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276. (1889) Le théâtre contemporain. Émile Augier, Alexandre Dumas fils « Émile Augier — Chapitre Premier »

Il me répondit : « Je n’ai pas réussi dans les affaires du monde ; je m’en retourne aux monts Nan-Chan pour y chercher le repos. […] Nerva refuse de répondre et se laisse mourir de faim. — « Ceux qui étaient dans le secret de sa pensée, — rapporte Tacite, — disaient qu’en voyant de plus près les maux de la République, il avait voulu, par colère et par crainte, finir honorablement, respectable et respecté. » La toute-puissance ne défend pas les Césars de ce désenchantement mortel. […] Elle a fait épier sa rivale et elle arrive sur ses traces pour l’arracher à son amant. « Vous êtes sa maîtresse », crie-t-elle à Diane. — C’est vrai, répond la jeune fille, tressaillante de honte et de joie ; car ce mensonge sauve son frère, il explique sa présence chez M. de Pienne ; il déconcerte Laffemas, qui regagne déjà la porte, l’oreille basse et la moue aux lèvres. […] Non, ce n’est pas ainsi qu’un roi congédie son ministre, quand ce ministre est un grand homme et un prince de l’Église ; et ce n’est pas ainsi qu’un sujet répond à son roi et se défend contre une disgrâce : il ne menace pas, il persuade ; il ne somme pas, il plaide sa cause. […] » répond imprudemment Diane.

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