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898. (1898) Émile Zola devant les jeunes (articles de La Plume) pp. 106-203

Or cette émotion permanente, renouvelée et avivée à chaque ouvrage, suffirait déjà à dénoncer la présence réelle d’un génie créateur, à révéler sa puissance et à nous affirmer que le grand auteur de l’Œuvre et de Germinal demeure, en vérité, la plus vivante incarnation de cette seconde moitié du xixe  siècle, bouleversée par les découvertes scientifiques, par la montante marée des foules en rumeur, par le tragique fracas des industries ; et la haine qu’il provoqua suffirait à démontrer l’éternité de cet homme, émouvant et splendide comme une époque faite chair. […] Et ce sont comme des chœurs des tragédies antiques, mais où les objets réels n’ont besoin, pour se célébrer, d’aucun intermédiaire. […] Leur farouche grandeur s’exagère encore dans le sec, exact et véridique décor réel où le romancier les a placés. […] Zola, en racontant, le premier, l’Histoire Naturelle et Sociale d’une Famille, n’était animé que d’un seul souci, celui de réhabiliter la belle matière vivante, et d’embellir les êtres en leur restituant leurs traits authentiques, en les rétablissant dans leur rapport réel.

899. (1865) Nouveaux lundis. Tome III « Les poëtes français. Recueil des chefs-d’œuvre de la poésie française »

On ne saurait demander à un volume composé de tant d’extraits et de notices dues à des plumes différentes une unité qui est plus de décorum que d’utilité réelle ; mais ce qui vaut mieux, ici, la variété est infinie, et les choix ont été faits avec goût et conscience, même quand il s’y est mêlé un peu de caprice.

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