on admire parce qu’ils épouvantent.

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