/ 3271
963. (1881) La psychologie anglaise contemporaine « M. Herbert Spencer — Chapitre I : La loi d’évolution »

Entre les divers exemples que l’auteur emprunte à la géologie, à la linguistique, à l’ethnologie, à la chimie, à l’industrie, au commerce, en voilà assez pour faire saisir sa pensée. […] L’animal supérieur, au contraire, a ses nerfs, son axe cérébro-spinal d’une structure compliquée ; tout comme l’Angleterre a son parlement, ses ministres, ses shérifs et ses juges animés d’une même pensée et obéissant à une impulsion commune. […] Mais ce qu’il importe de bien comprendre, c’est que l’idée d’évolution, soit qu’elle explique les phénomènes cosmiques et biologiques, soit qu’elle pénètre dans le monde de la pensée et de l’histoire, n’explique jamais les causes premières. […] S’il regarde intérieurement, il voit que les deux extrémités de cette chaîne qui forme la conscience sont hors de sa portée ; il ne peut se rappeler quand ou comment la conscience a commencé, et l’état de conscience qui existe à chaque moment, il ne peut l’examiner, car, ce n’est que quand un état de conscience est déjà passé qu’il peut devenir l’objet de la pensée, et jamais pendant qu’il passe. […] De même, quoique l’analyse des actions mentales puisse l’amener fatalement aux sensations comme aux matériaux originels dont est tissée toute pensée, il ne peut aller plus loin, car il ne peut comprendre le moins du monde la sensation, il ne peut même concevoir comment la sensation est possible.

/ 3271