C’est le thème antique des panthéistes grecs et de Spinoza, mais rajeuni et comme vivifié par la notion du « devenir ». […] On imagine pourtant que s’il eût traversé l’Ecole normale au lieu de traverser le séminaire, ses travaux eussent pris une direction un peu autre, et l’on rêve, écrite par lui, une histoire de la civilisation grecque ou italienne, par exemple, qui eût satisfait ses tendances natives d’idéaliste et qui n’eût pas prêté aux mêmes réserves, ni subi les mêmes déchets que ses études sur les origines du christianisme. […] Tacite a des tournures qui ressemblaient à des draperies de laticlaves, et certains vers d’Horace ont des reins d’esclave grecque, avec des balancements de hanches, et des brèves et des longues qui sonnent comme des crotales… » N’attendez pas qu’un homme pénétré de pareilles doctrines voyage comme le personnage des Mémoires d’un touriste de Stendhal à travers la province, ni comme le Graindorge de Taine, à travers Paris, pour noter seulement de la vie humaine. […] Non qu’il ait composé un traité spécial sur ce sujet ; mais de cinquante pages de ses oeuvres une conception morale se dégage, tantôt exposée nettement, comme dans la dernière partie de l’étude sur lord Byron ; tantôt manifestée par un goût passionné pour l’équilibre de la santé, comme dans les leçons qu’il a consacrées à la sculpture grecque, comme dans les notes sur l’Angleterre, enfin comme dans l’avant-dernier chapitre de la Philosophie de l’art, où il mesure le degré de bienfaisance de tel ou tel Idéal. […] Maxime apaisante, car elle nous prépare à supporter la douleur avec la consolation de la loi obéie ; — maxime fortifiante, car elle nous enseigne à tourner au profit de notre développement toutes les circonstances qui nous entourent La seule vertu de cette maxime a soutenu Gœthe dans le grand œuvre de sa merveilleuse culture, comme jadis elle avait soutenu les cités grecques dans le déploiement rythmique de leur libre activité.
Les Grecs plaçaient la perfection dans l’immobilité ; et s’ils mettaient Dieu en dehors du monde, c’est parce que le monde, selon eux, était essentiellement sujet au mouvement. […] L’antiquité grecque, avec Aristote, a déclaré l’homme un animal politique. […] Mais Aristote l’entendaitύen un sens qui se rattache à l’ensemble de sa philosophie comme aux idées des Grecs.