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652. (1772) Bibliothèque d’un homme de goût, ou Avis sur le choix des meilleurs livres écrits en notre langue sur tous les genres de sciences et de littérature. Tome I « Bibliotheque d’un homme de goût. — Chapitre I. Des poëtes anciens. » pp. 2-93

Les Grecs ne furent pas aussi heureux en Poëtes comiques qu’en Poëtes tragiques, & à l’exception du Cyclope d’Euripide, qui ressemble plus cependant à une Farce qu’à une Comédie, je ne sçais que le seul Aristophane dont il nous reste des Ouvrages entiers, encore n’en avons-nous que la moindre partie. […] Mais elle est digne de lui par la variété & par la richesse des expressions, par le choix heureux des termes, par les graces de la diction qui n’otent rien à la fidélité que doit se prescrire tout traducteur. […] Qui peut se flatter de rendre jamais en notre langue cette facilité, cette finesse, ces tours si variés, si vifs ; ces traits piquans, ce coloris, enfin toute cette expression abondante, serrée, badine, éloquente ; tantôt pleine & tantôt légere, qui forme le caractère unique & singulier de cet heureux génie ? […] Ce sujet étoit fort sec, mais le Poëte doué de l’imagination la plus heureuse, trouva le moyen de répandre des fleurs sur toute la route qu’il vouloit parcourir. […] Parmi ses idées gigantesques & les emportemens de sa fougue, que de traits heureux !

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