» répond Gavroche. — Et Gavroche a bien de l’esprit. […] Et nous répondrons incontinent que, dans cet ordre d’idées, il n’est pas non plus indispensable pour vivre, boire, manger, dormir, et, par surcroît, se distraire et voyager, au siècle d’Edison, de Pasteur, de Tolstoï, de Nietzsche, et de tant d’autres génies, de savoir comment on naît et comment on meurt, pourquoi l’on souffre et pourquoi l’on espère, mais que nous ne sommes pas fâchés d’être un peu plus fixés à ce sujet chaque jour, et que c’est peut-être là ce qui constitue notre supériorité sur le Malgache ou le Huron rencontré sur nos boulevards, ou sur le chimpanzé Consul — cependant de mœurs fort civiles, dit-on. […] Or, nous, que toute cette ardeur et cette force environnent ; nous qui, dans nos solitudes de poètes, tressaillons chaque jour d’entendre, comme un écho multiplié, tous les eurekas du savoir des hommes se répondre d’un bout du monde à l’autre bout, un espoir nous a conquis, nous réconforte et nous exalte. […] Nos prédécesseurs immédiats ont déclaré que leur doctrine répondait aux nécessités du moment.