Qu’il soit vierge, par exemple, comme sa mère le dit ou le laisse entendre, cela fait sourire. […] Sa maison est devenue la sienne ; elle s’est faite la mère de sa fille et la fiancée à son fils. […] c’est la mère de son enfant qu’il désigne comme une réprouvée. […] » Et le cri de la mère réfute, à lui seul, tous les paradoxes de la prédicante. […] Mais Isaac n’entend pas être remplacé : Camille persiste, la mère s’obstine.
De l’éducation des mères de famille, ou de la civilisation du genre humain par les femmes. […] Son livre repose sur cette vue très juste que dans le relâchement actuel de tous les liens et de toutes les disciplines, l’affection de la femme, de la mère, est ce qui reste de plus puissant sur les jeunes âmes et de plus tendrement respecté. […] Mais qu’apprendra ainsi la mère aux enfants ? Quelles seront avant tout la science et l’éducation de la mère ? […] S’il en était ainsi, si ce principe de certitude et cette méthode pour arriver à la vérité demeuraient infaillibles, on sent que l’éducation de la mère de famille deviendrait facile, et que ce qu’elle aurait à enseigner à ses enfants serait également trouvé.
Voilà la montagne où notre mère nous menait prier Dieu au coucher du soleil ! […] C’était évidemment une mère et ses filles. […] Puis, voyant ma mère et ses filles. « À coucher. […] le souper nous importe peu, dit ma mère, pourvu que la chambre et le lit soient propres. […] — Et quoi donc, ma mère ?
Cette charmante Ondine avait des points de ressemblance et de contraste avec sa mère. […] Rappelle-toi ce que je t’ai dit sur les notions qui peuvent t’être restées précises sur notre famille et nos chers père et mère. […] L’espagnol me plaît par l’idée que notre famille en sort du côté de la mère de papa. […] Aussi je te bénis au nom de mon père et de ma mère ! […] Le voyage à la Guadeloupe, où sa mère était allée mourir.
Je te dis cela parce que ma mère a désiré savoir si je joue encore du violon. […] La pauvre mère, cette fois, reste seule à Salzbourg par économie. […] Le regret de la mère absente les rappelle vite à Salzbourg. […] La mère et le fils allaient partir pour Paris. […] Ce jour est le plus triste de ma vie. — Je vous écris à deux heures du matin. — Il faut que je vous le dise : ma mère, ma mère bien-aimée n’est plus !
Mais elle est mère, mère heureuse : de là surtout des sources consolantes et renouvelées. […] Cette charmante Ondine avait des points de ressemblance et de contraste avec sa mère. […] L’espagnol me plaît par l’idée que notre famille en sort du côté de la mère de papa. […] Aussi je te bénis au nom de mon père et de ma mère ! […] Pourquoi ne suis-je pas morte dans cette chapelle où je priais pour nous tous la Mère des affligés !
Ma mère, jeune fille encore, allait à l’église ou en revenait, sa servante la conduisant par le bras. […] Derrière la mère, une esclave penchée offrant au marmot qui se réveille le chat de la maison. Le marmot sourit, laisse la pomme que sa mère lui offre, et tend ses petits bras vers le chat qui lui est présenté. […] une jeune fille endormie, surprise par son père et sa mère. du même. […] Son vieux père et sa vieille mère sont debout au pied du lit tout à fait dans l’ombre ; le père plus sur le fond, il impose silence à la mère qui veut parler. à droite sur le devant, c’est un panier d’œufs renversés et cassés.
La Mère. — Andromaque. […] Le culte de la Vierge et l’amour de Jésus-Christ pour les enfants prouvent assez que l’esprit du christianisme a une tendre sympathie avec le génie des mères. Ici nous proposons d’ouvrir un nouveau sentier à la critique ; nous chercherons dans les sentiments d’une mère païenne, peinte par un auteur moderne, les traits chrétiens que cet auteur a pu répandre dans son tableau, sans s’en apercevoir lui-même. […] L’Andromaque de l’Iliade est plus épouse que mère ; celle d’Euripide a un caractère à la fois rampant et ambitieux, qui détruit le caractère maternel ; celle de Virgile est tendre et triste, mais c’est moins encore la mère que l’épouse : la veuve d’Hector ne dit pas : Astyanax ubi est, mais : Hector ubi est . […] L’Andromaque d’Homère gémit sur les malheurs futurs d’Astyanax, mais elle songe à peine à lui dans le présent ; la mère, sous notre culte, plus tendre, sans être moins prévoyante, oublie quelquefois ses chagrins, en donnant un baiser à son fils.
Aujourd’hui, grâce à ce qu’on nous donne de lettres et de billets d’elle à sa mère, à ses sœurs, à ses frères, on pourra se mieux fixer du moins sur la nature de ses sentiments, sur le tour de ses idées et de ses goûts dès son arrivée en France. […] je suis trempée de larmes, je ne les ai essuyées que pour écrire à notre bonne mère en quittant les frontières de l’empire ; pourquoi l’affliger ? […] ma chère sœur, écrivait Marie-Antoinette à Marie-Christine, que nous étions plus heureuses auprès de notre bonne mère ! […] Marie-Antoinette, par ses soins autour de cette jeune âme, supplée autant qu’elle le peut la tendresse d’une mère. […] Une mère, pour obtenir la grâce de son fils compromis par un duel, s’était jetée aux pieds de Mme Du Barry et avait été repoussée ; alors elle recourut en second à la Dauphine ; et comme on essayait de lui faire un tort de sa première démarche : « Mais si j’étais mère, s’écria Marie-Antoinette, pour sauver mon fils, je me jetterais aux genoux de Zamore. » C’était le petit nègre de Mme Du Barry.
Le moment qu’il a choisi, est celui où Ulysse marque de la main le haut de la tour, et où l’on arrache l’enfant à sa mère. […] L’enfant est tourné et penché vers sa mère. […] Votre Astyanax est de bois : qu’il ait ses deux petits bras étendus vers sa mère, et faites qu’il réponde à sa douleur. […] Surtout laissez dire ces imbéciles qui trouvent étrange que les suivantes paraissent plus affligées que la mère. […] Andromaque est mère ; mais elle est fille de souverain, souveraine elle-même, et femme d’Hector.
Elles restaient femmes, elles restaient mères, elles croyaient rester obscures en écrivant pour leurs tendresses et non pour leur gloire. […] Une froideur qui ne se réchauffa plus jamais glaça les rapports de la mère et de la fille. […] On s’extasiait également sur les théories philosophiques du père et sur les œuvres pieuses de la mère. […] Jugez quelle est sa mère par le sentiment énergique et profond qu’à cet âge déjà elle a su lui inspirer ! […] Et cependant elle existe encore ; elle existe parce qu’elle aime, parce qu’elle est mère.
Alors, aidé de Luynes, qui avait dressé pour lui des pies-grièches à prendre des moineaux et qui était devenu son favori, le jeune roi secoue l’autorité de sa mère. […] L’histoire n’a pas expliqué comment Louis XIII, prince si doux, si timide, si jeune encore, a pu se laisser emporter à des partis aussi violents contre sa mère. […] Le fils et la mère sont en guerre ouverte. […] La marquise de Rambouillet, mariée à seize ans, en 1600, était déjà mère de sept enfants en 1610. […] Dans sa trente-sixième lettre, en 1633, il dit à la mère : « Je devrais craindre, par votre exemple, d’écrire d’un style trop élevé ».
Sa mère s’en chargea. […] Point, mère, je veille sur mes passions. […] « “Une idée, mère ! […] Pauvre mère ! […] Ma mère est-elle souffrante ?
Naturellement, dans une Correspondance avec sa mère, Marie-Antoinette s’épanche et revient perpétuellement sur cet objet qui fait, à toutes deux, leur constante et vive sollicitude. […] Elle dissimule devant le monde et la Cour, mais elle souffre, et elle décharge son chagrin dans le sein de sa mère. […] Elle mourut avant d’avoir vu sa fille mère de celui qu’on appelait l’héritier du trône. […] Je vous prie donc en amie, et comme votre tendre mère, qui parle par expérience, ne vous laissez aller à aucune nonchalance ni sur votre figure, ni sur les représentations. […] Marie-Antoinette a écrit à sa mère que MM.
Lorsque Catherine arriva avec sa mère à Moscou où la Cour était alors, en février 1744, elle trouva son fiancé très-enfant, quoiqu’il eût déjà seize ans, ne s’occupant dans ses chambres qu’à faire faire l’exercice à une couple de domestiques qu’il avait pour son service. […] Peu s’en faut que, par la faute de cette mère, la fortune de Catherine ne se brise dès le premier pas, et qu’on ne les renvoie toutes deux dans leur Allemagne ; mais la jeune fille sait par sa conduite se garantir, et par quelques mots bien placés, par des riens, se séparer des sottises de sa mère. […] Il avait vu précédemment Catherine à Hambourg et avait grondé sa mère de faire trop peu de cas de cette enfant, qui avait, disait-il, « une tournure d’esprit très-philosophique. » Arrivé en mission à Pétersbourg, il vit beaucoup la mère et la fille, et s’intéressa de plus en plus à celle dont il avait deviné le génie : « Il me demanda comment allait ma philosophie dans le tourbillon où j’étais placée. […] Un jour, avant les noces et au printemps de l’année 1745, comme il habite au palais d’été avec l’Impératrice et un peu loin de la maison où Catherine est avec sa mère, il fait dire tout net à sa fiancée par un domestique, « qu’il demeure trop loin de chez elle pour venir la voir souvent. » Quand on en est à ce point de galanterie avant les noces, que sera-ce après ? […] Sa mère quitte la Russie après la célébration du mariage : quoiqu’elle ait bien peu à se louer de cette mère tracassière et mesquine, Catherine nous dit « que son départ l’affligea sincèrement, et qu’elle pleura beaucoup. » Elle pleure de même son père dont elle apprend la mort (1746), jusqu’à ce qu’elle soit obligée, au bout de huit jours, de cacher ses larmes, l’Impératrice lui ayant signifié par ordre « d’en finir, et que son père, pour le tant pleurer, n’était pas un roi. » Elle nous dit que, cette même année, à l’entrée du grand carême, elle se sentait des dispositions réelles à la dévotion, dont la politique seule lui eût conseillé les minutieuses pratiques.
Mme Verlaine mère logeait au premier. […] La mère avait réussi à sauver du désastre un lot d’obligations, qu’elle cachait à son fils. […] Heureusement, sa mère était là, qui veillait et barricadait sa porte aux liqueurs et aux mauvaises influences. […] Ainsi, le logis de Verlaine, pour si dénué qu’il fût d’agréments, servait de cadre à de délicats entretiens, mais la mort de sa mère, au bout de quelques mois, vint en bouleverser le cours. […] On lui avait remis le paquet d’obligations trouvé dans la chambre de sa mère, fortune inespérée : quelques milliers de francs.
Il aimait Poppée, et il voulait à tout prix l’épouser, contre les vues d’Agrippine, sa mère. Burrhus et Sénèque, ses deux précepteurs, le faisaient rougir de sa subordination à cette mère, qui lui disputait la réalité du pouvoir impérial. […] L’empereur consacrerait à sa mère, après sa mort un temple, des autels, et toutes les autres ostentations de la piété d’un fils. […] Que Néron ensuite ait contemplé sa mère morte, et qu’il ait loué les formes de son corps, il y en a qui l’affirment, il y en a qui le nient. […] Voyez le conseil convoqué à la hâte dans l’appartement de l’empereur pour aviser à l’extrémité du péril, au moment où le fils se croit menacé par la mère.
. — Ô mère, mère chérie, ma tête me fait si mal, laissez-moi aller me promener quelque temps, me promener le long de la mer. « Ô fille, ma fille chérie, seule tu n’iras point là, mais éveille ta jeune sœur, qu’elle aille se promener avec toi. — Ô mère, ma jeune sœur est encore une si jeune enfant, elle cueille toutes les fleurs qu’elle trouve sur le chemin. […] « Ô mère, mon jeune frère est encore un si jeune enfant ! Il court après tous les oiseaux qu’il trouve sur son chemin. — La mère alla à l’église, la fille se mit en chemin, jusqu’à ce que, au bord de l’eau, un pêcheur, le pêcheur de son père elle trouva. […] — Eh oui, mon père, oui je l’aurai, Malgré ma mère qui m’a portée, Je l’aime mieux que tous mes parents, Vous, père et mère, qui m’aimez tant !
Un meurtrier tient suspendu par un pied l’enfant d’une mère, et cette femme tend son tablier pour le recevoir précisément comme un chou qu’on lui mettrait dans son giron. Ici, une mère renversée à terre, sur le sein de laquelle un soldat écrase du pied son enfant, le regarde faire sans s’émouvoir, sans jetter un cri. […] Les enfans ne font ici que les seconds rôles, ce sont les pères et les mères qui doivent faire les premiers. Tout cela ne vaut pas ce soldat de Le Brun, je crois, qui, d’une main, arrache un enfant à sa mère, en poignarde un autre de l’autre main, et en tient des dents un troisième suspendu par sa chemise. […] Les têtes du père et de la mère sont d’ivoire.
Fior d’Aliza ne le vit pas, mais elle devint pâle comme un linge et se colla convulsivement contre le sein de sa mère. […] — Bénie soit l’idée de ta mère, m’écriai-je en embrassant Hyeronimo, qui pleurait en regardant sa cousine endormie.… Allons, courage, mon pauvre garçon, lui dis-je ; le seul moyen de les revoir et de nous revoir tous dans de meilleurs jours, c’est de suivre le conseil de ta mère ; c’est l’âme de ton père qui l’inspire. […] il était déjà bien loin sur le chemin de la mort et il ne pouvait entendre la voix de sa mère. […] — Oui, dis hardiment tout, répondit la mère ; il n’y a point de honte à s’aimer quand on s’aime honnêtement comme toi et lui. […] Tu auras déshonoré son nom et celui de ta mère, voilà tout !
Il était par sa mère cousin germain d’un jeune homme également distingué, Henri de Cambis, mort trop tôt avant son digne père, le marquis de Cambis, que nous À tous, qui sous la Restauration suivions les cours de MM. […] La gloire d’une mère est un pesant fardeau ! […] Marbeau appelle Aurélie dans son cabinet ; elle s’y rend accompagnée de la maîtresse de pension : la pauvre enfant reconnaît avec un peu d'effort de mémoire ce même cabinet où son père et sa mère se sont vus pour la dernière fois. […] Il est évidemment de ceux qui, autrefois, auraient voulu que les peines infamantes rejaillissent des pères et des mères au front des enfants et de toute une postérité. […] Il n’est pas naturel non plus qu’elle sacrifie à l’instant et si complètement sa mère, laquelle, après tout, ne lui a donné que des marques un peu inégales, mais pourtant des marques de tendresse.
« “Oui, ma mère”, dit Bhima, “sachons la cause de cette douleur ; rien ne me coûtera pour la soulager.” […] ils périront privés de leur mère, nos deux chers enfants, ainsi que les poissons meurent privés d’eau dans le lit du fleuve desséché. […] Si tu pars pour le séjour céleste, ô ma mère ! […] tu sauves à la fois toi, ma mère et mon frère, et les sacrifices se renouvelleront à jamais dans la famille.… Ton fils, c’est toi-même ! […] ne pleure pas, ô ma mère !
nous l’avons été, s’écria la mère. […] oui, dit la vieille mère, mais il y en a un que vous ne voyez pas et que nous voyons nous, tout comme s’il était là, et à qui nous laissons sa place vide autour de la table. […] On dirait qu’elle est jalouse de l’amour de la mère pour l’enfant, et qu’elle regarde Fior d’Aliza comme son enfant à elle-même. […] Les deux enfants dont je devins la seule mère, puisque Fior d’Aliza n’en avait plus, furent nourris du même lait par moi et par la chèvre, et bercés dans le même berceau. […] Je disais souvent à mon beau-frère Antonio : « Remarie-toi donc pour donner une autre mère à ta fille » ; mais il me disait toujours non. « Je lui donnerais bien, à elle, une autre mère, mais qui est-ce qui me donnerait, à moi, une autre femme ?
Ô ma mère ! […] ne t’a-t-elle point porté sous sa ceinture, assassin de ta mère ? […] Entre le père et la mère, Pallas n’hérite pas : — « Certes, ma voix est à Oreste : je n’ai pas de mère qui m’ait enfantée. […] cœur qui me viens de ma mère ! […] ô ma mère !
Cet instinct d’amour, qui se satisfait d’abord providentiellement pour l’enfant par le soulagement que la mère éprouve à donner son lait, devient ensuite une habitude de tendresse maternelle qui transforme l’attrait physique en sollicitude morale, et qui attache la mère à l’enfant et l’enfant à la mère, comme la branche au bourgeon, comme le fruit à la tige. Une mère est une providence innée que chaque enfant trouve d’avance couchée près de son berceau, debout près de sa jeunesse. […] Il bouleverse à l’instant ce divin poème de la maternité ; il défend à la mère de connaître son enfant, à l’enfant de se suspendre à la mamelle de sa mère ; il condamne celle-ci à subir les souffrances de la gestation et de l’enfantement, à faire tarir dans son sein le lait providentiel qui demande à couler ou qui reflue avec fièvre et danger de mort au cœur de la mère. […] Personne n’aura ainsi ni père ni mère ; personne ne sera ni mère ni père, à son tour ; égalité d’abandon, de misère et d’ignorance de son origine ! […] société de pères et de mères d’occasion, sans affection survivant à leur accouplement !
Elle chantait sa mère, elle appelait la gloire, Elle enivrait la foule… et les femmes tremblaient. […] Il y avait en Mme Desbordes-Valmore la mère : comment ceux qui l’ont connue ou qui la lisent pourraient-ils l’oublier ? Mère, elle aurait pu goûter toutes les satisfactions et tous les orgueils, si elle n’avait pressenti, même avant de les épuiser, toutes les douleurs. […] Je l’aurais aimée comme une mère et à vous en rendre jaloux, si mon âge ne m’avait permis de l’aimer comme une sœur. […] Je crois que Mme votre mère était poète jusque dans le moindre signe, jusque dans le moindre soin.
Ô l’amour d’une mère ! […] En 1805, l’enfant revint à Paris avec sa mère, qui se logea dans la rue de Clichy. […] De 1809 à 1811, le jeune Hugo demeura en France avec ses frères et sa mère. […] Le fond de la philosophie de leur mère était le voltairianisme, et, femme positive qu’elle était, elle ne s’inquiéta pas d’y substituer une croyance pour ses fils. […] Quelques dissidences domestiques, élevées précédemment entre leur mère et le général, et qu’il ne nous appartient pas de pénétrer, avaient réveillé au foyer des Feuillantines les sentiments déjà anciens d’opposition à l’Empire, et la mère vendéenne, l’enfant élève de Lahorie, se trouvèrent tout naturellement royalistes quand l’heure de la première Restauration sonna.
Ma mère sans fortune, et une sœur de mon père, qui se réunit à elle, m’élevèrent. […] Son père, Jean-François de Sainte-Beuve, y était contrôleur des actes ; sa mère s’appelait Marie Donzelle. […] Soyez persuadée que nous n’oublierons jamais la bonne mère et le bon fils qu’elle nous a confié. […] Sainte-Beuve qu’il vivrait jusqu’à l’âge de sa mère. […] Landry, à Mme Sainte-Beuve mère.
Rêveur du groupe universel, Qu’il embrasse, au lieu de sa mère, Sa froide et stoïque chimère Qui n’a ni cœur, ni lait, ni sel ! […] On eût dit qu’il sortait du ciel, de la terre, des bois, des plantes, des fenêtres de la maison visible là-bas, du foyer d’enfance, des lèvres de mes sœurs, de la mâle poitrine de mon père, du cœur encore chaud de ma mère, pour m’accueillir à ce retour, et pour me toucher des lèvres sur la joue et au front. […] Il avait dès ce temps-là les yeux chassieux ; ma mère lui donnait, pour fortifier sa vue, de petites fioles où elle recueillait les pleurs de la vigne, sève du cep qui sue au printemps une sueur balsamique ayant, dit-on, la vertu sans avoir les vices du vin. […] Je me rappelais père, mère, sœurs, enfance, jeunesse, amis de la maison, contemporains de mes jours de joie et de fête, arbres d’affection, sources abritées, animaux chéris, tout ce qui avait jadis peuplé, animé, vivifié, enchanté pour moi ce vallon, ces prairies, ces bois, ces demeures. […] Le vieux curé les suivait en récitant quelques versets de liturgie latine sur la brièveté de la vie ; un père et une mère pleuraient, en chancelant, derrière lui.
Sur le milieu du parvis, devant la porte de l’hôpital, une mère agenouillée, les bras et les regards tournés vers le ciel et la sainte, la bouche entr’ouverte, l’air éploré, demande le salut de son enfant. […] Derrière celle-ci, debout, l’époux de cette mère désolée, tenant son fils entre ses bras. […] On voit de profil, plus sur le fond, son enfant penché et les regards attachés sur le visage de sa mère, il est frappé d’horreur, ses cheveux se sont dressés sur son front, il cherche si sa mère vit encore, ou s’il n’a plus de mère. […] Ce groupe avançant excessivement, chasse la mère de son plan, de manière qu’on doute qu’elle puisse appercevoir la sainte à laquelle elle s’adresse ; et cette mère avec ses suivantes chassées en avant, font paraître les figures d’en bas colossales. […] Et le malade qui s’élance de l’hôpital, et la mère agenouillée qui supplie, et les trois suivantes qui la servent, et le mari qui tient l’enfant, tous ces objets forment un chaos, une masse compacte de figures.
Cette femme qui fut pendant quarante ans une épouse et une mère irréprochables, pourquoi nous livrer son douloureux secret ? […] Son séducteur paraît l’avoir lâchée dès qu’il sut qu’elle allait être mère… Quel était cet inconnu ? […] De sa mère ? […] Elle s’en va avec sa mère à la Guadeloupe, où les appelle un cousin riche. […] De loin, ne se souvenant plus que du grand cœur de sa mère, Ondine osait se livrer davantage, ainsi que nous l’avons vu.
Soubasson, à ma mère. […] Ma mère demande grâce. […] L’enfant fut tué net, la mère survécut. […] ma mère, je vous en prie ! […] Comment se nommait ma mère ?
Elle s’étonne de ce songe et se hâte de traverser ses appartements pour le dire à ses parents, son père chéri et sa mère. […] Quand tu auras pénétré dans sa demeure et dans sa cour, traverse rapidement le palais pour parvenir à ma mère. […] c’est un beau livre que celui-là ; Scheffer a fait un beau tableau de ce fils qui écoute et qui voit le ciel à travers les yeux bleus de sa mère. […] Ne me méprisez pas, j’ai besoin de prier, ou bien donnez-moi une autre langue que celle de ma mère ou de l’Évangile ! […] Le désespoir, la solitude, l’exemple des frères qui lui prêtaient asile, le ramenèrent à la religion de sa mère.
Son père était sévère comme le temps ; sa mère, tendre comme la soumission ; ses sœurs, belles comme la modestie ; lui, sauvage et insoumis comme la solitude. […] Une lettre qu’il reçut à peu près à cette époque de madame de Farcy, sa sœur, lui annonça la mort de sa mère. […] Par quelle bouche Dieu parlerait-il au fils si ce n’est par celle de sa mère morte ? […] » Mais Atala est secrètement chrétienne et vierge sur un vœu de sa mère. […] Mais à côté se trouve le touchant tableau de la jeune mère indienne ensevelissant et berçant son enfant mort parmi les branches d’un érable.
La mère de l’abbé fit tout pour prolonger et pour cultiver en lui cette erreur de la nature. Il reçut la plus funeste éducation qui se puisse imaginer, celle qui pouvait le plus aider au développement de sa nature féminine et puérile ; il fut élevé dans la ruelle de sa mère. Si cette mère idolâtre s’occupait, par ses conversations et par les lettres qu’elle lui dictait, à lui façonner l’esprit au bon langage et à la politesse du monde, elle lui apprenait encore mieux à idolâtrer sa petite personne : Ma mère, dit-il, avait tant de faiblesse pour moi, qu’elle était continuellement à m’ajuster. […] Cette mère égarée tint près d’elle son fils presque toujours habillé en fille jusqu’à l’âge de dix-huit ans. […] Cornélie, mère des Gracques, et la mère de l’abbé de Choisy !
s’écria ma mère, d’une voix sonore et rude ; fi ! […] demanda ma mère. […] s’écria ma mère. […] me demande ma mère. […] demande ma mère.
Goethe, on le sait, aimait à patiner ; on n’a pas oublié son plus beau portrait de jeunesse, tracé par sa mère même : — Mère, vous ne m’avez pas encore vu patiner, et le temps est beau ; venez donc, et comme vous êtes, et tout de suite. — Je mets, disait la mère racontant cela depuis à Bettine, je mets une pelisse fourrée de velours cramoisi qui avait une longue queue et des agrafes d’or, et je monte en voiture avec mes amis. […] lui dis-je. — Mère, vous n’avez pas froid dans la voiture, donnez-moi votre manteau de velours. — Mais tu ne veux pas le mettre, au moins ? […] On a le portrait par la mère ; or, voici le glorieux pendant par Goethe lui-même. […] Lorsque Lotte est mère pour la première fois, mère d’un garçon dont il est parrain, ou du moins dont il a choisi le nom, il écrit à Kestner : Je ne puis pas me la figurer comme une femme en couches ; c’est décidément impossible. […] — Tantôt c’est sa mère, tantôt c’est sa sœur, qui écrivent pour lui et qui l’excusent.
Monsieur, je serre vos mains et je vous conjure pour cette auguste mère si bonne, que la grâce vienne d’en haut et qu’elle soit prompte. […] On les ramena le soir tous les deux à leur mère inquiète, qui ne savait ce qu’ils étaient devenus. […] » Le caractère d’Ondine était une des préoccupations de sa mère. […] Sa mère l’appelait « notre charmante lettrée », indiquant par là qu’elle la croyait plus savante qu’elle. […] Le mariage, une grossesse, l’opiniâtreté de la jeune mère à vouloir nourrir, tout cela devait vite devenir fatalement une cause de mort.
Elle fut pour lui comme une seconde mère. […] Pourquoi avons-nous perdu votre bonne mère ? […] Déjà ils partageaient avec leurs mères tous les soins du ménage. […] Mais nos mères en ont plus que nous deux. […] Un rayon de consolation parut sur le visage de ces deux malheureuses mères.
O mères ! […] Dès qu’ils sont au monde, osez vous dire que votre jeunesse va passer dans la leur ; ô mères ! soyez mères, et vous serez sages et heureuses ! […] Si le plus noble besoin d’un fils confiant et pieux est d’avoir sa mère pour première confidente et pour compagne, j’y vois aussi, et avant tout, un bien touchant rajeunissement de la mère. […] Des mères aux fils surtout, on l’a remarqué, l’affinité est grande.
Emporté par son imagination, Hugo, le converti de 1830, se figurait les opinions de sa mère, non telles qu’elles avaient été, mais telles que les besoins de son excuse les exigeaient. […] On utilisait, à l’époque, la mère de toutes les façons ; elle était déjà la grande ficelle dramatique : c’était le souvenir de la mère qui au théâtre paralysait le bras de l’assassin prêt à frapper ; c’était la croix de la mère, qui exhibée au moment psychologique, prévenait le viol, l’inceste et sauvait l’héroïne ; c’était la mort de sa mère, qui du Chateaubriand sceptique et disciple de Jean-Jacques de 1797, tira le Chateaubriand mystagogique d’Atala et du Génie du Christianisme de 1800. […] Parce que, on a si souvent répété que les poètes vivent dans la pauvreté et meurent à l’hôpital, comme Gilbert, comme Malfilâtre, que les pères et mères ont dû finir par croire que poésie était synonyme de misère. […] Hugo devait donc épouser la haine de sa mère pour Napoléon, que partageaient son mari et ses amis, en même temps qu’il endossait ses opinions royalistes, Mais il fut réfractaire à toute influence, personne ne put lui imposer ses sentiments, ni père ni mère, ni oncle, ni amis : Napoléon et son extraordinaire fortune emplissaient sa tête ; « son image sans cesse ébranlait sa pensée ». […] Les colons achetaient leurs négrillons des 2 et 4 cents francs : la mère patrie leur fournit les petits blancs gratis.
Il fit donc cette admirable pièce qui commence avec grandeur, et où il montre le vaisseau de haut bord qui, dans l’orgueil du départ, se rit des flots et se joue même de la tempête ; puis, en regard, la pauvre barque comme il en avait tant vu dans le golfe de Naples, une barque de pêcheur dans laquelle habite toute une famille, et qui, jour et nuit, lui sert d’unique asile et de foyer : le père et le fils à la manœuvre, la mère et les filles aux plus humbles soins. […] Vous voyez bien que je sais à peine l’orthographe de tout ce que mon cœur de mère vous écrit. » Il est touchant de rencontrer dans cette correspondance, et sous la plume de l’exilé, tout un hymne patriotique et lyrique à la France conçue et embrassée par un cœur de fils et de citoyen. […] Le souvenir seul de son soleil vous réchaufferait jusque sur les glaces du pôle ; on l’adore, bonne mère ou marâtre ; on se ferait vingt fois tuer, dût-elle être ingrate, pourvu qu’elle fût plus belle encore ; — on a vu dans l’histoire des idiots et des scélérats la posséder ; nul n’a jamais pu ni l’humilier ni l’asservir. […] Je l’aurais aimée comme une mère, et à vous en rendre jaloux, si mon âge ne m’avait pas permis de l’aimer comme une sœur. […] Je crois que madame votre mère était poëte jusque dans le moindre signe, jusque dans le moindre soin.
Elle avait avec elle une très jeune personne, nommée Victorine Taillefer, à qui elle servait de mère. […] Elle était pieusement élevée là par sa mère, veuve d’un commissaire des guerres. […] quelle disgrâce physique ou morale me valait la froideur de ma mère ? […] Par hasard, ma mère s’aperçut de mon absence. […] je fus persiflé sur mon amour pour les étoiles, et ma mère me défendit de rester au jardin le soir.
Il retournait dans son village pour y recueillir, auprès de sa mère et à côté de ses troupeaux, ses dernières inspirations. […] Il se sentait poète sans savoir ce que c’était que la poésie ; il avait une langue harmonieuse sur les lèvres sans savoir si c’était un patois ; cette langue de sa mère était, à son gré, la plus délicieuse, car c’était celle où il avait été béni, bercé, aimé, caressé par cette mère. […] Ô mère ! […] … — « La jeune fille lui dit vivement : Mais la mère, où demeure-t-elle donc ? […] Et sans cesse on entendait quelque brebis bêlant… « D’autres chassaient les mères qui n’ont plus d’agneau vers le trayeur.
Quand il me disait : — Jean-Jacques, parlons de ta mère ; je lui disais : — Eh bien, mon père, nous allons donc pleurer ? […] « Ma mère avait laissé des romans ; nous les lisions après souper, mon père et moi. […] Le lait de l’hôpital et le vagabondage de l’enfant sans mère et sans père lui paraissaient-ils donc plus sains et plus purs que le sein maternel de Thérèse ? […] combien la pauvre Thérèse, dans l’amour bestial d’un tel homme et après de tels rapts de ses enfants, ne devait-elle pas frémir de devenir mère ! […] Il avait renvoyé à Paris, assez durement, la mère octogénaire de Thérèse.
Mes premiers respects pour le livre, milieu surhumain où s’opère ce phénomène, me vinrent d’où vient toute révélation aux enfants, de leur mère. […] La mère de famille descend précipitamment l’escalier raboteux de la chaumière ; on entend résonner ses sabots de hêtre ou de noyer sur les marches. […] Mais je n’en copie pas davantage ; ces balbutiements d’enfant n’ont de charme que pour les mères. […] Je lus et relus vingt fois ma première composition ; je l’envoyai à ma mère par l’ordre de mes maîtres ; on la lut à la fin de l’année, à la cérémonie publique de la distribution des prix, au collège des Jésuites, devant les mères et devant les enfants qui l’applaudirent. […] Et je n’ouvris jamais dans un autre âge le tiroir du secrétaire de ma mère sans la relire tout entière avec une certaine satisfaction de ma précocité.
Probablement il y serait resté, sans deux amis très obscurs alors qui voulurent faire pour lui ce que Cléobis et Biton firent pour leur mère, — en s’attelant à sa renommée. […] Jusque-là, elle avait été une enfant très vive et très bruyante ; mais à cette époque (avril 1819), la nature passionnée et tout extérieure de l’enfant dut se rasseoir sous le coup de cette mort d’une mère, qui la faisait mère à son tour. […] Par le sang de sa mère, la religion coulait dans son cœur, comme la poésie y affluait par le sang de son père, le sang des troubadours et des Guarini d’Italie. […] Dieu, qui avait le dessein de l’accomplir, qui creusait, comme le potier, avec sa main puissante et douce, ce vase précieux où ses divines préférences devaient reposer, ne voulut pas qu’elle fût jamais rien de plus qu’une sœur mère et une vierge mère ; mais n’est-ce pas là ce qu’il y a de plus beau dans les sentiments de la femme et les mystères de sa destinée ? […] Quoique nous ayons aimé Guérin autant qu’âme d’homme puisse aimer âme d’homme, nous ne sommes pas digne de mêler nos larmes à celles de cette sœur mère, qui doit rester vierge jusque dans ses pleurs !
Madame Gros lui parlant un jour de sa mère : « Oh ! […] Elle et sa mère servirent durant des années une vieille dame de la Guadeloupe, qui récompensa leurs soins par l’affranchissement. […] Après la mort de leur bienfaitrice, Francilie nourrit sa mère de ses petits travaux de couture. […] Elle adopta les orphelins ; de ses ressources précaires elle consola une mère que son mari avait délaissée. […] Qui nous dira la lutte de tant de vertus pauvres, de tant de mères admirables, de sœurs dévouées ?
Joséphin Soulary, on vous répondra : « C’est l’auteur du sonnet des deux mères…, vous savez ? […] — Notez qu’il n’est pas ordinaire ni convenable qu’une mère donne à téter à son enfant dans une église : tout ce septième vers est donc parasite. Et notez aussi qu’on ne donne pas « l’absoute » aux enterrements des petits enfants La mère embrasse du regard son enfant tout entier : il est donc bien grand, ce petit ? […] Quant à l’idée du sonnet, elle est ingénieuse et d’un effet sûr, et je ne me demande pas si le sourire de la mère qui enterre son enfant est aussi vraisemblable que les pleurs de l’autre. […] les voilà trois sur l’escarpolette » : le père, la mère et l’enfant. 4e tableau : « Ils sont deux sur l’escarpolette » : l’enfant est mort. 5e tableau : « Il n’en reste qu’un sur l’escarpolette » : le père est mort à son tour.
Triton n’a plus de famille ; il n’est pas rentré au village depuis les grandes guerres de la république ; il ne sait pas ce qu’est devenue sa mère. […] Le comte de Timey, qui était un homme très intelligent et très corrompu, a été l’amant de sa mère, femme d’un autre émigré français, Mme d’Evré. […] de la simplicité, de la piété, de l’humilité : « Je me jure à moi-même de prendre désormais les règles suivantes pour règles éternelles de ma vie ; « Faire tous les matins ma prière à Dieu, réservoir de toute force et de toute justice, à mon père, à Mariette et à Poë comme intercesseurs : les prier de me communiquer la force nécessaire pour accomplir tous mes devoirs, et d’octroyer à ma mère une vie assez longue pour jouir de ma transformation ; travailler toute la journée, ou du moins tant que mes forces me le permettront ; me fier à Dieu, c’est-à-dire à la justice même, pour la réussite de mes projets ; faire, tous les soirs, une nouvelle prière, pour demander à Dieu la vie et la force pour ma mère et pour moi ; faire, de tout ce que je gagnerai, quatre parts : une pour la vie courante, une pour mes créanciers, une pour mes amis, et une pour ma mère ; obéir aux principes de la plus stricte sobriété, dont le premier est la suppression de tous les excitants, quels qu’ils soient. » Plus je me rapproche de l’homme et plus je reviens de mes préventions contre l’artiste. […] J’entends par là que jamais il ne contrista sa mère autrement que par ses vices, dont je ne sais à quel point il faut le rendre responsable, et qu’il fut constamment, avec elle, affectueux, attentif et tendre. […] Il avait sept ans quand sa mère se remaria au colonel Aupick.
Sans le dévouement d’une nièce chérie j’y serais seul ; ma mère, ma femme, mes deux enfants, m’attendent au bout du jardin dans le cimetière de la paroisse. […] Une mère que je connus plus tard vous était le monde tout entier. […] Il a une mère tendre enfin. […] Sa mère pour lui s’épuise, et ne peut faire davantage. […] Aujourd’hui la voilà mère, épouse, à son tour ; Mais c’est chez elle encor raison plutôt qu’amour.
Sa mère Anne Donne, de noble naissance, mourut jeune en 1737, laissant deux fils ; William n’avait alors que six ans, mais il garda des premiers temps de son enfance et des tendresses de sa mère un souvenir vif et profond, gravé plus avant en son cœur par le régime tout différent auquel il fut soumis le lendemain de cette mort ; il a consacré ce souvenir, à plus de cinquante ans de distance, dans des vers composés par lui en recevant d’une cousine le portrait de sa mère (1790). En les lisant, on n’y retrouve pas seulement l’affectueuse émotion qui serait dans le cœur de bien des fils à la vue de ce qui ramène vers les années heureuses, mais on y reconnaît aussi ce qu’il y avait de particulièrement sensible, de tendrement sensitif et douloureux dans cette nature de Cowper, qui avait avant tout besoin de la tiédeur et de l’abri du nid domestique : En recevant le portrait de ma mère Oh ! […] Ma mère, lorsque j’appris que tu étais morte, dis, est-ce que tu as eu conscience des pleurs que j’ai versés ? […] — Mais non, ce qu’ici nous nommons la vie est chose si peu digne d’être aimée, et toi, ma mère, tu m’es si aimable que ce serait te payer bien mal que de contraindre ton esprit délivré à reprendre ses fers… La mort de sa mère livra le jeune enfant aux mains des étrangers ; son père, homme estimable, n’eut point pour ce fils délicat et timide les attentions qu’il aurait fallu. […] Timide et effarouché aisément comme il l’était, il avait toujours demandé au ciel, en sortant de Saint-Alban, qu’il plût à la Providence de lui procurer un appui et une assistance de cette sorte, une mère enfin : « Qu’on est heureux, s’écriait-il, de pouvoir penser avec une ferme confiance que nos demandes sont entendues, au moment même où nous les faisons !
Sa mère était une personne supérieure que Sismondi plus tard n’hésitera pas à comparer à Mme de Staël, non pour le génie et le brillant de l’esprit ; Mme de Staël l’emportait par ces côtés : « Mais ma mère, dira-t-il dans la conviction et l’orgueil de sa tendresse, ne le cède en rien ni pour la délicatesse, ni pour la sensibilité, ni pour l’imagination ; elle l’emporte de beaucoup pour la justesse et pour une sûreté de principes, pour une pureté d’âme qui a un charme infini dans un âge avancé. » Cette mère, femme d’un haut mérite et d’un grand sens, dominera toujours son fils, influera sur lui par ses conseils, le dirigera même à l’entrée de la carrière littéraire et, le détournant tant qu’elle le pourra des discussions théoriques pour lesquelles il avait du goût, le poussera vers les régions plus sûres et plus abritées de l’histoire7. […] Sismondi commençait, en ce temps, à connaître Mme de Staël, et, s’ouvrant à elle de son amour, il lui dit, en réponse aux offres de service qu’elle lui faisait, que déjà elle lui en rendait un très-grand auquel elle n’avait pas songé, par son roman de Delphine ; qu’il le ferait lire à sa mère, et que le livre plaiderait en sa faveur. […] On voit, par son Journal intime et par les lettres écrites à sa mère, qu’il ne s’accoutuma point pourtant de prime abord, sans quelque difficulté, au monde et au ton de Coppet. […] Sa mère, qui connaissait sa sensibilité extrême, le tenait en garde contre le trop de chaleur et d’entraînement. […] Dupont (de Nemours) que tous les hommes distingués qu’il avait connus avaient eu des mères de mérite et d’esprit. » C’est De Candolle qui dit cela dans ses Mémoires.
La mère, au théâtre, — et c’est une justice, — n’apparaît presque jamais que sous un aspect élevé et noble. […] Mais la mère s’efforce d’éteindre ses nobles instincts, comme une ménagère économe souffle, de ses froides lèvres, des flambeaux trop coûteux. […] La mère insiste, et il cède, en rongeant son frein. […] La mère intervient tremblante, éperdue ; elle supplie son fils de fermer les yeux, d’ignorer l’outrage, et le jeune homme remet au fourreau sa fierté rouillée. […] Elle touche à des pudeurs de l’âme aussi sensibles que les mystères du corps ; elle révèle, — et c’est une mère qui parle à son fils !
Ici, changement de décoration : sur une autre partie du théâtre se voyait Jésus avec sa mère, et l’ange Gabriel présent. […] Jésus quitte sa mère une première fois. Toute scène de Jésus-Christ avec sa mère avait quelque chose de touchant dans ces vieux mystères. […] Il ne s’agit pas de l’émotion actuelle, momentanée, produite sur les gens d’alors par ce colloque émouvant de la mère et du fils. […] Il y a de plus une belle scène, — très-belle par le sentiment, — entre Jésus et sa mère.
« Madame ma très chère mère, j’avais été véritablement outrée de cette dépèche si malhonnête qu’on a cachée à Mercy, et que nous n’avons pu prévoir ni parer. […] On sait que Marie-Thérèse, plus émue que personne (et elle en avait le droit), prit sur elle alors d’ouvrir une négociation particulière avec le roi de Prusse (juillet 1778) ; la négociation manqua : Joseph II fut très irrité quand il sut la tentative de sa mère. […] Décidément, l’âge est venu, et il a opéré un changement dans ce cœur altier : la mère en alarmes l’a emporté sur la souveraine ; elle a fléchi : « Schœnbrunn le 6 août 1778 « Madame ma chère fille, Mercy est chargé de vous informer de ma cruelle situation, comme souveraine et comme mère. Voulant sauver mes États de la plus cruelle dévastation, je dois, coûte que coûte, chercher à me tirer de cette guerre, et, comme mère, j’ai trois fils qui ne courent pas seulement les plus grands dangers, mais doivent succomber par les terribles fatigues, n’étant pas accoutumés à ce genre de vie. […] Elle se sentait mère de huit enfants, et le dernier, Maximilien, faible et débile, devait être aussitôt mis hors de combat par les fatigues de cette campagne de 1778.
Ma mère ne me racontait jamais cette scène sans la plus vive émotion. […] Ma mère ne sut jamais si, dans le sentiment qui lui resta de ce jour, le froissement ou l’admiration l’emportèrent. […] Ma mère, gaie, ouverte, curieuse, aimait plutôt la Révolution qu’elle ne la haïssait. […] Ma mère ne croyait nullement que ce fût là l’explication véritable. […] Je demandai un jour à ma mère ce qu’elle. était devenue.
mais de la vérité, du comique même ; l’Architriclin, le Vatel au désespoir quand il voit que le vin manque ; Jésus averti tout bas par sa mère et réparant le mal sans bruit ; l’étonnement du maître d’hôtel quand il goûte ce vin de la fin qui se trouve le meilleur, tandis que, selon l’usage des noces de ce temps-là (et, m’assure-t-on, de quelques noces de campagne encore aujourd’hui), on donnait le meilleur vin au premier service, et le moins bon au dessert ; car il suffit que cela gratte, quand les palais, une fois, sont échauffés. — Ces noces de Cana seraient tout un tableau flamand, s’il y avait de la couleur. […] Jésus et sa mère Maintenant je n’ai plus à citer de ce vieux Mystère qu’une scène véritablement pathétique et où le sujet a heureusement inspiré l’auteur, soit qu’il ait eu le premier l’idée, soit plutôt qu’il l’ait prise ailleurs et simplement perfectionnée. […] Mais Jésus a refusé cette dernière requête elle-même : quand le fils souffre d’une telle mort, il convient qu’une mère douce et tendre le ressente ; il est juste que le glaive de douleur la transperce. […] Jésus ne craint pas d’enfoncer coup sur coup, de retourner le glaive dans le cœur de sa mère : les agonies ont commencé. […] Puisqu’il avait ailleurs rappelé les Grecs, que n’a-t-il rapproché ici de cette scène douloureuse et saignante la scène de l’Hippolyte mourant, dans Euripide, où l’on voit Diane, la chaste vierge, mais qui n’a pas été mère, ne pouvoir veiller et assister jusqu’à la fin, jusqu’au dernier soupir, le mortel même le plus chéri et qu’elle a le plus favorisé !
Quelle plus vile profession de foi d’un matérialisme absolu, réduisant toute la sociabilité, même celle de l’amour, de la génération et du sang, à la grossière sensation de la peine, du plaisir, ou des besoins physiques dans le père, dans la mère, dans l’enfant, blasphème qui donne pour toute moralité à cette trinité sainte de la famille, quoi ? […] Il l’aurait fait naître dans toute sa force, dans le développement accompli de ses facultés physiques et morales, sans aucune de ces gradations de l’âge, sans aucune de ces impuissances, de ces faiblesses, de ces ignorances de l’enfant nouveau-né, qui condamne le nouveau-né à la société de la mère, ou à la mort, si la mère lui refuse la mamelle, si le père lui refuse la protection, la nourriture pour subsister ; et, quand la mamelle tarit pour l’enfant, la mère, elle-même, que deviendrait-elle avec son enfant sur les bras, sans la société du père, que l’amour conjugal et que l’amour paternel attachent par un double instinct de vertu désintéressée à ces deux mêmes êtres dépendants de lui ? […] Voilà donc dans cette trinité du père, de la mère, de l’enfant, nécessaires les uns aux autres sous peine de mort, la preuve évidente que la sociabilité et l’humanité, c’est un même mot. […] Embryon, il s’approprie dans le sein de sa mère la vie occulte et germinante dont il forme ses organes appropriateurs avant de paraître au jour. […] Supposez, en effet, que le père en mourant emporte avec lui tout son droit de propriété dans la tombe, et que la propriété soit viagère dans le chef de cette société naturelle de la famille ; le père mort, que devient l’épouse, la veuve, la mère ?
Sur un front de quinze ans la chevelure est belle, Elle est de l’arbre en fleur la grâce naturelle, Le luxe du printemps et son premier amour : Le sourire la suit et voltige alentour ; La mère en est heureuse, et dans sa chaste joie Seule en sait les trésors et seule les déploie ; Les cœurs des jeunes gens, en passant remués, Sont pris aux frais bandeaux décemment renoués ; Y poser une fleur est la gloire suprême : Qui la pose une fois la détache lui-même. […] la mère me les vend. […] dis-je à cette mère empressée à conclure, Vous venez vendre ainsi la plus belle parure De votre enfant ; c’est mal. […] La mère fut exacte à la chose entendue : Elle amenait l’enfant, et je payais à vue.
Pour le moment, il se contente de le persifler, avec mauvais goût sur l’ancienne domesticité de sa mère. […] Lionnette aura plus tard le tort de remuer savamment tout cela, d’en prendre l’écume et de la rejeter sur sa mère. […] Les baisers de la mère distraite, ses froides gâteries ne l’indiquent pas. […] — Je vais trop loin… » — L’enfant s’attache à sa robe, comme s’il pressentait qu’il va perdre sa mère s’il la laisse aller. […] Tout est changé en elle, ses entrailles de mère ont remué, son cœur s’est réveillé en sursaut.
Et dès cinq heures du matin chi, chi, boum boum, le bois qu’on scie pour la soupe, et la tombée des bûches, et le feu qu’on souffle, et le lourd départ, puis, quelques heures après, la dégringolade par l’escalier de toute la marmaille de la maison dans les vieux souliers, les souliers trop larges de leurs pères et mères. […] Il ne dit pas comme au théâtre : « Ma mère ! ma mère ! […] Et que personne de ceux qui sont morts ne soit revenu dans le rêve d’un vivant, à ce moment où il est délié de la vie, un père pour avertir son fils, une mère, une mère ! […] En revenant, je rencontre, à la gare, Flaubert faisant la conduite à sa mère et à sa nièce qui vont passer l’hiver à Paris.
À droite, le père et la mère à un balcon, au-dessous de ce balcon, leurs petits enfants déguisés en marmottes et en marmots. La mère leur jette de l’argent sans les regarder ; elle tourne la tête vers son mari et cette tête ne dit mot non plus que celle du père ; de plus, ces deux figures muettes sans caractère, sans expression, sont encore lourdes, courtes et grises ; si le balcon était percé en dessous et qu’elles fussent achevées, leurs jambes passeraient de beaucoup à travers. […] Mauvais tableau, c’est Voiriot toujours Voiriot ; autres pères, mères et maître à châtier dans l’autre monde.
la mère accourt comme une folle et crie : « A l’école ! […] » dit la mère en soupirant. — « Nous n’aurons plus… de quoi ? […] Plus de miche (de pain blanc), cette ration quotidienne que la mère allait chercher au séminaire. Pourtant une idée vient à la pauvre mère, et, sortant, elle leur dit d’attendre un moment et d’espérer. […] Jasmin seul reste pensif et cherche à s’assurer de ce qu’il soupçonne à travers le triste sourire de sa mère.
Il se réfugie sous un nom supposé dans un château désert appartenant à la mère d’un de ses amis. […] « Je ne dois pas, dit-il, laisser après moi une femme tendre et fidèle, mère de mon fils, sans nom et sans asile. […] les doux liens sont à jamais brisés, car elle habite désormais la terre des ombres, celle qui fut la mère de famille. […] ” Oui, chère mère, ce fut comme si la paix descendait sur moi ! […] Ô vous, sa mère, je vous remercierai éternellement d’avoir mis au monde celui que j’aime !
Et il cite en exemple sa propre mère : « Jamais, dit-il, mère n’aima son fils mieux que la mienne ; mais c’était sans que je m’en aperçusse. […] ma mère, a répliqué le fils, que me dites-vous ? […] Il verra sa mère. […] c’est la mère du roi ! […] dit Mélisande. — Petite mère… petite mère… vous allez partir. » Partir… mourir… huitième symbole.
Mademoiselle B…, que je devais épouser, presque inséparable de ses amies, profita de cette circonstance pour venir, avec sa mère, rejoindre la marquise de La Pierre et visiter le continent. Elle se fixa avec sa mère, à Chambéry, dans la maison de ses amies, comme une cinquième fille de cette charmante famille. […] Il me proposa d’être ma sentinelle dans la maison de ses sœurs, et de m’avertir, en jouant de la flûte, chaque fois que la mère vigilante sortirait sans sa fille pour la promenade. […] Ma mère, comme à l’ordinaire, était ma complice. […] Ses démarches auprès de sa mère, et l’influence de ses amies, mesdemoiselles de La Pierre, avaient triomphé de son côté de tous les obstacles.
Il fut heureux, mais nous avons peu de détails sur cette époque de sa vie, qui dura moins longtemps que ses jours agités ; il perdit par la mort cette femme, mère de ses deux enfants, avant qu’ils eussent l’âge de connaître leur mère. […] et, s’il verse des pleurs, quelles mains sauront mieux les essuyer que celles d’une mère ! […] Ses enfants eurent la plus aimable des mères. […] J’y trouvai sa mère et madame de la Tour dans un état de langueur qui avait encore augmenté. […] mères infortunées !
A sept ans et demi, elle perdit sa mère, qui avait voulu aller mourir à Metz au milieu de sa famille ; car, atteinte d’une maladie de poitrine incurable, cette femme de vertu ne s’abusa pas un moment sur son état, et se disposa à la mort avec calme, comme pour un voyage. […] Les bonnes qualités, chez la femme-poëte surtout, sont comme des mères tendres et prévoyantes qui retiennent à temps l’enfant prodigue près de s’échapper, et cet enfant prodigue s’en irait sans cela par le monde, accroissant son renom et gagnant la gloire. […] Mais, même heureuse, même comblée ici-bas comme épouse et comme mère, son roman est clos, son poëme s’en est allé ; le voilà hors de son atteinte, suspendu au plus obscur de l’alcôve nuptiale, avec la couronne d’oranger près du crucifix. […] Dans sa voix je croyais entendre La voix joyeuse du vallon, La voix d’une sœur douce et tendre, D’une mère émue à mon nom. […] pauvre mère !
Elle a de l’intérêt par elle-même ; il n’est pas indifférent à la morale, de voir comment cette femme, née dans une prison, d’un père protestant, qui se ruina au jeu et mourut à la Martinique, où elle fut laissée en gage à un créancier par sa mère obligée de venir chercher du pain en France ; renvoyée à sa mère, à quatorze ans, par ce créancier qui trouvait trop onéreux de la nourrir ; devient à quarante-cinq ans l’amie, la confidente d’un roi galant, parvient à le détacher de ses maîtresses, ne voulant prendre la place d’aucune, et à quarante-huit ans devient la femme de ce roi, plus jeune qu’elle de trois ans. […] Son père, Constant d’Aubigné, était protestant ; et sa mère, Jeanne de Cardillac, fille du commandant du château Trompette, était catholique. […] Sa veuve revint en France, laissant en gage, comme je l’ai dit, sa fille, âgée de sept ans, à un créancier de son mari, qui se lassa bientôt de la nourrir et la renvoya à sa mère. Sa mère continua à l’élever dans le culte qu’elle professa, elle lui donna d’ailleurs la meilleure éducation qu’elle put dans l’état de pauvreté auquel elle était réduite. […] Françoise perdit sa tante ; quelque temps après, elle perdit sa mère.
Peut-être ne fait-elle pas mal de visiter ses amis au fond d’une province, comme d’autres y vont visiter leurs mères. […] Mais ce n’était plus ce je ne sais quoi de sa mère, qui captivait au premier instant et gagnait aussitôt les cœurs. […] Non, messieurs, cela est impossible, et voici mes raisons : Mme de Ferriol servait de mère à Mlle Aïssé ; elle avait mêlé son éducation à celle de ses enfants. […] Ma mère, qui avait été élevée en Bretagne où les coutumes étaient différentes, fut fort surprise lors de ses premières visites à Mayac. La comtesse d’Abzac (née Custine) qui faisait les honneurs lui dit : « Ma chère cousine, je te retiens pour coucher avec moi. » Quelques instans après Mlle de Bouillien dit aussi à ma mère : « Ma chère cousine, nous coucherous ensemble. » — « Je ne peux pas, répondit ma mère, je couche avec la comtesse d’Abzac. » — « Mais et moi aussi », reprit Mlle de Bouillien. — Ces trois dames couchèrent ensemble dans un lit médiocrement large, et pour faire honneur à ma mère on la mit au milieu.
Alors la mère oublie l’épouse. […] Si elle hésite à se sacrifier pour son fils, c’est que l’épouse doute que la mère en ait le droit. […] Mais rien n’a fléchi dans les rôles des mères tels que les a tracés Racine. […] Les mères aiment de la même façon en tout temps et en tout pays. […] Plus d’un y reconnaît une femme aimée, la tendresse immense d’une mère, l’esprit de domination d’une épouse.
C’est là que naquit, en effet, Torquato Tasso ; peut-on s’étonner qu’un enfant d’un tel père et d’une telle mère, né et élevé dans un tel séjour, au sein d’une telle félicité et d’une telle poésie, soit devenu le poète le plus tendre et le plus mélodieux de son siècle ? […] Priez avec vos saintes sœurs les nonnes, pour que le ciel me conserve la mère, qui est ici-bas mes seules délices. » Les prières du père, de la mère et de la tante furent exaucées ; l’enfant, qui fut Torquato Tasso, naquit à Sorrente, le 12 mars 1544. […] Logée dans une petite maison peu éloignée du collège des jésuites, elle conduisait elle-même, avant le lever du jour, le jeune Torquato, âgé de treize ans, une lanterne à la main, à la porte du collège ; les progrès de l’enfant répondaient à la tendre sollicitude de la mère. […] Les grandes mères font les grands fils : il n’y a presque pas d’exception à cette vérité dans l’histoire. […] La poésie, l’indigence, la mort, les larmes, la religion, l’adolescence, la vieillesse, également dépourvues de secours dans le grenier d’un cardinal à Rome, étaient le père et la mère, comme dit Job, du poète futur de l’Italie.
«… Il s’agissait de favoriser avant toute chose le développement physiologique de l’enfant, surtout au passage périlleux de la puberté ; il fallait, en un mot, la rendre capable d’être épouse et d’être mère. Pour le développement de l’esprit, un enseignement élémentaire suffirait… Quant à la morale féminine, Jaufre la trouvait résumée dans l’horreur du mensonge, le désir du mariage et le culte du foyer : ce qu’avaient eu sa mère et sa femme. […] Un jeune homme, de vieille race, mais pauvre, André de Mercy, intelligent, cultivé, très loyal et très bon, petit employé dans un ministère (sa mère ne lui ayant pas permis de se faire soldat), épouse une petite provinciale sans fortune ; car il a le cœur trop haut pour trafiquer de son nom et faire un mariage d’argent, et, d’autre part, il est de ceux qui ne peuvent résister à la solitude et qui ont besoin d’un foyer. […] André, lui, souffre de sa vie inutile et morne de gratte-papier ; il souffre de voir que sa mère et sa femme ne s’aiment point ; il souffre de sa pauvreté croissante et de sa continuelle inquiétude du lendemain… Vous ne sauriez croire avec quelle poignante vérité de détails sont notés le progrès et l’entrelacement de toutes ces humbles douleurs. […] Sa mère lui a légué une ferme en Algérie.
Sa compagne, au contraire, laisse descendre, comme un voile d’or, ses longues tresses sur sa ceinture, où elles forment de capricieux anneaux : ainsi la vigne courbe ses tendres ceps autour d’un fragile appui ; symbole de la sujétion où est née notre mère ; sujétion à un sceptre bien léger ; obéissance accordée par Elle et reçue par Lui, plutôt qu’exigée ; empire cédé volontairement, et pourtant à regret, cédé avec un modeste orgueil, et je ne sais quels amoureux délais, pleins de craintes et de charmes ! […] Suis-moi, je te conduirai où une ombre vaine ne trompera point tes embrassements, où tu trouveras celui dont tu es l’image ; à toi il sera pour toujours, tu lui donneras une multitude d’enfants semblables à toi-même, et tu seras appelée la Mère du genre humain. » Que pouvais-je faire après ces paroles ? […] Ainsi parla la Mère des hommes. […] Adam presse ensuite d’un baiser pur les lèvres fécondes de la mère des hommes…… Cependant le soleil était tombé au-dessous des Açores ; soit que ce premier orbe du ciel, dans son incroyable vitesse, eût roulé vers ces rivages ; soit que la terre, moins rapide, se retirant dans l’orient, par un plus court chemin, eût laissé l’astre du jour à la gauche du monde. […] Quant aux deux épouses, si Pénélope est plus réservée, et ensuite plus tendre que notre première mère, c’est qu’elle a été éprouvée par le malheur, et que le malheur rend défiant et sensible.
Que le fond du poëme soit de date ancienne, comment pourrait-on en douter, après la magnifique invocation de Lucrèce à Vénus, mère des fils d’Énée, mère du peuple de Mars, et en songeant à ce temple qui lui était consacré dans Rome au-dessus de l’amphithéâtre, à cette statue de Vénus armée, à cet attribut si étranger au dogme mythologique des Grecs, et qui, pour ainsi dire, la personnifiait romaine ? […] La mère de l’enfant ailé a ordonné la présence de toutes : et elle ordonne aussi aux jeunes filles de ne croire en rien l’Amour. […] Tu peux t’enorgueillir de lui, plus que d’avoir donné Sénèque au monde, ou d’être mère de l’aimable Gallion. […] « Ô toi, dit-il, soit que, porté à travers les cieux sur le char de la gloire, à la hauteur où montent les grandes âmes, tu dédaignes la terre et te ries des tombeaux, soit que tu habites, aux bords élyséens, le bocage de paix où s’assemblent les guerriers de Pharsale, et que les Pompée et les Caton accompagnent ton noble chant ; soit que, fière et sacrée, ton ombre ignore le Tartare, et que tu entendes de loin les supplices des méchants, et n’aperçoives que derrière toi Néron, pâle sous le regard irrité de sa mère, apparais-nous dans ton éclat !
Le tribun la perce d’un seul coup, et laisse le cadavre à sa mère. […] C’est de là qu’il écrit à sa mère (Id. […] De ce jour, Néron évita toute entrevue secrète avec sa mère (TACIT. […] — Une mère, dites-vous ? […] Telle fut l’entrée de Néron, couvert et fumant du sang de sa mère (TACIT.
Bien sûr que le pauvre diable n’a pas de mère pour le consoler doucement de sa misère. […] Mais c’est assurément de la poésie : Où est ma mère ? […] C’est la mère douce aux cheveux gris dont tu es né. […] Ta mère douce coud dans le salle à manger Où sentent bon les fruits, près de te fiancée.
Mais une certaine naïveté naturelle, qu’il tenait de sa mère et qu’on prenait mal à propos pour de la niaiserie, et de plus une longue habitude de se regarder comme le dernier de la maison partout, lui donnaient une apparence d’infériorité entre tous ses camarades. […] On l’appelait la Jumelle, parce que sa mère l’avait mise au monde le même jour qu’un frère qui ne la quittait jamais, et qui venait habituellement avec elle faner ou moissonner pour le château. […] « La mère a étendu la nappe ! […] — « Mère, va chercher la Jumelle derrière le poirier, et qu’elle le dise elle-même ! […] Aussi, après quelques volées, toute ma douleur chantait en moi, en me déchirant les sens et le cœur ; mais ce désespoir chantait véritablement, sur les deux ou trois notes de la cloche, l’hymne de deuil et de tendresse à ma mère absente à jamais de mes yeux.
Les roues massives, les ridelles ou balustrades du chariot étaient tout encerclées de festons de branches en fleurs ; sur le plancher du chariot, grand comme la chambre où nous sommes, il y avait des chaises, des bancs, des matelas, des oreillers, des coussins, sur lesquels étaient assis ou couchés, comme des rois, d’abord les pères et les mères des fiancés, les frères et les sœurs des deux familles, puis les petits enfants sur les genoux des jeunes mères, puis les vieilles femmes aux cheveux d’argent qui branlaient la tête en souriant aux petits garçons et aux petites filles ; tout ce monde se penchait avec un air de curiosité et de bonté vers moi pour voir si l’éventail de la belle fiancée et les gouttes de rosolio de son sposo me rendraient l’haleine dans la bouche et la couleur aux joues. […] Je voudrais bien que ce fût moi, car on dit que c’est une bien belle place, qu’on y gagne bien des petits bénéfices honnêtement, et qu’on est à même d’y rendre bien des services aux femmes, aux mères, aux filles de ces pauvres prisonniers. […] — Allons, enfant, dit tout le monde en approuvant la bonne mère d’un signe de tête, fais honneur à la mariée et à sa famille ; enfle la zampogne, et qu’on se souvienne à Lucques de l’entrée de noce de la fille du bargello et de Placidio ! […] Disposez donc de moi, comme il vous conviendra ; j’obéirai avec fidélité à vos commandements, comme si vous étiez mon père et ma mère. […] oui, je puis la gagner, mais c’est la vie de mon enfant que je veux sauver de la guerre, et vous allez voir si vous pourrez le refuser à sa mère et à moi.
Celle-ci, fille d’une mère illustre, n’avait pu être élevée par Marie-Thérèse trop occupée des affaires d’État, et sa première éducation à Vienne avait été très négligée. […] … Les sentiments les plus vrais de la mère, de l’amie, de la chrétienne soumise, respirent dans cette lettre testamentaire. […] Elle était faite pour être l’héritière paisible et un peu bergère de l’Empire, plutôt que pour reconquérir elle-même son royaume ; avant tout, sous ce front auguste, elle était faite pour être femme aimable, amie constante et fidèle, mère tendre et dévouée. […] Quant aux femmes, Mme de Staël leur a dès longtemps adressé le mot qui peut leur aller le plus au cœur, quand elle a dit, dans la défense qu’elle a donnée de Marie-Antoinette : « Je reviens à vous, femmes immolées toutes dans une mère si tendre, immolées toutes par l’attentat qui serait commis sur la faiblesse… ; c’en est fait de votre empire si la férocité règne. » Marie-Antoinette est mère encore plus que reine en effet. […] Et l’on sait aussi ce dernier mot de Marie-Antoinette devant l’atroce tribunal, lorsque, interrogée sur d’affreuses imputations qui touchaient à l’innocence de son fils, elle s’écria pour toute réponse : « J’en appelle à toutes les mères !
Que l’on s’en rapporte aux Désirs de Jean Servien ou au Livre de mon ami, que le père de ce petit enfant ait été relieur ou médecin, c’était un homme candide, sérieux et de caractère méditatif ; sa mère était douce, fine et d’une adorable tendresse. […] Nous l’aimons enfin, la religion de nos mères, parce qu’elle est parfaitement mystérieuse et qu’on est las, à certains moments, de la science qui est claire, mais si courte ! […] Pauvre Jeanne, pauvre mère ! […] Aujourd’hui le père et la mère sont revenus pour six semaines sous le toit du vieillard… Jeanne monte lentement l’escalier, m’embrasse et murmure à mon oreille quelques mots que je devine plutôt que je ne les entends. […] Ce livre plaira aux mères, car il parle des enfants.
Elle était mère avant son mariage ; quelque temps après, Claude a découvert ce triste secret. […] Raymonde, elle, n’a jamais caché à l’enfant qu’elle était sa mère ; toutes les semaines, au moins ; au risque de se perdre, elle va l’embrasser. […] » s’écrie-t-elle ; et la mère et la fille s’épanchent en tendresses. […] Les gens de Rueil ont parlé ; elle sait que la mère vit encore : à tout prix, elle veut la connaître. […] » dit-elle à Montaiglin : « Ma mère !
Pauvre mère, une vie de douleur et de malheur ! […] Je la revois, ma mère, en ces années, où retirée du monde, n’allant plus nulle part, le soir, elle s’était faite le tendre maître d’étude de mon frère. […] Un garçonnet aspirant à être reçu bachelier de cette école, est amené par sa mère au professeur, qui a sa chaire, dans un jardin chargé de fruits. […] En ce ci-devant logis princier, ma tante, la femme de son frère, mère de l’ambassadeur actuel près le Saint-Siège, ma mère ; les trois belles-sœurs menaient, tout l’été, une vie commune. […] L’enfant tendre, à l’intelligence paresseuse, que j’ai peint sous le nom de Pierre-Charles, était mort d’une méningite, avant le départ de sa mère pour l’Italie, et sur ce pauvre et intéressant enfant, présentant un sujet neuf, sous la plume d’un romancier, j’ai fait peser le brisement de cœur et les souffrances morales de son frère cadet, pendant la folie religieuse de sa mère.
Des lettres intimes sont parvenues jusqu’à nous, où nous trouvons exprimée, avec la plus déchirante éloquence, la douleur d’un père dont la fille est morte, d’une mère que sa fille a quittée. Mais ce père est Cicéron, cette mère est Mme de Sévigné, et c’est pour cela que leur douleur est immortelle. De tout temps des pères ont pleuré la mort d’un enfant ; de tout temps des mères ont senti les déchirements de la séparation, quand elles ont marié leurs filles : et ces pères, ces mères aimaient autant leurs enfants, étaient aussi dignes de pitié que l’orateur romain et que notre marquise.
Ces deux grands poètes ont tant de ressemblance, qu’ils pourraient tromper jusqu’aux yeux de la Muse, comme ces jumeaux de l’Énéide, qui causaient de douces méprises à leur mère. […] Ainsi Euryale, en parlant de sa mère, dit : ………… Genitrix…………………………… …………… quam miseram tenuit non Ilia tellus Mecum excedentem, non mœnia regis Acestæ. « Ma mère infortunée qui a suivi mes pas, et que n’ont pu retenir ni les rivages de la patrie, ni les murs du roi Aceste. » Il ajoute un instant après : …… Nequeam lacrymas perferre parentis. « Je ne pourrais résister aux larmes de ma mère. » Volcens va percer Euryale ; Nisus s’écrie : Me, me : adsum qui feci : ……………………… ………… mea fraus omnis : nihil iste nec ausus, Nec potuit……………………………………… Le mouvement qui termine cet admirable épisode est aussi de nature négative.
Elle était devenue mère. […] Avant d’être mère, elle travaillait, elle écrivait pour soutenir sa mère, mais c’était tout ; elle pouvait douter de l’action de la vérité et de la raison parmi le monde ; elle voyait le mal, le ridicule, la sottise, et n’espérait guére : une fois mère, elle conçut le besoin de croire à l’avenir meilleur, à l’homme perfectible, aux vertus des générations contemporaines de son enfant. […] dites-leur la suite amère, Lot de tout être né de mère ; Homme, dites-leur ce qu’ils sont ! […] Elle les ajoutait à mesure qu’ils lui venaient à l’esprit, et sans scrupule, en se disant : C’est pour ma mère ! — « Si j’avais soupçonné plus, avouait-elle en racontant cela, j’aurais mis bien davantage, tant je me répétais avec confiance : C’est pour ma mère !
Que de peines ingénieuses réservées à une mère trop tendre, à une fille trop crédule, à un jeune homme trop ardent ! […] entre la mère et la fille, entre l’époux et l’épouse, entre la vie et la mort ! […] Poètes chrétiens, les prières de vos Nisus atteindront un Euryale au-delà du tombeau ; vos riches pourront partager leur superflu avec le pauvre ; et pour le plaisir qu’ils auront eu à faire cette simple, cette agréable action, Dieu les en récompensera encore, en retirant leur père et leur mère d’un lieu de peines !
Mon père, ma mère, Gibbon, et quelques amis des deux voisins, furent une seule famille. […] Ses genoux, me disait ma mère, étaient devenus mon berceau. […] Le vieillard pleura en me remettant pour la dernière fois aux bras de ma mère. […] Sa mère prêtait avec plus de complaisance sa maison, ses jardins, ses bois, à toutes nos licences d’enfants. […] Il se contentait de jouer avec son génie et avec sa sensibilité, comme un enfant avec l’écrin de sa mère.
s’écria-t-il, c’est tout comme sa mère à son âge, quand je la vis pour la première fois à ta noce avec mon frère, trois ans avant de la demander à votre mère. […] — C’est encore comme sa mère, redisait-il en admirant et en pleurant, et cela continuait comme cela tous les soirs des dimanches. […] — Et vous, me dit-il, vous êtes bien Magdalena Zampognari, fille de Francesca Bardi et de Domenico Cortaldo, vos père et mère, du village de Bel-Sguardo, en plaine ? […] — Pourvu qu’ils nous laissent les chevreaux et leur mère que j’ai élevés, et dont le lait et les fromages nous nourrissent à leur tour ! […] reprit Fior d’Aliza toute pâle (à ce que dit sa mère), comme si son cœur s’était arrêté de battre dans sa poitrine.
« Nous avions beau nous attendre, écrivait-elle à sa mère, à l’événement devenu inévitable depuis deux jours, le premier moment a été atterrant, et nous n’avions pas plus l’un que l’autre de parole. […] Puis elle écrit le jour même à sa mère (10 mai 1774) et se montre à elle dans la vérité de son trouble et de sa sollicitude : « Mon Dieu, qu’allons-nous devenir ? […] Ô ma bonne mère ! […] On a entendu Marie-Antoinette s’écrier dans cette réponse où elle parlait du Zamore de Mme Du Barry : « Si j’étais mère !… » Elle souffrait de ne pas l’être, elle en était humiliée tout bas ; elle voyait sa jeune belle-sœur, la comtesse d’Artois, mère déjà de deux enfants, et elle n’avait pour elle-même aucun commencement d’espérance.
grand rejeton du très grand Jupiter, que ta mère a déposée près du laurier de Délos, « Pour te laisser souveraine des montagnes, des vertes forêts, des gorges abritées et des fleuves retentissants ! […] quelle flamme se lève plus impitoyable dans les cieux que toi, qui du sein d’une mère peux arracher sa fille, l’arracher aux embrassements dont la mère la retient, et livrer à l’ardeur d’un jeune homme cette vierge pudique ? […] Mais, lorsqu’elle a trouvé dans la saison naturelle un lien assorti, elle est plus chère à son époux et plus agréable à sa mère. […] Il ne convient pas de repousser celui à qui t’ont donnée le père et la mère auxquels tu dois obéissance. […] La mère sacrilège, se prostituant à son fils trompé, n’a pas craint de rendre complices de son crime les dieux domestiques.
Les Fedeli Nous avons dit qu’Isabelle Andreini laissait un fils né en 1579, ayant vingt-cinq ans, par conséquent, à la mort de sa mère. […] sont toute une famille de Centaures, père, mère, fils et fille. […] « Après une suite d’aventures compliquées et romanesques, les deux Centaures, père et mère, qui combattaient pour recouvrer la couronne de l’île de Chypre, se tuent de désespoir, et la petite Centauresse, leur fille, monte sur le trône, ce qui devait lui être (qu’on nous permette de le dire) plus aisé que de s’y asseoir. […] D’autres célèbrent de pieux acteurs de l’Italie moderne, tels que Giovanni Buono, retiré dans un cloître et vivant dans la pénitence : « Lequel, après avoir excité si longtemps le rire, disait le poète, s’est changé en une source de larmes. » Un sonnet est consacré à la mémoire d’Isabelle Andreini, la mère de l’auteur.
Ma vieille mère expire dans le besoin ; ma jeune sœur, une arrière-petite-fille, monsieur ! […] Une vieille mère et une jeune sœur ! […] Je crois pourtant que ma vieille mère a dans un tiroir… (À part.) […] Il est trois heures ; et ma mère, la petite-fille de Regnard, n’a pas encore pris son café au lait !!!
Parent de la femme de Lucien par ma mère, j’ai eu moi-même l’occasion de connaître cette femme, que son mari avait préférée à un sceptre. […] Il n’y avait pas de mère qui n’eût désiré l’avoir pour époux de sa fille, pas d’homme qui n’eût voulu en faire son ami. […] Sa mère et elle ne voyaient que lui, dans les premiers moments, à Florence. […] « J’y ai retrouvé, dit-il, la princesse Charlotte ; sa mère et elle ne sortent pas du tout. […] Nul doute, cependant, qu’une réminiscence de la princesse Charlotte ne se retrouve dans le charmant visage de la jeune mère.
Et cela, c’est un fils qui revoit sa mère. […] C’est là une mère ! […] Est-ce que cet enfant ne devoit pas tenir une des mains de sa mère, la dévorer et l’arroser de larmes ? […] Un des enfants, avec le cordon bleu, a la tête panchée dans le giron de sa mère. […] Où est cette fille étendue à terre, la tête panchée dans le giron de sa mère, et qui me désole ?
Je préfère celui où l’enfant va caresser sa mère de ses deux petites mains. Et l’enfant et la mère sont intéressants. L’œil tourne autour du visage de la mère.
Né à Versailles le 23 août 1733, d’une mère française et d’un père savoisien, il avait beaucoup de ce dernier. Il était lion par son père, disait-il, et berger par sa mère. […] » — Je m’arrête dans ma citation, car, dans le reste du discours que Ducis prête à sa mère, ou qu’il poursuit en son propre nom, il est question du « service des Muses » et du « fantôme de la gloire ». […] Et vous, mon ami, vous regardez le berceau de votre petit enfant, et sa mère et sa grand-mère, et vos deux aînés Paul et Virginie : votre cœur s’attendrit et jouit. […] Ducis avait placé le buste du grand William dans sa chambre à coucher, non loin du portrait de son père et de sa mère : Je n’oublierai jamais, dit M.
Je m’en console : le voyage de ma douloureuse vie est bien avancé. » La mort de sa mère fut un dernier coup et l’étonna comme s’il n’était pas dans l’ordre naturel que les fils survécussent à leur mère. […] Elle a été ma mère dans mon enfance et presque dans ma vieillesse. […] J’ai appris de ma mère la grande leçon de l’homme et du chrétien, à souffrir. […] Mon cher ami, j’ai mis ma confiance dans le Dieu de ma mère ; je lui demande de me la conserver à jamais, cette confiance, et de mourir comme elle sous la bénédiction céleste. […] c’est au même âge que j’ai aussi perdu ma tendre femme, ma première, la mère de mes enfants, âme pure et sensible que je regretterai jusqu’au dernier soupir.
ma chère mère, n’y pensez plus. […] Ma mère a beau gronder depuis ce jour-là, cela ne trouble pas ma joie. […] a répété sa mère. […] Tu devrais prier ces messieurs d’être discrets, lui a dit sa mère. […] Juliane va être mère : elle se l’avoue avec effroi ; autour d’elle, on peut s’en apercevoir à chaque heure.
Enfin vous remplacerez son père, sa mère et moi autant que possible, n’est-il pas vrai ? Si elle pouvait conserver les bagues que sa mère lui a données, cela me ferait bien plaisir. […] Sa mère était morte. […] Ensuite il regarda dans la charrette, comme une mère dans le berceau de son enfant. […] Elle était sa société et son souci, comme si, au lieu d’être sa mère, elle eût été son enfant.
Devenue par son mariage Bretonne de cœur, la mère de M. […] Il n’a plus que sa mère à aimer et pour l’aimer. […] Sa mère aurait-elle été complice ? […] Maintenant sa mère sera à lui ! […] Non, l’image si pure de la mère qu’elle croit morte, que Bérangère a gravée dans son cœur, la mère n’ira pas elle-même la briser ou la souiller.
Or, Ernest est amoureux de sa cousine, laquelle aime sans doute son cousin, mais l’aime un peu comme une mère et le traite volontiers comme un enfant. […] Mlle de Liron est blanche comme le lait ; elle a de beaux cheveux noirs et des yeux d’un bleu de mer, genre de beauté assez commun parmi les femmes du Cantal où sa mère était née. […] Dans la première, une femme de qualité établie à Lausanne, la mère de la jolie Cécile dont nous avons cité le portrait, écrit à une amie qui habite la France les détails de sa vie ordinaire, le petit monde qu’elle voit, les prétendants de sa fille et les préférences de cette chère enfant qu’elle adore ; le tout dans un détail infini et avec un pinceau facile qui met en lumière chaque visage de cet intérieur. […] Il aime Cécile, mais pas en homme fait ni avec de sérieux desseins ; aussi la tendre mère songe-t-elle à guérir sa fille, et cette courageuse fille elle-même va au-devant de la guérison. […] Caliste, qui avait gardé ce nom pour avoir débuté au théâtre dans The fair Penitent, vendue par une mère cupide à un lord, était promptement revenue au repentir, et à une vie aussi relevée par les talents et la grâce qu’irréprochable par la décence.
Il y avait, comme je l’ai dit, dans la famille de ma mère des éléments de sang basque et bordelais. […] Ma mère, qui était chargée de l’expédition, apprit la mort de Mlle Guyon et garda la lettre. […] Le fond de ma blessure était le souvenir trop vivant de ma mère. […] Dupanloup était l’amour qu’il avait pour sa mère. […] Ma mère ne me commanda jamais rien.
Voir : Le sounkala de Marama, —L’orpheline de mère, —Les orphelines, —La marâtre punie, —Sambo et Dioummi, etc. […] — L’orpheline de mère. — La femme de l’ogre […] Un enfant sauve sa sœur, ses frères, ses oncles, sa mère et, en général, le fait presque malgré eux, en passant outre à leur défense de les accompagner. […] Les 3 sœurs jalouses de leur cadette (1001 Nuits) et L’orpheline de mère. […] Les mères d’orphelines revivent après être sorties de la tombe.
Ces gens-là n’ont jamais vu une mère qui vient la nuit voir son enfant au berceau, une lampe à la main, et qui craint de l’éveiller. […] Derrière St Germain, il y a un autre évêque et quelques autres ecclésiastiques ; derrière la sainte, son père et sa mère. Son père qui a l’air d’un bon homme ; sa mère, pénétrée d’une joie qu’elle ne peut contenir.
Il engage sa mère à aller prier les dieux à la citadelle. Hécube, sa mère, s’y rend avec les femmes pieuses et âgées de la ville. […] je n’ai plus ni mon père ni ma mère ! […] Le père et la mère sourient tous les deux de son épouvante. […] Je sais que ma destinée est de périr ici, loin de ma mère et de mon père !
Le vis-à-vis de la mère qui n’aime pas sa fille et de la fille qui ne se sent pas aimée par sa mère, voilà tout l’intérêt du livre, et la nuée sombre d’où doit sortir la foudre qui frappera cette mère aux mamelles de bronze, l’altière marquise de Penarvan. Qui doute que cette enfant, qui a toujours froid, parce que sa mère ne l’aime pas, ne se prenne bientôt de passion pour un homme ayant toutes les qualités, excepté de n’être pas gentilhomme, comme le gendre de M. […] La fille, heureuse par toutes les fortunes du mariage, sent son bonheur perdu, parce qu’elle ne voit plus sa mère et qu’elle a le remords de lui avoir désobéi.
Pendant l’exécution le peuple disait : « Quand on fait quelque chose personnellement contre le Régent, il pardonne tout, mais quand on fait quelque chose contre nous, il n’entend point raillerie et nous rend justice. » Le Régent racontait ce mot à sa mère avec sensibilité et émotion, et elle en était heureuse. […] Cette honnête princesse vint visiter sa mère à Paris dans ces années de la Régence (février 1718). À voir les manières nouvelles, elle était dans un étonnement qu’elle ne pouvait retenir et qui fit rire plus d’une fois sa mère. […] » s’écriait-elle en regardant sa mère. — « Que voulez-vous, ma fille, que j’y fasse ? […] Elle remarquait en mère que, si l’on criait bien haut contre Law, on ne criait pas du moins contre le Régent.
Ginguené surtout, qui était Breton comme Chateaubriand ; qui avait fort connu sa sœur Mme de Farcy et toute sa famille ; qui savait des particularités intimes sur les premières erreurs du poète, sur les fautes dont s’était affligée sa mère, et qui s’en était entretenu avec lui depuis même son retour d’Angleterre ; Ginguené, honnête homme, mais roide et peu traitable, devenait un adversaire dangereux. […] Ma mère, après avoir été jetée à soixante-douze ans dans des cachots, où elle vit périr une partie de ses enfants, expira dans un lieu obscur, sur un grabat où ses malheurs l’avaient reléguée. […] Ma sœur me manda le dernier vœu de ma mère : quand la lettre me parvint au-delà des mers, ma sœur elle-même n’existait plus ; elle était morte aussi des suites de son emprisonnement. […] Les Mémoires d’outre-tombe donnent cette lettre écrite par Mme de Farcy à son frère, et par laquelle elle lui annonçait ta mort de sa mère. […] La mort de sa mère, la lettre de sa sœur en furent l’occasion déterminante : il est à croire que les reproches et les plaintes de sa mère mourante portaient moins encore sur des écrits de son fils qu’elle avait peu lus et dont l’écho avait dû parvenir difficilement jusqu’à elle, que sur quelques autres égarements, peut-être sur quelque passion fatale qu’il n’est permis que d’entrevoir.
Celles à qui, dans leurs rêves, il sourirait d’être mères, réfléchissent, en considérant, au miroir, leur teint pâle de chlorose, qu’elles courraient trop de risques à le devenir. […] Arthur Simand, traduit ces appréhensions quand, nous montrant sa mère, sous sa parure de bal, alarmée en plein bonheur par un signe évident de grossesse, il confesse avec amertume : Et c’est moi, fruit rongeur, qui la vins assombrir. […] Jamais les mères ne furent plus irritables, plus agacées, plus enclines à torturer leur entourage. […] La secousse s’en répercutera longtemps encore aux entrailles des mères, marquant d’une trace indélébile et chétive leur descendance à venir6. […] Il y eut toujours des parents négligents ou sévères, des mères dénaturées.
Le duc d’Anjou, depuis Henri III, âgé de dix-huit ans, beau, brave, et annonçant, à cet âge, une vertu et une prudence qu’il ne justifia jamais, avant de repartir pour l’armée prend sa sœur à part dans une des allées du parc du Plessis-lez-Tours, et lui témoigne désirer de l’avoir pour confidente et pour appui, durant son absence, auprès de Catherine de Médicis leur mère. […] C’est à quoi il veut parer : En cette appréhension, continue-t-il, songeant les moyens d’y remédier, je trouve qu’il m’est nécessaire d’avoir quelques personnes très fidèles qui tiennent mon parti auprès de la reine ma mère. […] Le duc d’Anjou propose donc à sa sœur de changer sa manière de vie, d’être désormais assidue auprès de la reine leur mère à toutes les heures, à son lever, dans son cabinet tout le jour, à son coucher, et d’obtenir ainsi d’être traitée désormais non plus comme un enfant, mais comme une personne qui le représente pendant son absence. […] Quoi qu’il en soit, le duc d’Anjou prit ce prétexte du duc de Guise pour rompre avec sa sœur dont il devint insensiblement l’ennemi, et il réussit à aliéner d’elle leur mère. […] Un jour de fête où elle devait communier, comme elle était au lever de sa mère, celle-ci la prend à serment de lui dire si véritablement le roi, son mari, s’était conduit jusque-là avec elle en mari, en homme, et s’il n’était pas temps encore de rompre cette union.
L’exécution d’une épouse ou d’une concubine était et est encore un accident ordinaire dans le régime des harems ; mais on ne touche pas à la mère absoute, quoi quelle fasse, de tout châtiment. Cruelles, pour la plupart, atrocement jalouses de toute rivalité intérieure, ces mères des rois iraniens remplissaient le sérail d’abominations. […] Artaxerxès fait écraser la tête des cuisiniers sous une pierre, il exile sa mère à Babylone ; mais elle est bientôt rappelée. […] » — Le Messager la comprend : — « Xerxès vit et voit la lumière. » — L’égoïsme de la mère éclate en un cri de joie : — « C’est une lumière que tu apportes dans ma maison, avec cette parole ! […] Et toi, vieille et chère mère, retourne au palais, choisis pour ton fils de heaux vêtements, et va ensuite au-devant de lui.
Combien de fois la vue d’une mère légère et inconsidérée n’a-t-elle pas jeté une fille judicieuse et sensée dans un ordre de réflexions plutôt exactes et sévères ! Tout semble indiquer que ce fut là l’effet que produisit sur Mme de Lambert le mauvais exemple de sa mère. […] On croit entendre à l’avance un conseil de Vauvenargues à quelque jeune ami, dans la bouche de cette mère issue d’une bourgeoisie riche et licencieuse. […] Les Avis d’une mère à son fils, qui s’adressent à un jeune homme déjà lancé dans la carrière, à un colonel de vingt-quatre ans, et que je suppose écrits vers 1701, sont d’une grande élévation de pensée et d’un tour piquant. […] Mais comme elle avait eu une mère fort jolie, et qu’elle avait une fille à qui elle pouvait dire : « Vous n’êtes pas née sans agréments », il est à croire qu’elle n’avait pas été elle-même sans quelque grâce.
Son père était pasteur ou ministre du Saint Évangile ; sa mère, native de France, avait préféré sa religion à son pays. […] Mlle Curchod perdit en ces années sa mère, qui avait assisté à tous ses triomphes et qui en avait joui. […] Aussi vive et aussi impétueuse que sa mère était contenue et prudente, s’agitant à tous les souffles du siècle, et possédée d’un génie qui allait s’aventurer dans bien des voies, elle étonnait, elle inquiétait cette mère si sage, et elle lui suggérait cette pensée involontaire : « Les enfants nous savent ordinairement peu de gré de nos sollicitudes : ce sont de jeunes branches qui s’impatientent contre la tige qui les enchaîne, sans penser qu’elles se flétriraient si elles en étaient détachées. » M. […] On a dit que Mme Necker souffrait de cette préférence, et que l’épouse en elle était encore plus aisément vulnérable que la mère n’était glorieuse. […] Quant à sa fille, bien que Mme Necker l’admirât, elle l’eût voulue certainement tout autre, et il serait difficile de suivre en elle l’influence de sa mère.
Il se borne à menacer sa mère ; mais la menace est si farouche que la mère frissonne. — « Ta parole est un poignard ! […] » et quand elle meurt, Hamlet, sans la plaindre, frappe Claudius avec ce cri tragique : Suis ma mère ! […] Au lieu de ce nord qu’il a dans la tête, mettez-lui, comme à Oreste, du midi dans les veines, il tuera sa mère. […] Cependant toute une moitié de Hamlet est colère, emportement, outrage, ouragan, sarcasme à Ophelia, malédiction à sa mère, insulte à lui-même. […] il lui faut une mère.
Je voudrais rapporter quelque honneur au nom de mon père, quelque consolation au cœur de ma mère. […] Athalie, sa mère et sa tutrice, régnait sous son nom. […] Zacharie annonce à sa mère la présence inattendue et sacrilège d’Athalie dans le temple. […] Je ne suis point sa mère. […] Pour quelle mère !
Je le voyais tous les jours ; il donnait, par pur intérêt de cœur, à ma santé encore frêle les soins d’une mère plus que d’un médecin. […] Dis à ta mère que tu m’as apporté un quine. » C’était alors le langage compris des concierges, institution du hasard qui tenait toujours ouverte à la fortune la loge du portier. […] J’ai été bien souvent témoin, dans les couvées de rossignols ou de fauvettes, de cet apprentissage mélodieux des petits, qui gazouillent à la sourdine le matin ce que les mères chantent à grande voix dans le plein soleil. […] Cela doit être d’autant plus poétique que la poésie a négligé davantage jusqu’ici ces trésors de descriptions, de sensibilité, de naturel, de passions douces, enfouis à notre insu sous la pierre du foyer domestique, dans le jardin, dans le verger, dans la prairie, dans la vigne, dans la montagne qui borne le court horizon, dans le coin de ciel en vue de la fenêtre où se couche le soleil, où se lève l’étoile, dans l’enfant à la mamelle, dans la mère souriante, dans le père sérieux, dans l’aïeul prévoyant, dans le fils docile, dans la jeune fille rêveuse, dans la servante attachée à l’âtre, seconde mère des enfants, et jusque dans le chien nourri d’affection, qui cherche aussi souvent la tendresse dans les yeux que le pain sous la table. […] Sa mère et son enfant sont tout près, chers tombeaux, Deux portraits devant lui, de son cœur deux flambeaux !
Sur ce, des mères accouraient chez lui, disant brutalement au médecin : « Mais est-ce vrai ? […] Sa mère, elle se la rappelle comme dans du clair-obscur. […] Il n’avait rien laissé percer de son inquiétude, auprès de sa mère, mais, samedi, comme son père était en retard pour le dîner, et qu’on dînait sans lui, tout à coup, il se mettait à fondre en larmes, et comme sa mère se moquait de ses larmes imbéciles de petit garçon, sur le retard de son père, il continuait à pleurer, mais ne disait rien de ce qu’il devinait, se passer dans le moment. […] Il avait assisté à la séparation d’une mère et de son enfant, et chez cette mère, la douleur s’était témoignée par un affaissement sur elle-même, coupée par un hi hi, sans qu’elle serrât dans ses bras, sans qu’elle embrassât son enfant. […] Il nous parle de son intimité avec Gambetta, et des dîners, que la tante Massabie faisait, tous les dimanches, chez sa mère.
Madame de Sévigné écrivait à sa fille, dans sa lettre du 1er de l’an : « On ne voit point encore ces princes ; l’aîné a été trois jours avec père et mère. […] Il était en carrosse, et ne voit que père et mère seulement. » Quelle offense se préparait à la reine ! […] Il est bien juste que je passe ici pour sa mère, moi qui en ai toute la tendresse et qui partage avec vous tous ses maux. » À la même, Anvers, 20 avril 1674 : « Madame, le médecin visita hier le prince. […] — Allez lui dire, reprit le roi, que vous lui donnerez ce soir 100 000 fr. pour vos dragées. — La mère me brouille avec le roi, son fils me réconcilie avec lui. […] Je partage en mère ses maux.
Du Clésieux, dans son poème, est resté jusqu’à la dernière page et jusqu’à son dernier vers dans la beauté du sentiment chrétien le plus pur, et cette beauté s’ajoute à celle de l’émotion humaine qui fait palpiter tout son poème, comme un cœur vivant… IV Rien de plus simple que ce roman en vers qui pourrait bien être une histoire, et cette simplicité est si grande que la donnée du poème peut se raconter en deux mots… Le héros du livre, qui n’est pas nommé dans le poème, l’amant d’Armelle, est un Childe Harold de ce temps où toute âme un peu haute est plus ou moins Childe Harold, et n’a pas besoin d’aller au fond de toutes les coupes que nous tend le monde pour s’en détourner et revenir à la solitude, — et pour s’essuyer, comme un enfant à la robe de sa mère, de ses souillures et de ses dégoûts, à la Nature. […] Le père et la mère de l’amant d’Armelle s’opposent justement à un mariage qui serait une mésalliance. La mère mourante, et forte de sa mort prochaine, arrache à son fils la promesse qu’il n’épousera pas celle qu’il aime. […] Mais la respectueuse obéissance à la volonté paternelle, et le sacrifice de sa vie, et de celle pour qui on donnerait dix fois sa vie au serment qu’on a fait à une mère mourante ; cet obscur et cruel devoir qui n’a pas, lui, d’attitude sculpturale et plastique, est plus difficile à comprendre dans la noblesse de son humilité. […] selon ce critique, qui est chrétien pourtant et d’une noble race, fidèle aux anciennes traditions et aux anciennes mœurs, il fallait que l’amour d’Armelle mis dans la balance avec le serment fait à la mère l’emportât dans le cœur du fils, sous peine de disproportion entre le motif du sacrifice et son objet ; et, le pourra-t-on croire ?
Son père, gentillâtre campagnard, de nature bourrue, était « la terreur des domestiques, sa mère, le fléau2 ». […] Il s’excusa en prétendant que la mort de sa mère avait été son chemin de Damas : « J’ai pleuré et j’ai cru », fut sa réponse. […] D’autres personnages distingués ont eu recours à leurs père et mère pour expliquer les variations de leur conduite. La croix de ma mère, les cheveux blancs de mon père, la voix du sang, devinrent dans la suite des ficelles dramatiques. […] « Ma mère m’avait conçue dans le malheur, raconte la bâtarde de la Louisiane ; elle me mit au monde avec de grands déchirements d’entrailles, on désespéra de ma vie.
J’ai même été promener cette après-dînée aux Tuileries avec votre mère, croyant que l’air me fortifierait ; mais à peine j’y ai été une demi-heure qu’il m’a pris dans le dos un point insupportable qui m’a obligé de revenir au logis. […] Racine désirait, je le trouvai de plus si formé et plein de tant de raison, de bons sentiments et de bon goût, qu’après avoir pris langue du père et de la mère qui m’applaudirent, je fis la proposition à M. […] M. de Moramber ne veut pas qu’on le sache, en donnant plus de quinze mille a son fils qui a de grandes espérances encore de père, de mère, et de sa sœur aînée qui ne se veut point marier… La demoiselle a dix-huit à dix-neuf ans, et le cavalier vingt-cinq à vingt-six. […] L’alliance est tout à fait belle du côté de Mme de Moramber : sa mère était cousine germaine du président de Périgny, père de Mme Daguesseau et de La Houssaye, et alliée des Montholon, Séguier, Le Picard, Le Coigneux, Angran, etc. […] Ainsi l’on y vit l’effet des prières de la bonne mère abbesse de Port-Royal, grande tante de l’épouse, et de l’excellent ami que vous allez reconnaître, monsieur, à son style ordinaire auquel vous êtes fait102.
Je me l’imagine, au bonheur plat, mais enivré, qu’elle éprouve, cette philosophe et cette républicaine, à dire dans son livre, à toute page, que sa mère était noble. Elle parle de sa mère et du château de sa mère comme le mulet de la Fable parlerait de sa mère, la jument, et de la splendeur de son écurie… La classe à laquelle elle tient par son père, puisque nous n’en sommes pas encore à l’application des idées de M. de Girardin, qui veut que la mère fasse la possession d’état des enfants, cette classe ennemie des Marquis, l’a timbrée de ses opinions, et ses opinions se sont naturellement exaltées des révoltes d’un amour-propre toujours sur le qui-vive, quand il n’était pas furibond. […] Son livre de l’Italie des Italiens pourrait s’appeler : Elle et ne serait pas trop Elle non plus, car Elle s’y peint, comme mère et comme femme — ce qui ne fait rien du tout aux Italiens, ni à l’Italie, ni à la vérité !
Je sors toujours au bras de ma mère. […] Ma mère est radieuse, je suis enchantée de la revoir. […] Ma mère, qui est restée à Schlangenbad, me l’envoie. […] Non ce n’est pas là Vénus, la déesse charmante, la mère de l’amour. […] la mère aux Prussiens en littérature et Jeanne d’Arc en peinture.
Un père et une mère, en mariant leur fils unique, lui abandonnent généralement tous leurs biens sans se rien réserver. […] On le mène chez le curé, qui, instruit de sa conduite envers ses père et mère, trouve le cas trop grave pour en connaître, et le renvoie à l’évêque. […] À l’instant, le crapaud tombe du visage de ce jeune homme, qui, suivant l’ordre du pape, vient se jeter aux pieds de son père et de sa mère pour leur demander pardon : et il l’obtient.
Je n’ai cessé de t’adorer, depuis le jour que tu vins avec ma mère ravir les jeunes hyacinthes à la montagne : c’était moi qui te traçais le chemin. […] J’élève aussi quatre oursins, enlevés à leurs mères sauvages : viens, tu posséderas ces richesses. […] que ma mère ne m’a-t-elle donné, comme au poisson, des rames légères pour fendre les ondes !
Émile est fils naturel ; il est pis que cela, il est fils adultérin, et en naissant il n’a pas été reconnu par sa mère pas plus qu’il n’est accepté par son vrai père. […] Durant quinze nuits de veille et d’insomnie, il raconte toute sa vie de vingt ans, déjà si pleine, son enfance, la distribution des prix où tous ses rivaux sont heureux et environnés de caresses, où, lui, il n’a point de mère à embrasser ; la confidence du proviseur, l’acte de naissance produit, avec son déguisement, l’inscription de rente qui l’accompagne, le tout déchiré et mis en pièces par le jeune homme indigné ; la solitude d’un jeune cœur, le besoin d’aimer, le besoin d’une famille, la plainte de la nature, l’amer abandon de celui dont il a été dit : « Cui non risere parentes. […] » Ce qu’Andromaque dit là et qui s’applique aux célibataires ou aux époux sans enfants, on peut le dire réciproquement des enfants orphelins ou abandonnés et qui n’ont ni père ni mère. […] Cet Édouard, contre lequel Émile se montre si irrité et qu’il veut châtier, est son propre frère utérin, le fils légitime de sa mère, et l’abbé lui nomme alors cette mère pour la première fois. — « J’ai donc des parents, repris-je vivement avec un mouvement qui ressemblait à de la joie, mais qui dura moins de temps qu’il n’en fallut pour l’exprimer. » — Ceci est beau, beau de nature ; car, au moment même où cette joie le traverse, une angoisse cruelle a saisi l’âme d’Émile : il avait déjà provoqué Édouard, déjà le duel est réglé, c’est le lendemain malin qu’il doit se battre, et il apprend que c’est contre un frère ! […] Rien ne lui paraît plus dans la nature qu’un enfant naturel ; s’il n’a pas de famille, il est mis dans un régiment ; à défaut de mère, il a son colonel, et s’il n’a pas de nom, qu’il s’en lasse un sur le champ de bataille.
Mais, au moment où tout va s’aplanir, où la jeune fille est touchée, où sa mère, qui la devine, prévient l’aveu et offre d’elle-même l’adoption de famille au jeune étranger, un mot fatal vient rompre l’enchantement : Je suis marié ! […] Ainsi, à côté de la jeune miss Ives, il est trop question de cette mère presque aussi belle que sa fille, de cette mère qui, lorsqu’elle est près de confier au jeune homme le secret qu’elle a saisi dans le cœur de son enfant, se trouble, baisse les yeux et rougit : « Elle-même, séduisante dans ce trouble, il n’y a point de sentiment qu’elle n’eût pu revendiquer pour elle. » C’est une indélicatesse de tant insister sur cette jolie maman. […] René, parlant de cette fille qui est aussi la sienne, regrette de l’avoir eue ; il recommande à sa mère de ne pas le faire connaître à elle, à sa propre enfant : « Que René reste pour elle un homme inconnu, dont l’étrange destin raconté la fasse rêver sans qu’elle en pénètre la cause : je ne veux être à ses yeux que ce que je suis, un pénible songe. » Ainsi, perversion étrange du sentiment le plus pur et le plus naturel ! […] si j’avais serré dans mes bras épouse et mère, celle qui me fut destinée vierge et épouse, c’eût été avec une sorte de rage… » N’est-ce pas ainsi encore que René écrivait, dans cette fameuse lettre à Céluta : « Je vous ai tenue sur ma poitrine au milieu du désert… J’aurais voulu vous poignarder pour fixer le bonheur dans votre sein, et pour me punir de vous avoir donné ce bonheur ! […] Lui, ravi de sa beauté et de ses charmes soumis, Adam sourit d’un amour supérieur, comme Jupiter sourit à Junon lorsqu’il féconde les nuages qui répandent les fleurs de mai : Adam presse d’un baiser sur les lèvres de la mère des hommes.
L’homme quittera pour elle son père et sa mère. » Malheur à celui qui ne sentirait pas là-dedans la divinité ! […] Lorsque la mère du genre humain présente le fruit de science à son époux, notre premier père ne se roule point dans la poudre, ne s’arrache point les cheveux, ne jette point de cris. […] Adam est touché ; il relève la mère des hommes. […] Cette mère qui, seule de toutes les Troyennes, a voulu suivre les destinées d’un fils ; ces habits devenus inutiles, dont elle occupait son amour maternel, son exil, sa vieillesse et sa solitude, au moment même où l’on promenait la tête du jeune homme sous les remparts du camp, ce femineo ululatu , sont des choses qui n’appartiennent qu’à l’âme de Virgile.
Né à Grenoble, d’une honorable famille qui tenait une petite auberge où l’on vendait de la bière aux jeunes gens du pays, sa mère, femme pieuse et intelligente, lui avait fait donner par les ecclésiastiques de Grenoble une éducation lettrée, dont elle espérait un jour tirer parti pour son avancement dans le monde. […] M. de Genoude y fit connaissance de M. de Chateaubriand, de M. de Lamennais et de la plupart des hommes de lettres de l’époque appartenant alors au parti religieux et royaliste, auquel sa mère lui avait recommandé d’être fidèle ; il semblait se destiner à la prêtrise. […] J’y étais seul, pendant un séjour que mon père, ma mère et mes sœurs étaient allés faire en Bourgogne, chez l’abbé de Lamartine, dans sa terre auprès de Dijon. […] La duchesse de B*** passait pour sa mère. […] La destinée n’avait pas voulu qu’il restât rien sur la terre de sa charmante mère et de son infortuné père.
Il est rare que des hybrides soient élevés en grand nombre par les expérimentateurs ; et, comme les deux espèces mères, ou d’autres hybrides alliés, croissent généralement dans le même jardin, il faut empêcher la visite des insectes au temps de la floraison. […] C’est encore un fait remarquable que les hybrides obtenus par un croisement réciproque, bien que provenant de deux mêmes espèces, chacune d’elles ayant alternativement fourni le père et la mère, diffèrent généralement un peu en fécondité et quelquefois même considérablement. […] Mais un hybride ne participe qu’à moitié de la nature et de la constitution de sa mère ; par conséquent, avant de naître, c’est-à-dire aussi longtemps qu’il est nourri dans la matrice, dans la graine, ou qu’il demeure dans l’œuf produit par sa mère, il peut être placé sous des conditions de vie nuisibles, et conséquemment exposé à périr à l’état d’embryon, et d’autant que plus un être vivant est jeune, plus en général il paraît sensible à l’influence des conditions de vie défavorables ou contre nature. […] Pour revenir à notre comparaison commencée entre les hybrides et les métis, Gærtner prétend que ces derniers sont plus que les autres sujets à revenir à l’une des deux formes mères. […] Enfin, soit les hybrides, soit les métis, peuvent être ramenés à l’une des deux formes mères par des croisements répétés pendant plusieurs générations successives.
Comme sa mère apparemment ! […] J’en appelle à toutes les mères ! […] … Ma mère ! […] La mère est là ! […] Elle n’en vaut pas la peine », dit la mère.
Ils ne connaissaient d’autres époques historiques que celles de la vie de leurs mères, d’autre chronologie que celle de leurs vergers, et d’autre philosophie que de faire du bien à tout le monde et de se résigner à la volonté de Dieu… …………………………………………………………………………………………… Quelquefois, seul avec elle (Virginie), il (Paul) lui disait au retour de ses travaux : « Lorsque je suis fatigué, ta vue me délasse. […] Mais nos mères en ont plus que nous deux. […] De même, quand l’écho me fait entendre les airs que tu joues sur ta flûte, j’en répète les paroles au fond de ce vallon… …………………………………………………………………………………………… Je prie Dieu tous les jours pour ma mère, pour la tienne, pour toi, pour nos pauvres serviteurs ; mais quand je prononce ton nom, il me semble que ma dévotion augmente.
. — Cette société primitive, naturelle, fondamentale qui s’appelle la famille se compose du père, de la mère, des enfants, des parents plus éloignés et encore des domestiques. […] Rodogune, sa pièce favorite, n’est qu’un duel entre deux femmes qui toutes deux commandent un crime atroce ; l’une parle en mère et ordonne à ses deux fils de tuer celle qu’ils aiment ; l’autre parle en amante et ordonne aux deux mêmes princes de tuer leur ; mère. […] Vous en êtes effrayé vous-même. » Si Marivaux s’est plu à nous montrer des pères souriants et débonnaires, il a été infiniment moins favorable aux mères. […] Mme Argante sauve l’étourdie d’elle-même et des entreprises de son amant, et cela sans avoir usé une seule fois des droits que lui confère son titre de mère. […] La mère confidente.
Elle exigeait de sa mère — pour dernière faveur — le serment de publier ses œuvres complètes. La mère s’est acquittée de cette tâche avec une conscience qui fait peur. […] Elles furent reçues, elle et sa mère, dans le cabinet même du roi de France. […] disait-elle, mais tu n’as donc pas de mère ? […] La dame resta la seconde mère de cette jeune fille.
Si un dimanche, au sortir d’une messe de couvent, elle allait, vers la première semaine de mai, se promener avec sa mère au Luxembourg, elle entrait en rêverie ; le silence et le calme, ordinaires à ce jardin alors champêtre et solitaire, n’étaient interrompus pour elle que par le doux frisselis des feuilles légèrement agitées. […] Les lettres à Sophie se ressentent aussitôt de ce grave événement intérieur ; les post-scriptum à l’insu de la mère s’allongent et se multiplient ; le petit cabinet à jour où l’on écrit ne paraît plus assez sûr et laisse en danger d’être surprise : « Point de réponse, à moins qu’elle ne soit intelligible que pour moi seule. […] Si La Blancherie, qu’elle n’a plus d’occasion ordinaire de voir, se trouve à l’église, à un service funèbre de bout de l’an pour la mère chérie qu’elle a perdue : « Tu imagines, écrit la jeune fille à son amie, tout ce que pouvait m’inspirer sa présence à pareille cérémonie. J’ai rougi d’abord de ces larmes adultères qui coulaient à la fois sur ma mère et sur mon amant… ciel ! […] Les quatre ou cinq années qui s’écoulent depuis la mort de sa mère jusqu’à son union avec M.
Elle savait que la jeunesse a besoin d’indulgence et que la discrétion est la vertu des mères. […] Elle avait trouvé moyen de faire porter par un domestique affidé une lettre à la poste prochaine adressée à sa mère à Paris. […] La jeune veuve de ce mari vivant vécut ainsi plusieurs années chez sa mère. […] Sa présence chez sa mère et le mystère qui l’entourait donnaient à la maison de la marquise de Raigecourt la grâce d’un secret deviné, mais jamais révélé. […] Sa mère était morte après 1830.
Le pauvre enfant n’aurait qu’un mot à dire : il a reçu cent francs de sa mère. […] Il ne sent pas que, si sa mère était là, elle crierait ce qu’elle a voulu cacher, et que ni pour elle ni pour lui ce n’est le cas d’hésiter. […] Sa mère, dont le nom fait battre tout son cœur, dont l’image emplit son cerveau, qui est présente dans tous ses souvenirs et dans toutes ses espérances, lui a recommandé, dans des termes qu’il sait par cœur, dans une lettre écrite sur certain papier, qu’il a dans sa poche, et dont son esprit aperçoit sans cesse la dimension, la forme et la couleur, de ne pas dire ni à tel et tel, qu’elle nomme, ni à personne, qu’elle lui a envoyé cinq louis d’or, qu’il a tenus entre ses doigts et qu’il a fait rouler un peu vite : tout cela forme un ensemble unique et compact d’idées et d’images. […] L’enfant ne voit pas que la crainte de chagriner légèrement sa mère ne doit pas l’amener à se laisser déshonorer : comment le verrait-il, s’il ne détache pas par l’abstraction les fragments des deux images qui peuvent se comparer et se mesurer ?
Les bras des mères sont faits de tendresse ; les enfants y dorment profondément. « Quant à la mère, l’aspect en était pauvre et triste. […] Elle était pâle ; elle avait l’air très lasse et un peu malade ; elle regardait sa fille endormie dans ses bras avec cet air particulier d’une mère qui a nourri son enfant. […] Au bout de quelques mois, on demande la pension de Cosette ; la mère coupe ses cheveux et les vend pour payer un terme, puis un autre terme. […] Jamais, depuis son enfance, depuis sa mère, depuis sa sœur, jamais il n’avait rencontré une parole amie, un regard bienveillant.
Les ténèbres de l’intelligence du héros se dissipent à la vue et à la voix de l’enfant ; il reconnaît la mère. […] L’enfant , courant à sa mère. Ma mère, cet étranger me commande comme si j’étais son fils ! […] Ma mère, quel est donc cet étranger ? […] Que, semblables à l’amour d’une mère pour ses enfants, ils allègent nos peines !
C’est là que je vivais à quinze ans entre un père militaire, une mère jeune encore et belle comme la mémoire mal voilée de son matin, et cinq sœurs groupées autour d’elle selon leurs âges différents comme des anges échelonnés sur les degrés de l’échelle de Jacob. […] Je rentrais vers le soir pour me réunir à la famille, autour de la lampe qui éclairait le piquet de mon père et de ma mère et mes lectures silencieuses jusqu’à l’heure du sommeil. […] Clotilde venait de perdre sa mère, elle vivait dans sa terre de Vessau aux bords de l’Ardèche. […] Après avoir laissé à ma mère et à mon père le temps de lire, je m’emparai du petit volume et je l’emportai dans les bois, caché sous ma veste, comme un parfum que j’aurais craint de laisser évaporer. […] Oui, desjà cuyde voir ta mère aux cieulx ravie Que tends vers luy tes innocentes mains !
La mère, soulevée sur un coude, nous regardait. […] Avait-elle sa mère encore ? […] Mère ! […] Mère ! […] Elle l’atteint : la mère et la fille sont réunies.
Une innocente prolonge sans fin sa toilette de nuit ; elle tremble, elle s’arrache avec peine des bras de son père et de sa mère, elle a les yeux baissés, elle n’ose les lever sur ses femmes, elle verse une larme. […] Feu notre ami Greuze n’eût pas manqué de prendre l’instant précédent, celui où un père, une mère, envoient leur fille à son époux. […] J’ai dit que la scène placée dans un grenier où la misère aurait relégué un pauvre père, une pauvre mère nouvellement accouchée et réduite à abandonner son enfant, serait infiniment plus favorable au technique. […] -même la chaumière ou la mère qui surprend sa fille sur une botte de paille ?
elles offrent à leur manière un cierge à Minerve6. — Une mère a la pensée de consacrer son fils à Bacchus, espérant que cela lui portera bonheur. Elle a fait faire, à cette intention, un portrait grossier de son enfant, qu’elle place dans le temple : « La mère du petit Micythe, à cause de sa pauvreté, le consacre et le donne à Bacchus, ayant fait ébaucher son image. […] » C’est de lui cette épigramme tant goûtée des connaisseurs sur la Vénus Anadyomède, sur la Vénus d’Apelles : « Échappée à peine du sein de sa mère et encore toute frémissante d’écume, lorsque Apelles eut vu la tendre Cypris, la beauté même, il l’a rendue non pas en peinture, mais toute vive. […] Que les brebis bêlent autour de moi, et qu’assis sur un rocher, tandis qu’elles broutent, le berger me joue ses plus doux airs ; qu’aux premiers jours du printemps, le villageois, ayant cueilli des fleurs de la prairie, en couronne ma tombe, et que, pressant la mamelle d’une brebis mère, il en fasse jaillir le lait sur le tertre funéraire. […] Dans l’épigramme originale, le villageois ne prend pas ce détour de traire la brebis dans un vase d’argile pour en arroser ensuite la tombe : il amène directement la brebis mère sur le tertre funéraire, et soulevant la mamelle [texte grec]; tenant haut le pis (expression d’un pittoresque rustique), il fait jaillir le lait sur la terre même.
Elle perdit son père de bonne heure ; sa mère, qui s’était remariée, à un homme qui avait une charge à la Cour, la plaça en qualité de fille d’honneur auprès de Madame lorsque cette sœur de Charles II épousa le frère de Louis XIV (1661). […] En mai 1667, le roi, avant de partir pour l’armée, avait envoyé un édit au Parlement, avec un préambule qu’on dit écrit de la belle plume de Pellisson ; il avait, par cet édit, reconnu une fille qu’il avait eue de Mme de La Vallière, et conféré à la mère le titre et les honneurs de duchesse. […] En entrant, elle se jeta aux genoux de la supérieure, en lui disant : « Ma mère, j’ai toujours fait un si mauvais usage de ma volonté, que je viens la remettre entre vos mains. » Sans attendre la fin de son noviciat, et le jour même de son entrée dans le cloître, elle fit couper ses cheveux, « autrefois l’admiration de tous ceux qui ont parlé de sa personne ». […] Ce fut Bossuet qui fut chargé d’annoncer à la mère cette perte sensible. […] Quand elle épousa le prince de Conti (1680), on s’empressa de toutes parts de venir faire compliment à la mère, et celle-ci soutint ce dernier hommage du monde, qui lui était bien plutôt une humiliation, avec une modestie, une bonne grâce et une décence accomplie, qui ont été fort célébrées.
Pendant tout le temps que le jeune Joseph passa à Turin pour suivre le cours de droit à l’Université, il ne se permit jamais la lecture d’un livre sans avoir écrit à son père ou à sa mère à Chambéry pour en obtenir l’autorisation. Sa mère, personne de haute distinction, eut une grande influence sur lui, et elle attendrit ce que cette forme de paternité sénatoriale aurait pu avoir de trop rigide, mais sans rien amollir. Le comte Joseph avait un culte pour sa mère, sa « sublime mère », comme il l’appelle. […] Je vois ma mère qui se promène dans ma chambre avec sa figure sainte, et, en t’écrivant ceci, je pleure comme un enfant. » Cette première éducation pure, étroite et forte, acheva de déterminer la nature déjà énergique du jeune de Maistre ; il fut comme ces chênes qui prennent pied dans une terre un peu âpre et qui s’enracinent plus fermement entre les rochers. […] » et faisant allusion au mot des mères de Sparte qui montraient à leurs fils le bouclier, en leur disant de revenir avec ou dessus : Cependant, mon cher ami, ou avec cela, ou sur cela.
Je sais que dans une troisième pièce, dans La Mère coupable, il se corrigera et que l’auteur essaiera de l’ennoblir ; mais laissons ce Figaro final vertueux et dégénéré, qui ne se ressemble plus à lui-même. […] La pièce pour moi se gâte du moment que la Marceline, en étant reconnue la mère de celui qu’elle prétend épouser, introduit dans la comédie un faux élément de drame et de sentiment : cette Marceline et ce Bartholo père et mère me salissent les fraîches sensualités du début. […] La cinquantième représentation fut donc publiquement donnée au profit des pauvres mères nourrices ; il fit des couplets nouveaux à cette intention dans le vaudeville final. […] Et donne du poison aux mères. […] Là-dessus, on vit les louis d’or pleuvoir pour cette pauvre mère nourrice, ainsi désignée.
La nature des ouvrages rappelait les occupations sérieuses du père, du fils, et surtout de la fille aînée, mademoiselle Eugénie de Guérin, qui remplaçait la mère par nécessité, par vertu et par goût, auprès de son frère Maurice et de sa plus jeune sœur. […] Un crucifix en ivoire, héritage de sa mère, reposait sur la cheminée ; un chapelet, rarement oisif, était enroulé autour du cou et pendait jusqu’aux pieds du Christ. […] … Moi peut-être, je le quitterai la première : ma mère s’en alla bientôt ! […] « Mon âme s’en va tout aujourd’hui du ciel sur une tombe, car il y a seize ans que ma mère mourut à minuit. […] Je l’ai passé devant Dieu en regrets et en espérances ; tout en pleurant, je lève les yeux et vois le ciel où ma mère est heureuse sans doute, car elle a tant souffert !
Cette loi a pour effet d’augmenter constamment des différences d’abord à peine appréciables, et de faire diverger les races de forme, de constitution et d’habitudes, soit entre elles, soit de la souche mère dont elles descendent. […] De plus, ces deux variétés, n’étant que des formes légèrement modifiées, auront toutes chances d’hériter des avantages qui ont rendu l’espèce mère, A, dominante dans la contrée. […] Dérivant d’une forme intermédiaire entre les espèces mères A et I, que nous supposons alors inconnues et éteintes, elle sera encore en quelque degré intermédiaire entre les deux groupes d’espèces descendues de ces deux souches. […] Il se demande comment il peut se faire, d’après la loi de sélection naturelle, qu’une variété nombreuse en individus vive à côté de l’espèce mère dont elle descend : puisque cette variété, pendant sa formation, doit avoir supplanté les formes intermédiaires entre elle et l’espèce mère, on ne peut comprendre qu’elle n’ait pas supplanté l’espèce mère elle-même. […] Peut-on soutenir d’ailleurs que des variétés végétales, ou appartenant aux ordres inférieurs du règne animal, soient souvent très répandues à côté de la forme mère ?
Les père et mère de l’illustre maréchal de Villars étaient gens de mérite et d’esprit. […] » Le glorieux Villars, remarque-t-on, ne manqua pas de suivre la première partie du conseil de sa mère, mais il négligea la seconde : il parla de lui et au roi et à l’univers. — Mme de Sévigné nous a montré également la marquise de Villars dans sa vieillesse, et jouissant discrètement de la renommée victorieuse de son fils : « Sa mère est charmante par ses mines, et par les petits discours qu’elle commence et qui ne sont entendus que des personnes qui la connaissent. » On possède donc maintenant les doubles Relations du marquis et de la marquise de Villars, de l’ambassadeur et de l’ambassadrice de France à Madrid en 1679 ; toutes deux se complètent et nous offrent de cette monarchie en décadence et en ruine le plus curieux, le plus instructif tableau. […] Cependant la reine mère était revenue de son exil de Tolède à Madrid, et le roi, y mettant un empressement extraordinaire, avait même été au-devant d’elle jusqu’à Tolède, « où il parut bien de la tendresse et bien des larmes entre la mère et le fils. » Ce jeune roi, qui n’était ni bon ni méchant, était nul, fait pour être gouverné. […] Elle mourut en février 1689, à l’âge de vingt-sept ans, — au même âge à peu près que son intéressante mère. […] Sous l’empire de cette fantaisie lugubre, l’arrière-petit-fils de Charles-Quint, comme s’il eût voulu remonter tout le cours de sa race, se fit ouvrir les cercueils : celui de la reine sa mère qui fut ouvert le premier ne fit pas sur lui grande impression ; mais quand ce fut le tour de sa première femme, de cette jeune reine qu’il avait tant aimée, quand il revit ce visage altéré à peine et sa beauté encore reconnaissable à travers la mort, le coeur lui faillit, il recula en disant : « J’irai la rejoindre bientôt dans le Ciel. » — Et cette image suprême ne dut pas être étrangère à sa pensée, quand, peu après, lui le haïsseur des Français, il fit son testament en faveur de la France.
Un mari découvre à la fois que sa femme a un amant et qu’elle doit être mère, à une échéance très éloignée, aussi éloignée qu’elle peut l’être. […] Délivrer la femme, avec son consentement et par des moyens qui, dans ce premier moment, ne présentent aucun danger pour elle, c’est supprimer un je ne sais quoi de pas encore vivant ou qui, dans l’échelle de la vie, occupe le plus bas degré, est tout proche de la vie purement végétative ; et c’est, d’autre part, conjurer une terrifiante possibilité d’angoisse et de souffrance, épargner à la mère et au père putatif de ce je ne sais quoi des années de géhenne, et de ces douleurs sans recours, qui rendent injuste et méchant. […] Et il faudrait être sans pitié aussi pour toute une catégorie des clientes de ces gens-là, pour leurs clientes riches, pour les perruches et les poupées sans cœur qui ne veulent pas être mères, parce que cela gâte la taille et interrompt le plaisir.
Prenez la difformité morale la plus hideuse, la plus repoussante, la plus complète ; placez-la là où elle ressort le mieux, dans le cœur d’une femme, avec toutes les conditions de beauté physique et de la grandeur royale, qui donnent de la saillie au crime, et maintenant mêlez à toute cette difformité morale un sentiment pur, le plus pur que la femme puisse éprouver, le sentiment maternel ; dans votre monstre mettez une mère ; et le monstre intéressera, et le monstre fera pleurer, et cette créature qui faisait peur fera pitié, et cette âme difforme deviendra presque belle à vos yeux. […] Dans la pensée de l’auteur, si le mot bilogie n’était pas un mot barbare, ces deux pièces ne feraient qu’une bilogie sui generis, qui pourrait avoir pour titre : le Père et la Mère. […] Il ne mettra pas Marion De Lorme sur la scène, sans purifier la courtisane avec un peu d’amour ; il donnera à Triboulet le difforme un cœur de père ; il donnera à Lucrèce la monstrueuse des entrailles de mère.
Cependant sa mère commençait à craindre trop de penchant en elle vers les bonnes carmélites ; elle croyait trouver que ce blond et angélique visage ne s’apprêtait pas à sourire assez au monde brillant qui l’allait juger sur les premiers pas. […] A peine entrée au bal, ce fut autour d’elle un murmure universel d’admiration et de louanges ; son sourire, dont sa mère avait un instant douté, y répondit et ne cessa plus : délicieux ravage ! […] Mme la Princesse sa mère ne le souffrit pas, et prit la chose du ton d’une personne toute fière d’être entrée dans la maison de Bourbon ; elle exigea des réparations solennelles. […] C’est de là qu’en réponse aux condoléances venues du monastère (octobre 1650), partit une touchante lettre adressée à la Mère sous-prieure pour solliciter d’elle des particularités sur les circonstances de cette mort : « C’est en m’affligeant que je me dois soulager, écrivait Mme de Longueville. […] Ce fut une sorte de douceur dernière, et bien permise, à laquelle son inconsolable mère fut crédule.
— Mais alors, qui est ma mère ? […] — Ta mère t’aura exposé. […] … je suis ta mère ! […] Ma mère a voulu me tuer, j’ai voulu tuer ma mère. […] » se récrie la mère indignée.
Né à la Ferté-Milon, où il fut baptisé le 22 décembre 1639, fils d’un bourgeois du lieu, qui avait un emploi de finance, de famille janséniste par sa mère, Jean Racine resta orphelin de bonne heure, et fut élevé par sa grand’mère Marie Desmoulins. […] une mère impérieuse, un fils craintif, révolté soudain par ses passions ou ses vices, ou bien un père sacrifiant à son ambition, à sa vanité, le bonheur et toute la vie d’une fille qu’il aime pourtant, est-ce là seulement de l’« histoire ancienne » ou de la « mythologie » ? […] Voici Andromaque, veuve et mère, obligée de choisir entre la fidélité qu’elle doit à son mari, et la protection qu’elle doit à son fils, honnête femme qui se défend avec ses grâces de femme, ménageant l’amour de Pyrrhus pour lui résister sans le décourager. […] Toi dont ma mère osait se vanter d’être fille, … Soleil… Ô haine de Vénus ! […] Dans quels égarements l’amour jeta ma mère !
L’Histoire, qui, s’il l’avait voulu, lui eût fait une bonne gloire au lieu d’une mauvaise célébrité ; l’Histoire, sa nourrice et sa mère, n’a pu le préserver ; car il n’y a que nous qui nous préservons seuls contre nos passions et nos vices ! […] Il a enduit le livre de Nos Fils de ce beurre frais du sentiment, qui le fera avaler aux mères. […] Quelle bonne occasion : la mère et les enfants !… Il a élargi la part de la mère. […] Mais lui, cette âme-femme, veut que la mère garde l’enfant le plus longtemps possible, — et jusqu’à l’âge de la spécialité ouvrière, jusqu’à l’âge de l’imitation du père ouvrier.
Prenez un inceste : si la mère et le fils sont inconnus l’un à l’autre, vous avez ôté la substance et gardé l’écorce de l’inceste474. Prenez un parricide : vous doserez l’horreur à volonté, selon que la mère connaîtra son fils, ou non, et selon que le fils se connaîtra lui-même, ou non475. […] Mérope est « la mère » ; et Polyphonie, Egisthe, Narbas, tous les autres personnages ont pour fonction d’exciter « la mère » à développer toutes les agitations, toutes les douleurs, les espérances, les puissances de souffrir et d’agir d’une âme maternelle.
Méprisant les saines limites de la nature de l’homme, il voulait qu’on n’existât que pour lui, qu’on n’aimât que lui seul. « Si quelqu’un vient à moi, disait-il, et ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple 884. » — « Si quelqu’un ne renonce pas à tout ce qu’il possède, il ne peut être mon disciple 885. » Quelque chose de plus qu’humain et d’étrange se mêlait alors a ses paroles ; c’était comme un feu dévorant la vie à, sa racine, et réduisant tout à un affreux désert. […] Celui qui aime son père et sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. […] La cité antique, la république, mère de tous, l’État, loi commune de tous, sont constitués en hostilité avec le royaume de Dieu. […] Je suis venu mettre la division entre le fils et le père, entre la fille et la mère, entre la bru et la belle-mère.
Ici le fils, et là la mère ! […] pauvre mère ! […] que cette traduction ne rendrait pas fidèlement le cri, en y joignant je ne sais quelle tournure bourgeoise : mais ici c’est gratuit : il y a dans le texte malheureuse mère !
On devine les protestations, les larmes de la mère. […] Mon père et ma mère me donnaient pourtant de tout en abondance. […] la mère… Oh ! […] Sa mère s’assit à son chevet. […] Madame sa mère est là. — C’est juste… Et elle s’en allait.
Les petites pudeurs n’existent pas pour les mères : elles sont, comme les saintes et les religieuses, au-dessus de la femme. […] Il a un peu ri seulement au mot de la mère à sa fille : « C’est à moi, ça ! […] Leurs mères semblent les avoir conçus, dans la pensée fixe et peureuse de l’image du mari qu’elles trompaient. […] D’abord la déclaration du publiciste à la mère, qu’il ne peut faire le bonheur complet de sa fille. […] Père, fils et mère couchent dans la même chambre.
» elle se tourne vers sa mère, — de même pour son père. — Je n’oserais affirmer que ces trois actions dépassent l’intelligence animale. […] « Si nous avons un mot pour père et un mot pour mère, alors, pour exprimer le concept de parents, nous pouvons réunir les deux mots. En fait c’est ce que nous trouvons en sanscrit ; pitar y signifie père, mātar mère, mātāpitarau mère et père, c’est-à-dire parents. De même, en chinois, fú signifie père, mú mère, et fú-mú parents. […] Nous pouvons nommer nos parents nos père et mère, fúmú ; mais comment nommerions-nous notre famille ?
Il se rassure par la mémoire de ce que son Dieu a fait jadis pour lui : « Tu m’as tiré du ventre de ma mère ; sur le sein de ma mère tu m’as bercé, endormi ! « Je tombai sur ton sein en sortant du sein de ma mère ; dès ma sortie du ventre de ma mère, c’est toi qui fus mon Dieu ! […] « Mon père et ma mère m’ont abandonné, mais Jéhovah me recueille ! […] « Je suis devenu inconnu à mes frères ; oui, étranger aux fils de ma mère ! […] « J’ai apaisé devant toi et assoupi mon âme comme un enfant sevré qui est sur les bras de sa mère ; comme un enfant sevré mon âme est assoupie de confiance en moi !
La gloire d’un enfant remonte pour l’éclairer jusqu’au brin d’herbe où il fut couché en tombant du sein de sa mère. […] Soit qu’Isménias fût trop pauvre pour nourrir la mère et l’enfant, soit que la naissance de ce fils sans père eût jeté quelque ombre sur la réputation de Crithéis, il la congédia de son foyer. […] Son père adoptif l’aimait à cause de sa mère et aussi à cause de lui. […] Après la mort de Phémius et de Crithéis, sa mère, Homère erra par le monde, enseignant de ville en ville les petits enfants. […] Il lui apprend le patriotisme par le récit des exploits de ses héros, qui quittent leur royaume paternel, qui s’arrachent des bras de leurs mères et de leurs épouses pour aller sacrifier leur sang dans des expéditions nationales, comme la guerre de Troie, pour illustrer leur commune patrie ; il lui apprend les calamités de ces guerres dans les assauts et les incendies de Troie ; il lui apprend l’amitié dans Achille et Patrocle, la sagesse dans Mentor, la fidélité conjugale dans Andromaque ; la piété pour la vieillesse dans le vieux Priam, à qui Achille rend en pleurant le corps de son fils Hector ; l’horreur pour l’outrage des morts dans ce cadavre d’Hector traîné sept fois autour des murs de sa patrie ; la piété dans Astyanax, son fils, emmené en esclavage dans le sein de sa mère par les Grecs ; la vengeance des dieux dans la mort précoce d’Achille ; les suites de l’infidélité dans Hélène ; le mépris pour la trahison du foyer domestique dans Ménélas ; la sainteté des lois, l’utilité des métiers, l’invention et la beauté des arts ; partout, enfin, l’interprétation des images de la nature, contenant toutes un sens moral, révélé dans chacun de ses phénomènes sur la terre, sur la mer, dans le ciel ; sorte d’alphabet entre Dieu et l’homme, si complet, et si bien épelé dans les vers d’Homère, que le monde moral, le monde matériel, réfléchis l’un dans l’autre comme le firmament dans l’eau, semblent n’être plus qu’une seule pensée et ne parler qu’une seule et même langue à l’intelligence de l’aveugle divin !
On la lui confie ; elle monte en croupe sur la Grise, et tous deux partent, Germain rêvant à sa défunte plus qu’à sa future, et Marie pleurant de quitter sa mère et le pays. Les détails du départ, le premier trot de la Grise, la mère de celle-ci, la Vieille Grise, qui, paissant près de là, reconnaît sa fille au passage, et qui essaie de galoper sur la marge du pré pour la suivre, tout est peint au naturel, avec une observation parfaite et une expression vivante. […] Tout ce joli parler est déduit ici au long avec une vérité de nature qui, poussée à ce degré, est plus que la science des mères, et qui est le don unique du génie. […] Cependant l’enfant fait sa prière, que lui souffle mot à mot la petite Marie, et, comme il est arrivé à un certain endroit de l’oraison où il s’endort régulièrement chaque soir, il ferme les yeux déjà ; mais ses idées à lui-même s’embrouillent un peu à ce moment de s’endormir, et, mêlant vaguement tout ce qu’il a vu et entendu durant cette soirée : « “Mon petit père, dit-il, si tu veux me donner une autre mère, je veux que ce soit la petite Marie.” — Et sans attendre de réponse, il ferma les yeux et s’endormit. » Touchante délicatesse que ce soit le petit Pierre, l’ange d’innocence, qui, le premier, exprime, en s’endormant, cette idée qui n’a été que vague et flottante jusque-là ! […] Je dis cela, sachant toutefois qu’il est resté comme un froissement dans quelques âmes scrupuleuses, tant cette idée de mère, même de mère adoptive, est une idée sacrée !
C’était lui, fils légitime, dont sa mère rougissait, tandis que les autres, les fils adultérins, s’étalaient par elle avec gloire. D’Antin, de bonne heure, fut un embarras et un inconvénient pour Mme de Montespan ; il fut plus tard son remords et sa pénitence, et elle revint à lui comme mère quand elle voulut se mortifier. […] Ma mère ne me verra point, car ma présence, si elle ne devient une bassesse et une flatterie, lui est une insulte. […] Né avec beaucoup d’esprit, beau comme le jour dans sa jeunesse, « il tenait, dit Saint-Simon, de ce langage charmant de sa mère et du gascon de son père », du gascon adouci par « un tour et des grâces naturelles qui prévenaient toujours ». […] Sa mère le fit nommer menin de Monseigneur, du Dauphin, fils de Louis XIV.
À toute force enfin elle se résolut D’imiter la nature et d’être mère encore. […] Avec quelle vivacité est peint l’empressement des enfans à rendre compte à leur mère. […] Il a dit ses parens, mère !
S’il fallait en croire Jean 1183, Marie, mère de Jésus, eût été aussi au pied de la croix, et Jésus, voyant réunis sa mère et son disciple chéri, eût dit à l’un : « Voilà ta mère », à l’autre : « Voilà ton fils. » Mais on ne comprendrait pas comment les évangélistes synoptiques, qui nomment les autres femmes, eussent omis celle dont la présence était un trait si frappant. […] L’idée mère de ce cruel supplice n’était pas de tuer directement le condamné par des lésions déterminées, mais d’exposer l’esclave, cloué par les mains dont il n’avait pas su faire bon usage, et de le laisser pourrir sur le bois. […] Jean, après la mort de Jésus, paraît en effet avoir recueilli la mère de son maître, et l’avoir comme adoptée (Jean, XIX, 27).
Elle perdit son père de bonne heure : sa mère était infirme. Il y avait quatre enfants en bas âge ; elle était l’aînée, et elle se dit que c’était à elle de faire l’office de chef de famille, de s’occuper de ses frère et sœurs, de es élever : elle le fit si bien et avec tant de suite, que bientôt elle n’était connue dans le quartier que sous le nom de la petite mère. […] Mme Navier a été en rapport avec la mère des trois Scheffer, femme profondément respectable, qui a eu dans sa vie des moments douloureux. […] Scheffer étonné appela dans son atelier l'enfant qui marquait ces heureuses dispositions, lui dit de revenir tous les jours et en fit un peintre de mérite, qui tient aussi de la bonté de sa mère. […] Il a un frère et des sœurs, mais sa bonne mère, âgée aujourd’hui de 80 ans, n’a jamais dû compter que sur lui.