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1728. (1772) Discours sur le progrès des lettres en France pp. 2-190

Le cours des études fini, on entroit dans le monde, non avec ces graces qui doivent tout à l’art, cette confiance hautaine, dont la présomption est la mère, ce ton libre & décidé qu’on applaudit, & qu’il seroit plus sage de réprimer ou de contenir ; mais avec ces graces ingénues, cette candeur aimable, cet embarras modeste, qui annoncent l’innocence des mœurs, cette juste méfiance de soi-même, compagne des vrais talens que l’expérience achève de perfectionner, & qui conduisent aux places destinées à la naissance, briguées par la fortune, accordées à la faveur, & que le mérite attend.

1729. (1889) L’art au point de vue sociologique « Chapitre huitième. L’introduction des idées philosophiques et sociales dans la poésie (suite). Victor Hugo »

On ne voit rien, mais on se sent adoré233… Plus d’une observation fine se mêle à tant de divagations qu’on lui a mainte fois reprochées : « Le premier symptôme de l’amour vrai chez un jeune homme, c’est la timidité ; chez une jeune fille, c’est la hardiesse. » Une vieille fille, selon lui, peut bien réaliser l’idéal de ce qu’exprime le mot respectable ; « mais il semble qu’il soit nécessaire qu’une femme soit mère pour être vénérable234. » V. 

1730. (1911) Lyrisme, épopée, drame. Une loi de l’histoire littéraire expliquée par l’évolution générale « Chapitre II. Vérification de la loi par l’examen de la littérature française » pp. 34-154

On a dit, je le sais, que la France se ferme aux idées étrangères ; cela est exact, ou faux, selon les époques ; quand elle a tout donné, qu’elle paraît épuisée, elle s’ouvre à l’étranger ; puis elle semble s’isoler ; c’est que, mère toujours féconde, elle voue ses soins au fils qu’elle enverra, tel Yvain ou Lancelot, à travers la forêt magique des préjugés, à la recherche du vrai idéal. — L’exclusivisme est à de certains moments une nécessité de la concentration.

1731. (1866) Histoire de la littérature anglaise (2e éd. revue et augmentée) « Livre II. La Renaissance. — Chapitre I. La Renaissance païenne. » pp. 239-403

Quand dans son jardin de Vénus nous voyons les formes infinies de toutes les choses vivantes rangées par ordre, en lits pressés, attendant l’être, nous concevons avec lui l’enfantement de l’amour universel, la fécondité incessante de la grande mère et le fourmillement mystérieux des créatures qui s’élèvent tour à tour hors de son sein profond. […] Quelle mère l’a mise au monde, et quelle naissance merveilleuse a produit à la lumière une semblable merveille de grâce et de pureté ?

1732. (1930) Physiologie de la critique pp. 7-243

Ce sont là des oppositions naturelles entre les trois critiques, oppositions qui les corrigent l’une par l’autre, les obligent à produire, et leur donnent ou devraient leur donner le sentiment de leurs limites, de cette Pauvreté, mère, selon Platon, de l’amour et de la vie. […] Mais la littérature française est, elle aussi, nous dit Brunetière, issue, en ce qu’elle a de meilleur, de cette mère commune.

1733. (1878) Nos gens de lettres : leur caractère et leurs œuvres pp. -316

Flaubert nous aura présenté les plus épouvantables spectacles, les plus douloureux, les plus dramatiques : les mères poussant elles-mêmes leurs enfants au bûcher pour apaiser Moloch irrité ; — il nous aura parlé de l’amour qui désespère, la chose la plus lamentable qu’il y ait au monde ; et il ne nous aura pas touchés, il ne nous aura même pas fait frémir.

1734. (1891) Enquête sur l’évolution littéraire

Je m’explique par une comparaison : on a longtemps discuté pour savoir si, dans la nature, c’était le père ou la mère qui faisait l’enfant. […] Il a cette admirable résignation qui lui fait déclarer avec un accent de douceur à peine absinthée : « Je n’ai plus qu’une mère, c’est l’Assistance publique. » J’ai dit l’autre jour l’influence que M.  […] de milieux et de tournures du moyen âge, et autres détails, ne sauraient constituer une doctrine, l’entité mère d’un art. […] On connaît le poète exquis, le poète vivant et lyrique, d’une puissance pénétrante et douce, on connaît le romancier subtil, opprimant, le conteur inimitable, le dramaturge puissant et original des Mères Ennemies, des Frères d’armes, de la Femme de Tabarin, du Capitaine Fracasse, de la Reine Fiametta, de Justice, on a entendu le conférencier charmeur, le causeur adorable, on sait peut-être moins généralement sa passion musicale et l’œuvre de vulgarisation wagnérienne qu’il a entreprise des premiers en France.

1735. (1872) Nouveaux lundis. Tome XIII « Jean-Jacques Ampère »

Il avait déjà perdu sa mère, et il ne se ressouvint jamais de ce doux sourire qui avait lui sur son berceau.

1736. (1862) Portraits littéraires. Tome II (nouv. éd.) « Mémoires du général La Fayette (1838.) »

« C’est lundi que cette angélique femme a été portée, comme elle l’avait demandé, auprès de la fosse où reposent sa grand’mère, sa mère et sa sœur, confondues avec seize cents victimes94 ; elle a été placée à part, de manière à rendre possibles les projets futurs de notre tendresse.

1737. (1866) Histoire de la littérature anglaise (2e éd. revue et augmentée) « Livre V. Les contemporains. — Chapitre V. La philosophie. Stuart Mill. »

Une faculté magnifique apparaît, source du langage, interprète de la nature, mère des religions et des philosophies, seule distinction véritable, qui, selon son degré, sépare l’homme de la brute, et les grands hommes des petits : je veux dire l’abstraction, qui est le pouvoir d’isoler les éléments des faits et de les considérer à part.

1738. (1898) Manuel de l’histoire de la littérature française « Livre II. L’Âge classique (1498-1801) — Chapitre premier. La Formation de l’Idéal classique (1498-1610) » pp. 40-106

Elles sont deux : l’italienne d’abord, qui, sous le long règne de la mère de trois rois, s’est étendue de la littérature à la langue, et de la langue aux mœurs ; et en second lieu l’espagnole, dont le progrès dans l’Europe entière a suivi les progrès de la politique ou des armes de Charles-Quint et de Philippe II.

1739. (1864) Le positivisme anglais. Étude sur Stuart Mill

Une faculté magnifique apparaît, source du langage, interprète de la nature, mère des religions et des philosophies, seule distinction véritable, qui, selon son degré, sépare l’homme de la brute, et les grands hommes des petits : je veux dire l’abstraction, qui est le pouvoir d’isoler les éléments des faits et de les considérer à part.

1740. (1890) Les princes de la jeune critique pp. -299

« Il en arracherait l’amour inquiet des mères et la piété des fils ; il en bannirait la science avec l’étude et éteindrait toutes les lumières de l’esprit. […] Il n’est pas bien sûr que la mère, réduite à pleurer son fils mort, que le père de famille sans feu et sans pain, apprécient de même le bonheur de souffrir.

1741. (1900) La vie et les livres. Cinquième série pp. 1-352

Quand il rentrait chez lui pour dormir ou pour corriger ses épreuves, après avoir soupé au cabaret, ou bu de l’orangeade sur les tours de Notre-Dame, il ne manquait jamais de donner le bonsoir à sa mère.

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