La Traduction du Traité de la Paix & de la Guerre par Grotius, prouve que M. l’Héritier étoit aussi mince Traducteur, que Poëte médiocre & mauvais Historien.
Ce prétendu Poëte n’étoit au fond qu’un Rimeur, dont les Vers n’ont guere été connus que de lui seul & de l’Imprimeur, qui fut forcé de les lire avant de les mettre sous presse.
Ses Observations critiques sur les Remarques de Grammaire sur Racine, par M. l'Abbé d'Olivet, ne tendent point à justifier ce Poëte contre la sévérité du Grammairien, ce qui prouve assez peu de discernement.
Ce Poëte n'a travaillé que pour les Histrions de la Foire, ce qui l'a fait surnommer le Voltaire des Boulevards : aussi est-il, dit-on, fort célebre parmi les Danseurs de corde & tout le petit peuple baladin, qui le regardent comme un Grand Homme, & qui l'ont néanmoins laissé mourir dans un Hôpital.
Un poëme ne peut faire d’effet s’il n’est élégant : c’est un des principaux mérites de Virgile : Horace est bien moins élégant dans ses satyres, dans ses épîtres ; aussi y est-il moins poëte, sermoni propior. […] Bossuet, & après lui Flechier, semblent avoir obéï à ce précepte de Platon, qui veut que l’élocution d’un orateur soit quelquefois celle même d’un poëte. […] Hérodote eut le même mérite qu’Homere ; il fut le premier historien comme Homere le premier poëte épique ; & tous deux saisirent les beautés propres d’un art inconnu avant eux. […] Un homme qui sans être poëte ose donner une tragédie, fait dire à Hyppolite, Depuis que je vous vois j’abandonne la chasse. […] Le discours ordinaire doit moins s’écarter des idées communes ; l’orateur parle la langue de tout le monde ; le poëte parle une langue extraordinaire & plus relevée : le poëte a pour base de son ouvrage la fiction ; ainsi l’imagination est l’essence de son art ; elle n’est que l’accessoire dans l’orateur.
Depuis quelque temps, je juge un poète (hors de son rythme et de son élan) à la façon dont il prend bien la mort. […] Mais qu’est-ce que Comte à côté de Descartes, du solide Descartes du Discours de la méthode et du poète si original des tourbillons ! […] Les mauvais poètes ajoutent à la laideur d’ici-bas quelque chose de pire que l’ennui. […] L’Académie a préféré Aicard, prosateur inexistant, poète nul, risée de toute la littérature provençale et de tous les gens de goût. […] Comme Mistral est le plus grand poète du XIXe siècle français, Fustel en est, sans contredit, le plus grand historien.
Dumas est un poète — au sens large du mot et en tant que créateur d’âmes, — nul aussi n’a été moins poète que lui, au sens restreint du mot. […] Il n’était pas poète : il écrivit en vers. […] Zola de poète épique. […] Daudet a une nature de poète. […] Ce poète a le sens du réel ; cet observateur patient a des échappées de fantaisie.
[Anthologie des poètes français du xixe siècle (1887-1888).]
Si une inclinaison irrésistible au songe, une recherche inquiète et patiente de la beauté, une sensibilité nostalgique, combattue et dominée par une faculté d’idéalisation généreuse, créent la poésie, il était né poète.
Maxime Gaucher Le poète de Cris d’amour admire les grands lutteurs qui ne se sont pas laissés terrasser dans le combat de la vie.
[L’Année des poètes (1894).]
Des rêves et des choses tracent déjà le profil net d’un poète aux rêves larges et audacieux, mais dont le beau regard profond caresse le contour des choses.
Il est un poète et un créateur de visions ; on a un charme infini à suivre ses romanesques fantaisies.
Désespoir de poète !
[Anthologie des poètes français du xixe siècle (1887-1888).]
[Anthologie des poètes français du xixe siècle (1887-1888).]
J’y retrouve bien l’ami que j’ai perdu, le jeune poète aimable, fin, délicat, mais mutin, vif et fougueux à ses heures, l’écrivain chevaleresque et galant sans mignardise, joyeux sans forfanterie, mélancolique sans affectation, mais quelle que soit son humeur, toujours honnête et ne cessant de protester contre l’égoïsme, la sottise et toutes les mauvaises passions du siècle.
Il faut, pour être assuré de toujours plaire, sur-tout dans le genre de l’apologue, s’attacher à des ressorts plus puissans, c’est-à-dire à cette chaleur vivifiante qui naît de la force du sentiment & que l’esprit ne sauroit jamais suppléer, à cette variété de tours & d’images qui réveille l’attention & écarte l’ennui, & sur-tout à ce choix d’expressions nobles & figurées qui distingue le vrai Poëte du froid Versificateur.
On trouve dans ses Elémens de la Poésie Françoise, des réflexions judicieuses, une critique fine, des regles sûres ; les caracteres d’un bon Poëte y sont tracés avec discernement & avec goût.
Elle étoit niece du fameux Poëte Bertaud, Evêque de Séez, & nous a laissé des Mémoires pour servir à l’Histoire d’Anne d’Autriche, mere de Louis XIV.
J’en excepte le Buste du Roi, celui du Prince de Condé, celui de Madame la comtesse de Brionne, ceux de La Tour le peintre, et du poète Piron.
Sainte-Beuve Boulay-Paty était un vrai poète, c’est-à-dire qu’il était cela et pas autre chose ; il avait le feu sacré, la religion des maîtres, le culte de la forme ; il a fait de charmants sonnets dont je comparais quelques-uns à des salières ciselées, d’un art précieux ; mais les salières n’étaient pas toujours remplies ; il avait plus de sentiment que d’idées.
[La Revue bleue, citée dans l’Anthologie des poètes français du xixe siècle (1887-1888).]
Le poète, en effet, a vraiment à cœur de rapprocher les divers cultes qui lui sont chers, celui de son vieux maître Béranger, de son ancien catéchiste de première communiante, M.