Deux hypothèses se présentent pour expliquer ce fait. […] Du moins, expliquons-nous, la connaissance de la réalité. […] La raison du dégoût envers le convenu, n’expliquait rien. […] La formation de la foi s’explique naturellement. […] Du moment où la foi s’explique, elle perd tout son merveilleux et cela à bas, il ne reste plus rien.
Hermant. » Alors Xavier pria non sans douceur qu’on lui expliquât sa besogne et comment l’idée de ces soirées était venue à l’assemblée. « Beaucoup trop long, fit impérieusement Jacques Boulenger qui en était le président. […] Au bar, il trouve naturellement Drieu la Rochelle, la cigarette veule aux lèvres, qui cherche Maurras et Bernier pour leur expliquer ses hésitations contradictoires. […] Aussi s’en explique-t-il au dada Jacques Rigaut qui ne pense qu’à s’en aller d’un lieu aussi lugubre où, demain, il s’empressera toutefois de revenir. […] Gaston Bergery explique à des incrédules la question des réparations et prédit le succès du Bloc des gauches au rythme des danses américaines. […] Sainte-Beuve et Taine voudront moins juger qu’expliquer.
Comment expliquer cette fraîcheur, ces parfums de souvenirs ! […] Je regrette de ne pouvoir mieux expliquer ce que je comprends si bien. […] Retenez, chère amie, retenez donc bien ces paroles, elles expliquent tout et m’évitent l’ennui de raconter mes sentiments et de les expliquer. […] — Cela ne fait rien, vous êtes faible. — Pourtant, Monsieur, comment expliquer ?… C’est impossible à expliquer, mais cela est.
Cette question de l’origine, qui est négligeable quand il s’agit de peser la valeur d’un écrivain, devient importante quand il s’agit d’expliquer les faits et de justifier certaines hérésies.
Tandis que les écrits de la première sorte s’attachent, en effet, à critiquer, à juger, à prononcer catégoriquement sur la valeur de tel ou tel ouvrage, livre, drame, tableau, symphonie, ceux de la seconde poursuivent, comme on sait, un tout autre but, tendent à déduire des caractères particuliers de l’œuvre, soit certains principes d’esthétique, soit l’existence chez son auteur d’un certain mécanisme cérébral, soit une condition définie de l’ensemble social dans lequel elle est née, à expliquer par des lois organiques ou historiques les émotions qu’elle suscite et les idées qu’elle exprime.
On trouvera des idées beaucoup plus justes, des principes plus certains, des réfléxions plus sages dans la Science du Gouvernement, où l’on explique les droits, les devoirs des Souverains, ceux des Sujets, &c. en huit vol.
On comprend tout ce qu’elle permet à Freud d’expliquer. […] Cela est important pour expliquer l’émotion esthétique en face d’une grande œuvre et pour expliquer ce qu’elle a toujours, quand elle est sincère, quel que soit l’objet représenté, de sensuel. […] Ceci explique, soit dit en passant, le retard de sa vocation, ou plutôt l’écart entre le moment où elle se fait sentir à lui et le moment où elle trouve enfin un objet. […] (Je m’excuse d’employer ici ce qu’on appelle le jargon philosophique ; mais c’est indispensable, et en somme on n’a pas encore trouvé mieux pour s’expliquer clairement). […] Quand je les voyais, quand je les entendais, je ne trouvais rien en elles qui ressemblât à mon amour et pût l’expliquer.
Son génie, qui est la transformation d’un ami, lui explique la civilisation du monde martien ; c’est le rêve d’une âme délicate et éprise de justice. […] Le sonneur explique le sinistre tableau. […] Charles entama son petit discours ; il s’expliquait admirablement ; il savait enjôler son monde ! […] L’agitation causée, la veille, par l’élection du chocolatier Devinck ne suffisait pas à m’expliquer ce déploiement de forces. […] … » — Tout s’expliquait par ce nom inattendu.
Comme si tout ne s’expliquait pas pleinement par la solidarité de l’esprit militaire ! […] C’est l’effet des deux vices qui expliquent tout dans la soi-disant justice distributive de la postérité : la paresse et le culte de la force. […] Les raisons qu’on ferait valoir pour garantir l’éternité à Cyrano, ne seraient que celles mêmes qui expliquent et qui justifient le goût que nous avons à présent pour cette pièce. […] De toutes petites causes suffisent souvent, et ce sont les meilleures, pour expliquer des phénomènes où notre subtilité s’ingénie à chercher midi à quatorze heures. […] L’usage de la clepsydre, qui mesurait sévèrement aux orateurs le temps de la parole, explique, selon M.
Je m’explique. […] Sarcey prétend que le public « le sent d’instinct, sans demander qu’on le lui explique ». […] — Explique-toi plus clairement. — Mais cet homme peut nous entendre. — Je l’en défie ! […] Cela suffit ; nous avons compris, car les livres et le théâtre nous ont expliqué ce cas quelques milliers de fois. […] Lacordaire l’explique éloquemment dans son histoire de Sainte Marie-Madeleine.
Par là s’explique tout un côté de ses œuvres, où l’on aperçoit la cruauté du talent et le besoin de faire souffrir. […] Je m’explique, à présent, le plaisir qu’il éprouve à tutoyer quelqu’un… Pauvre diable ! […] Je ne m’expliquais pas cela. Je me l’explique aujourd’hui parfaitement : Mme Gance était coquette, voilà tout. […] Il me sera plus aisé de m’expliquer en citant le livre lui-même.
Ce serait long à t’expliquer. […] Pourquoi il accepte, ce n’est pas assez bien expliqué. […] Vous ne pouvez rien expliquer. […] Il fallait expliquer ce « malgré cela » ! […] Bouif, dit le baron, expose et explique tout son caractère.
Je veux expliquer ma pensée. […] Partout où il y a un produit artistique à décrire et à expliquer, Gautier est présent et toujours prêt. […] S’il existe dans notre langue des termes assez nombreux, assez subtils, pour expliquer une certaine poésie, saurais-je les trouver ? […] Elle est très-simple, et elle explique l’âge suivant. […] Il serait facile de l’expliquer par la coïncidence malheureuse de plusieurs causes, dont quelques-unes sont étrangères à l’art.
Encore une fois, comment s’expliquer cette situation bizarre, et comment y remédier ? […] Assurément, si l’on vous disait : Voici un roman dont le sujet peut honnêtement s’expliquer en quelques lignes. […] Victor Hugo nous assure être des damnés ; ce qui expliquerait au besoin le vieux mot, jusqu’ici peu compréhensible, de malheureux comme les pierres. […] Tout s’explique désormais, de ce qui avait paru inexplicable. […] Il y a trois manières de parler de la Révolution française : la glorifier, la maudire, et l’expliquer.
Axenfeld et Robin, ne faisant de cours que pendant le semestre d’hiver, n’ont pas eu l’occasion, depuis la pétition et le rapport, de s’expliquer et de protester publiquement en ce qui les concernait. […] Il est rédigé comme si la philosophie néo-platonicienne ou éclectique était unique et universellement reconnue, comme s’il n’y avait pas d’autre théorie qui explique par d’autres raisons et qui assoie sur un principe différent l’autorité des lois pénales65. […] Pour moi, messieurs, qui, sur ce chapitre du libre arbitre, si j’avais à m’expliquer, serais volontiers de l’opinion de Hobbes, de David Hume et de M. de Tracy, je nie que par cela seul qu’on explique d’une certaine façon cette entité subtile qu’on a étiquetée sous le nom de libre arbitre, on ruine pour cela la responsabilité et la culpabilité au point de vue social, le seul qui nous importe ici66.
Il honore Perrault, il le loue même, mais d’une plume avare, et non sans jeter sur lui un dernier regard de travers ; et quand on lui annonce sa mort, « il n’y prend, dit-il, d’autre intérêt que celui qu’on prend à la mort de tous les honnêtes gens5. » La différence entre cette réconciliation un peu maussade et le traité de paix accepté par Lamotte ne s’explique pas seulement par l’humeur des deux hommes. […] Un dernier motif, propre au seul Fontenelle, explique son peu de goût pour les anciens. […] La curiosité de l’aimable interlocutrice, tantôt naïve comme celle d’un enfant, tantôt hardie et compromettante comme celle d’un libre penseur, son impatience, quand les choses ne s’expliquent pas selon ses vues, sa joie, quand elles s’arrangent à son gré, comme si le Créateur avait pensé à lui plaire, les réflexions solides jetées avec la même légèreté que les plus frivoles, la vérité acceptée ou refusée par passion, des coquetteries avec la science pour la mettre de son côté, tout cela est d’une femme de ce temps-là, qui ne sera pas reniée par les femmes du nôtre. […] La science qui explique la nature et la marche des corps célestes pourra trouver des expressions plus grandes, mais non plus vives, pour graver dans notre esprit les deux plus grandes idées, après celle de Dieu, l’ordre universel et l’infini.
Il y aurait surtout à y rechercher la répercussion du tourment social contemporain, répercussion plus ou moins étroitement associée au réveil des études historiques, ainsi qu’à l’examen des forces qui, à travers les temps, ont pesé sur les sociétés : la fortune du roman de mœurs sociales et collectives s’explique par-là merveilleusement. […] René Doumic invoque ensuite pour expliquer le succès du roman collectif. […] Nul ne s’est mieux exprimé sur ce sujet que lui-même ; nul n’a mieux expliqué pourquoi le roman populaire, s’intéressant à la psychologie des travailleurs, devra forcément s’élever jusqu’au concept d’une sorte de roman social, s’il veut échapper à la grossièreté du roman-feuilleton. […] « C’est assez difficile à expliquer.
Il a expliqué sa décadence. […] », cette incrédulité y est à peine aperçue, tant la pensée et le monde religieux sont pour l’historien de cette époque des Guise peu de chose, et disparaissent devant le monde politique dans lequel il voit et par lequel il explique tout. […] il n’y a que l’amour qui puisse expliquer Philippe II et son règne, et l’empêcher d’être dans l’Histoire l’espèce de monstre qu’ont fait de lui dans l’imagination des hommes les ennemis de ce qu’il aimait. Il n’y a que l’amour qui puisse expliquer jusqu’à ses fautes, et qui en puisse porter le poids.
., définitions qui, même si elles convenaient réellement à toutes les formes du comique, n’expliqueraient pas le moins du monde pourquoi le comique nous fait rire. […] Ce ne sont plus, purement et simplement, des absences ; elles s’expliquent par la présence du personnage dans un milieu bien défini, quoique imaginaire. […] Ici encore se vérifie la loi d’après laquelle l’effet est d’autant plus comique que nous en expliquons plus naturellement la cause. […] On expliquera le rire par la surprise, par le contraste, etc., définitions qui s’appliqueraient aussi bien à une foule de cas où nous n’avons aucune envie de rire.
Il y a un petit mot de Boileau jeté en passant, qu’il m’a expliqué sans y songer. […] Il laisse deux millions de biens à sa fille unique, mariée au président Gilbert… » Il me semble que l’épithète d’illustre, appliquée à Dongois, commence à s’expliquer ; il y a greffier et greffier. […] Il avait demandé à La Monnoye un distique latin pour servir d’inscription au portrait du maître ; La Monnoye lit deux vers dont voici le sens : « Je suis ce Bayle qui corrige les autres quand ils se trompent, et qui sais moi-même toujours plaire, même en péchant. » Peu satisfait de l’aveu trop humble, Marais le pria de refaire un autre distique plus élogieux : « Je n’ai jamais pu souffrir, écrit-il à Mme de Mérigniac, que notre commune maîtresse eût des défauts. » Quand il ne peut nier absolument ces défauts de son auteur chéri, il les atténue et les explique.
Mais les scènes, chez lui, ont besoin d’être préparées et comme expliquées d’avance ; il est de ceux qui croient devoir disposer la pensée avant de parler aux yeux : « Vous saurez donc, dit-il en écrivant à sa mère (25 décembre 1831), que les Américains des États-Unis, gens raisonneurs et sans préjugés ; de plus, grands philanthropes ; se sont imaginé, comme les Espagnols, que Dieu leur avait donné le Nouveau Monde et ses habitants en pleine propriété. […] Les Espagnols, en vrais brutaux, lâchent leurs chiens sur les Indiens comme sur des bêtes féroces ; ils tuent, brûlent, massacrent, pillent le Nouveau Monde comme une ville prise d’assaut, sans pitié comme sans discernement… Les Américains des États-Unis, plus humains, plus modérés, plus respectueux du droit et de la légalité, jamais sanguinaires, sont plus profondément destructeurs, et il est impossible de douter qu’avant cent ans il ne restera pas dans l’Amérique du Nord, non pas une seule nation, mais un seul homme appartenant à la plus remarquable des races indiennes… » L’exposition ainsi faite, le moral et l’esprit de la scène ainsi expliqués complètement, il la raconte si bien que cela finit par être une peinture navrante : « Six à sept mille Indiens ont déjà passé le grand fleuve, ceux qui arrivaient à Memphis y venaient dans le dessein de suivre leurs compatriotes. […] Il me semble que nous nous sommes déjà expliqués là-dessus.
Ses Réflexions sur les divers génies du peuple Romain dans les différents temps de la République sont d’un esprit éclairé, sensé, philosophique et pratique à la fois, qui s’explique assez bien ce qui a dû se passer dans les âges anciens par ce qu’il a vu et observé de son temps, et par la connaissance de la nature humaine : partout où il faudrait entrer dans les différences radicales et constitutives des anciennes cités et sociétés, il est insuffisant et glisse. […] Saint-Évremond, qui vécut près de quarante ans en Angleterre, n’entendait point l’anglais ; c’étaient ses amis, le duc de Buckingham et M. d’Aubigny, qui lui expliquaient les meilleures pièces anglaises, et naturellement ils ne lui parlaient que du théâtre du jour. […] On n’aimait pas alors, — encore moins qu’aujourd’hui, — à s’expliquer nettement sur les morts volontaires.
Son propre cœur lui expliquait celui de Phèdre ; et si l’on suppose, comme il est assez vraisemblable, que ce qui le retenait malgré lui au théâtre était quelque attache amoureuse dont il avait peine à se dépouiller, la ressemblance devient plus intime et peut aider à faire comprendre tout ce qu’il a mis en cette circonstance de déchirant, de réellement senti et de plus particulier qu’à l’ordinaire dans les combats de cette passion. […] Nous nous sommes déjà expliqué sur notre admiration pour Phèdre ; pourtant, on ne peut se le dissimuler aujourd’hui, cette pièce est encore moins dans les mœurs grecques que Britannicus dans les mœurs romaines. […] Avec cette facilité excessive aux émotions, et cette sensibilité plus vive, plus inquiète de jour en jour, on explique l’effet mortel que causa à Racine le mot de Louis XIV, et ce dernier coup qui le tua ; mais il était auparavant, et depuis longtemps, malade du mal de poésie : seulement, vers la fin, cette prédisposition inconnue avait dégénéré en une sorte d’hydropisie lente qui dissolvait ses humeurs et le livrait sans ressort au moindre choc.